Chapitre 7 · 2 min de lecture · 2 min d’écoute
Troisième lettre
Nous avons un Dieu qui est infiniment bon et qui connaît tous nos besoins. J’ai toujours pensé qu’il vous réduirait à l’extrémité. Il viendra en son temps, et lorsque vous vous y attendrez le moins. Espérez en lui plus que jamais ; remerciez-le avec moi des faveurs qu’il vous fait, particulièrement de la force et de la patience qu’il vous donne dans vos afflictions. C’est là une marque évidente du soin qu’il prend de vous. Consolez-vous donc avec lui, et rendez grâces de tout.
J’admire aussi la force et la bravoure de M. ——. Dieu lui a donné un bon naturel et une bonne volonté ; mais il y a encore en lui un peu du monde et beaucoup de jeunesse. J’espère que l’affliction que Dieu lui a envoyée lui sera un remède salutaire et le fera rentrer en lui-même. C’est une occasion qui doit l’engager à mettre toute sa confiance en celui qui l’accompagne partout. Qu’il pense à lui le plus souvent qu’il pourra, surtout dans les plus grands dangers. Une petite élévation du cœur suffit. Un petit souvenir de Dieu, un acte d’adoration intérieure, même en marche et l’épée à la main, sont des prières qui, pour courtes qu’elles soient, n’en sont pas moins très agréables à Dieu ; et, loin de diminuer le courage d’un soldat dans les occasions dangereuses, elles servent au contraire à le fortifier.
Qu’il pense donc à Dieu le plus qu’il pourra. Qu’il s’accoutume peu à peu à ce petit mais saint exercice. Personne ne s’en apercevra, et rien n’est plus facile que de répéter souvent dans la journée ces petites adorations intérieures. Recommandez-lui, s’il vous plaît, de penser à Dieu le plus qu’il pourra, de la manière qui est ici indiquée. Cela est fort convenable et tout à fait nécessaire pour un soldat, qui est chaque jour exposé aux dangers de la vie. J’espère que Dieu l’assistera, lui et toute la famille, à qui je présente mes respects, étant leur serviteur et le vôtre, etc.
Chapitre 7 terminé
Troisième lettre