Chapitre 18 · 15 min de lecture · 20 min d’écoute
Le Saint-Esprit envoyant des hommes vers des œuvres déterminées
Nous lisons en Actes 13:2-4 : « Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit: Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir. Barnabas et Saul, envoyés par le Saint-Esprit, descendirent à Séleucie, et de là ils s’embarquèrent pour l’île de Chypre. » Il ressort clairement de ce passage que le Saint-Esprit appelle des hommes à des œuvres déterminées et les envoie à l’œuvre. Il ne se contente pas d’appeler des hommes, d’une manière générale, au service chrétien : il choisit l’œuvre précise et la leur désigne.
Beaucoup se demandent aujourd’hui, et beaucoup d’autres devraient se demander : « Dois-je aller en Chine, en Afrique, en Inde ? »
Il n’y a qu’une seule Personne qui puisse trancher cette question pour vous comme il faut, et cette Personne, c’est le Saint-Esprit.
Vous ne pouvez pas trancher la question vous-même, et bien moins encore un autre homme peut-il la trancher correctement à votre place. Tout chrétien n’est pas appelé à aller en Chine, en Afrique, ni même dans un champ de mission à l’étranger. Dieu seul sait s’il vous veut dans l’un de ces lieux, mais il est disposé à vous le montrer. En un temps comme le nôtre, où l’on a un si grand besoin d’hommes et de femmes qualifiés dans les champs de mission à l’étranger, tout chrétien et toute chrétienne jeune, en bonne santé et intellectuellement capable devrait s’offrir à Dieu pour la mission à l’étranger et lui demander s’il veut l’y envoyer. Mais nul ne devrait partir avant que Dieu, par son Saint-Esprit, ne l’ait rendu évident.
Le grand besoin, aujourd’hui, dans tous les domaines de l’œuvre chrétienne, ce sont des hommes et des femmes que le Saint-Esprit appelle et envoie. Nous avons en abondance des hommes et des femmes que des hommes ont appelés et envoyés. Nous avons en abondance des hommes et des femmes qui se sont appelés eux-mêmes ; car il y en a beaucoup aujourd’hui qui s’opposent avec force à l’idée d’être envoyés par des hommes ou par une organisation quelconque, mais qui sont — ce qui est infiniment pire — envoyés par eux-mêmes et non par Dieu.
Comment le Saint-Esprit appelle-t-il ? Le passage que nous avons sous les yeux ne nous dit pas comment le Saint-Esprit a parlé au groupe de prophètes et de docteurs d’Antioche pour leur dire de mettre à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle il les avait appelés. Il garde à dessein le silence sur ce point. Peut-être se tait-il là-dessus de peur que nous ne pensions que le Saint-Esprit doit toujours appeler exactement de la même manière. Rien du tout n’indique qu’il ait parlé d’une voix audible, et encore moins qu’il ait fait connaître sa volonté par l’une de ces manières extravagantes par lesquelles certains, de nos jours, prétendent discerner sa direction : des tressaillements du corps, des frissons, ou le fait d’ouvrir la Bible au hasard et de poser le doigt sur un passage auquel on peut donner un tout autre sens que celui que l’auteur inspiré avait en vue. Le point important, c’est qu’il a fait connaître sa volonté, et qu’il est disposé à nous faire connaître la sienne aujourd’hui. Tantôt il la fait connaître d’une manière, tantôt d’une autre, mais il la fera connaître.
Mais comment recevrons-nous l’appel du Saint-Esprit ? Premièrement, en le désirant ; deuxièmement, en le recherchant avec ardeur ; troisièmement, en nous tenant devant le Seigneur dans l’attente de cet appel ; quatrièmement, en comptant sur lui. Le récit dit : « Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient. » Ils se tenaient devant le Seigneur, attendant qu’il les dirige. Pour un temps, ils avaient entièrement tourné le dos aux soucis et aux plaisirs du monde, et même aux choses qui étaient parfaitement légitimes à leur place. Beaucoup disent aujourd’hui, pour justifier qu’ils restent chez eux au lieu de partir en mission à l’étranger : « Je n’ai jamais reçu d’appel. » Mais comment le savez-vous ? Avez-vous été à l’écoute d’un appel ?
Dieu parle d’ordinaire par un murmure doux et léger, et seule l’oreille attentive peut le saisir.
Vous êtes-vous jamais offert à Dieu, de façon précise, pour qu’il vous envoie où il voudra ? S’il est vrai qu’aucun homme ni aucune femme ne devrait partir pour la Chine, l’Afrique ou un autre champ de mission à l’étranger sans y être appelé, chacun devrait pourtant s’offrir à Dieu pour cette œuvre, se tenir prêt pour l’appel, et rester très attentif afin de l’entendre s’il vient. Qu’on se le tienne pour dit : un homme n’a pas besoin d’un appel plus précis pour l’Afrique que pour Boston, New York, Londres ou tout autre champ attrayant au pays.
Le Saint-Esprit ne se contente pas d’appeler des hommes et de les envoyer vers certaines œuvres ; il les guide aussi dans les détails de la vie et du service de chaque jour, leur montrant où aller et où ne pas aller, ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire.
Nous lisons en Actes 8:27-29 : « Il se leva, et partit. Et voici, un Éthiopien, un eunuque, ministre de Candace, reine d’Éthiopie, et surintendant de tous ses trésors, venu à Jérusalem pour adorer, s’en retournait, assis sur son char, et lisait le prophète Ésaïe. L’Esprit dit à Philippe: Avance, et approche-toi de ce char. » Nous voyons ici l’Esprit guider Philippe dans les détails du service auquel il l’avait appelé. De même, nous lisons en Actes 16:6-7 : « Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. » Nous voyons ici le Saint-Esprit indiquer à Paul où il ne devait pas aller.
Nous pouvons avoir la parfaite direction du Saint-Esprit à chaque tournant de la vie. Prenons, par exemple, notre travail. Ce n’est manifestement pas l’intention de Dieu que nous parlions à tous ceux que nous rencontrons. Vouloir le faire serait tenter l’impossible, et nous perdrions beaucoup de temps à parler à des gens auprès desquels nous ne pourrions faire aucun bien, temps qui aurait pu servir à parler à des gens auprès desquels nous aurions pu accomplir quelque chose. Il en est à qui il serait sage de parler. Il en est d’autres à qui il ne serait pas sage de parler. Le temps passé avec eux serait pris sur une œuvre qui serait davantage à la gloire de Dieu. Sans doute, tandis qu’il faisait route vers Gaza, Philippe a-t-il rencontré bien des gens avant de rencontrer celui à propos duquel l’Esprit lui dit : « Avance, et approche-toi de ce char. »
L’Esprit est aussi disposé à nous guider qu’il l’était à guider Philippe. Il y a quelques années, un ouvrier chrétien de Toronto eut le sentiment qu’il devait se rendre à l’hôpital et parler à quelqu’un. Il se dit : « Qui est-ce que je connais à l’hôpital en ce moment ? » Il lui vint à l’esprit un homme qu’il savait hospitalisé, et il se hâta d’aller à l’hôpital ; mais lorsqu’il s’assit à son chevet pour lui parler, il comprit que ce n’était pas pour cet homme-là qu’il avait été envoyé. Il se leva pour ouvrir une fenêtre. Que signifiait tout cela ? Un autre homme était couché de l’autre côté de l’allée, en face de celui qu’il connaissait, et la pensée lui vint que ce pourrait bien être l’homme à qui il devait parler. Il se tourna donc vers lui, lui parla et eut le privilège de l’amener à Christ. L’état de cet homme n’avait rien de grave. Il s’était blessé au genou, et personne ne pensait à une issue grave ; mais cet homme entra dans l’éternité cette nuit-là.
On pourrait citer bien des exemples du même genre, qui prouvent par l’expérience que le Saint-Esprit est aussi disposé aujourd’hui à guider ceux qui cherchent sa direction qu’il l’était à guider les premiers disciples. Mais il est disposé à nous guider non seulement dans ce qui relève plus proprement de l’œuvre chrétienne, mais dans toutes les affaires de la vie, dans nos affaires et nos études, dans tout ce que nous avons à faire. Il n’y a pas dans la Bible de promesse plus claire que Jacques 1:5-7 : « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. » Ce passage ne se contente pas de promettre la sagesse de Dieu ; il nous dit précisément ce que nous devons faire pour l’obtenir. Il y a cinq étapes, énoncées ou sous-entendues dans ce passage : 1. Reconnaître que l’on « manque de sagesse ». Nous devons avoir conscience de notre incapacité à décider sagement et la reconnaître pleinement.
C’est là que nous échouons à recevoir la sagesse de Dieu. Nous pensons pouvoir décider par nous-mêmes, ou du moins nous ne sommes pas prêts à reconnaître notre totale incapacité à décider. Il faut renoncer entièrement à la sagesse de la chair.
2. Nous devons désirer connaître la voie de Dieu et être disposés à faire sa volonté à n’importe quel prix. C’est ce que sous-entend le mot « demande ». La demande doit être sincère, et si nous ne sommes pas disposés à faire la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, à n’importe quel prix, notre demande n’est pas sincère. C’est là un point d’une importance capitale. Rien ne contribue autant à rendre notre esprit lucide dans la connaissance de la volonté de Dieu, telle que son Esprit la révèle, qu’une volonté abandonnée à Dieu. Nous trouvons ici la raison pour laquelle les hommes, bien souvent, ne connaissent pas la volonté de Dieu et ne jouissent pas de la direction de l’Esprit : ils ne sont pas disposés à faire, à n’importe quel prix, tout ce à quoi l’Esprit les conduit.
C’est celui qui « veut faire sa volonté » qui connaîtra, non seulement ce qu’il en est de la doctrine, mais aussi son devoir de chaque jour.
Il arrive souvent que des hommes viennent me dire : « Je n’arrive pas à connaître la volonté de Dieu. » Mais quand je leur pose la question : « Êtes-vous disposé à faire la volonté de Dieu à n’importe quel prix ? », ils reconnaissent que non. Le chemin qui reste très obscur tant que nous nous refusons à un abandon absolu à Dieu devient clair comme le jour lorsque nous consentons à cet abandon.
3. Nous devons « demander » expressément d’être dirigés. Il ne suffit pas de désirer obéir, ni d’y être disposés ; nous devons demander à Dieu de nous montrer le chemin.
4. Nous devons attendre avec assurance d’être dirigés. « Qu’il la demande avec foi, sans douter. » Beaucoup ne parviennent pas à trouver le chemin, bien qu’ils demandent à Dieu de le leur montrer, simplement parce qu’ils n’ont pas l’attente assurée que Dieu le leur montrera. Dieu promet de le montrer si nous l’attendons avec assurance. Quand vous venez à Dieu dans la prière pour qu’il vous montre ce que vous devez faire, sachez avec certitude qu’il vous le montrera. De quelle manière il vous le montrera, il ne le dit pas, mais il promet qu’il vous le montrera, et cela suffit.
5. Nous devons suivre pas à pas, à mesure que la direction nous est donnée. Comme nous l’avons déjà dit, nul ne peut dire comment elle viendra exactement, mais elle viendra. Souvent, un seul pas à la fois nous sera montré ; c’est tout ce que nous avons besoin de savoir : le pas suivant. Beaucoup sont dans les ténèbres parce qu’ils ne savent pas et ne parviennent pas à découvrir ce que Dieu voudrait qu’ils fassent la semaine prochaine, le mois prochain ou l’année prochaine. Un étudiant vint un jour me dire qu’il était dans de grandes ténèbres quant à la direction de Dieu : il cherchait à connaître la volonté de Dieu et à savoir quelle devait être l’œuvre de sa vie, mais il n’y parvenait pas. Je lui demandai où il en était de ses études universitaires. Il me répondit qu’il était en deuxième année. Je lui demandai : « Qu’est-ce que vous désirez savoir ? » « Ce que je dois faire quand j’aurai terminé mes études. » « Savez-vous que vous devez aller jusqu’au bout de vos études ? » « Oui. » Cet homme savait non seulement ce qu’il devait faire l’année suivante, mais aussi l’année d’après, et pourtant il était dans une grande confusion parce qu’il ne savait pas ce qu’il devait faire au terme de ces deux années.
Dieu aime conduire ses enfants un pas à la fois. Il nous conduit comme il conduisit les enfants d’Israël.
« Quand la nuée s’élevait de dessus la tente, les enfants d’Israël partaient; et les enfants d’Israël campaient dans le lieu où s’arrêtait la nuée. Les enfants d’Israël partaient sur l’ordre de l’Éternel, et ils campaient sur l’ordre de l’Éternel; ils campaient aussi longtemps que la nuée restait sur le tabernacle. Quand la nuée restait longtemps sur le tabernacle, les enfants d’Israël obéissaient au commandement de l’Éternel, et ne partaient point. Quand la nuée restait peu de jours sur le tabernacle, ils campaient sur l’ordre de l’Éternel, et ils partaient sur l’ordre de l’Éternel. Si la nuée s’arrêtait du soir au matin, et s’élevait le matin, ils partaient. Si la nuée s’élevait après un jour et une nuit, ils partaient. Si la nuée s’arrêtait sur le tabernacle deux jours, ou un mois, ou une année, les enfants d’Israël restaient campés, et ne partaient point; et quand elle s’élevait, ils partaient. Ils campaient sur l’ordre de l’Éternel, et ils partaient sur l’ordre de l’Éternel; ils obéissaient au commandement de l’Éternel, sur l’ordre de l’Éternel par Moïse. » (Nombres 9:17-23).
Beaucoup de ceux qui se sont livrés à la direction du Saint-Esprit en viennent à une grande servitude et sont tourmentés, parce qu’ils ont des impulsions dont ils craignent qu’elles viennent de Dieu, sans en être sûrs. S’ils n’obéissent pas à ces impulsions, ils craignent d’avoir désobéi à Dieu et s’imaginent parfois avoir attristé le Saint-Esprit au point de l’éloigner, parce qu’ils n’ont pas suivi sa direction. Tout cela est inutile. Tenons-le pour acquis une fois pour toutes : la direction de Dieu est claire. « Dieu est lumière, et il n’y a point en lui de ténèbres » (1 Jean 1:5). Et toute direction qui n’est pas claire ne vient pas de lui — à condition, bien entendu, que notre volonté lui soit abandonnée. Il est vrai que ce manque de clarté peut venir d’une volonté non abandonnée. Mais si notre volonté est abandonnée à Dieu, nous avons le droit, en tant qu’enfants de Dieu, d’être sûrs qu’une direction vient de lui avant d’y obéir.
Nous avons le droit d’aller à notre Père et de lui dire : « Père céleste, me voici. Je désire par-dessus tout faire ta volonté. Rends-la maintenant claire pour moi, ton enfant. Si ce que je me sens poussé à faire est ta volonté, je le ferai ; mais rends-le clair comme le jour, si c’est vraiment ta volonté. » Si c’est sa volonté, le Père céleste la rendra claire comme le jour. Et vous n’avez pas besoin de faire cette chose — vous ne devez même pas la faire — tant qu’il ne l’a pas rendue claire, et vous n’avez pas à vous condamner — vous ne le devez même pas — de ne pas l’avoir faite. Dieu ne veut pas que ses enfants vivent devant lui dans un état de condamnation. Il veut que nous soyons libres de tout souci, de toute inquiétude, de toute anxiété et de toute condamnation de nous-mêmes.
N’importe quel père terrestre montrerait clairement le chemin à son enfant qui demanderait à le connaître ; à plus forte raison notre Père céleste nous le montrera-t-il clairement ; et tant qu’il ne l’a pas rendu clair, nous n’avons pas à craindre de désobéir à Dieu en ne le suivant pas. Nous n’avons aucun droit de dicter à Dieu la manière dont il doit nous donner sa direction, par exemple en lui demandant de fermer toutes les portes, ou de nous donner un signe, ou de guider notre doigt sur un texte, ou de quelque autre manière. C’est à nous de rechercher la sagesse et de l’attendre, mais ce n’est pas à nous de dicter comment elle doit être donnée. Le Saint-Esprit distribue ses dons « à chacun en particulier comme il veut » (1 Corinthiens 12:11).
Deux choses ressortent clairement de ce qui a été dit sur l’œuvre du Saint-Esprit. Premièrement, combien nous dépendons totalement de l’œuvre du Saint-Esprit à chaque tournant de la vie et du service chrétiens. Deuxièmement, combien est parfaite la provision que Dieu a faite pour la vie et pour le service ! Combien est merveilleuse la plénitude des privilèges ouverte au plus humble croyant par l’œuvre du Saint-Esprit ! Ce qui importe, ce n’est pas tant ce que nous sommes par nature, que ce soit intellectuellement, moralement, physiquement ou même spirituellement. Ce qui importe, c’est ce que le Saint-Esprit peut faire pour nous, et ce que nous le laisserons faire. Il n’est pas rare que le Saint-Esprit prenne celui qui semble le moins prometteur selon la nature et s’en serve bien au-delà de ceux qui semblent les plus prometteurs selon la nature. La vie chrétienne ne doit pas être vécue dans le domaine du tempérament naturel, et l’œuvre chrétienne ne doit pas être accomplie par la puissance des dons naturels ; la vie chrétienne doit être vécue dans le domaine de l’Esprit, et l’œuvre chrétienne doit être accomplie par la puissance de l’Esprit. Le Saint-Esprit est disposé à accomplir en chacun de nous son œuvre tout entière, il le désire ardemment, et il fera en chacun de nous tout ce que nous le laisserons faire.
Chapitre 18 terminé
Le Saint-Esprit envoyant des hommes vers des œuvres déterminées