La Pratique de la présence de Dieu (Pour ados)
Le gars qui cassait tout

Chapitre 1 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

Le gars qui cassait tout

« … l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » — 1 Samuel 16:7

Certaines personnes sont naturellement gracieuses. Elles peuvent traverser une pièce bondée avec trois verres à la main sans jamais en renverser une goutte. Nicolas Herman ne faisait pas partie de ces gens-là.

Il naquit vers 1614 en Lorraine, une région de l’est de la France actuelle, dans une famille pauvre qui aimait Dieu. Jeune homme, il partit être soldat. En 1635, il fut blessé à la jambe, et il boita jusqu’à la fin de sa vie. Après l’armée, il trouva une place de valet de pied, un domestique au service d’un riche trésorier, M. Fieubert. Tout le travail d’un valet de pied consistait à aller chercher, à porter et à garder les choses impeccables.

Ça ne se passa pas bien. Des années plus tard, quand un visiteur l’interrogea sur sa vie, il décrivit le jeune homme qu’il avait été en une phrase inoubliable :

« Un gros lourdaud qui cassait tout. »

Si nous connaissons Nicolas, c’est parce que ce visiteur, un prêtre nommé Joseph de Beaufort, mit leurs conversations par écrit. La première eut lieu le 3 août 1666. Nicolas était alors un vieil homme, et il portait un autre nom : frère Laurent, frère convers dans un monastère de Paris. Beaufort était venu parce qu’on disait que cet homme ordinaire et boiteux vivait plus près de Dieu que n’importe qui d’autre.

Ça vaut la peine de s’y arrêter. Frère Laurent ne devint jamais un prédicateur célèbre ni un savant. Il n’écrivit jamais de gros livre. Il passa sa vie de travail dans une cuisine et dans un atelier de sandales. Et pourtant, on lit ses quelques entretiens et ses lettres depuis plus de trois cents ans, catholiques comme protestants. John Wesley l’a lu. Et d’innombrables gens ordinaires aussi, qui cherchaient comment vivre vraiment avec Dieu un mardi comme les autres.

Alors si tu te sens parfois maladroit, pas très impressionnant, ou comme celui qui rate toujours tout, tu es en bonne compagnie. Dieu n’attendait pas que Nicolas Herman devienne plus adroit. C’était son cœur qu’il voulait.

Ce livre parle de ce qui arriva à ce cœur, et d’une habitude que Laurent passa toute sa vie à apprendre. Il l’appelait la pratique de la présence de Dieu. En clair : se souvenir que Dieu est avec toi, et lui parler toute la journée, au milieu de tout ce que tu fais.

Une chose à faire cette semaine : écris les trois choses où tu es le plus nul, celles qui te font te sentir maladroit ou à la traîne. Puis prie avec cette liste : dis honnêtement à Dieu ce que tu ressens pour chacune, et remercie-le de regarder ton cœur, pas ton adresse.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Comment frère Laurent se décrivait-il quand il était jeune valet de pied ?

Comme « un gros lourdaud qui cassait tout ». Il était maladroit et pas doué pour ce travail.

Qui mit par écrit les entretiens de frère Laurent, et quand eut lieu le premier ?

Un visiteur, Joseph de Beaufort, qui était prêtre. Le premier entretien eut lieu le 3 août 1666, quand Laurent était déjà un vieil homme.

Que veut dire « la pratique de la présence de Dieu » ?

Se souvenir que Dieu est avec toi et lui parler toute la journée, au milieu des choses ordinaires, et pas seulement pendant des moments de prière spéciaux.

Chapitre 1 terminé

Le gars qui cassait tout

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