La Pratique de la présence de Dieu
Dixième lettre

Chapitre 14 · 1 min de lecture · 2 min d’écoute

Dixième lettre

J’ai eu bien de la peine à me résoudre à écrire à Monsieur ——, et je ne le fais maintenant que parce que vous et Madame —— le désirez. Mettez, je vous prie, l’adresse, et envoyez-lui la lettre. Je suis très content de la confiance que vous avez en Dieu : je souhaite qu’il l’augmente en vous de plus en plus. Nous ne saurions en avoir trop en un Ami si bon et si fidèle, qui ne nous manquera jamais, ni en ce monde ni en l’autre.

Si Monsieur —— sait tirer profit de la perte qu’il a faite, et met toute sa confiance en Dieu, Dieu lui donnera bientôt un autre ami, plus puissant et mieux disposé à le servir. Il dispose des cœurs comme il lui plaît. Peut-être Monsieur —— était-il trop attaché à celui qu’il a perdu. Nous devons aimer nos amis, mais sans empiéter sur l’amour dû à Dieu, qui doit être le principal.

Souvenez-vous, je vous prie, de ce que je vous ai recommandé, qui est de penser souvent à Dieu, le jour, la nuit, dans vos occupations, et même dans vos divertissements. Il est toujours près de vous et avec vous : ne le laissez pas seul. Vous trouveriez impoli de laisser seul un ami qui serait venu vous rendre visite : pourquoi donc faudrait-il négliger Dieu ? Ne l’oubliez donc pas, mais pensez souvent à lui, adorez-le continuellement, vivez et mourez avec lui ; c’est là la glorieuse occupation d’un chrétien. En un mot, c’est notre profession ; si nous ne la savons pas, il nous faut l’apprendre. Je tâcherai de vous aider de mes prières, et je suis, en notre Seigneur, votre, etc.

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