Chapitre 9 · 12 min de lecture · 16 min d’écoute
L’œuvre régénératrice du Saint-Esprit
L’apôtre Paul écrit en Tite 3:5 : « il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. » Ce verset enseigne que le salut vient par l’œuvre de renouvellement du Saint-Esprit, et non par nos actes. Jésus fait écho à cette vérité en Jean 3:5 : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Son entretien avec Nicodème montre clairement que la nouvelle naissance spirituelle par le Saint-Esprit est indispensable pour entrer dans le royaume de Dieu.
Qu’est-ce que la régénération ? La régénération est la communication de la vie, de la vie spirituelle, à ceux qui sont spirituellement morts par leurs offenses et par leurs péchés (Éphésiens 2:1). C’est le Saint-Esprit qui communique cette vie. La Parole écrite est bien l’instrument dont le Saint-Esprit se sert dans la régénération. Nous lisons en 1 Pierre 1:23 : « puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. » Nous lisons en Jacques 1:18 : « Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures. » Ces passages montrent clairement que la Parole est l’instrument employé dans la régénération ; mais la nouvelle naissance ne se produit que lorsque le Saint-Esprit se sert de cet instrument. « C’est l’Esprit qui vivifie » (Jean 6:63).
En 2 Corinthiens 3:6, il nous est dit : « car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie ». On interprète parfois ce passage comme s’il signifiait que l’interprétation littérale de l’Écriture — celle qui la prend dans son sens grammatical strict et lui fait dire ce qu’elle dit — tue, tandis qu’une certaine interprétation spirituelle, une interprétation qui « dégage l’esprit du passage » en lui faisant dire ce qu’il ne dit pas, donne la vie ; et ceux qui tiennent à ce que l’Écriture signifie exactement ce qu’elle dit sont traités de « littéralistes mortifères ».
C’est là une manière favorite de tordre l’Écriture chez ceux qui n’aiment pas prendre la Bible dans le sens exact de ce qu’elle dit, et qui, se voyant acculés, cherchent quelque échappatoire commode. Si l’on lit ces mots dans leur contexte, on verra que cette pensée était absolument étrangère à l’esprit de Paul. En fait, quiconque étudiera attentivement les épîtres de Paul découvrira qu’il était le plus littéraliste des littéralistes.
Si le littéralisme est mortel, alors les enseignements de Paul sont parmi les plus mortels qui aient jamais été écrits. Paul bâtit un raisonnement sur le choix d’un mot, sur un nombre ou sur le temps d’un verbe. Que signifie donc ce passage ? Pour découvrir le sens d’un passage quel qu’il soit, il faut étudier les mots employés, dans leur contexte. Paul établit un contraste entre la Parole de Dieu au-dehors de nous, écrite à l’encre sur du parchemin ou gravée sur des tables de pierre, et la Parole de Dieu écrite au-dedans de nous, sur des tables de chair, sur les cœurs, avec l’Esprit du Dieu vivant (v. 3). Et il nous dit que si nous avons seulement la Parole de Dieu au-dehors de nous, dans un livre, sur du parchemin ou sur des tables de pierre, elle nous tuera, elle n’apportera que condamnation et mort ; mais que si la Parole de Dieu est devenue une chose vivante dans notre cœur, écrite sur notre cœur par l’Esprit du Dieu vivant, elle nous apportera la vie.
Toutes les Bibles posées sur nos tables ou rangées dans nos bibliothèques ne nous sauveront pas ; mais la vérité de la Bible écrite dans notre cœur par l’Esprit du Dieu vivant nous sauvera. Pour exprimer autrement ce qu’est la régénération : la régénération est la communication d’une nature nouvelle, la nature de Dieu, à celui qui est né de nouveau (2 Pierre 1:4).
Tout être humain naît en ce monde avec une nature pervertie : toute sa nature intellectuelle, affective et volitive est pervertie par le péché. Si excellents que soient nos ancêtres selon la chair, nous venons en ce monde avec une intelligence aveugle à la vérité de Dieu.
(« l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. » 1 Corinthiens 2:14.) Avec des affections détournées de Dieu, aimant ce que nous devrions haïr et haïssant ce que nous devrions aimer. (« Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. »
Galates 5:19-21) Avec une volonté pervertie, attachée à se plaire à elle-même plutôt qu’à plaire à Dieu.
(« car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. » Romains 8:7.) Dans la nouvelle naissance, une nature nouvelle, intellectuelle, affective et volitive, nous est communiquée. Nous recevons une intelligence qui voit comme Dieu voit et qui pense les pensées de Dieu après lui (1 Corinthiens 2:12-14) ; des affections en harmonie avec les affections de Dieu (« le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; la loi n’est pas contre ces choses. » Galates 5:22-23) ; une volonté en harmonie avec la volonté de Dieu, qui trouve son plaisir à faire ce qui lui est agréable. (Comme Jésus, nous disons : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. » Jean 4:34 ; Jean 6:38 ; Galates 1:10.) C’est le Saint-Esprit qui crée en nous cette nature nouvelle, ou qui nous communique cette nature nouvelle. Aucune prédication, si orthodoxe soit-elle, aucune étude de la Parole, si poussée soit-elle, ne régénérera qui que ce soit si le Saint-Esprit n’agit pas. C’est lui seul qui fait d’un homme une nouvelle créature.
Dans la Bible, la nouvelle naissance est comparée à la croissance d’une semence. Le cœur humain est le sol, la Parole de Dieu est la semence (Luc 8:11 ; 1 Pierre 1:23 ; Jacques 1:18 ; 1 Corinthiens 4:15), tout prédicateur ou enseignant de la Parole est un semeur ; mais c’est l’Esprit de Dieu qui vivifie la semence ainsi semée, et la nature divine germe en conséquence. Il y a partout un sol abondant où semer la semence : les cœurs humains qui nous entourent de toutes parts. Il y a de la semence en abondance à semer : chacun de nous peut la trouver dans le grenier de la Parole de Dieu ; et il y a aujourd’hui beaucoup de semeurs. Mais il peut y avoir le sol, la semence et les semeurs : si, pendant que nous semons, l’Esprit de Dieu ne vivifie pas la semence, et si le cœur de l’auditeur ne se referme pas sur elle par la foi, il n’y aura pas de moisson. Chaque semeur doit veiller à bien prendre conscience qu’il dépend du Saint-Esprit pour vivifier la semence qu’il sème ; et il doit veiller aussi à être dans une relation avec Dieu telle que le Saint-Esprit puisse agir par lui et vivifier la semence qu’il sème.
Le Saint-Esprit régénère les hommes. Il a le pouvoir de ressusciter les morts. Il a le pouvoir de communiquer la vie à ceux qui sont moralement morts, et déjà en décomposition. Il a le pouvoir de communiquer une nature entièrement nouvelle à ceux dont la nature est si corrompue qu’aux yeux des hommes ils semblent perdus sans espoir. Combien de fois je l’ai vu se vérifier ! Combien de fois j’ai vu des hommes et des femmes complètement perdus, ruinés et mauvais, entrer dans une réunion sans trop savoir pourquoi ils venaient ; et, tandis qu’ils étaient assis là, la Parole a été annoncée, l’Esprit de Dieu a vivifié la Parole ainsi semée dans leur cœur, et en un instant, cet homme ou cette femme est devenu, par la grande puissance du Saint-Esprit, une nouvelle créature.
Je connais un homme qui paraissait aussi complètement perdu et désespéré qu’un homme puisse l’être. Il avait environ quarante-cinq ans. Dès sa petite enfance, il s’était engagé dans le mal. Il s’était enfui de chez lui, s’était engagé dans la marine, puis dans l’armée, et avait appris tous les vices de l’une et de l’autre. Il avait été renvoyé de l’armée avec déshonneur à cause de ses débauches et de ses désordres extrêmes.
Il cherchait ses compagnons parmi les plus bas des bas-fonds et les plus vils des vils. Quand, la nuit, il remontait la rue d’une ville de l’Ouest et que les marchands entendaient ses hurlements, ils fermaient leurs portes, saisis de peur. Mais un soir, par curiosité, cet homme entra dans une réunion de réveil, dans une église de campagne. Ce soir-là, il tourna la réunion en dérision avec un compagnon de beuverie assis à côté de lui ; mais il revint le lendemain soir, et l’Esprit de Dieu toucha son cœur. Il s’avança et s’agenouilla devant l’autel.
Il se releva nouvelle créature, transformé en l’un des hommes les plus nobles, les plus vrais, les plus purs, les plus désintéressés, les plus doux et les plus semblables à Christ que j’aie jamais connus. On me demande parfois : « Croyez-vous aux conversions soudaines ? »
Je crois à quelque chose de bien plus merveilleux que la conversion soudaine : la régénération soudaine. La conversion n’est qu’une chose extérieure : c’est le fait de faire demi-tour. La régénération descend jusqu’aux plus grandes profondeurs de l’âme, transformant les pensées, les affections, la volonté et tout l’homme intérieur. Je crois à la régénération soudaine parce que la Bible l’enseigne et parce que je l’ai vue un nombre incalculable de fois. Je crois à la régénération soudaine parce que je l’ai vécue. On nous dit parfois que « la religion de l’avenir n’enseignera pas la conversion soudaine et miraculeuse ».
Si la religion de l’avenir n’enseigne pas la conversion soudaine et miraculeuse, et quelque chose de bien plus profond encore, la régénération soudaine et miraculeuse par la puissance du Saint-Esprit, alors la religion de l’avenir ne sera pas conforme aux faits de l’expérience, et par conséquent elle ne sera pas scientifique. Elle passera à côté de l’une des vérités les plus certaines et les plus glorieuses qui soient. Les religions inventées par les hommes ont souvent manqué la vérité dans le passé, et les religions inventées par les hommes la manqueront sans doute à l’avenir. Mais la religion que Dieu a révélée dans sa Parole et qu’il confirme dans l’expérience enseigne la régénération soudaine par la grande puissance du Saint-Esprit. Si je ne croyais pas à la régénération par la puissance du Saint-Esprit, je cesserais de prêcher.
À quoi bon me présenter devant de grands auditoires où se trouvent des multitudes d’hommes et de femmes endurcis et cautérisés, ne se souciant que des choses du monde et de la chair, sans aucune aspiration haute et sainte, sans aucun horizon au-delà de l’argent, de la gloire, du pouvoir et du plaisir, s’il n’y avait pas la puissance régénératrice du Saint-Esprit ? Mais avec la puissance régénératrice du Saint-Esprit, tout prend son sens ; car le prédicateur ne peut jamais savoir où l’Esprit de Dieu va frapper et accomplir son œuvre puissante. Devant vous est assis un homme qui est joueur, ou ivrogne, ou débauché. Il ne semble pas très utile de lui prêcher ; mais on ne peut jamais savoir si, ce soir même, l’Esprit de Dieu ne va pas toucher le cœur de cet homme et le transformer en l’un des hommes les plus saints et les plus utiles qui soient.
C’est souvent arrivé dans le passé, et cela arrivera sans doute souvent à l’avenir. Devant vous est assise une femme qui n’est qu’un papillon de la mode. Elle semble n’avoir aucune pensée plus haute que le monde, le plaisir et l’admiration. Pourquoi lui prêcher ? Sans la puissance régénératrice du Saint-Esprit, ce serait folie et temps perdu ; mais on ne peut jamais savoir : peut-être ce soir même l’Esprit de Dieu fera-t-il briller sa lumière dans ce cœur enténébré, ouvrira-t-il les yeux de cette femme pour qu’elle voie la beauté de Jésus-Christ ; elle pourra le recevoir, et alors, sur-le-champ, la vie de Dieu sera communiquée par la puissance du Saint-Esprit à cette âme frivole.
La doctrine de la puissance régénératrice du Saint-Esprit est glorieuse. Elle balaie les fausses espérances. Elle vient à celui qui se confie dans l’instruction et la culture, et elle lui dit : « L’instruction et la culture ne suffisent pas. Il faut que vous naissiez de nouveau. » Elle vient à celui qui se confie dans une simple moralité extérieure, et elle lui dit : « La moralité extérieure ne suffit pas, il faut que vous naissiez de nouveau. » Elle vient à celui qui se confie dans les pratiques extérieures de la religion — aller à l’église, lire la Bible, dire ses prières, être confirmé, être baptisé, prendre part à la cène du Seigneur — et elle lui dit : « Les simples pratiques extérieures de la religion ne suffisent pas, il faut que vous naissiez de nouveau. » Elle vient à celui qui se confie dans le fait de tourner la page, dans une réforme extérieure, dans l’abandon de ses bassesses, et elle lui dit : « Une réforme extérieure, l’abandon de vos bassesses, cela ne suffit pas. Il faut que vous naissiez de nouveau. » Mais à la place des espérances vagues et superficielles qu’elle balaie, elle apporte une espérance nouvelle, une bonne espérance, une bienheureuse espérance, une glorieuse espérance. Elle dit : « Vous pouvez naître de nouveau. » Elle vient à celui qui n’a pas de désir plus élevé que le désir des choses animales, égoïstes ou mondaines, et elle lui dit : « Vous pouvez devenir participant de la nature divine, aimer ce que Dieu aime et haïr ce que Dieu hait. Vous pouvez devenir semblable à Jésus-Christ. Vous pouvez naître de nouveau. »
Chapitre 9 terminé
L’œuvre régénératrice du Saint-Esprit