Chapitre 18 · 1 min de lecture · 2 min d’écoute
Quatorzième lettre
À la même.
Je rends grâces à notre Seigneur de vous avoir un peu soulagée, selon votre désir. J’ai été souvent près d’expirer, mais je n’ai jamais été aussi content qu’alors. Aussi n’ai-je point demandé de soulagement, mais j’ai demandé la force de souffrir avec courage, humilité et amour. Ah ! qu’il est doux de souffrir avec Dieu ! Si grandes que soient les souffrances, recevez-les avec amour. C’est un paradis de souffrir et d’être avec lui ; de sorte que, si nous voulons jouir dès cette vie de la paix du paradis, il faut nous accoutumer à une conversation familière, humble et affectueuse avec lui. Il faut empêcher notre esprit de s’égarer loin de lui en quelque occasion que ce soit. Il faut faire de notre cœur un temple spirituel où l’adorer sans cesse. Il faut veiller continuellement sur nous-mêmes, afin de ne rien faire, ne rien dire et ne rien penser qui puisse lui déplaire. Quand notre esprit est ainsi occupé de Dieu, la souffrance devient pleine d’onction et de consolation.
Je sais que, pour arriver à cet état, le commencement est très difficile, car il faut agir purement dans la foi. Mais, bien que cela soit difficile, nous savons aussi que nous pouvons tout avec la grâce de Dieu, qu’il ne refuse jamais à ceux qui la lui demandent avec instance. Frappez, persévérez à frapper, et je vous réponds qu’il vous ouvrira en son temps, et vous accordera tout d’un coup ce qu’il a différé pendant de longues années. Adieu ! Priez-le pour moi, comme je le prie pour vous. J’espère le voir bientôt.
Je suis votre, etc.
Chapitre 18 terminé
Quatorzième lettre