Chapitre 9 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute
Un grain de blé
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » — Jean 12:24
En 1948, grâce en bonne partie à Witness Lee et à d’autres, Nee revint au ministère public. La guerre de la Chine contre le Japon avait pris fin en 1945, mais la guerre civile avait repris. Et la prédication de Nee avait changé. Elle était désormais pleine de brisement, de l’Église comme un seul corps, du travail en commun, de l’autorité et du don de tout à Dieu.
La biographie souligne un point valable pour tout responsable rétabli après une chute ou un conflit : il ne devrait pas revenir inchangé. Être rétabli, ce n’est pas seulement retrouver sa tribune. Paul dit que ceux qui relèvent quelqu’un doivent le faire « avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté ». Personne ne relève qui que ce soit de haut.
Son message le plus connu de cette période porte sur ce qu’il appelait « le brisement de l’homme extérieur ». L’idée est simple à formuler. Christ vit dans le croyant, mais le moi naturel du croyant, l’intelligence brillante, la volonté têtue, les réflexes d’autoprotection, peut empêcher sa vie de passer. Nee aimait l’image du grain de blé employée par Jésus. La vie est à l’intérieur de la graine, mais elle reste seule tant que l’enveloppe dure ne s’ouvre pas dans la terre.
Il trouvait ce modèle dans toute l’Écriture. Jacob, le manipulateur, lutta toute une nuit et repartit en boitant, avec un nouveau nom. Pierre jura qu’il ne renierait jamais Jésus, puis le renia trois fois, et fut rétabli ensuite : différent, plus humble, plus utile. Dieu ne jette pas nos dons, enseignait Nee. Il les fait passer par la mort et la résurrection pour qu’ils deviennent des serviteurs au lieu d’être des maîtres.
La propre vie de Nee avait donné du poids à cet enseignement. Tout doué qu’il était, il avait été contredit, jugé, mis sur la touche et obligé de dépendre des autres.
Mais la biographie tient à tracer une limite ici, et c’est important pour toi. Le langage du brisement a été gravement détourné. Des responsables ont qualifié de « non brisés » des gens qui posaient des questions. Des groupes abusifs ont appelé l’humiliation « formation spirituelle ». On a dit à des victimes de supporter le mal pour apprendre la soumission. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Le brisement que Dieu opère n’est jamais la destruction de ta personnalité, la perte de ta conscience ou l’obéissance à un être humain quoi qu’il arrive. Il ne veut jamais dire accepter en silence la violence, l’exploitation sexuelle ou le mensonge. Aucun responsable n’a le droit de « briser » une autre personne. Jésus a dit que les chefs des nations « les tyrannisent », puis : « Il n’en est pas de même au milieu de vous. »
L’enseignement ultérieur de Nee sur l’autorité spirituelle a besoin des mêmes garde-fous. Il croyait que se rebeller contre une autorité légitime peut revenir à se rebeller contre Dieu. Mais dans l’Église, l’autorité est toujours soumise à l’Écriture, toujours tenue de rendre des comptes, et ne sert jamais d’excuse pour contrôler les autres.
En 1948 et 1949, le mouvement exhorta les croyants à « remettre » leurs biens pour l’Évangile, et certaines familles s’installèrent dans de nouvelles régions pour y fonder des Églises. C’était un engagement radical. Cela souleva aussi, plus tard, la question de savoir si chaque don avait été vraiment libre. Vers 1950, on estimait le réseau à environ 700 assemblées et 70 000 croyants, même si les estimations varient.
Alors, comment distinguer le vrai brisement de sa contrefaçon ? À ses fruits. Le vrai brisement rend une personne plus tendre, plus disposée à apprendre et plus honnête, pas plus craintive. Jacques décrit la sagesse de Dieu comme « modérée, conciliante, pleine de miséricorde ». Est-ce qu’on peut te faire changer d’avis ? Peux-tu changer d’avis sans te sentir anéanti ? Sais-tu demander pardon ?
Une chose à faire cette semaine : demande pardon à quelqu’un, sans ajouter « mais ». Dis ce que tu as fait, dis que tu es désolé, et demande s’il y a quelque chose que tu peux faire pour réparer. Puis arrête de parler.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Que voulait dire Nee par « le brisement de l’homme extérieur » ?
Que le moi naturel, l’intelligence indépendante, la volonté et l’autoprotection, peut empêcher la vie de Christ de couler à travers le croyant, et que Dieu s’en occupe comme l’enveloppe d’une graine qui s’ouvre pour qu’elle puisse pousser.
Qu’est-ce que la biographie dit que le brisement N’EST PAS ?
Ce n’est pas la destruction de la personnalité, l’abandon de sa conscience, l’obéissance à un responsable humain quoi qu’il arrive, ni l’acceptation silencieuse des abus. Aucun responsable n’a le droit de briser une autre personne.
Comment distinguer le vrai brisement d’une version nuisible ?
À ses fruits : le vrai brisement rend quelqu’un plus tendre, plus disposé à apprendre et plus honnête, capable de demander pardon, pas plus craintif ou plus contrôlé.
Chapitre 9 terminé
Un grain de blé