À la poursuite de Dieu (Pour ados)
Pas grand-chose

Chapitre 10 · 4 min de lecture · 6 min d’écoute

Pas grand-chose

« Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre ! » — Matthieu 5:5

Tu veux une description du genre humain ? Tozer dit : prends les Béatitudes, la liste de ceux que Jésus déclare heureux, et retourne-les comme un gant. « Au lieu de la pauvreté en esprit, nous trouvons l’orgueil le plus grossier ; au lieu de gens qui pleurent, des chercheurs de plaisir ; au lieu de la douceur, l’arrogance. » Au lieu de gens qui procurent la paix, des gens « querelleurs et pleins de rancune ». Et cela nous rend malheureux. « L’orgueil, l’arrogance, la rancune, les pensées mauvaises, la méchanceté, la cupidité : voilà la source de plus de souffrances humaines que toutes les maladies qui ont jamais frappé la chair mortelle. »

Jésus ne parlait pas au hasard. « Il ne donne pas une opinion ; Jésus n’a jamais émis d’opinions. Il ne devinait jamais ; il savait, et il sait. »

Plus loin dans Matthieu, Jésus a expliqué ce que veut dire être débonnaire, en se décrivant lui-même comme « doux » : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur. » Le fardeau dont parle Jésus, dit Tozer, est à l’intérieur de nous. Et le repos n’est pas une chose de plus à accomplir : « Ce n’est pas quelque chose que nous faisons, c’est ce qui nous arrive quand nous cessons de faire. »

Le premier fardeau, c’est l’orgueil. « Demandez-vous si une bonne part de votre chagrin ne vient pas de ce que quelqu’un a parlé de vous avec dédain. » Tozer décrit des gens « qui souffrent de chaque affront imaginaire, qui se retournent sans dormir dans leur lit si on leur en préfère un autre ».

Le débonnaire, lui, prend la chose avec humour, en se parlant à lui-même comme ceci : « Ah, alors on t’a oublié ? On a mis quelqu’un d’autre devant toi ? On a chuchoté qu’après tout, tu n’étais pas grand-chose ? Et maintenant tu es blessé parce que le monde dit de toi exactement ce que tu as toi-même dit de toi ? » Et puis : « Allez, humilie-toi, et cesse de te soucier de ce que pensent les hommes. »

La douceur n’est pas de la faiblesse. « L’homme débonnaire n’est pas une souris humaine affligée d’un sentiment d’infériorité. » Il peut être « hardi comme un lion et fort comme Samson ». Il sait qu’il est faible par lui-même, mais il sait aussi qu’« il a, aux yeux de Dieu, plus d’importance que les anges ». Tozer lui donne une devise : « En lui-même, rien ; en Dieu, tout. » Alors il arrête de se défendre. « Il sera heureux de laisser Dieu le défendre. »

Le second fardeau, c’est de faire semblant. « La peur d’être démasqués les ronge intérieurement comme des rats. » L’homme riche a peur que ses vêtements ou sa voiture aient l’air bon marché à côté de ceux d’un autre. La publicité, dit-il, joue « sans cesse sur ce désir de paraître ce que nous ne sommes pas ». Les petits enfants, à l’inverse, « ne comparent pas ; ils profitent directement de ce qu’ils ont ». La comparaison vient plus tard, et l’envie aussi.

Jésus offre le repos de tout cela, « le bienheureux soulagement qui vient quand nous nous acceptons tels que nous sommes et que nous cessons de faire semblant ». Et nous ne portons pas cela seuls. « Il l’appelle “mon joug”, et il marche à un bout pendant que nous marchons à l’autre. » La prière de Tozer est courte, et confiante comme celle d’un enfant :

« Seigneur, rends-moi semblable à un enfant. Délivre-moi de l’envie de rivaliser avec un autre pour la place, le prestige ou la position. Je voudrais être simple et sans artifice comme un petit enfant. Délivre-moi des poses et des faux-semblants. Pardonne-moi de penser à moi-même. Aide-moi à m’oublier moi-même et à trouver ma vraie paix en te contemplant. Afin que tu puisses exaucer cette prière, je m’humilie devant toi. Pose sur moi ton joug facile de l’oubli de soi, afin que j’y trouve le repos. Amen. »

Tu connais sans doute bien ces fardeaux. Ne pas être choisi. Être laissé en dehors du groupe de discussion. Voir les meilleurs moments de tout le monde sur ton écran et te classer discrètement par rapport à eux. Retoucher ton apparence avant que qui que ce soit ne te voie. C’est épuisant, et tu n’as jamais été fait pour porter ça. La douceur ne veut pas dire te détester toi-même ; elle veut dire que tu comptes tellement pour Dieu que tu peux arrêter d’avoir besoin que tout le monde soit d’accord.

Une chose à faire cette semaine : la prochaine fois que tu te sens oublié ou mis à l’écart, essaie l’astuce de Tozer : réponds-toi avec un peu d’humour bienveillant, puis dis à Dieu : Tu peux me défendre. Je pose ça. Et pendant une semaine, ne publie ni n’envoie rien dont le but principal est de te faire paraître meilleur que tu ne l’es.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

À quoi ressemble le genre humain, selon Tozer ?

Aux Béatitudes retournées comme un gant : l’orgueil au lieu de la pauvreté en esprit, l’arrogance au lieu de la douceur, les querelles au lieu de la paix.

Être débonnaire, est-ce la même chose qu’être faible ou avoir une mauvaise estime de soi ?

Non. Le débonnaire peut être « hardi comme un lion ». Il sait qu’il n’est rien par lui-même mais tout en Dieu, alors il arrête de se défendre et laisse Dieu le faire.

Qu’est-ce que le « fardeau du faux-semblant » ?

L’effort constant pour paraître meilleur que nous ne sommes, et la peur d’être découverts. Jésus nous en offre le repos quand nous nous acceptons tels que nous sommes et cessons de faire semblant.

Chapitre 10 terminé

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