Chapitre 7 · 19 min de lecture · 24 min d’écoute
Le Saint-Esprit convainquant le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement
Sur le plan de l’expérience, notre salut commence lorsque nous sommes amenés à sentir profondément que nous avons besoin d’un Sauveur. C’est le Saint-Esprit qui nous fait prendre conscience de ce besoin. Nous lisons en Jean 16:8-11 : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement: en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me verrez plus; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé. »
I. Nous voyons dans ce passage que l’œuvre du Saint-Esprit est de convaincre les hommes de péché, c’est-à-dire de les convaincre de leur égarement au sujet du péché, de manière à produire en eux un profond sentiment de culpabilité personnelle. Le premier accomplissement rapporté de cette promesse se trouve en Actes 2:36-37 : « Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Hommes frères, que ferons-nous? » Le Saint-Esprit était venu, exactement comme Jésus l’avait promis, et, quand il fut venu, il convainquit le monde de péché ; il toucha vivement le cœur des auditeurs en leur faisant sentir leur terrible culpabilité pour avoir rejeté leur Seigneur et leur Christ.
Si l’apôtre Pierre avait prononcé les mêmes paroles la veille de la Pentecôte, rien de tel ne s’en serait suivi ; mais à présent Pierre était rempli du Saint-Esprit (verset 4), et le Saint-Esprit prit Pierre et ses paroles et, par l’intermédiaire de Pierre et de ses paroles, convainquit ses auditeurs. Le Saint-Esprit est le seul qui puisse convaincre les hommes de péché. Le cœur naturel est « tortueux par-dessus tout, et il est méchant », et il n’est rien où la tromperie innée de notre cœur se manifeste plus clairement que dans l’estime que nous avons de nous-mêmes. Nous avons tous l’œil assez perçant pour voir les fautes des autres, mais nous sommes tous aveugles par nature sur nos propres fautes. Notre aveuglement sur nos propres manquements frise bien souvent l’absurde. Nous avons un étrange pouvoir d’exagérer nos vertus imaginaires et de perdre complètement de vue nos défauts.
Plus on étudie la nature humaine longuement et à fond, plus on voit clairement combien il est vain de vouloir convaincre les autres hommes de péché. Nous ne le pouvons pas, et Dieu ne nous a pas non plus laissé cette tâche. Il a remis cette œuvre entre les mains de quelqu’un qui est pleinement capable de l’accomplir : le Saint-Esprit. L’une des pires erreurs que nous puissions commettre dans nos efforts pour amener les hommes à Christ est d’essayer de les convaincre de péché par notre propre force. Malheureusement, c’est l’une des erreurs les plus courantes. Des prédicateurs se tiennent en chaire, argumentent et raisonnent avec les hommes pour leur faire voir et comprendre qu’ils sont pécheurs. Ils rendent la chose claire comme le jour, au point qu’on s’étonne que leurs auditeurs ne la voient pas ; et pourtant ils ne la voient pas.
Des chrétiens engagés dans l’évangélisation personnelle s’assoient à côté de quelqu’un qui cherche, raisonnent avec lui et lui présentent avec beaucoup d’habileté des passages de l’Écriture, ceux-là mêmes qui sont propres à produire l’effet désiré, et pourtant il n’y a aucun résultat. Pourquoi ? Parce que nous essayons de faire l’œuvre du Saint-Esprit, l’œuvre que lui seul peut accomplir : convaincre les hommes de péché. Si seulement nous gardions à l’esprit notre totale incapacité à convaincre les hommes de péché, et si nous nous remettions à lui, dans notre complète impuissance, pour qu’il fasse l’œuvre, nous verrions des résultats.
À la fin d’une réunion d’entretien avec ceux qui cherchaient, dans notre église de Chicago, l’une de nos meilleures ouvrières m’amena un mécanicien de locomotive de la ligne Pan Handle en me disant : « J’aimerais que vous parliez à cet homme.
Voilà deux heures que je lui parle, sans aucun résultat. » Je m’assis à côté de lui, ma Bible ouverte, et en moins de dix minutes cet homme, profondément convaincu de péché, était à genoux et criait à Dieu pour obtenir miséricorde. Quand l’homme fut parti, l’ouvrière qui me l’avait amené me dit : « C’est bien étrange. » « Qu’est-ce qui est étrange ? » lui demandai-je. « Figurez-vous, me dit-elle, que je me suis servie avec cet homme des mêmes passages que vous ; j’ai travaillé avec lui pendant deux heures sans aucun résultat, et en dix minutes, avec les mêmes passages de l’Écriture, il a été convaincu de péché et a accepté Christ. »
Quelle en était l’explication ? Simplement ceci : pour une fois, cette ouvrière avait oublié une chose qu’elle oubliait rarement, à savoir que c’est le Saint-Esprit qui doit faire l’œuvre. Elle avait essayé de convaincre l’homme de péché. Elle avait utilisé les bons passages ; elle avait raisonné avec sagesse ; elle avait exposé clairement les choses, mais elle n’avait pas regardé au seul qui pouvait faire l’œuvre. Quand elle m’amena l’homme en disant : « J’ai travaillé avec lui pendant deux heures sans aucun résultat », je me dis en moi-même : « Si cette ouvrière expérimentée s’est occupée de lui pendant deux heures sans aucun résultat, à quoi bon m’occuper de lui ? » Et, dans un sentiment de totale impuissance, je me remis au Saint-Esprit pour qu’il fasse l’œuvre, et il la fit.
Mais si nous ne pouvons pas convaincre les hommes de péché, il en est un qui le peut : le Saint-Esprit. Il peut convaincre de péché l’homme le plus endurci et le plus aveuglé. Il peut faire passer des hommes et des femmes d’une insouciance et d’une indifférence totales à un état où ils sont accablés par le sentiment de leur besoin d’un Sauveur. Combien de fois n’en avons-nous pas vu l’illustration ? Il y a quelques années, les responsables de l’église de Chicago Avenue étaient préoccupés de voir si peu de conviction profonde de péché se manifester dans nos réunions.
Il y avait des conversions, beaucoup de personnes se joignaient à l’église, mais très peu venaient avec une conviction de péché bouleversante.
Un soir, l’un des responsables de l’église dit : « Frères, je suis profondément troublé de voir que nous avons si peu de conviction de péché dans nos réunions. Nous avons des conversions et beaucoup de nouveaux membres, mais il n’y a pas cette conviction de péché profonde que j’aime voir, et je propose que nous, les responsables de l’église, nous réunissions soir après soir pour prier afin qu’il y ait davantage de conviction de péché dans nos réunions. »
La proposition fut adoptée par l’ensemble du comité. Nous n’avions pas prié bien des soirs quand, un dimanche soir, je vis au premier rang, sous la galerie, un homme à la mise voyante et au visage très dur. Un gros diamant étincelait sur son plastron de chemise. Il était assis à côté de l’un des diacres. En le regardant tout en prêchant, je me dis en moi-même : « Cet homme est un joueur, et le diacre Young est allé à la pêche aujourd’hui. » Il se trouva que j’avais raison. L’homme était le fils d’une femme qui tenait une maison mal famée dans une ville de l’Ouest. Je crois qu’il n’avait jamais assisté à un culte protestant auparavant. Le diacre Young l’avait abordé ce jour-là dans la rue et l’avait amené à la réunion. Pendant que je prêchais, l’homme ne pouvait détacher ses yeux de moi.
Lorsque nous descendîmes pour la réunion qui suivait, le diacre Young emmena l’homme avec lui. Ce soir-là, je m’occupai tard de ceux qui étaient en recherche. Comme j’en finissais avec le dernier, vers onze heures, et que presque tout le monde était rentré, le diacre Young vint vers moi et me dit : « J’ai ici un homme à qui j’aimerais que vous veniez parler. » C’était ce grand joueur. Il était profondément agité. « Oh, gémit-il, je ne sais pas ce que j’ai. Je ne me suis jamais senti ainsi de toute ma vie », et il sanglotait et tremblait comme une feuille. Puis il me raconta son histoire : « Cet après-midi, je suis parti pour Cottage Grove Avenue retrouver des hommes et passer l’après-midi à jouer. En passant près du parc, là-bas, j’ai vu quelques-uns de vos jeunes gens qui tenaient une réunion en plein air, et je me suis arrêté pour écouter.
J’ai vu témoigner un homme que j’avais connu dans une vie de péché, et j’ai attendu pour entendre ce qu’il avait à dire.
Quand il a eu fini, j’ai continué mon chemin dans la rue. Je n’étais pas allé loin quand une puissance étrange s’est emparée de moi et m’a ramené, et je suis resté jusqu’à la fin de la réunion. Puis ce monsieur m’a adressé la parole et m’a amené dans votre église, à votre réunion des Compagnons de joug. Je suis resté souper avec eux, puis il m’a fait monter pour vous entendre prêcher, et ensuite il m’a fait descendre à cette réunion-ci. » Là, il s’arrêta et sanglota : « Oh, je ne sais pas ce que j’ai. Je me sens affreusement mal, je ne me suis jamais senti ainsi de toute ma vie », et son grand corps tremblait d’émotion. « Moi, je sais ce que vous avez, lui dis-je. Vous êtes convaincu de péché ; c’est le Saint-Esprit qui agit en vous. » Et je lui montrai Christ, et il s’agenouilla et cria à Dieu pour obtenir miséricorde, pour qu’il lui pardonne ses péchés à cause de Christ.
Peu de temps après, un dimanche soir, je vis un autre homme assis à la galerie, presque exactement au-dessus de l’endroit où cet homme s’était assis. Un diamant brillait aussi sur le plastron de sa chemise. Je me dis : « Voilà encore un joueur. » C’était en fait un voyageur de commerce qui était aussi un joueur. Pendant que je prêchais, il se penchait de plus en plus en avant sur son siège. Au cours de ma prédication, sans avoir l’intention de lancer un appel, mais simplement pour faire pénétrer une vérité, je dis : « Qui acceptera Jésus-Christ ce soir ? » Prompt comme l’éclair, l’homme se leva d’un bond et cria : « Moi ! » Ce cri retentit dans tout le bâtiment comme un coup de revolver.
J’abandonnai ma prédication et lançai aussitôt l’appel ; des hommes, des femmes et des jeunes gens se levèrent dans tout le bâtiment pour se donner à Christ. Dieu exauçait la prière, et le Saint-Esprit convainquait les hommes de péché.
Le Saint-Esprit peut convaincre les hommes de péché. Nous n’avons à désespérer de personne : si indifférents qu’ils paraissent, si mondains, si contents d’eux-mêmes ou si irréligieux qu’ils soient, le Saint-Esprit peut convaincre les hommes de péché. Un jeune pasteur d’une culture et de capacités tout à fait rares vint un jour me trouver et me dit : « J’ai un grand problème sur les bras. Je suis pasteur de l’église d’une ville universitaire. Mon assemblée se compose en grande partie de professeurs et d’étudiants de l’université. Ce sont les gens les plus charmants du monde. Ils ont un idéal moral très élevé et mènent une vie exemplaire. Or, poursuivit-il, si j’avais une assemblée composée d’ivrognes, de déclassés et de voleurs, je pourrais les convaincre de péché ; mais mon problème est de savoir comment faire croire à des gens comme ceux-là, les gens les plus charmants du monde, qu’ils sont pécheurs, comment les convaincre de péché. » Je lui répondis : « C’est impossible. Vous ne pouvez pas le faire, mais le Saint-Esprit le peut. » Et il le peut en effet.
Certaines des plus profondes manifestations de conviction de péché que j’aie jamais vues ont été le fait d’hommes et de femmes à la conduite très exemplaire et à la personnalité attachante. Mais ils étaient pécheurs, et le Saint-Esprit leur ouvrit les yeux sur ce fait. Si c’est le Saint-Esprit qui convainc les hommes de péché, il le fait par notre moyen. Cela ressort très clairement du contexte du passage que nous étudions. Jésus dit en Jean 16:7 : « Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. » Puis il poursuit : « Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. » C’est-à-dire que notre Seigneur Jésus nous envoie le Saint-Esprit (à nous, les croyants), et quand il est venu vers nous, les croyants, c’est par nous, vers qui il est venu, qu’il convainc le monde.
Le jour de la Pentecôte, c’est le Saint-Esprit qui convainquit de péché les 3 000, mais le Saint-Esprit vint sur le groupe des croyants et, par eux, convainquit le monde du dehors. Pour autant que les saintes Écritures nous l’apprennent, le Saint-Esprit n’a pas d’autre moyen d’atteindre le monde non sauvé que par l’intermédiaire de ceux qui sont déjà sauvés. Toutes les conversions rapportées dans les Actes des Apôtres se sont faites par l’intermédiaire d’hommes ou de femmes déjà sauvés. Prenons, par exemple, la conversion de Saul de Tarse. S’il y eut jamais une conversion miraculeuse, ce fut bien celle-là.
Jésus glorifié apparut visiblement à Saul sur le chemin de Damas, mais avant que Saul pût sortir clairement à la lumière comme un homme sauvé, il fallait faire intervenir un instrument humain. Saul, prosterné à terre, cria vers le Christ ressuscité pour lui demander ce qu’il devait faire, et le Seigneur lui dit d’aller à Damas, où on lui dirait ce qu’il devait faire. Puis Ananias, « un disciple », fut amené sur la scène comme l’instrument humain par lequel le Saint-Esprit allait accomplir son œuvre (Actes 9:17, Actes 22:16). Prenons le cas de Corneille. Là encore, ce fut une conversion des plus remarquables, opérée par une intervention surnaturelle. C’est « un ange » qui apparut à Corneille, mais l’ange ne dit pas à Corneille ce qu’il devait faire pour être sauvé.
L’ange dit plutôt à Corneille : « Envoie à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre, qui te dira des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta maison. » (Actes 11:13-14). Nous pouvons ainsi parcourir tout le récit des conversions dans les Actes des Apôtres, et nous verrons qu’elles se sont toutes accomplies par un instrument humain. Qu’elle est solennelle, presque accablante, la pensée que le Saint-Esprit n’a pas d’autre moyen d’atteindre ceux qui ne sont pas sauvés avec sa puissance qui sauve que par notre intermédiaire, à nous qui sommes déjà chrétiens ! Si nous en prenions conscience, ne veillerions-nous pas davantage à offrir au Saint-Esprit un canal plus libre et sans obstacle pour son œuvre d’une importance capitale ? Le Saint-Esprit a besoin de lèvres humaines par lesquelles parler. Il a besoin des vôtres, et il a besoin de vies si pures et si entièrement abandonnées à lui qu’il puisse agir par elles.
Remarquez de quel péché le Saint-Esprit convainc les hommes : du péché d’incrédulité à l’égard de Jésus-Christ. « en ce qui concerne le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi », dit Jésus. Non pas le péché de vol, ni le péché d’ivrognerie, ni le péché d’adultère, ni le péché de meurtre, mais le péché d’incrédulité à l’égard de Jésus-Christ. La seule chose que le Dieu éternel exige des hommes, c’est qu’ils croient en celui qu’il a envoyé (Jean 6:29). Et le seul péché qui révèle la rébellion des hommes contre Dieu et leur défi audacieux envers lui, c’est le péché de ne pas croire en Jésus-Christ ; c’est ce péché-là que le Saint-Esprit met au premier plan, sur lequel il insiste et dont il convainc les hommes. C’est de ce péché qu’il convainquit les 3 000 le jour de la Pentecôte.
Il y avait bien d’autres péchés dans leur vie, mais le seul point que le Saint-Esprit mit au premier plan par la bouche de l’apôtre Pierre, c’était que celui qu’ils avaient rejeté était leur Seigneur et leur Christ, ainsi attesté par sa résurrection d’entre les morts (Actes 2:22-36). « Après avoir entendu ce discours (à savoir, que celui qu’ils avaient rejeté était Seigneur et Christ), ils eurent le cœur vivement touché. » Tel est le péché dont le Saint-Esprit convainc les hommes aujourd’hui.
Pour ce qui est des moralités relativement secondaires de la vie, il y a de grandes différences entre les hommes ; mais le voleur qui rejette Christ et l’honnête homme qui rejette Christ sont pareillement condamnés sur le point capital de ce qu’ils font du Fils de Dieu, et c’est ce point-là que le Saint-Esprit enfonce dans les cœurs. Le péché d’incrédulité est, de tous les péchés, celui dont il est le plus difficile de convaincre les hommes. L’incrédule ordinaire ne considère pas l’incrédulité comme un péché. Plus d’un incrédule regarde son incrédulité comme une marque de supériorité intellectuelle. Il n’est pas rare qu’il en soit d’autant plus fier que c’est la seule marque de supériorité intellectuelle qu’il possède.
Il redresse la tête et dit : « Je suis agnostique » ; « Je suis sceptique » ; ou : « Je suis incroyant », et il prend pour cela un air de supériorité. S’il ne va pas jusque-là, l’incrédule considère souvent son incrédulité, au pire, comme un malheur. Il cherche la pitié plutôt que le blâme. Il dit : « Oh, je voudrais tant pouvoir croire. Je suis si désolé de ne pas pouvoir croire », et il fait appel à notre pitié parce qu’il ne peut pas croire. Mais quand le Saint-Esprit touche le cœur d’un homme, celui-ci ne regarde plus l’incrédulité comme une marque de supériorité intellectuelle ou comme un simple malheur ; il y voit le plus audacieux, le plus décisif et le plus condamnable de tous les péchés, et il est accablé par le sentiment de sa terrible culpabilité pour n’avoir pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
II. Mais le Saint-Esprit ne convainc pas seulement de péché ; il convainc aussi en ce qui concerne la justice.
Il convainc le monde en ce qui concerne la justice parce que Jésus-Christ est allé au Père ; c’est-à-dire qu’il convainc (d’une conviction qui fait se condamner soi-même) le monde de la justice de Christ, attestée par son retour auprès du Père. La venue de l’Esprit est en elle-même une preuve que Christ est allé au Père (Actes 2:33), et le Saint-Esprit nous ouvre ainsi les yeux pour voir que Jésus-Christ, que le monde a condamné comme un malfaiteur, était vraiment le Juste. Le Père a mis le sceau de son approbation sur son caractère et sur ses prétentions en le ressuscitant des morts, en l’élevant à sa droite et en lui donnant le nom qui est au-dessus de tout nom.
Le monde en général prétend aujourd’hui croire à la justice de Christ, mais il ne croit pas à la justice de Christ. Il n’a aucune idée juste de la justice de Christ. La justice que le monde attribue à Christ n’est pas la justice que Dieu lui attribue, mais une pauvre justice humaine, peut-être un peu meilleure que la nôtre. Le monde aime placer à côté du nom de Jésus-Christ les noms d’autres hommes qu’il estime bons. Mais quand l’Esprit de Dieu vient à un homme, il le convainc de la justice de Christ ; il lui ouvre les yeux pour voir Jésus-Christ seul, non seulement bien au-dessus de tous les hommes, mais « au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir » (Éphésiens 1:21).
III. Le Saint-Esprit convainc aussi le monde en ce qui concerne le jugement. Le fondement sur lequel le Saint-Esprit convainc les hommes de jugement, c’est le fait que « le prince de ce monde est jugé » (Jean 16:11). Quand Jésus-Christ fut cloué à la croix, il sembla qu’il était jugé là ; mais en réalité c’est le prince de ce monde qui fut jugé à la croix, et, en ressuscitant Jésus-Christ des morts, le Père a fait clairement savoir à tous les âges à venir que la croix n’était pas le jugement de Christ, mais le jugement du prince des ténèbres. Le Saint-Esprit nous ouvre les yeux sur ce fait et nous convainc ainsi de jugement. Le monde a grand besoin aujourd’hui d’être convaincu de jugement. Le jugement est une doctrine qui est passée à l’arrière-plan et qui a, en vérité, presque disparu de la vue.
Il n’est pas populaire aujourd’hui de parler de jugement, de châtiment ou d’enfer. Celui qui insiste sur le jugement et le châtiment futur passe pour n’être pas tout à fait à la page ; on le juge « dépassé ». Mais quand le Saint-Esprit ouvre les yeux des hommes, ils croient au jugement. Aux premiers temps de ma vie chrétienne, j’avais de grandes difficultés avec la doctrine biblique de la rétribution future. Je revenais sans cesse à ce qu’elle enseignait sur les peines éternelles du péché persistant. Il me semblait que je ne pouvais pas le croire. Maintes et maintes fois, je reculais devant les enseignements sévères de Jésus-Christ et des apôtres sur ce sujet. Mais un soir, je m’attendais à Dieu afin de connaître le Saint-Esprit dans une manifestation plus pleine de sa présence et de sa puissance.
Dieu m’accorda ce soir-là ce que je cherchais, et avec cette expérience plus large de la présence et de la puissance du Saint-Esprit vint une telle révélation de la gloire, de la gloire infinie de Jésus-Christ, que je n’eus plus aucune difficulté avec ce que le Livre dit du jugement sévère et sans fin qui frappera ceux qui rejettent obstinément ce glorieux Fils de Dieu. Depuis lors, si la doctrine biblique de la rétribution future m’a souvent serré le cœur, elle ne m’a plus causé aucune difficulté intellectuelle. Je l’ai crue. Le Saint-Esprit m’a convaincu de jugement.
Chapitre 7 terminé
Le Saint-Esprit convainquant le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement