Chapitre 12 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
La force, pas la fuite
« Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » — 2 Corinthiens 12:9
Les dernières lettres de frère Laurent furent écrites à un ami gravement malade, et pour être honnête, elles contiennent certaines de ses paroles les plus dures.
La plupart d’entre nous, quand quelqu’un qu’on aime souffre, prient une seule chose : fais que ça s’arrête. Laurent écrivit autre chose : « Je ne demande pas que vous soyez délivré de vos peines, mais je prie Dieu instamment qu’il vous donne la force et la patience de les souffrir aussi longtemps qu’il lui plaira. »
Ça peut paraître froid. Ça ne l’était pas. Il écrivit : « Je suis en peine de vous voir souffrir si longtemps. » Mais il croyait que Dieu agissait même dans la souffrance, et il voulait que son ami y trouve Dieu au lieu de seulement attendre que ce soit fini. Il écrivit :
« Je voudrais que vous puissiez vous persuader que Dieu est souvent (en quelque sorte) plus près de nous, et plus réellement présent avec nous, dans la maladie que dans la santé. »
Il ne donnait pas des conseils bien installé dans un fauteuil. Il était vieux, souvent malade, et il souffrait lui-même. Il dit à son ami : « J’ai souvent été près d’expirer, mais je n’ai jamais été aussi content qu’alors. Aussi je ne demandais aucun soulagement, mais je demandais la force de souffrir avec courage, humilité et amour. »
Certains de ses conseils demandent un peu de prudence. Dans une lettre, il dit à son ami que, puisque les remèdes ne marchaient pas, il devait cesser de compter sur eux et faire confiance à Dieu pour sa guérison. Souviens-toi que c’était au XVIIe siècle, à une époque où la médecine faisait souvent plus de mal que de bien. Ce que Laurent voulait vraiment dire concernait l’endroit où placer sa confiance, pas une règle contre les médecins. Si tu es malade, prends tes médicaments et va voir un médecin, et fais confiance à Dieu en même temps. Les deux sont des cadeaux de sa part.
Laurent reconnaissait aussi honnêtement que Dieu semble parfois loin dans les moments difficiles. « Il se cache quelquefois à nous, écrivit-il, mais la foi seule, qui ne nous manquera pas au besoin, doit être notre appui. »
Dans la dernière de ces lettres, son ami avait commencé à aller un peu mieux. Laurent en remercia Dieu, puis il écrivit : « J’espère de sa miséricorde la grâce de le voir dans peu de jours. » Une note de l’ancienne édition rapporte la suite : « Il s’alita deux jours après, et mourut dans la semaine. » C’était en février 1691.
Tu n’es sans doute pas près de la fin de ta vie. Mais tu connaîtras la douleur : la maladie, le deuil, l’anxiété, des choses qui ne s’arrangent pas vite. Les lettres de Laurent te donnent une prière pour ces moments-là. Pas seulement « Enlève-la », même si tu peux toujours le demander. Mais aussi : « Mon Dieu, donne-moi la force de traverser cela avec toi. »
Une chose à faire cette semaine : pense à quelqu’un que tu connais et qui souffre en ce moment. Prie pour cette personne chaque jour cette semaine, à la fois pour qu’elle soit soulagée et pour qu’elle reçoive la force et sente la proximité de Dieu dans cette épreuve. Puis envoie-lui un message pour lui dire que tu penses à elle.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Que demanda frère Laurent pour son ami malade, au lieu de demander seulement que la douleur s’arrête ?
Il pria pour que Dieu donne à son ami la force et la patience de supporter la douleur aussi longtemps qu’il plairait à Dieu.
Que disait-il de la présence de Dieu dans la maladie ?
Que Dieu est souvent, en quelque sorte, plus près de nous et plus présent avec nous dans la maladie que dans la santé.
Comment frère Laurent mourut-il ?
Il écrivit qu’il espérait voir Dieu dans peu de jours. Deux jours plus tard, il s’alita, et il mourut dans la semaine, en février 1691.
Chapitre 12 terminé
La force, pas la fuite