La Pratique de la présence de Dieu
Treizième lettre

Chapitre 17 · 2 min de lecture · 2 min d’écoute

Treizième lettre

À la même.

J’ai de la peine à vous voir souffrir si longtemps. Ce qui me soulage un peu et adoucit le sentiment que j’ai de vos maux, c’est qu’ils sont des preuves de l’amour de Dieu envers vous. Regardez-les sous ce jour, et vous les porterez plus aisément. Dans l’état où vous êtes, mon avis est que vous laissiez là les remèdes humains et que vous vous abandonniez entièrement à la providence de Dieu : peut-être n’attend-il que cet abandon et une parfaite confiance en lui pour vous guérir. Puisque, malgré tous vos soins, les remèdes ont jusqu’ici été sans effet, et que votre mal ne fait que croître, ce ne sera pas tenter Dieu que de vous abandonner entre ses mains et de tout attendre de lui.

Je vous ai dit dans ma dernière lettre qu’il permet quelquefois les maladies du corps pour guérir les maux de l’âme. Ayez donc courage : faites de nécessité vertu. Demandez à Dieu, non d’être délivrée de vos douleurs, mais la force de supporter résolument, pour l’amour de lui, tout ce qu’il lui plaira, et aussi longtemps qu’il lui plaira.

De telles prières sont, il est vrai, un peu dures à la nature, mais très agréables à Dieu, et douces à ceux qui l’aiment. L’amour adoucit les peines ; et quand on aime Dieu, on souffre pour lui avec joie et courage. Faites ainsi, je vous en supplie : consolez-vous avec lui, qui est l’unique Médecin de tous nos maux. Il est le Père des affligés, toujours prêt à nous secourir. Il nous aime infiniment plus que nous ne l’imaginons. Aimez-le donc, et ne cherchez point de consolation ailleurs. J’espère que vous la recevrez bientôt. Adieu. Je vous aiderai de mes prières, toutes pauvres qu’elles sont, et serai toujours, en notre Seigneur, votre, etc.

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