Chapitre 8 · 9 min de lecture · 12 min d’écoute
Le Saint-Esprit rendant témoignage à Jésus-Christ
Le soir qui précéda sa crucifixion, alors que notre Seigneur parlait à ses disciples du Consolateur qui devait venir prendre sa place après son départ, il leur dit : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. »
(Jean 15:26, 27). Et l’apôtre Pierre et les autres disciples, à qui le sanhédrin avait formellement interdit d’enseigner au nom de Jésus, déclarèrent : « Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint-Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » (Actes 5:32).
Il ressort clairement de ces paroles de Jésus-Christ et des apôtres que c’est l’œuvre du Saint-Esprit de rendre témoignage à Jésus-Christ. Nous trouvons le témoignage du Saint-Esprit à Jésus-Christ dans les Écritures ; mais en outre, le Saint-Esprit rend directement témoignage à Jésus-Christ dans le cœur de chacun. Il prend ses Écritures, nous les interprète et nous les rend claires. Toute vérité vient de l’Esprit, car il est « l’Esprit de vérité » ; mais son œuvre propre est de rendre témoignage à celui qui est la vérité, c’est-à-dire à Jésus-Christ (Jean 14:6).
Ce n’est que par le témoignage que le Saint-Esprit rend directement à notre cœur que nous parvenons jamais à une connaissance vraie et vivante de Jésus-Christ (1 Corinthiens 12:3). Aucune quantité de simple lecture de la Parole écrite (dans la Bible), aucune quantité de témoignages humains écoutés ne nous amènera jamais à une connaissance vivante de Christ. C’est seulement lorsque le Saint-Esprit lui-même prend la Parole écrite, ou le témoignage de nos semblables, et l’interprète directement à notre cœur, que nous en venons à voir et à connaître Jésus tel qu’il est.
Le jour de la Pentecôte, Pierre présenta à tous ses auditeurs le témoignage des Écritures au sujet de Christ, et il leur donna aussi son propre témoignage. Il leur raconta ce que lui-même et les autres apôtres savaient, pour l’avoir constaté de leurs yeux, au sujet de sa résurrection. Mais si le Saint-Esprit lui-même n’avait pas pris les Écritures que Pierre avait rassemblées, et le témoignage de Pierre et des autres disciples, les 3 000 n’auraient pas, ce jour-là, vu Jésus tel qu’il était, ne l’auraient pas reçu et n’auraient pas été baptisés en son nom.
Le Saint-Esprit ajouta son témoignage à celui de Pierre et à celui de la Parole écrite. M. Moody avait coutume de dire, à sa manière concise et imagée : « Quand Pierre a dit : “Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié” (Actes 2:36), le Saint-Esprit a dit : “Amen”, et le peuple a vu et a cru. » Et il est certain que si le Saint-Esprit n’était pas venu ce jour-là rendre, par Pierre et les autres apôtres, son témoignage direct au cœur de leurs auditeurs, le peuple n’aurait eu aucune vision salutaire de Jésus.
Si vous désirez que les hommes acquièrent une vraie vision de Jésus-Christ, une vision de lui telle qu’ils puissent croire et être sauvés, il ne suffit pas de leur donner les Écritures qui le concernent ; il ne suffit pas de leur donner votre témoignage : vous devez rechercher pour eux le témoignage du Saint-Esprit, et vous placer dans une relation avec Dieu telle que le Saint-Esprit puisse rendre son témoignage par vous. Ni votre témoignage ni même celui de la Parole écrite à lui seul ne produiront ce résultat, bien que ce soit votre témoignage, ou celui de la Parole, dont le Saint-Esprit se sert. Mais si votre témoignage et celui de la Parole ne sont pas repris par le Saint-Esprit, et s’il ne rend pas lui-même témoignage, ils ne croiront pas. Voilà qui explique une chose que tout ouvrier expérimenté a dû remarquer. Nous nous asseyons à côté d’une personne qui cherche, nous ouvrons notre Bible et nous lui montrons les passages qui révèlent Jésus comme son Sauveur qui a fait l’expiation sur la croix, un Sauveur qui délivre de la culpabilité du péché, et comme son Sauveur ressuscité, un Sauveur qui délivre de la puissance du péché.
C’est exactement la vérité que cet homme a besoin de voir et de croire pour être sauvé, mais il ne la voit pas. Nous reprenons ces passages, qui sont pour nous clairs comme le jour, encore et encore, et notre interlocuteur reste là, dans d’épaisses ténèbres ; il ne voit rien, il ne saisit rien. Parfois nous nous demandons presque s’il n’est pas borné, pour ne pas arriver à voir. Non, il n’est pas borné, sinon de cet aveuglement spirituel qui s’empare de toute intelligence que le Saint-Esprit n’a pas éclairée (1 Corinthiens 2:14). Nous reprenons tout encore une fois, et il ne voit toujours pas. Nous reprenons encore, et voici que son visage s’illumine et qu’il s’écrie : « Je vois ! Je vois ! » ; il voit Jésus, il croit, il est sauvé, et il sait sur-le-champ qu’il est sauvé. Que s’est-il passé ? Simplement ceci : le Saint-Esprit a rendu son témoignage, et ce qui était auparavant obscur comme la nuit est maintenant clair comme le jour.
Cela explique aussi pourquoi celui qui est resté longtemps dans les ténèbres au sujet de Jésus-Christ parvient si vite à voir la vérité lorsqu’il abandonne sa volonté à Dieu et lui demande la lumière. Lorsqu’il abandonne sa volonté à Dieu, il se place devant Dieu dans l’attitude où le Saint-Esprit peut accomplir son œuvre (Actes 5:32). Jésus dit en Jean 7:17 : « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. » Quand un homme veut faire la volonté de Dieu, les conditions sont remplies pour que le Saint-Esprit agisse, et il éclaire son intelligence, afin qu’il voie la vérité au sujet de Jésus et qu’il reconnaisse que son enseignement est la Parole même de Dieu.
Jean écrit en Jean 20:31 : « Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » Jean a écrit son Évangile dans ce but : que les hommes, par ce qu’il rapporte, voient en Jésus le Christ, le Fils de Dieu, qu’ils croient qu’il est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant ainsi ils aient la vie par son nom.
Le meilleur livre au monde à mettre entre les mains de quelqu’un qui désire connaître Jésus et être sauvé, c’est l’Évangile de Jean. Et pourtant, bien des hommes ont lu et relu l’Évangile de Jean sans voir ni croire que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu. Mais que ce même homme abandonne entièrement sa volonté à Dieu, qu’il demande à Dieu de l’éclairer pendant qu’il lit l’Évangile, et qu’il lui promette de prendre position sur tout ce que Dieu lui montrera comme vrai dans cet Évangile : avant même d’avoir achevé sa lecture, il verra clairement que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, il croira et il aura la vie éternelle. Car il se sera placé là où le Saint-Esprit peut prendre les choses écrites dans l’Évangile, les interpréter et rendre son témoignage.
J’ai vu cela mis à l’épreuve et vérifié bien des fois, dans le monde entier. Des hommes sont venus me dire qu’ils ne croyaient pas que Jésus soit le Christ, le Fils de Dieu, et beaucoup sont allés plus loin : ils m’ont dit qu’ils étaient incroyants et qu’ils ne savaient même pas s’il existait un Dieu personnel. Je leur ai alors dit de lire l’Évangile de Jean, qui présente les preuves que Jésus était le Christ et le Fils de Dieu.
Souvent, ils m’ont répondu qu’ils l’avaient lu et relu, sans être pour autant convaincus que Jésus était le Christ et le Fils de Dieu. Je leur ai dit alors : « Vous ne l’avez pas lu comme il faut », et je les ai amenés à abandonner leur volonté à Dieu (ou, lorsqu’ils n’étaient pas sûrs qu’il y ait un Dieu, je les ai amenés à prendre position pour ce qui est juste, et à le suivre partout où cela pourrait les mener).
Puis je leur ai fait promettre de lire l’Évangile de Jean lentement et attentivement, et, chaque fois avant de lire, de lever les yeux vers Dieu, s’il existait un Dieu, pour lui demander de les aider à comprendre ce qu’ils allaient lire, et de lui promettre de prendre position sur tout ce qu’il leur montrerait comme vrai, et de le suivre partout où cela les mènerait. Et dans chaque cas, avant d’avoir achevé l’Évangile, ils en sont venus à voir que Jésus était le Christ et le Fils de Dieu ; ils ont cru et ont été sauvés. Ils s’étaient placés dans la position où le Saint-Esprit pouvait rendre son témoignage à Jésus-Christ ; il l’avait fait, et par son témoignage ils avaient vu et cru.
Si vous désirez que les hommes voient la vérité au sujet de Christ, ne comptez pas sur votre talent d’expression et de persuasion, mais remettez-vous-en au Saint-Esprit, recherchez pour eux son témoignage, et veillez à ce qu’ils se placent là où le Saint-Esprit peut rendre témoignage. Voilà le remède à l’incrédulité comme à l’ignorance au sujet de Christ. Si vous n’êtes pas au clair sur la vérité concernant Jésus-Christ, recherchez pour vous-même le témoignage du Saint-Esprit au sujet de Christ. Lisez les Écritures, lisez en particulier l’Évangile de Jean ; mais ne comptez pas sur la simple lecture de la Parole : avant de la lire, placez-vous devant Dieu, par l’abandon absolu de votre volonté à lui, dans une attitude telle que le Saint-Esprit puisse rendre dans votre cœur son témoignage au sujet de Jésus-Christ. Ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’une vision claire et complète de Jésus-Christ, et elle nous vient par le témoignage du Saint-Esprit.
Un soir, un groupe de nos étudiants revint de la Pacific Garden Mission, à Chicago, et me dit : « Nous avons eu ce soir une réunion merveilleuse à la mission. Beaucoup d’ivrognes et de réprouvés sont venus devant et ont accepté Christ. » Le lendemain, je croisai dans la rue M. Harry Monroe, le directeur de la mission, et je lui dis : « Harry, les jeunes gens disent que vous avez eu hier soir une réunion merveilleuse à la mission. »
« Voulez-vous savoir comment c’est arrivé ? » me répondit-il. « Oui. » « Eh bien, dit-il, j’ai simplement élevé Jésus-Christ, et il a plu au Saint-Esprit d’illuminer la face de Jésus-Christ, et les hommes ont vu et ont cru. » C’était une façon originale de présenter les choses, mais elle était parlante et fidèle à l’essentiel des faits. Notre part, c’est d’élever Jésus-Christ, puis de compter sur le Saint-Esprit pour illuminer sa face, c’est-à-dire pour prendre la vérité qui le concerne et la rendre claire au cœur de nos auditeurs ; il le fera, et les hommes verront et croiront. Bien entendu, il faut que nous marchions devant Dieu de telle manière que le Saint-Esprit puisse se servir de nous comme des instruments par lesquels il rendra son témoignage.
Chapitre 8 terminé
Le Saint-Esprit rendant témoignage à Jésus-Christ