La personne et l’œuvre du Saint-Esprit
L’œuvre du Saint-Esprit dans les prophètes et les apôtres

Chapitre 21 · 14 min de lecture · 17 min d’écoute

L’œuvre du Saint-Esprit dans les prophètes et les apôtres

L’œuvre du Saint-Esprit dans les apôtres et les prophètes est tout à fait particulière. Il accorde aux apôtres et aux prophètes un don spécial en vue d’un dessein spécial.

Nous lisons en 1 Corinthiens 12:4-11, 28, 29 : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit;…

En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit; à un autre, le don d’opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.… Et Dieu a établi dans l’Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous ont-ils le don des miracles? Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils? » Il ressort clairement de ces versets que l’œuvre du Saint-Esprit dans les apôtres et les prophètes est particulière.

Une doctrine se répand beaucoup de nos jours, selon laquelle l’œuvre du Saint-Esprit dans les prédicateurs, les enseignants et les simples croyants, lorsqu’il les conduit dans la vérité et ouvre leur intelligence à la compréhension de la Parole de Dieu, serait la même que son œuvre dans les prophètes et les apôtres, et n’en différerait qu’en degré. Le passage que nous venons de citer montre clairement que cette doctrine est entièrement contraire à l’Écriture, et fausse. Elle méconnaît ce fait clairement énoncé : s’il y a « le même Esprit », il y a « diversité de dons », « diversité de ministères », « diversité d’opérations » (1 Corinthiens 12:4-6), et « tous ne sont pas prophètes », « tous ne sont pas apôtres » (1 Corinthiens 12:29).

Un brillant prédicateur, cherchant à réduire la différence entre l’œuvre du Saint-Esprit dans les apôtres et les prophètes et son œuvre dans les autres hommes, fait remarquer que, selon la Bible, Betsaleel devait être « rempli de l’Esprit de Dieu » pour concevoir l’ouvrage du temple (Exode 31:1-11).

Il en fait la preuve que l’inspiration du prophète ne diffère pas de celle de l’artiste ou de l’architecte ; mais, ce faisant, il perd de vue que le temple devait être construit d’après le « modèle » montré à Moïse « sur la montagne » (Exode 25:9, 40), et qu’il était donc lui-même une prophétie et une exposition de la vérité de Dieu. Ce n’était pas simplement de l’architecture. C’était la Parole de Dieu traduite en bois, en or, en argent, en airain, en étoffe, en peaux, etc. Et Betsaleel avait besoin d’une inspiration spéciale pour révéler la vérité dans le bois, l’or, l’argent, l’airain, etc., tout autant que l’apôtre ou le prophète en a besoin pour révéler la Parole de Dieu avec la plume et l’encre sur le parchemin. On raisonne beaucoup de nos jours sur l’inspiration d’une manière qui paraît au premier abord fort savante, mais qui ne résiste guère à une confrontation rigoureuse avec les déclarations précises de la Parole de Dieu. Il n’y a rien dans la Bible de plus inspiré que le tabernacle, et si les tenants de la critique destructrice l’étudiaient davantage, ils renonceraient à leurs théories ingénieuses mais fragiles sur la structure composite du Pentateuque.

2. Des vérités cachées aux hommes pendant des siècles, qu’ils n’avaient pas découvertes et ne pouvaient découvrir par les seuls efforts du raisonnement humain, ont été révélées par l’Esprit aux apôtres et aux prophètes. Nous lisons en Éphésiens 3:3-5 : « C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en peu de mots. En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ. Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. » La Bible contient des vérités que les hommes n’avaient jamais découvertes avant que la Bible ne les énonce. Elle contient des vérités que les hommes n’auraient jamais pu découvrir s’ils avaient été laissés à eux-mêmes.

Notre Père céleste, dans sa grande grâce, nous a révélé cette vérité, à nous ses enfants, par ses serviteurs, les apôtres et les prophètes. Le Saint-Esprit est l’agent de cette révélation. Beaucoup nous disent aujourd’hui que nous devrions éprouver les déclarations de l’Écriture à la lumière des conclusions du raisonnement humain ou de la « conscience chrétienne ». La folie de tout cela saute aux yeux quand nous nous rappelons que la révélation de Dieu dépasse le raisonnement humain, et qu’une conscience qui n’est pas le fruit de l’étude et de l’assimilation de la vérité biblique n’est pas une conscience chrétienne. Que la Bible contienne des vérités que l’homme n’a jamais découvertes, les Écritures le déclarent ; mais nous le savons aussi par les faits.

Il n’est aucune des doctrines les plus caractéristiques et les plus précieuses qu’enseigne la Bible que les hommes aient jamais découverte en dehors de la Bible. Si notre conscience s’écarte des déclarations de ce Livre, qui est si manifestement le Livre de Dieu, c’est qu’elle n’est pas encore pleinement chrétienne ; et ce qu’il faut faire, ce n’est pas essayer de rabaisser la révélation de Dieu au niveau de notre conscience, mais élever notre conscience au niveau de la Parole de Dieu.

3. La révélation faite aux prophètes était indépendante de leur propre pensée. Elle leur était donnée par l’Esprit de Christ qui était en eux, et son sens faisait l’objet de leurs recherches. Ce n’était pas leur pensée, mais la sienne. Nous lisons en 1 Pierre 1:10-12 : « Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l’époque et les circonstances marquées par l’Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l’Évangile par le Saint-Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards. » Ces paroles montrent clairement qu’une Personne qui était dans les prophètes, tout en étant indépendante d’eux — et cette Personne est le Saint-Esprit —, révélait une vérité indépendante de leur pensée, qu’ils ne comprenaient pas entièrement eux-mêmes, et au sujet de laquelle ils devaient se livrer à des recherches et à une étude attentives. Une autre Personne qu’eux-mêmes pensait et parlait, et ils cherchaient à comprendre ce qu’il disait.

4. Aucune parole prophétique ne venait de la volonté du prophète : il parlait de la part de Dieu, et il était poussé par le Saint-Esprit dans ce qu’il disait. Nous lisons en 2 Pierre 1:21 : « car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. »

Le prophète n’était donc qu’un instrument entre les mains d’un autre : il parlait selon que l’Esprit de Dieu le poussait.

5. C’est le Saint-Esprit qui parlait dans les paroles prophétiques. C’était sa parole qui était sur la langue du prophète. Nous lisons en Hébreux 3:7 : « C’est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit: Aujourd’hui, si vous entendez sa voix. » Nous lisons encore en Hébreux 10:15-16 : « C’est ce que le Saint-Esprit nous atteste aussi; car, après avoir dit: Voici l’alliance que je ferai avec eux, après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leurs cœurs, et je les écrirai dans leur esprit. »

Nous lisons encore en Actes 28:25 : « Comme ils se retiraient en désaccord, Paul n’ajouta que ces mots: C’est avec raison que le Saint-Esprit, parlant à vos pères par le prophète Ésaïe, a dit: etc. » Nous lisons aussi en 2 Samuel 23:2 : « L’esprit de l’Éternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue. » Ces passages nous apprennent que c’était le Saint-Esprit qui parlait dans les paroles prophétiques, et que c’était sa parole, et non la leur, qui était sur la langue du prophète. Le prophète n’était que la bouche par laquelle parlait le Saint-Esprit. En tant qu’homme, c’est-à-dire en dehors de ce que l’Esprit lui enseignait et de l’usage qu’il faisait de lui, le prophète pouvait être aussi faible que les autres hommes ; mais quand l’Esprit était sur lui, qu’il était saisi et poussé par le Saint-Esprit, il était parfait dans ses enseignements, car ses enseignements n’étaient pas alors les siens, mais ceux du Saint-Esprit.

Lorsqu’il était ainsi poussé par le Saint-Esprit, c’était Dieu qui parlait, et non le prophète. Par exemple, il ne fait guère de doute que Paul avait bien des idées erronées sur bien des sujets ; mais lorsqu’il enseignait comme apôtre, dans la puissance de l’Esprit, il était parfait, ou plutôt l’Esprit qui enseignait par lui était sans faute, et l’enseignement qui en résultait était aussi parfait que Dieu lui-même. Nous faisons donc bien de distinguer soigneusement ce que Paul a pu penser en tant qu’homme et ce qu’il a réellement enseigné en tant qu’apôtre.

Dans la Bible, nous avons le récit de ce qu’il a enseigné en tant qu’apôtre. Certains pensent que, dans 1 Corinthiens 7:6, 25 : « Je dis cela par condescendance, je n’en fais pas un ordre. … mais je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur miséricorde pour être fidèle », Paul reconnaît qu’il n’était pas sûr, dans ce cas, d’avoir la parole du Seigneur. Si c’est là la véritable interprétation du passage (ce qui est plus que douteux), nous voyons avec quel soin Paul signalait le fait lorsqu’il n’était pas sûr, et cela nous donne une certitude supplémentaire pour tous les autres passages.

On dit parfois que Paul a enseigné, au début de son ministère, que le Seigneur reviendrait de son vivant, et qu’en cela il s’est trompé. Mais Paul n’a jamais enseigné nulle part que le Seigneur reviendrait de son vivant.

Il dit bien, en 1 Thessaloniciens 4:17 : « Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » Comme il était encore en vie lorsqu’il écrivit ces mots, il ne se comptait pas, en parlant du retour du Seigneur, parmi ceux qui s’étaient déjà endormis. Mais ce n’est pas là affirmer qu’il resterait en vie jusqu’à la venue du Seigneur.

À cette période de son ministère, il nourrissait l’espérance de rester en vie, et vivait par conséquent dans une attitude d’attente ; mais l’attitude d’attente est, à toutes les époques, la véritable attitude de chaque croyant. Il est possible que Paul ait pensé qu’il serait encore en vie à la venue du Seigneur ; mais s’il le pensait, il ne l’a pas enseigné. Le Saint-Esprit l’a gardé de cette erreur, comme de toutes les autres, dans ses enseignements.

6. Le Saint-Esprit, dans l’apôtre, enseignait non seulement la pensée (ou le « concept »), mais aussi les mots par lesquels cette pensée devait être exprimée. Nous lisons en 1 Corinthiens 2:13 : « Et nous en parlons, non avec des paroles qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles. » Ce passage enseigne que les paroles, aussi bien que la pensée, étaient choisies et enseignées par le Saint-Esprit. C’est aussi une conclusion nécessaire du fait que la pensée se transmet d’un esprit à un autre par des mots : ce sont les mots qui expriment la pensée, et si les mots étaient imparfaits, la pensée exprimée par ces mots serait nécessairement imparfaite et, dans cette mesure, fausse.

Rien ne saurait être plus clair que la déclaration de Paul : « avec des paroles qu’enseigne l’Esprit ». Le Saint-Esprit a lui-même devancé toutes les théories modernes, ingénieuses mais entièrement contraires à la Bible et fausses, sur son œuvre dans les apôtres. Plus nous étudions avec soin et précision la formulation des déclarations de ce Livre merveilleux, plus nous serons convaincus de l’exactitude merveilleuse des mots employés pour exprimer la pensée. Souvent, la solution d’une difficulté apparente se trouve dans l’étude des mots exacts employés. L’exactitude, la précision et la perfection des mots employés sont stupéfiantes.

Pour l’étudiant superficiel, la doctrine de l’inspiration verbale peut paraître contestable, voire absurde ; mais tout homme régénéré et enseigné par l’Esprit, qui médite régulièrement les paroles de l’Écriture, sera convaincu que la sagesse de Dieu se trouve dans les mots mêmes, aussi bien que dans la pensée que ces mots s’efforcent de transmettre. Le changement d’un mot, d’une lettre, d’un temps, d’un cas ou d’un nombre nous jetterait, dans bien des cas, dans la contradiction ou l’erreur ; mais si nous prenons les mots exactement tels qu’ils sont écrits, les difficultés disparaissent et la vérité resplendit. L’origine divine de la nature resplendit plus clairement sous le microscope, lorsque nous voyons la perfection de la forme et l’adaptation des moyens à leur fin jusque dans les plus infimes particules de matière.

De même, l’origine divine de la Bible resplendit plus clairement sous le microscope, lorsque nous remarquons avec quelle perfection la tournure d’un mot révèle la pensée absolue de Dieu.

Mais quelqu’un demandera peut-être : « Si le Saint-Esprit est l’auteur des mots de l’Écriture, comment rendre compte des différences de style et de vocabulaire ? Comment expliquer, par exemple, que Paul emploie toujours un langage paulinien, et Jean un langage johannique, etc. ? » La réponse est très simple. Même si nous ne pouvions pas rendre compte de ce fait, il n’aurait guère de poids contre la déclaration explicite de la Parole de Dieu aux yeux de quiconque est assez humble et assez sage pour reconnaître qu’il existe une multitude de choses qu’il ne peut expliquer, et qui s’expliqueraient aisément s’il en savait davantage. Mais ces différences s’expliquent facilement.

Le Saint-Esprit est bien assez sage, et manie bien assez aisément le langage, pour révéler la vérité à un individu donné et par son moyen, en employant les mots, les phrases, les tournures et les idiomes propres au vocabulaire et aux manières de penser de cette personne, et en tirant parti de ce qu’elle a d’unique. En fait, c’est une marque de la sagesse divine de ce Livre que la même vérité y soit exprimée avec une exactitude absolue sous des formes d’expression si diverses.

7. Les paroles des apôtres et des prophètes étaient la parole de Dieu. Quand nous lisons ces paroles, ce n’est pas la voix de l’homme que nous écoutons, mais la voix de Dieu. Nous lisons en Marc 7:13 : « annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. » Jésus venait d’opposer la loi donnée par Moïse aux traditions légalistes, et ce faisant, il dit dans ce passage que la loi donnée par Moïse était « la parole de Dieu ». En 2 Samuel 23:2, nous lisons : « L’esprit de l’Éternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue. » Ici encore, il nous est dit que la parole du prophète de Dieu était la parole de Dieu. De même, Dieu dit en 1 Thessaloniciens 2:13 : « nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » Ici, Paul déclare que la parole qu’il annonçait, enseignée par l’Esprit de Dieu, était la parole même de Dieu.

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