La personne et l’œuvre du Saint-Esprit
Le baptême du Saint-Esprit

Chapitre 20 · 1 h 14 min de lecture · 1 h 36 min d’écoute

Le baptême du Saint-Esprit

L’une des expressions les plus profondément significatives que les Écritures emploient au sujet du Saint-Esprit est « baptisé du Saint-Esprit ». Jean-Baptiste fut le premier à l’employer. Parlant de lui-même et de Celui qui devait venir, il dit : « Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » (Matthieu 3:11). Dans la version anglaise autorisée, le second « with » (« de ») de ce passage est imprimé en italique : il ne se trouve pas dans le grec. Il n’est pas question ici de deux baptêmes différents, l’un du Saint-Esprit et l’autre de feu, mais d’un seul baptême du Saint-Esprit et de feu.

Jésus employa ensuite la même expression. En Actes 1:5, il dit : « Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. » Lorsque cette promesse de Jean-Baptiste et de notre Seigneur s’accomplit, en Actes 2:3-4, nous lisons : « Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » Nous avons ici une autre expression, « remplis du Saint-Esprit », employée comme synonyme de « baptisés du Saint-Esprit ».

Nous lisons encore en Actes 10:44-46 : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. Alors Pierre dit: » Pierre lui-même, racontant plus tard cette expérience à Jérusalem, rapporte les faits ainsi : « Lorsque je me fus mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme sur nous au commencement. Et je me souvins de cette parole du Seigneur: Jean a baptisé d’eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit.

Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pouvais-je, moi, m’opposer à Dieu? » (Actes 11:15-17). Pierre appelle ici expressément l’expérience que firent Corneille et sa maison un baptême du Saint-Esprit ; nous voyons donc que les expressions « le Saint-Esprit descendit » et « le don du Saint-Esprit » sont pratiquement équivalentes à « baptisé du Saint-Esprit ». D’autres expressions encore servent à décrire cette bénédiction, comme « recevoir le Saint-Esprit » (Actes 2:38 ; Actes 19:2-6) ; « le Saint-Esprit vint sur eux » (Actes 19:2-6) ; « don du Saint-Esprit » (Hébreux 2:4, 1 Corinthiens 12:4, 11, 13) ; « Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » (Luc 24:49).

Qu’est-ce que le baptême du Saint-Esprit ? En premier lieu, le baptême du Saint-Esprit est une expérience précise, dont on peut et doit savoir si on l’a reçue ou non. Cela ressort clairement de l’ordre que notre Seigneur donna à ses disciples en Luc 24:49 et Actes 1:4 : ne pas quitter Jérusalem pour entreprendre l’œuvre qu’il leur avait confiée avant d’avoir reçu cette promesse du Père. Cela ressort aussi du huitième chapitre des Actes, versets quinze et seize, où il nous est dit expressément que « le Saint-Esprit n’était encore descendu sur aucun d’eux ». Cela ressort encore du dix-neuvième chapitre des Actes des Apôtres, au deuxième verset, où Paul pose au petit groupe de disciples d’Éphèse cette question précise : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru? » Recevoir le Saint-Esprit était une expérience si nette qu’on pouvait répondre par oui ou par non à la question de savoir si on l’avait reçu. Dans ce cas, les disciples répondirent « Non » : ils n’avaient pas même entendu dire que le Saint-Esprit eût été donné.

Ils ne dirent pas ce que leur fait dire notre version autorisée (comme d’ailleurs la version Segond), à savoir qu’ils n’avaient pas même entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. Ils savaient qu’il y avait un Saint-Esprit ; ils savaient en outre qu’il existait une promesse claire du baptême du Saint-Esprit, mais ils n’avaient pas entendu dire que cette promesse se fût déjà accomplie. Paul leur dit qu’elle l’était, et fit en sorte qu’ils fussent baptisés du Saint-Esprit avant la fin de la réunion. Galates 3:2 montre tout aussi clairement que le baptême du Saint-Esprit est une expérience nette, dont on peut savoir si on l’a reçue ou non. Dans ce passage, Paul dit aux croyants de Galatie : « Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication de la foi? » Leur réception de l’Esprit avait été si nette, si consciente, que Paul pouvait en appeler à elle comme fondement de son argument.

De nos jours, on parle beaucoup du baptême du Saint-Esprit, et l’on prie beaucoup pour le recevoir, mais d’une manière tout à fait vague et confuse. Des hommes se lèvent dans les réunions et prient pour être baptisés du Saint-Esprit ; si vous alliez ensuite trouver celui qui a fait cette prière et lui demandiez : « Avez-vous reçu ce que vous avez demandé ? Avez-vous été baptisé du Saint-Esprit ? », il y a fort à parier qu’il hésiterait et répondrait : « Je l’espère » ; mais il n’y a rien de ce flou dans la Bible. La Bible est claire sur ce point, comme sur tous les autres. Elle présente une expérience si précise et si réelle qu’on peut savoir si l’on a reçu ou non le baptême du Saint-Esprit, et répondre par oui ou par non à la question : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit ? »

En second lieu, il est évident que le baptême du Saint-Esprit est une opération du Saint-Esprit distincte de son œuvre de régénération et qui s’y ajoute. Cela ressort d’Actes 1:5 : « Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. »

Il est donc clair que les disciples n’avaient pas encore été baptisés du Saint-Esprit, puisqu’ils devaient l’être dans quelques jours seulement. Or les hommes à qui Jésus adressait ces paroles étaient déjà des hommes régénérés. Notre Seigneur lui-même les avait déclarés tels.

Il leur avait dit, en Jean 15:3 : « Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. » Mais que signifie être purs à cause de la parole ? 1 Pierre 1:23 répond à la question : « puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. » Un peu plus tôt, ce même soir, Jésus leur avait dit, en Jean 13:10 : « Celui qui est lavé n’a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur.

Et vous êtes purs, mais non pas tous. » Le Seigneur Jésus avait déclaré purs les membres de ce groupe apostolique, c’est-à-dire régénérés, à l’exception de celui qui n’avait jamais été un homme régénéré, Judas Iscariot, qui devait le trahir (voir le verset 11). Les onze autres, Jésus-Christ les avait déclarés hommes régénérés. Pourtant il dit à ces mêmes hommes, en Actes 1:5, que le baptême du Saint-Esprit était une expérience qu’ils n’avaient pas encore faite, qui était encore à venir. Il est donc évident qu’être né de nouveau par le Saint-Esprit au moyen de la Parole est une chose, et qu’être baptisé du Saint-Esprit en est une autre, distincte de la première et qui s’y ajoute.

La même chose ressort d’Actes 8:12, comparé aux versets quinze et seize du même chapitre. Au verset douze, nous lisons qu’une grande foule de disciples avait cru à la prédication de Philippe touchant le royaume de Dieu et le nom de Jésus-Christ, et qu’ils avaient « été baptisés au nom du Seigneur Jésus » (v. 16). Assurément, dans cette foule de croyants baptisés, il y avait au moins quelques personnes régénérées.

Quelle que soit la vraie forme du baptême d’eau, ils avaient sans aucun doute été baptisés selon cette vraie forme, car le baptême leur avait été administré par un homme mandaté par l’Esprit ; mais aux versets quinze et seize nous lisons : « Ceux-ci (c’est-à-dire Pierre et Jean), arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. » Ils étaient des croyants baptisés ; ils avaient été baptisés au nom du Seigneur Jésus ; certains d’entre eux étaient très certainement des hommes régénérés ; et pourtant aucun d’eux n’avait encore reçu le Saint-Esprit, ni n’en avait été baptisé.

Ici encore, il est donc évident que le baptême du Saint-Esprit est une opération du Saint-Esprit distincte de son œuvre de régénération et qui s’y ajoute. Un homme peut être régénéré par le Saint-Esprit sans être pour autant baptisé du Saint-Esprit. Dans la régénération, il y a l’onction de vie par la puissance de l’Esprit, et celui qui la reçoit est sauvé ; dans le baptême du Saint-Esprit, il y a l’onction de puissance, et celui qui la reçoit est rendu apte au service. Le baptême du Saint-Esprit peut toutefois avoir lieu au moment même de la régénération. Ce fut le cas, par exemple, dans la maison de Corneille. Nous lisons en Actes 10:43 que, pendant que Pierre prêchait, il en vint à dire, au sujet de Jésus : « Tous les prophètes rendent de lui le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés. » À ce moment-là, Corneille et sa maison crurent, et nous lisons aussitôt : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. » Au moment même où ils crurent le témoignage rendu à Jésus, ils furent baptisés du Saint-Esprit, avant même d’être baptisés d’eau. La régénération et le baptême du Saint-Esprit eurent lieu au même instant, et il en est encore ainsi dans bien des expériences aujourd’hui. Il semble que, si l’Église était dans un état normal, ce serait là l’expérience habituelle. Mais l’Église n’est pas aujourd’hui dans un état normal.

Une très grande partie de l’Église se trouve là où se trouvaient les croyants de Samarie avant que Pierre et Jean ne descendent, et les disciples d’Éphèse avant que Paul ne vienne leur parler de leur privilège plus grand : des croyants baptisés, baptisés au nom du Seigneur Jésus, baptisés pour la repentance des péchés, mais pas encore baptisés du Saint-Esprit.

Néanmoins, le baptême du Saint-Esprit est le droit de naissance de tout croyant. Il nous a été acquis par la mort de Christ, et lorsque Christ est monté à la droite du Père, il a reçu du Père le Saint-Esprit promis et l’a répandu sur l’Église ; si quelqu’un aujourd’hui n’a pas été baptisé du Saint-Esprit dans une expérience personnelle, c’est qu’il n’a pas réclamé son droit de naissance. Virtuellement, tout membre du corps de Christ est baptisé du Saint-Esprit (1 Corinthiens 12:13) : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. » Mais chez beaucoup de croyants, ce qui leur appartient virtuellement n’est pas devenu une réalité vécue, effective et personnelle.

Tous les hommes sont virtuellement justifiés par la mort de Jésus-Christ sur la croix ; autrement dit, la justification leur est procurée et leur appartient (Romains 5:18) ; mais ce qui appartient virtuellement à chaque homme, chacun doit se l’approprier par la foi en Christ ; alors la justification devient sienne effectivement et dans l’expérience. De même, si le baptême du Saint-Esprit est virtuellement la possession de tout croyant, chaque croyant doit se l’approprier avant qu’il devienne sien dans l’expérience.

Nous pouvons même aller plus loin et dire que ce n’est que par le baptême du Saint-Esprit que l’on devient, au sens le plus plein, membre du corps de Christ, car ce n’est que par le baptême de l’Esprit que l’on reçoit la puissance d’accomplir les fonctions pour lesquelles Dieu nous a établis comme partie de ce corps.

Comme nous l’avons déjà vu, tout vrai croyant a le Saint-Esprit (Romains 8:9), mais tout croyant n’a pas le baptême du Saint-Esprit (bien que tout croyant puisse l’avoir, comme nous venons de le voir). Avoir le Saint-Esprit qui habite en nous — peut-être tout au fond de quelque sanctuaire caché de notre être, en deçà de la conscience claire — est une chose ; c’en est une tout autre, et bien plus grande, que le Saint-Esprit prenne entière possession de celui en qui il habite. Certains insistent tant sur le fait que tout croyant possède virtuellement le baptême de l’Esprit qu’ils enseignent que tout croyant en a fait l’expérience. Mais à moins que le baptême de l’Esprit aujourd’hui ne soit autre chose que ce qu’il était dans l’Église primitive, à moins même qu’il ne soit rien de réel, alors de deux choses l’une : ou bien une très grande partie de ceux que nous considérons ordinairement comme des croyants ne sont pas des croyants, ou bien l’on peut être croyant et régénéré sans avoir été baptisé du Saint-Esprit.

Ce fut assurément le cas dans l’Église primitive. Ce fut le cas des apôtres avant la Pentecôte ; ce fut le cas de l’Église d’Éphèse ; ce fut le cas de l’Église de Samarie. Et des milliers de personnes peuvent aujourd’hui témoigner qu’elles ont reçu Christ et sont nées de nouveau, puis qu’ensuite, parfois longtemps après, elles ont été baptisées du Saint-Esprit, d’une manière nette et consciente.

C’est là une question d’une grande importance pratique, car beaucoup ne jouissent pas de la plénitude de privilège dont ils pourraient jouir, parce qu’en poussant certains versets isolés des Écritures au-delà de ce qu’ils peuvent porter, et à l’encontre de l’enseignement clair de l’ensemble des Écritures, ils essaient de se persuader qu’ils ont déjà été baptisés du Saint-Esprit alors qu’il n’en est rien. S’ils voulaient seulement reconnaître devant eux-mêmes qu’ils ne l’ont pas été, ils pourraient alors faire les démarches par lesquelles ils seraient baptisés du Saint-Esprit, d’une manière nette, dans une expérience personnelle.

Ce qui ressort ensuite clairement de l’enseignement de l’Écriture, c’est que le baptême du Saint-Esprit est toujours lié au témoignage et au service, et qu’il est avant tout destiné à cela. Parlant de ce baptême que ses disciples allaient recevoir si prochainement, notre Seigneur dit en Luc 24:49 : « Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. »

Et il dit encore, en Actes 1:5-8 : « Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit… Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Dans le récit de l’accomplissement de cette promesse de notre Seigneur, en Actes 2:4, nous lisons : « Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » Suit alors le compte rendu détaillé de ce que dit Pierre et de ce qui en résulta. Le résultat fut que Pierre et les autres apôtres parlèrent avec une telle puissance que trois mille personnes, ce jour-là, furent convaincues de péché, renoncèrent à leur péché, confessèrent par le baptême qu’elles recevaient Jésus-Christ, et persévérèrent dès lors dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières.

Au quatrième chapitre des Actes, versets trente et un à trente-trois, nous lisons que, lorsque les apôtres furent remplis du Saint-Esprit, il en résulta qu’ils « annonçaient la parole de Dieu avec assurance » et que « les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus ». Et au neuvième chapitre des Actes des Apôtres, nous avons le récit du baptême du Saint-Esprit reçu par Paul. Nous lisons aux versets dix-sept à vingt : « Ananias sortit; et, lorsqu’il fut arrivé dans la maison, il imposa les mains à Saul, en disant: Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu recouvres la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit. Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé; et, après qu’il eut pris de la nourriture, les forces lui revinrent… Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. » Et au verset vingt-deux, nous lisons qu’il « confondait les Juifs qui habitaient Damas, démontrant que Jésus est le Christ ». En 1 Corinthiens 12, nous trouvons l’exposé le plus complet du baptême du Saint-Esprit qui soit dans toute la Bible.

C’est le passage classique sur l’ensemble de la question. Et les effets qui y sont rapportés sont des dons pour le service.

Le baptême du Saint-Esprit n’a pas pour but premier de rendre les croyants heureux, mais de les rendre utiles. Il n’est pas destiné simplement à la joie du croyant individuel ; il est destiné avant tout à le rendre efficace dans le service. Je ne dis pas que le baptême du Saint-Esprit ne rendra pas le croyant heureux ; car, puisque « la joie » fait partie du fruit de l’Esprit, si quelqu’un est baptisé du Saint-Esprit, la joie en résultera inévitablement. Je n’ai jamais connu personne qui ait été baptisé du Saint-Esprit sans que vienne dans sa vie, tôt ou tard, une joie nouvelle, plus haute, plus pure et plus pleine que tout ce qu’il avait connu auparavant. Mais ce n’est pas là le but premier de ce baptême, ni son effet le plus important et le plus visible.

Il faut insister fortement sur ce point, car beaucoup de chrétiens, en recherchant le baptême de l’Esprit, recherchent une joie personnelle. Ils vont à des conventions et à des conférences pour l’approfondissement de la vie chrétienne, puis reviennent raconter la merveilleuse bénédiction qu’ils ont reçue, en parlant d’une joie nouvelle entrée dans leur cœur ; mais quand on les observe, on a peine à voir qu’ils soient plus utiles à leurs pasteurs ou à leurs Églises qu’auparavant, et l’on est forcé de penser que, quoi qu’ils aient reçu, ils n’ont pas reçu le véritable baptême du Saint-Esprit. La joie et l’exaltation sont fort bonnes à leur place.

Quand elles viennent, remerciez-en Dieu — celui qui écrit ces lignes en sait quelque chose — mais dans un monde comme le nôtre aujourd’hui, où le péché, la propre justice et l’incrédulité triomphent à ce point, où un si terrible flot d’hommes, de femmes et de jeunes gens est emporté vers l’enfer éternel, j’aimerais mieux traverser toute ma vie sans connaître un seul instant d’extase, mais avoir la puissance de rendre témoignage à Christ, de gagner des âmes à Christ et ainsi de les sauver, plutôt que d’avoir des ravissements 365 jours par an sans aucune puissance pour endiguer le terrible flot du péché et amener hommes, femmes et enfants à la connaissance salvatrice de mon Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ.

Le baptême du Saint-Esprit n’a pas pour but premier de rendre les croyants saints individuellement. Je ne dis pas que ce n’est pas l’œuvre du Saint-Esprit de rendre les croyants saints, car, comme nous l’avons déjà vu, il est « l’Esprit de sainteté », et le seul moyen pour nous de parvenir un jour à la sainteté, c’est sa puissance. Je ne dis même pas que le baptême du Saint-Esprit n’aura pas pour effet une grande transformation spirituelle, une élévation et une purification, car la promesse est : « il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (et l’idée du feu, employée dans ce contexte, est celle d’une flamme qui sonde, affine, purifie et consume).

Une merveilleuse transformation s’est opérée chez les apôtres à la Pentecôte, et une merveilleuse transformation s’est opérée chez des milliers de personnes baptisées du Saint-Esprit depuis la Pentecôte ; mais le but premier du baptême du Saint-Esprit est l’efficacité dans le témoignage et le service. Il concerne les dons pour le service plutôt que les grâces du caractère. Il est la communication d’une puissance ou de dons spirituels pour le service, et il arrive que l’on possède des dons rares par la puissance de l’Esprit tout en manifestant peu des grâces de l’Esprit.

(Voir 1 Corinthiens 13:1-3, Matthieu 7:22-23) Dans chaque passage de la Bible où il est question du baptême du Saint-Esprit, celui-ci est lié au témoignage ou au service.

Nous aurons peut-être une idée plus claire de ce qu’est exactement le baptême du Saint-Esprit si nous prenons le temps d’en considérer les effets. Quels sont les effets du baptême du Saint-Esprit ?

1. Les manifestations particulières du baptême du Saint-Esprit ne sont pas les mêmes chez toutes les personnes. Cela ressort clairement de 1 Corinthiens 12:4-13 : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de ministères, mais le même Seigneur; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit; à un autre, le don d’opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il de Christ. Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. » Nous voyons ici un seul baptême, mais une grande diversité de manifestations de la puissance de ce baptême.

Il y a diversité de dons, mais le même Esprit. Les dons varient selon les différents domaines de service auxquels Dieu appelle les différentes personnes. L’Église est un corps, et les divers membres du corps ont des fonctions diverses ; l’Esprit communique à celui qui est baptisé de l’Esprit les dons qui le rendent apte au service auquel Dieu l’a appelé. Il est très important de garder cela à l’esprit. Faute de le voir, beaucoup se sont entièrement égarés sur toute cette question. Au début de mon étude du sujet, je remarquai que, dans bien des cas, ceux qui étaient baptisés du Saint-Esprit parlaient en langues (par exemple Actes 2:4 ; Actes 10:46 ; Actes 19:6), et je me demandai si tous ceux qui étaient baptisés du Saint-Esprit parleraient en langues.

Je ne connaissais personne qui parlât en langues de nos jours, et je me demandais si le baptême du Saint-Esprit était pour l’époque présente. Mais un jour, j’étudiais 1 Corinthiens 12 et je remarquai comment Paul disait aux croyants de cette Église de Corinthe si merveilleusement douée, qui tous avaient été déclarés, au treizième verset, baptisés de l’Esprit : « Et Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous ont-ils le don des miracles?

Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils? » Je vis donc que l’Écriture enseigne qu’on peut être baptisé du Saint-Esprit sans avoir pour autant le don des langues.

Je vis en outre que le don des langues, selon l’Écriture, était le dernier et le moins important de tous les dons, et que nous étions exhortés à aspirer aux dons les meilleurs (1 Corinthiens 13:31 ; 1 Corinthiens 14:

5, 12, 14, 18, 19, 27, 28). Plus tard, je fus tenté de tomber dans une autre erreur, plus spécieuse, mais en réalité tout aussi contraire à l’Écriture que la première : à savoir que, si quelqu’un était baptisé du Saint-Esprit, il recevrait le don d’évangéliste.

J’avais lu l’histoire de D. L. Moody, de Charles G. Finney et d’autres qui avaient été baptisés du Saint-Esprit, et de la puissance qui leur était venue comme évangélistes, et cette pensée me vint : si quelqu’un est baptisé du Saint-Esprit, n’obtiendra-t-il pas lui aussi la puissance d’un évangéliste ? Mais cela non plus n’était pas conforme à l’Écriture.

Si Dieu a appelé un homme à être évangéliste et que cet homme est baptisé du Saint-Esprit, il recevra la puissance d’un évangéliste ; mais si Dieu l’a appelé à autre chose, il recevra la puissance de devenir autre chose. Trois grands maux découlent de l’erreur qui consiste à penser que quiconque est baptisé du Saint-Esprit recevra la puissance d’un évangéliste.

(1) Le mal de la déception. Beaucoup recherchent le baptême du Saint-Esprit en s’attendant à recevoir la puissance d’un évangéliste ; mais Dieu ne les a pas appelés à cette œuvre, et bien qu’ils remplissent les conditions pour recevoir le baptême de l’Esprit, et qu’ils le reçoivent effectivement, la puissance d’un évangéliste ne vient pas. Dans bien des cas, il en résulte une amère déception, et parfois même le désespoir. Celui qui s’attendait à la puissance d’un évangéliste et ne l’a pas reçue va parfois jusqu’à se demander s’il est un enfant de Dieu. Mais s’il avait bien compris la question, il aurait su que le fait de ne pas avoir reçu la puissance d’un évangéliste ne prouve nullement qu’il n’ait pas reçu le baptême de l’Esprit, et encore moins qu’il ne soit pas un enfant de Dieu.

(2) Le deuxième mal est plus grave encore : c’est le mal de la présomption. Un homme que Dieu n’a pas appelé à l’œuvre d’évangéliste ou de pasteur s’y précipite souvent parce qu’il a reçu, ou s’imagine avoir reçu, le baptême du Saint-Esprit. Il pense que tout ce dont un homme a besoin pour devenir prédicateur, c’est le baptême du Saint-Esprit. Ce n’est pas vrai. Pour réussir dans le ministère, un homme a besoin d’un appel à cette œuvre précise, et il a besoin de cette connaissance de la Parole de Dieu qui le préparera à cette œuvre. Si un homme est appelé au ministère et étudie la Parole jusqu’à avoir quelque chose à prêcher, et s’il est alors baptisé du Saint-Esprit, il réussira comme prédicateur ; mais s’il n’est pas appelé à cette œuvre, ou s’il n’a pas la connaissance nécessaire de la Parole de Dieu, il ne réussira pas dans cette œuvre, même s’il reçoit le baptême du Saint-Esprit.

(3) Le troisième mal est celui de l’indifférence. Beaucoup savent qu’ils ne sont pas appelés à l’œuvre de la prédication. S’ils pensent alors que le baptême du Saint-Esprit confère simplement la puissance d’un évangéliste, ou la puissance de prêcher, la question du baptême du Saint-Esprit ne les concerne pas personnellement. Prenons par exemple une mère à la tête d’une famille nombreuse. Elle sait bien qu’elle n’est pas appelée à faire l’œuvre d’un évangéliste. Elle sait que son devoir est auprès de ses enfants et dans son foyer. Si elle lit ou entend quelque chose sur le baptême du Saint-Esprit et en retire l’impression que ce baptême confère simplement la puissance de faire l’œuvre d’un évangéliste, ou de prêcher, elle pensera : « L’évangéliste a besoin de cette bénédiction, mon pasteur a besoin de cette bénédiction, mais ce n’est pas pour moi » ; mais si elle comprend la question telle que la Bible l’enseigne — que le baptême de l’Esprit confère la puissance, que la manière dont cette puissance se manifestera dépend entièrement du domaine d’œuvre auquel Dieu nous appelle, et qu’aucune œuvre efficace ne peut se faire sans lui —, et si elle voit en outre qu’il n’existe aujourd’hui dans l’Église de Jésus-Christ aucune fonction plus sainte et plus sacrée que celle d’une maternité sanctifiée, elle dira : « L’évangéliste a peut-être besoin de ce baptême, mon pasteur a peut-être besoin de ce baptême ; mais moi, il me le faut pour élever mes enfants en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. »

2. Bien qu’il y ait diversité de dons et de manifestations du baptême du Saint-Esprit, il y aura quelque don pour chacun de ceux qui sont ainsi baptisés. Nous lisons en 1 Corinthiens 12:7 : « à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. » Le membre le plus insignifiant du corps de Christ a lui aussi une fonction à remplir dans ce corps. Le corps grandit par ce qui est « bien coordonné et formant un solide assemblage » (Éphésiens 4:16), et à chaque jointure, même la moins importante, le Saint-Esprit communique la puissance d’accomplir la fonction qui lui revient.

3. C’est le Saint-Esprit qui décide de la manière dont le baptême de l’Esprit se manifestera dans chaque cas particulier. Comme nous le lisons en 1 Corinthiens 12:11 : « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. » Le Saint-Esprit est souverain pour décider de quelle manière, c’est-à-dire par quel don, quelle opération ou quelle puissance particulière, le baptême du Saint-Esprit se manifestera. Il ne nous appartient pas de choisir un champ de service, puis de demander au Saint-Esprit de nous qualifier pour ce service.

Il ne nous appartient pas de choisir un don, puis de demander au Saint-Esprit de nous communiquer ce don que nous avons choisi nous-mêmes.

Ce qui nous appartient, c’est simplement de nous mettre entièrement à la disposition du Saint-Esprit, pour qu’il nous envoie où il veut, qu’il choisisse pour nous le genre de service qu’il veut et qu’il nous communique le don qu’il veut.

Il est souverain, et notre position est celle d’un abandon sans condition à sa volonté. Je suis heureux qu’il en soit ainsi. Je me réjouis que ce soit lui, dans sa sagesse et son amour infinis, qui choisisse le champ de service et les dons, et que cela ne soit pas laissé à ma vue courte et à ma folie. C’est faute de reconnaître cette souveraineté de l’Esprit que beaucoup ne reçoivent pas la bénédiction et vont au-devant de la déception. Ils essaient de choisir leur don, et n’en reçoivent aucun. J’ai connu autrefois en Écosse un enfant de Dieu qui, ayant entendu parler du baptême du Saint-Esprit et de la puissance qui en découle, abandonna au prix d’un grand sacrifice son métier de tôlier dans la construction navale, qui lui rapportait un salaire élevé. Il avait entendu dire qu’on avait grand besoin de pasteurs dans le nord-ouest de l’Amérique. Il se rendit dans le nord-ouest. Il remplit les conditions du baptême du Saint-Esprit, et je crois qu’il fut baptisé du Saint-Esprit ; mais Dieu ne l’avait pas choisi pour l’œuvre d’évangéliste, et la puissance d’évangéliste ne lui fut pas donnée. Aucune porte ne semblait s’ouvrir, et il tomba dans un grand abattement. Il en vint même à douter d’être agréé devant Dieu.

Un matin, il entra dans notre église de Minneapolis et m’entendit parler du baptême du Saint-Esprit ; et lorsque je montrai que le baptême du Saint-Esprit se manifeste de bien des manières différentes, et que le fait de ne pas avoir de puissance comme évangéliste ne prouve nullement qu’on n’a pas reçu le baptême du Saint-Esprit, la lumière se fit dans son cœur. Il se remit entièrement entre les mains de Dieu, pour que Dieu choisisse lui-même son champ de travail et ses dons. Une porte s’ouvrit bientôt pour lui comme missionnaire des écoles du dimanche ; puis, lorsqu’il eut renoncé à choisir pour lui-même et qu’il eut laissé au Saint-Esprit le soin de lui distribuer ce qu’il voudrait, une chose étrange arriva : il reçut la puissance d’évangéliste et parcourut les districts ruraux de l’un de nos États du nord-ouest, évangélisant avec une grande puissance.

4. Bien que la puissance puisse être d’une nature chez l’un et d’une autre nature chez l’autre, il y aura toujours de la puissance, la puissance même de Dieu, quand quelqu’un est baptisé du Saint-Esprit. Nous lisons en Actes 1:5, 8 : « car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. […] Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

En vérité, quiconque lit ces pages sans avoir encore reçu le baptême du Saint-Esprit, s’il le recherche selon la voie de Dieu, l’obtiendra ; et il entrera dans son service une puissance qui n’y avait jamais été, une puissance pour l’œuvre même à laquelle Dieu l’a appelé. Ce n’est pas seulement l’enseignement de l’Écriture ; c’est aussi l’enseignement de l’expérience religieuse à travers les siècles.

Les biographies chrétiennes abondent en exemples d’hommes qui ont travaillé de leur mieux, jusqu’au jour où ils ont été amenés à voir qu’il existe une expérience telle que le baptême du Saint-Esprit, à la rechercher et à l’obtenir ; et, dès cette heure-là, il est entré dans leur service une puissance nouvelle qui a complètement transformé leur caractère. On pense d’abord, à ce propos, à des hommes comme l’évangéliste Moody ou comme Brainerd, mais les cas de ce genre ne se limitent pas à quelques hommes exceptionnels. L’auteur de ces lignes a personnellement rencontré des centaines et des milliers de personnes à travers le monde, ou correspondu avec elles, qui pouvaient rendre un témoignage précis de la puissance nouvelle que Dieu leur a accordée par le baptême du Saint-Esprit. Ces milliers d’hommes et de femmes se trouvaient dans toutes les branches du service chrétien : certains sont ministres de l’Évangile, d’autres évangélistes, d’autres ouvriers missionnaires, d’autres secrétaires de la Y. M. C.

A., moniteurs d’école du dimanche, pères, mères ou ouvriers dans l’évangélisation personnelle. Rien ne saurait dépasser la clarté, l’assurance et la joie de beaucoup de ces témoignages.

Je n’oublierai pas un pasteur que j’ai rencontré il y a quelques années à une convention d’État de la Société d’activité chrétienne des jeunes gens, à New Britain, dans le Connecticut. Je parlais de l’évangélisation personnelle et, en terminant mon allocution, je dis que, pour faire une œuvre personnelle efficace, nous devons être baptisés du Saint-Esprit, et j’expliquai en quelques phrases ce que j’entendais par là. À la fin de l’allocution, ce pasteur vint me trouver sur l’estrade et me dit : « Je n’ai pas cette bénédiction dont vous venez de parler, mais je la désire. Voulez-vous prier pour moi ? » Je lui répondis : « Pourquoi ne pas prier tout de suite ? » Il dit : « Volontiers. » Nous plaçâmes deux chaises côte à côte et tournâmes le dos à la foule qui sortait de l’Armoury. Nous priâmes pour qu’il soit baptisé du Saint-Esprit. Quelques semaines plus tard, quelqu’un qui avait été témoin de la scène vint me trouver à une convention à Washington et me raconta que ce pasteur était retourné dans son église transformé, que désormais ses auditoires remplissaient l’église, qu’ils se composaient en grande partie de jeunes hommes, et qu’il y avait des conversions à chaque réunion.

Quelques années plus tard, ce pasteur fut appelé à un autre champ de service. Ses amis les plus spirituels lui conseillèrent de ne pas y aller, parce que tous les éléments dirigeants de l’église qui l’appelait étaient opposés à une œuvre d’évangélisation énergique ; mais, pour une raison ou une autre, il sentit que c’était l’appel de Dieu, et il l’accepta.

En six mois, il y eut soixante-neuf conversions, et trente-huit des convertis étaient des hommes d’affaires de la ville.

Après avoir assisté, il y a quelques années, à Montréal, à la convention interprovinciale de l’Union chrétienne de jeunes gens des provinces du Canada, je reçus la lettre d’un jeune homme. Il m’écrivait : « J’étais présent à votre dernière réunion à Montréal. Je vous ai entendu parler du baptême du Saint-Esprit.

Je suis rentré dans ma chambre, j’ai recherché ce baptême pour moi-même et je l’ai reçu. Je suis président du comité de vigilance de la Société d’activité chrétienne de notre église. J’ai réuni les autres membres du comité. J’ai découvert que deux d’entre eux avaient assisté à la réunion et avaient déjà été baptisés du Saint-Esprit. Puis nous avons prié pour les autres membres du comité, et ils ont été baptisés du Saint-Esprit. Maintenant, nous allons à travers l’église, et les jeunes gens de l’église sont amenés à Christ les uns après les autres. »

Un jour, une dame et un monsieur vinrent me trouver à une convention et me racontèrent que, sans m’avoir jamais vu, ils avaient lu le compte rendu d’une allocution sur le baptême du Saint-Esprit prononcée à Boston lors d’une convention d’ouvriers chrétiens, qu’ils avaient désiré ce baptême et qu’ils l’avaient reçu.

L’homme me raconta alors la bénédiction qui était entrée dans son service de directeur de l’école du dimanche.

Quand il eut fini, sa femme intervint et dit : « Oui, et le meilleur de l’affaire, c’est que j’ai pu gagner le cœur de mes enfants, ce que je n’avais jamais pu faire auparavant. » Voilà trois domaines de service bien distincts, mais dans chaque cas il y avait de la puissance. Les résultats de cette puissance peuvent ne pas se manifester aussitôt par des conversions. Étienne était rempli du Saint-Esprit, mais tandis qu’il rendait témoignage à son Seigneur ressuscité dans la puissance du Saint-Esprit, il ne vit aucune conversion sur le moment. Tout ce qu’il vit, ce furent des grincements de dents, des regards furieux et des pierres sans pitié ; et il peut en être de même pour nous. Mais il y eut bel et bien une conversion, même dans ce cas, bien qu’il ait fallu longtemps pour qu’on la voie ; et cette conversion, celle de Saul de Tarse, valait plus que des centaines de conversions ordinaires.

5. Un autre résultat du baptême du Saint-Esprit sera l’assurance dans le témoignage et le service. Nous lisons en Actes 4:31 : « Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. » Le baptême du Saint-Esprit communique à ceux qui le reçoivent une liberté et une intrépidité nouvelles dans le témoignage rendu à Christ. Il change les lâches en héros.

Pierre, la nuit de la crucifixion de notre Seigneur, se montra lâche. Il nia avec serments et imprécations connaître le Seigneur. Mais après la Pentecôte, ce même Pierre fut amené devant le conseil même qui avait condamné Jésus à mort, et il fut menacé ; mais, rempli du Saint-Esprit, il dit : « Chefs du peuple, et anciens d’Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd’hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d’Israël le sache! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous.

Jésus est La pierre rejetée par vous qui bâtissez, Et qui est devenue la principale de l’angle. Il n’y a de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4:8-12). Plus tard, lorsque le conseil leur ordonna, à lui et à son compagnon Jean, de ne point parler ni enseigner au nom de Jésus, ils répondirent : « Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. » (Actes 4:19-20).

Plus tard encore, alors qu’ils étaient menacés, qu’on leur avait défendu de parler et que leur vie était en danger, Pierre déclara en face au conseil : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint-Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » (Actes 5:29-32). La timidité naturelle de plus d’un homme aujourd’hui s’évanouit lorsqu’il est rempli du Saint-Esprit ; et, avec une grande assurance et une grande liberté, sans aucune crainte des conséquences, il rend témoignage à Jésus-Christ.

6. Le baptême du Saint-Esprit amène celui qui le reçoit à être occupé de Dieu, de Christ et des choses spirituelles. Dans le récit du jour de la Pentecôte, nous lisons : « ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. […] Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres : “Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle? […] Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu?” » (Actes 2:4, 7, 8, 11). Vient ensuite le sermon de Pierre, un sermon qui, du début à la fin, est entièrement occupé de Jésus-Christ et de sa gloire. Nous lisons encore : « Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. […] Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : “Chefs du peuple, et anciens d’Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd’hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d’Israël le sache! C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous.” » (Actes 4:31, 33, Actes 4:8-10).

Nous lisons au sujet de Saul de Tarse que, lorsqu’il eut été rempli du Saint-Esprit, « aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu » (Actes 10:44-46). Nous lisons au sujet de la maison de Corneille : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. » Nous voyons ici toute la maison de Corneille, dès qu’elle fut remplie du Saint-Esprit, glorifier Dieu.

En Éphésiens 5:18-19, il nous est dit que le résultat du fait d’être rempli de l’Esprit, c’est que ceux qui sont ainsi remplis s’entretiendront les uns avec les autres par des psaumes, par des hymnes et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant dans leur cœur les louanges du Seigneur. Des hommes remplis du Saint-Esprit ne chanteront ni romances sentimentales, ni chansons comiques, ni airs d’opéra tant que la puissance du Saint-Esprit repose sur eux. Si le Saint-Esprit venait sur quelqu’un pendant qu’il écoute l’une des plus innocentes chansons du monde, il n’y prendrait aucun plaisir ; il aspirerait à entendre parler de Christ. Les hommes qui sont baptisés du Saint-Esprit ne parlent guère d’eux-mêmes, mais beaucoup de Dieu, et surtout beaucoup de Christ. Il doit nécessairement en être ainsi, puisque c’est l’office du Saint-Esprit de rendre témoignage au Christ glorifié (Jean 15:26, Jean 16:14).

Pour tout résumer : le baptême du Saint-Esprit, c’est l’Esprit de Dieu venant sur le croyant, remplissant son intelligence de la vérité, en particulier de la vérité concernant Christ, prenant possession de ses facultés et lui communiquant des dons qui ne seraient pas autrement les siens, mais qui le qualifient pour le service auquel Dieu l’a appelé.

Quant à la nécessité du baptême du Saint-Esprit, le Nouveau Testament en parle abondamment. Lorsque notre Seigneur allait quitter ses disciples pour aller auprès du Père, il dit : « Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut » (Luc 24:49). Il venait de les charger d’être ses témoins auprès de toutes les nations, à commencer par Jérusalem (versets 47, 48), mais il leur dit ici qu’avant d’entreprendre ce témoignage, ils doivent attendre d’avoir reçu la promesse du Père, et d’être ainsi revêtus de la puissance d’en haut pour l’œuvre de témoignage qu’ils allaient entreprendre. Il n’y a aucun doute sur ce que Jésus entendait par « ce que mon Père a promis », qu’ils devaient attendre avant de commencer le ministère qu’il leur avait confié ; en Actes 1:4-5, nous lisons : « Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il; car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. » La promesse du Père, par laquelle devait venir le don de la puissance, c’était donc le baptême du Saint-Esprit.

Il ajouta pour ses disciples : « Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1:8). Or, qui étaient les hommes à qui Jésus disait cela ? Les disciples qu’il avait formés pour l’œuvre.

Depuis plus de trois ans, ils avaient vécu avec lui dans la plus étroite intimité ; ils avaient été témoins oculaires de ses miracles, de sa mort, de sa résurrection, et dans quelques instants ils allaient être témoins oculaires de son ascension, lorsqu’il serait enlevé au ciel sous leurs yeux. Et que devaient-ils faire ? Simplement aller dire au monde ce que leurs yeux avaient vu et ce que leurs oreilles avaient entendu des lèvres du Fils de Dieu. N’étaient-ils pas équipés pour cette œuvre ? Selon nos idées modernes sur la préparation au service chrétien, nous dirions qu’ils étaient parfaitement équipés. Mais Jésus dit : « Non, vous n’êtes pas équipés.

Il y a une autre préparation, qui s’ajoute à celle que vous avez déjà reçue, et qui est si nécessaire à une œuvre efficace que vous ne devez pas faire un seul pas avant de l’avoir reçue. Cette autre préparation, c’est la promesse du Père, le baptême du Saint-Esprit. » Si les apôtres, avec leur préparation exceptionnelle pour l’œuvre qu’ils allaient entreprendre, avaient besoin de cette préparation, combien plus en avons-nous besoin ? À la lumière de ce que Jésus exigeait de ses disciples avant qu’ils n’entreprennent l’œuvre, n’est-ce pas la plus audacieuse des présomptions, pour qui que ce soit d’entre nous, que d’entreprendre de rendre témoignage à Christ et de travailler pour lui avant d’avoir, nous aussi, reçu la promesse du Père, le baptême du Saint-Esprit ? Il y avait un besoin essentiel que quelque chose soit fait sans délai.

Le monde entier périssait, et eux seuls connaissaient la vérité qui sauve ; néanmoins, Jésus leur ordonna expressément : « Attendez. » Pourrait-il y avoir un témoignage plus fort de la nécessité absolue et de l’importance du baptême du Saint-Esprit comme préparation à une œuvre qui soit agréable à Christ ? Mais ce n’est pas tout.

En Actes 10:38, nous lisons : « comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable, car Dieu était avec lui. » À quoi cela se rapporte-t-il dans la vie de Jésus-Christ telle qu’elle nous est rapportée ? Si nous nous reportons à Luc 3:21-22 et à Luc 4:1, 4, 17, 18, nous aurons notre réponse. En Luc 3:21-22, nous lisons qu’après que Jésus eut aussi été baptisé, et pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe ; et une voix fit entendre du ciel ces paroles : « Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection. » Puis la chose suivante que nous lisons, sans autre intervalle que la généalogie humaine de Jésus, c’est : « Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert » (Luc 4:1).

Suit alors le récit de sa tentation ; puis, au quatorzième verset, nous lisons : « Jésus, revêtu de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée, et sa renommée se répandit dans tout le pays d’alentour. »

Et aux dix-septième et dix-huitième versets : « et on lui remit le livre du prophète Ésaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit : “L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres”, etc. » C’est donc au Jourdain, à l’occasion de son baptême, que Jésus fut oint du Saint-Esprit et de puissance, et il n’entreprit pas son ministère public avant d’avoir été baptisé du Saint-Esprit. Et qui était Jésus ?

La croyance commune de la chrétienté est qu’il avait été conçu surnaturellement par la puissance du Saint-Esprit, qu’il était le Fils unique de Dieu, qu’il était divin, vrai Dieu de vrai Dieu, et pourtant vraiment homme. Si un tel être, « nous laissant un exemple, afin que nous suivions ses traces », ne s’est pas risqué à entreprendre le ministère pour lequel le Père l’avait envoyé avant d’avoir été ainsi baptisé du Saint-Esprit de manière précise, comment oserions-nous, nous, le faire ? Si, à la lumière de ces faits rapportés, nous osons le faire, n’est-ce pas là la plus impardonnable des présomptions ? Sans doute beaucoup d’entre nous l’ont-ils fait par ignorance ; mais pouvons-nous plaider l’ignorance plus longtemps ? Le baptême du Saint-Esprit est une préparation nécessaire à une œuvre efficace pour Christ, dans tous les domaines du service.

Nous pouvons avoir un appel très clair au service, aussi clair peut-être que celui des apôtres, mais l’ordre nous est donné comme à eux : avant de commencer ce service, nous devons attendre d’être revêtus de la puissance d’en haut. Ce don de puissance vient par le baptême du Saint-Esprit. Mais ce n’est pas encore tout.

Nous lisons en Actes 7:14-16 : « Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci, arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit. Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. » Il y avait en Samarie une grande foule d’heureux nouveaux convertis ; mais quand Pierre et Jean descendirent pour inspecter l’œuvre, ils sentirent qu’il manquait à ces jeunes disciples quelque chose de si essentiel qu’avant de faire quoi que ce soit d’autre, ils devaient veiller à ce qu’ils le reçoivent.

De même, nous lisons en Actes 19:1-2 : « Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes provinces de l’Asie, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples, il leur dit : “Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru?” » Lorsqu’il découvrit qu’ils n’avaient pas reçu le Saint-Esprit, la première chose à laquelle il veilla fut qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. Il ne poursuivit pas son œuvre auprès de ceux du dehors avant que ce petit groupe de douze disciples eût été équipé pour le service. Nous voyons donc que, lorsque les apôtres trouvaient des croyants en Christ, la première chose qu’ils faisaient toujours était de leur demander s’ils avaient reçu le Saint-Esprit comme une expérience nette, et, si ce n’était pas le cas, ils veillaient immédiatement à ce que soient faites les démarches par lesquelles ils recevraient le Saint-Esprit. Il est évident que le baptême du Saint-Esprit est nécessaire à tout chrétien pour le service que Christ exige et attend de lui.

Il y a certainement peu d’erreurs plus graves, parmi celles que nous commettons aujourd’hui dans nos diverses entreprises chrétiennes, que celle qui consiste à charger des hommes d’enseigner des classes d’école du dimanche, de faire de l’évangélisation personnelle et même de prêcher l’Évangile parce qu’ils ont été convertis et ont reçu une certaine instruction, y compris peut-être des études universitaires et un séminaire, alors qu’ils n’ont pas encore été baptisés du Saint-Esprit. Nous pensons que si un homme donne de bonnes espérances sur le plan religieux, s’il a fait des études universitaires et un séminaire et qu’il en est sorti raisonnablement orthodoxe, il est désormais prêt pour que nous lui imposions les mains et l’ordonnions pour prêcher l’Évangile. Mais Jésus-Christ dit : « Non. » Il y a une autre préparation, si absolument essentielle qu’un homme ne doit pas entreprendre cette œuvre avant de l’avoir reçue.

« mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » Un éminent professeur de théologie a dit qu’on devrait poser à tout candidat au ministère la question : « Avez-vous rencontré Dieu ? » Oui, mais nous devrions aller plus loin encore et être plus précis : à tout candidat au ministère, nous devrions poser la question : « Avez-vous été baptisé du Saint-Esprit ? » et, si ce n’est pas le cas, nous devrions lui dire, comme Jésus le dit aux premiers prédicateurs de l’Évangile : « Restez jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » Mais cela n’est pas vrai seulement des ministres ordonnés ; c’est vrai de tout chrétien, car tous les chrétiens sont appelés à un ministère d’une sorte ou d’une autre.

Tout homme engagé dans l’œuvre chrétienne qui n’a pas reçu le baptême du Saint-Esprit devrait arrêter son travail là où il en est, et ne pas le poursuivre avant d’avoir été « revêtu de la puissance d’en haut ».

Mais que deviendra notre œuvre pendant que nous attendons ? « Que devint le monde pendant ces dix jours où les premiers disciples attendaient ? » Ils connaissaient la vérité qui sauve, eux seuls la connaissaient ; et pourtant, par obéissance au commandement du Seigneur, ils gardèrent le silence.

Le monde n’y perdit rien. Sans aucun doute, quand la puissance vint, ils accomplirent en un jour plus qu’ils n’auraient accompli en des années s’ils avaient continué en désobéissant au commandement de Christ. Nous aussi, après avoir reçu le baptême de l’Esprit, nous accomplirons en un jour plus de véritable travail pour notre Seigneur que nous ne le ferions jamais en des années sans cette puissance. Même s’il était nécessaire de passer des jours à attendre, ils seraient bien employés ; mais nous verrons plus loin qu’il n’est pas nécessaire de passer des jours à attendre, et que le baptême du Saint-Esprit peut être reçu aujourd’hui même. Quelqu’un dira peut-être que les apôtres avaient fait des tournées missionnaires du vivant de Christ, avant même d’être baptisés du Saint-Esprit.

C’est vrai, mais c’était avant que le Saint-Esprit fût donné, et avant que fût donné ce commandement : « mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut. » Après cela, c’eût été désobéissance, folie et présomption que de partir sans cette onction ; et nous vivons aujourd’hui après que le Saint-Esprit a été donné, et après que l’ordre a été donné de rester jusqu’à ce que nous soyons revêtus.

Nous en venons maintenant à la question de première importance, à savoir : qui peut être baptisé du Saint-Esprit ? Lors d’une convention, il y a quelques années, une chrétienne très intelligente, ouvrière bien connue dans l’enseignement aussi bien que dans l’école du dimanche, m’adressa cette question : « Vous nous avez parlé de la nécessité du baptême du Saint-Esprit, mais qui peut recevoir ce baptême ? L’Église à laquelle j’appartiens enseigne que le baptême du Saint-Esprit était réservé à l’âge apostolique. Ne voulez-vous pas nous dire qui peut recevoir le baptême du Saint-Esprit ? » La Bible répond à cette question dans les termes les plus explicites.

Nous lisons en Actes 2:38-39 : « Pierre leur dit : “Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.” » Quelle est la promesse dont parle Pierre au trente-neuvième verset ? Il y a deux interprétations de ce passage : selon l’une, la promesse de ce verset est la promesse du salut ; selon l’autre, la promesse de ce verset est la promesse du don du Saint-Esprit (ou du baptême du Saint-Esprit ; une comparaison des passages de l’Écriture montrera que les deux expressions sont synonymes).

Laquelle de ces interprétations est la bonne ? Il existe deux lois d’interprétation universellement reconnues parmi les spécialistes de la Bible. Ces deux lois sont la loi de l’usage (ou « usus loquendi », comme on l’appelle) et la loi du contexte. Plus d’un verset de la Bible, pris isolément, pourrait admettre deux, trois interprétations, voire davantage ; mais lorsqu’on applique ces deux lois d’interprétation, il est établi avec certitude qu’une seule des diverses interprétations possibles est la vraie. La loi de l’usage est la suivante : lorsque vous trouvez un mot ou une expression dans un passage de l’Écriture et que vous voulez savoir ce qu’il signifie, n’allez pas consulter un dictionnaire, mais allez à la Bible elle-même ; recherchez les différents passages où le mot est employé, en particulier la manière dont l’auteur étudié l’emploie, et surtout la manière dont il est employé dans le livre même où se trouve le passage. Vous pourrez ainsi déterminer le sens précis du mot ou de l’expression dans le passage en question.

La loi du contexte est la suivante : quand on étudie un passage, il ne faut pas l’isoler de son contexte, mais regarder ce qui le précède et ce qui le suit ; car, s’il pouvait signifier diverses choses pris isolément, il ne peut signifier qu’une seule chose dans le contexte où il se trouve. Appliquons ces deux lois au passage qui nous occupe. Appliquons d’abord la loi de l’usage. Nous cherchons à découvrir ce que signifie l’expression « la promesse » en Actes 2:39. Revenons à Actes 1:4-5, où nous lisons : « Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, celle que je vous ai annoncée, leur dit-il ; car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit. » Il est donc évident qu’ici la promesse du Père désigne le baptême du Saint-Esprit. Passons maintenant au deuxième chapitre, au trente-troisième verset : « Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père la promesse du Saint-Esprit, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. » Dans ce passage, il nous est dit en toutes lettres que la promesse est la promesse du Saint-Esprit.

Si cette expression singulière désigne le baptême du Saint-Esprit en Actes 1:4-5, et la même chose en Actes 2:33, par quelle loi d’interprétation pourrait-elle bien signifier quelque chose d’entièrement différent six versets plus bas, en Actes 2:39 ? Ainsi, la loi de l’usage établit que la promesse d’Actes 2:39 est la promesse du baptême du Saint-Esprit. Appliquons maintenant la loi du contexte, et nous verrons qu’elle est, si possible, plus décisive encore. Revenons au trente-huitième verset : « Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Il est donc évident que la promesse est la promesse du don, ou baptême, du Saint-Esprit. Les deux lois établissent donc que la promesse d’Actes 2:39 est celle du don du Saint-Esprit, ou baptême du Saint-Esprit.

Lisons donc le verset de cette manière, en mettant cette expression équivalente à la place de l’expression « la promesse » : « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » « C’est pour vous », dit Pierre, c’est-à-dire pour la foule rassemblée devant lui.

Il n’y a là rien pour nous. Nous n’étions pas présents ; cette foule était tout entière composée de Juifs, et nous ne sommes pas juifs. Mais Pierre ne s’est pas arrêté là ; il est allé plus loin et a dit : « pour vos enfants », c’est-à-dire pour la génération suivante de Juifs, ou pour toutes les générations futures de Juifs. Il n’y a toujours rien là pour nous, car nous ne sommes pas juifs ; mais Pierre est allé plus loin encore et a dit : « et pour tous ceux qui sont au loin ». Cette fois, nous sommes compris. Nous sommes les païens qui étaient « jadis éloignés », mais qui ont maintenant « été rapprochés par le sang de Christ » (Éphésiens 2:13, 17). Et, pour qu’il n’y ait absolument aucune méprise, Pierre ajoute : « en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera ». Ainsi, le jour même de la Pentecôte, Pierre déclare que le baptême du Saint-Esprit est pour tout enfant de Dieu, à chaque époque à venir de l’histoire de l’Église.

Il y a quelques années, lors d’une conférence de pasteurs à Chicago, un ministre de l’Évangile venu du Sud-Ouest vint me trouver après une causerie sur le baptême du Saint-Esprit et me dit : « L’Église à laquelle j’appartiens enseigne que le baptême du Saint-Esprit était réservé au seul âge apostolique. » « Peu m’importe, lui répondis-je, ce qu’enseigne l’Église à laquelle vous appartenez, ou ce qu’enseigne celle à laquelle j’appartiens. Ma seule question est : qu’enseigne la Parole de Dieu ? “Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera.” Vous a-t-il appelé ? » lui demandai-je. « Oui, assurément. » « Alors la promesse est-elle pour vous ? » « Oui, elle l’est. » Il la saisit, et il en résulta un ministère transformé.

Il y a quelques années, lors d’une conférence d’étudiants, les réunions étaient présidées par un éminent pasteur épiscopalien, un homme très honoré et très aimé. J’y parlai du baptême du Saint-Esprit, et j’insistai sur la portée d’Actes 2:39. Ce soir-là, comme nous étions assis ensemble après les réunions, ce serviteur de Dieu me dit : « Frère Torrey, ce que vous avez dit aujourd’hui sur le baptême du Saint-Esprit m’a vivement intéressé. Si votre interprétation d’Actes 2:39 est juste, votre cause est entendue ; mais j’en doute. Parlons-en », ce que nous fîmes.

Plusieurs années plus tard, en juillet 1894, j’étais à la conférence d’étudiants de Northfield. Ce jour-là, au moment où j’entrais par la porte de derrière de Stone Hall, ce pasteur épiscopalien entrait par la porte de devant. M’apercevant, il traversa la salle en hâte, me tendit la main et me dit : « Vous aviez raison au sujet d’Actes 2:39, à Knoxville, et je crois avoir le droit de vous dire quelque chose de meilleur encore : j’ai été baptisé du Saint-Esprit. » Je suis heureux d’avoir eu raison — non qu’il importe le moins du monde que j’aie raison, mais la vérité ainsi établie est d’une importance incommensurable. N’est-il pas glorieux de pouvoir parcourir le monde, se tenir devant des assemblées de croyants et pouvoir leur dire, en sachant qu’on a la Parole de Dieu sous ses pieds : « Vous pouvez tous être baptisés du Saint-Esprit » ? Mais cette pensée d’une joie et d’une gloire indicibles a son côté solennel. Si nous pouvons être baptisés du Saint-Esprit, alors nous devons l’être.

Si nous sommes baptisés du Saint-Esprit, des âmes seront sauvées par notre moyen, qui ne le seront pas si nous ne sommes pas baptisés. Si nous ne sommes pas disposés à payer le prix de ce baptême, et que pour cette raison nous ne soyons pas baptisés, nous serons responsables devant Dieu de chaque âme qui aurait pu être sauvée et qui ne l’a pas été parce que nous n’avons pas payé le prix et n’avons donc pas obtenu la bénédiction.

Je tremble souvent pour moi-même et pour mes frères dans le ministère — et non seulement pour mes frères dans le ministère, mais pour mes frères engagés dans toutes les formes d’œuvre chrétienne, même les plus humbles et les plus obscures. Pourquoi ? Parce que nous prêchons l’erreur ? Non ; beaucoup le font en ces jours sombres, et je tremble pour eux, mais ce n’est pas ce que je veux dire maintenant. Est-ce que je veux dire que je tremble parce que nous ne prêchons pas la vérité ? Car il est tout à fait possible de ne pas prêcher l’erreur et pourtant de ne pas prêcher la vérité ; plus d’un homme n’a jamais prêché un mot d’erreur de sa vie, et cependant il ne prêche pas la vérité, et je tremble bien pour ceux-là ; mais ce n’est pas ce que je veux dire maintenant.

Je veux dire que je tremble pour ceux d’entre nous qui prêchent la vérité, la vérité même telle qu’elle est en Jésus, la vérité telle qu’elle est consignée dans la Parole écrite de Dieu, la vérité dans sa simplicité, sa pureté et sa plénitude, mais qui la prêchent en s’appuyant sur « les discours persuasifs de la sagesse » des hommes, et non « sur une démonstration d’Esprit et de puissance » (1 Corinthiens 2:4) ; qui la prêchent dans l’énergie de la chair, et non dans la puissance du Saint-Esprit.

Rien ne donne davantage la mort que l’Évangile sans la puissance de l’Esprit. « La lettre tue, mais l’Esprit vivifie. » C’est une chose solennelle que de prêcher l’Évangile, que ce soit du haut de la chaire ou de manière discrète. Pour ceux qui l’entendent, il y va de la mort ou de la vie ; et que ce soit la mort ou la vie dépend en grande partie de ce que nous le prêchions avec ou sans le baptême du Saint-Esprit.

Nous devons être baptisés du Saint-Esprit. Même après avoir été baptisé du Saint-Esprit, si net que soit ce baptême, on a besoin d’être rempli de l’Esprit. C’est l’enseignement clair du Nouveau Testament. Nous lisons en Actes 2:4 : « Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » L’un de ceux qui étaient présents en cette occasion et qui furent remplis du Saint-Esprit était Pierre. Il apparaît même, dans ce chapitre, comme la figure la plus en vue d’homme baptisé du Saint-Esprit. Mais nous lisons en Actes 4:8 : « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit », etc. Nous lisons ici, de nouveau, que Pierre fut rempli du Saint-Esprit.

Plus loin dans le chapitre, au trente et unième verset, nous lisons que, réunis pour prier, « ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance ». Le contexte nous dit expressément que deux de ceux qui étaient présents étaient Jean et Pierre. C’était donc une troisième fois que Pierre était rempli du Saint-Esprit. Il ne suffit pas d’être rempli du Saint-Esprit une seule fois. Nous avons besoin d’être remplis à nouveau pour chaque nouvelle circonstance critique du service chrétien. Faute d’avoir compris ce besoin d’être constamment rempli à nouveau du Saint-Esprit, plus d’un homme dont Dieu s’était un temps grandement servi a été entièrement mis de côté.

Il y en a beaucoup aujourd’hui qui ont su autrefois ce que c’est que de travailler dans la puissance du Saint-Esprit, et qui ont perdu leur fonction et leur puissance. Je ne dis pas que le Saint-Esprit les a quittés — je ne crois pas qu’il l’ait fait —, mais la manifestation de sa présence et de sa puissance a disparu. L’un des spectacles les plus tristes parmi nous aujourd’hui est celui d’hommes et de femmes qui travaillaient autrefois pour le Maître dans la grande puissance du Saint-Esprit, et qui ne sont plus aujourd’hui pratiquement d’aucune utilité, quand ils n’entravent pas l’œuvre, parce qu’ils essaient d’avancer dans la force de la bénédiction reçue il y a un an, cinq ans ou vingt ans. Pour chaque nouveau culte à conduire, pour chaque nouvelle âme à aborder, pour chaque nouvelle œuvre à accomplir pour Christ, pour chaque nouveau jour et chaque nouvelle circonstance critique de la vie et du service chrétiens, nous devrions rechercher et obtenir d’être remplis à nouveau du Saint-Esprit. Nous ne devons pas « négliger » le don qui est en nous (1 Timothée 4:14) : « C’est pourquoi je t’exhorte à ranimer le don de Dieu » (2 Timothée 1:6). Il faut être rempli du Saint-Esprit à maintes reprises pour que la puissance se maintienne et s’accroisse.

On peut se poser la question : « Faut-il appeler ces nouvelles plénitudes du Saint-Esprit de “nouveaux baptêmes” du Saint-Esprit ? » À cela nous répondrions que le mot « baptême » n’est jamais employé dans les Écritures pour une expérience ultérieure, et qu’il y a dans l’idée même de baptême quelque chose d’initial ; si l’on veut être biblique, il semblerait donc préférable de ne pas employer le terme « baptême » pour une expérience ultérieure, mais de le réserver à la première. D’un autre côté, l’expression « remplis du Saint-Esprit » est employée en Actes 2:4 pour décrire l’expérience promise en Actes 1:5, où les mots employés sont : « vous serez baptisés du Saint-Esprit ».

Il ressort clairement de ce passage et d’autres encore que les deux expressions sont, dans une large mesure, équivalentes.

Cependant, si nous réservons l’expression « baptême du Saint-Esprit » à notre première expérience, nous serons plus bibliques, et il serait bon de parler d’un seul baptême, mais de nombreuses plénitudes. Mais j’aimerais beaucoup mieux qu’on parle de nouveaux baptêmes du Saint-Esprit, en défendant cette vérité capitale que nous avons besoin d’être remplis du Saint-Esprit à maintes reprises, plutôt que d’insister tellement sur la formulation exacte qu’on en vienne à perdre de vue la vérité que des plénitudes répétées sont nécessaires ; autrement dit, j’aimerais mieux avoir la bonne expérience sous un mauvais nom que la mauvaise expérience sous le bon nom.

Nous avons besoin d’être remplis du Saint-Esprit. On me demande parfois : « Avez-vous reçu la seconde bénédiction ? » Oui, et la troisième, et la quatrième, et la cinquième, et des centaines d’autres encore, et j’attends une nouvelle bénédiction aujourd’hui. Nous en venons maintenant à la question d’une importance pratique primordiale : que faut-il faire pour obtenir le baptême du Saint-Esprit ? La Bible répond à cette question de la manière la plus claire et la plus positive. Elle trace un chemin bien net, fait de quelques pas simples que chacun peut faire, et quiconque fait ces pas entrera certainement dans la bénédiction. C’est là une affirmation très positive, et nous n’oserions pas être aussi positifs si la Bible ne l’était pas tout autant. Mais de quel droit serions-nous incertains quand la Parole de Dieu est positive ? Ce chemin comporte sept pas : 1. Le premier pas consiste à accepter Jésus-Christ comme notre Sauveur et notre Seigneur. Nous lisons en Actes 2:38 : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » Cette déclaration n’est-elle pas aussi positive que celle que nous avons faite plus haut ? Pierre dit que, si nous faisons certaines choses, le résultat sera : « vous recevrez le don du Saint-Esprit ». Les sept pas se trouvent tous dans ce passage, mais nous nous référerons plus loin à d’autres passages qui l’éclairent. Les deux premiers pas sont contenus dans le mot « repentez-vous ». « Repentez-vous », dit Pierre. Que signifie se repentir ? Le mot grec traduit par repentance signifie « réflexion après coup » ou « changement de pensée ». Se repentir signifie donc changer de pensée. Mais changer de pensée à propos de quoi ? À propos de trois choses : à propos de Dieu, à propos de Jésus-Christ, à propos du péché. Sur quoi porte le changement de pensée dans un cas donné, c’est le contexte qui doit le déterminer.

Tel que le détermine le contexte dans le cas présent, le changement de pensée porte avant tout sur Jésus-Christ.

Pierre venait de dire, au trente-sixième verset : « Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. » « Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres: Hommes frères, que ferons-nous? »

C’est alors que Pierre dit : « Repentez-vous », c’est-à-dire : « Changez de pensée à l’égard de Jésus ; passez de cette disposition d’esprit qui l’a rejeté et crucifié à cette disposition d’esprit qui l’accepte comme Seigneur, Roi et Sauveur. » Voici donc le premier pas pour recevoir le baptême du Saint-Esprit : recevoir Jésus comme Sauveur et Seigneur — et tout d’abord le recevoir comme votre Sauveur. L’avez-vous fait ? Que signifie recevoir Jésus comme Sauveur ? Cela signifie l’accepter comme celui qui a porté nos péchés à notre place sur la croix (Galates 3:13 ; 2 Corinthiens 5:21), et compter sur Dieu pour nous pardonner parce que Jésus-Christ est mort à notre place. Cela signifie faire reposer toute notre espérance d’être agréés devant Dieu sur l’œuvre achevée de Christ sur la croix du Calvaire.

Beaucoup se disent chrétiens qui n’ont pas fait cela. Quand vous allez trouver bien des gens qui se disent chrétiens et que vous leur demandez s’ils sont sauvés, ils répondent : « Oui. » Puis, si vous leur posez la question : « Sur quoi vous appuyez-vous comme fondement de votre salut ? », ils vous répondront à peu près ceci : « Je vais à l’église ; je fais mes prières, je lis ma Bible, j’ai été baptisé, je suis devenu membre de l’Église, je prends part à la cène du Seigneur, j’assiste à la réunion de prière, et je m’efforce de vivre aussi droitement que je le peux. » Si ce sont là les choses sur lesquelles vous vous appuyez comme fondement de votre acceptation devant Dieu, alors vous n’êtes pas sauvé, car toutes ces choses sont vos œuvres (toutes légitimes à leur place, certes, mais ce sont néanmoins vos œuvres).

Il nous est dit expressément en Romains 3:20 que « nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi ». Mais si vous allez trouver d’autres personnes et leur demandez si elles sont sauvées, elles répondront : « Oui. » Et si vous leur demandez ensuite sur quoi elles s’appuient comme fondement de leur acceptation devant Dieu, elles vous répondront à peu près ceci : « Je ne m’appuie sur rien de ce que j’ai jamais fait, ni sur rien de ce que je ferai jamais ; je m’appuie sur ce que Jésus-Christ a fait pour moi lorsqu’il a porté mes péchés en son corps sur la croix. Je me repose sur son œuvre achevée d’expiation. » Si c’est là ce sur quoi vous vous appuyez, alors vous êtes sauvé ; vous avez accepté Jésus-Christ comme votre Sauveur, et vous avez fait le premier pas vers le baptême du Saint-Esprit.

La même pensée est enseignée ailleurs dans la Bible, par exemple en Galates 3:2. Paul y demande aux croyants de Galatie : « Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit, ou en écoutant avec foi ? » Que voulait-il dire exactement ? Un jour, alors qu’il traversait la Galatie, Paul y fut retenu par une maladie. On ne nous dit pas laquelle, mais, quoi qu’il en soit, il n’était pas malade au point de ne pouvoir prêcher aux Galates l’Évangile, la bonne nouvelle que Jésus-Christ les avait rachetés de la malédiction de la loi en devenant malédiction à leur place, en mourant sur la croix du Calvaire. Ces Galates crurent à ce témoignage — c’était là écouter avec foi —, et Dieu apposa le sceau de son approbation sur leur foi en leur donnant le Saint-Esprit comme expérience personnelle. Mais après le départ de Paul, certains judaïsants descendirent de Jérusalem, des hommes qui substituaient la loi de Moïse à l’Évangile ; ils leur enseignèrent qu’il ne suffisait pas de simplement croire en Jésus-Christ, mais qu’il fallait en outre observer la loi de Moïse, en particulier la loi de Moïse concernant la circoncision, et que sans la circoncision ils ne pouvaient être sauvés, c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient être sauvés par la simple foi en Jésus (Actes 15:1).

Ces jeunes convertis de Galatie furent complètement bouleversés. Ils ne savaient plus s’ils étaient sauvés ou non ; ils ne savaient pas ce qu’ils devaient faire, et tout était confusion. C’était exactement comme lorsque des judaïsants modernes s’en prennent aux jeunes convertis et leur disent qu’en plus de croire en Jésus-Christ, ils doivent observer le sabbat mosaïque du septième jour, faute de quoi ils ne peuvent être sauvés. C’est simplement le vieux conflit qui éclate sur un nouveau point. Quand Paul apprit ce qui s’était passé en Galatie, il fut très indigné et écrivit l’épître aux Galates précisément pour démasquer l’erreur totale de ces judaïsants. Il leur montra comment Abraham lui-même avait été justifié avant d’être circoncis, simplement en croyant à Dieu (Galates 3:6), et comment il avait été circoncis après avoir été justifié, comme sceau de la foi qu’il avait déjà quand il était incirconcis. Outre cette preuve de l’erreur des judaïsants, Paul fait appel à leur propre expérience personnelle. Il leur dit : « Vous avez reçu le Saint-Esprit, n’est-ce pas ? » « Oui. » « Comment avez-vous reçu le Saint-Esprit ? En observant la loi de Moïse, ou en écoutant avec foi, par la simple acceptation du témoignage de Dieu au sujet de Jésus-Christ, à savoir que vos péchés ont été mis sur lui et que vous êtes ainsi justifiés et sauvés ? »

Les Galates avaient fait l’expérience de recevoir le Saint-Esprit, et Paul en appelle à cette expérience et leur rappelle que c’est en écoutant simplement avec foi qu’ils avaient reçu le Saint-Esprit. Le don du Saint-Esprit est le sceau de Dieu sur la simple acceptation de son témoignage au sujet de Jésus-Christ — à savoir que nos péchés ont été mis sur lui — et sur la confiance que Dieu nous pardonne et nous justifie. Tel est donc le premier pas pour recevoir le Saint-Esprit. Mais nous ne devons pas seulement recevoir Jésus comme Sauveur ; nous devons aussi le recevoir comme Seigneur. Nous en parlerons davantage, à propos d’un autre passage, au quatrième pas.

2. Le deuxième pas sur le chemin qui conduit à la bénédiction d’être baptisé du Saint-Esprit est de renoncer au péché. La repentance, nous l’avons vu, est un changement de pensée à l’égard du péché aussi bien qu’à l’égard de Christ : on passe de cette disposition d’esprit qui aime le péché et s’y complaît à cette disposition d’esprit qui hait le péché et y renonce. Le Saint-Esprit est un Esprit saint, et nous ne pouvons avoir à la fois lui et le péché. Nous devons choisir entre le Saint-Esprit et le péché impie. Nous ne pouvons avoir les deux. Celui qui ne veut pas abandonner le péché ne peut avoir le Saint-Esprit. Il ne suffit pas de renoncer à un péché, à deux ou trois, ou à beaucoup de péchés ; nous devons renoncer à tout péché. Si nous nous attachons à un seul péché connu, il nous fermera l’accès à la bénédiction. Nous trouvons là la cause de l’échec de beaucoup de gens qui prient pour recevoir le baptême du Saint-Esprit, qui vont à des conventions et entendent parler du baptême du Saint-Esprit, qui lisent des livres sur le baptême du Saint-Esprit, qui passent peut-être des nuits entières en prière pour obtenir le baptême du Saint-Esprit, et qui pourtant n’obtiennent rien. Pourquoi ? Parce qu’il y a quelque péché auquel ils s’attachent.

Des gens me disent souvent, ou m’écrivent : « Je prie depuis un an (cinq ans, dix ans — un homme a dit vingt ans) pour recevoir le baptême du Saint-Esprit. Pourquoi est-ce que je ne reçois rien ? » Dans bien des cas de ce genre, je me sens conduit à répondre : « C’est le péché ; et si je pouvais en ce moment regarder au fond de votre cœur comme Dieu y regarde, je pourrais mettre le doigt sur le péché précis. » Ce peut être ce qu’il vous plaît d’appeler un petit péché, mais il n’y a pas de petits péchés. Certains péchés portent sur de petites choses, mais tout péché est un acte de rébellion contre Dieu ; aucun péché n’est donc un petit péché. Un conflit avec Dieu sur la plus petite chose suffit à fermer l’accès à la bénédiction. M. Finney raconte l’histoire d’une femme qui était très préoccupée par le baptême du Saint-Esprit. Chaque soir, après les réunions, elle se rendait dans sa chambre et priait jusque tard dans la nuit, si bien que ses amis craignaient qu’elle ne perde la raison ; mais aucune bénédiction ne venait. Un soir, tandis qu’elle priait à genoux, une petite question de parure de tête — une chose qui ne troublerait sans doute guère de chrétiens aujourd’hui, mais qui était un sujet de conflit entre elle et Dieu — se présenta à son esprit (comme elle s’y était souvent présentée auparavant). Elle porta la main à sa tête, retira les épingles de ses cheveux, les lança à travers la pièce et dit : « Les voilà parties ! » Et à l’instant même, le Saint-Esprit descendit sur elle. Ce n’était pas tant la question de la parure de tête que la controverse avec Dieu qui l’avait tenue à l’écart de la bénédiction.

S’il y a quelque chose qui revient toujours quand vous vous approchez le plus de Dieu, c’est cela qu’il faut régler.

Il y a quelques années, lors d’une convention dans un État du Sud, le président de séance, un pasteur de l’Église baptiste, attira mon attention sur un homme et me dit : « Cet homme est le pape de notre dénomination : en toutes choses, ce qu’il dit fait loi ; mais il n’est pas du tout avec nous sur cette question. Je suis pourtant content de le voir ici. » Ce pasteur continua d’assister aux réunions. À la fin de la dernière réunion, où j’avais parlé des conditions pour recevoir le baptême du Saint-Esprit, je trouvai cet homme qui m’attendait dans le vestibule. Il me dit : « Je ne me suis pas levé à votre appel aujourd’hui. » Je répondis : « J’ai vu que vous ne vous étiez pas levé. » « Il m’a semblé que vous disiez, continua-t-il, que vous vouliez seulement que se lèvent ceux qui pouvaient dire qu’ils s’étaient abandonnés à Dieu ? » « C’est bien ce que j’ai dit », répondis-je. « Eh bien, je ne pouvais pas dire cela. » « Alors vous avez parfaitement bien fait de ne pas vous lever. Je ne voulais pas que vous mentiez à Dieu. » « Dites donc, continua-t-il, vous m’avez frappé fort aujourd’hui. Vous avez dit que s’il y a quelque chose qui revient toujours quand on s’approche le plus de Dieu, c’est cela qu’il faut régler. Eh bien, il y a quelque chose qui revient toujours quand je m’approche de Dieu. Je ne vais pas vous dire ce que c’est. Je pense que vous le savez. » « Oui », répondis-je. (J’en sentais l’odeur.) « Eh bien, je voulais simplement vous dire cela. »

C’était le vendredi après-midi. Je devais me rendre dans une autre ville, et lorsque je repassai par cette ville le mardi matin suivant, le pasteur qui avait présidé la réunion était à la gare. « J’aurais voulu que vous soyez à notre réunion de pasteurs baptistes hier matin, me dit-il ; cet homme que je vous ai montré, qui vient du nord de l’État, était présent. Il s’est levé pendant notre réunion et a dit : “Frères, nous avons eu complètement tort sur cette question” ; puis il a raconté ce qu’il avait fait. Il avait réglé sa controverse avec Dieu, il avait abandonné la chose qui revenait toujours quand il s’approchait le plus de Dieu. Puis il a poursuivi : “Frères, j’ai reçu une expérience plus nette que celle que j’ai eue lors de ma conversion.” » Une expérience semblable attend beaucoup d’autres, pasteurs comme laïcs, dès qu’ils jugeront leur péché, dès qu’ils ôteront la chose qui fait l’objet d’un conflit entre eux et Dieu, si petite qu’elle puisse paraître. Si quelqu’un désire sincèrement le baptême du Saint-Esprit, qu’il se retire seul avec Dieu, qu’il lui demande de le sonder et de mettre en lumière tout ce qui, dans son cœur ou dans sa vie, lui déplaît ; et quand Dieu le met en lumière, qu’il l’ôte. Si, après s’être sincèrement attendu à Dieu, rien n’est mis en lumière, nous pouvons alors passer aux autres pas. Mais il ne sert à rien de prier, rien d’aller à des conventions, rien de lire des livres sur le baptême du Saint-Esprit, rien de faire quoi que ce soit d’autre, tant que nous n’avons pas jugé nos péchés.

3. Le troisième pas est une confession publique de notre renoncement au péché et de notre acceptation de Jésus-Christ. Après avoir dit à ses auditeurs de se repentir, Pierre ajoute en Actes 2:38 : « et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ». La repentance du cœur ne suffisait pas à elle seule. Il fallait une confession publique de cette repentance, et le moyen établi par Dieu pour confesser la repentance, c’est le baptême. Aucun de ceux à qui Pierre parlait n’avait jamais été baptisé, et ce que Pierre entendait, c’était le baptême d’eau. Mais supposons que quelqu’un ait déjà été baptisé : qu’en est-il alors ? Même dans ce cas, il faut ce que le baptême représente, à savoir une confession publique de notre renoncement au péché et de notre acceptation de Jésus-Christ. Le baptême de l’Esprit n’est pas pour le disciple secret, mais pour le disciple qui confesse ouvertement sa foi.

Il y en a sans doute beaucoup aujourd’hui qui s’efforcent d’être chrétiens dans leur cœur, beaucoup qui croient réellement avoir accepté Jésus comme leur Sauveur et leur Seigneur et avoir renoncé au péché, mais qui ne sont pas disposés à confesser publiquement leur renoncement au péché et leur acceptation de Christ. Une telle personne ne peut recevoir le baptême du Saint-Esprit. Quelqu’un demandera peut-être : « Les Amis (quakers), qui ne croient pas au baptême d’eau, ne montrent-ils pas qu’ils ont été baptisés du Saint-Esprit ? » Beaucoup d’entre eux, sans doute ; mais cela ne change rien à l’enseignement de la Parole de Dieu. Sans doute Dieu, dans bien des cas où des gens se trompent sur l’enseignement de sa Parole, condescend-il à leur ignorance, s’ils sont sincères ; mais ce fait ne change rien à sa Parole. Et même chez un membre de la Société des Amis qui, sincèrement, ne croit pas au baptême d’eau, il faut, avant que la bénédiction soit reçue, ce que le baptême représente, à savoir la confession publique de notre acceptation de Christ et de notre renoncement au péché.

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