La personne et l’œuvre du Saint-Esprit
Le Saint-Esprit rendant témoignage à notre adoption

Chapitre 15 · 6 min de lecture · 8 min d’écoute

Le Saint-Esprit rendant témoignage à notre adoption

L’un des passages les plus précieux de la Bible au sujet de l’œuvre du Saint-Esprit se trouve en Romains 8:15-16 : « Car vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L’Esprit rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Il y a deux témoins de notre qualité de fils : d’abord notre esprit qui, prenant Dieu au mot (« À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu », Jean 1:12), rend témoignage à notre qualité de fils.

Notre esprit affirme sans hésiter que ce que Dieu dit est vrai, que nous sommes fils de Dieu parce que Dieu le dit. Mais il y a un autre témoin de notre qualité de fils, à savoir le Saint-Esprit. Il rend témoignage conjointement avec notre esprit. « Conjointement avec » : telle est la force du mot grec employé dans ce passage. Il n’est pas dit qu’il rend témoignage à notre esprit, mais « conjointement avec » lui. La manière dont il le fait est expliquée en Galates 4:6 : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! » Lorsque nous avons reçu Jésus-Christ comme notre Sauveur et accepté le témoignage que Dieu rend au sujet de Christ, à savoir que par lui nous sommes devenus fils, l’Esprit de son Fils vient dans nos cœurs, les remplit d’un sentiment irrésistible de notre qualité de fils et crie au travers de nos cœurs : « Abba! Père! »

L’attitude naturelle de nos cœurs envers Dieu n’est pas celle de fils. Nous pouvons l’appeler Père du bout des lèvres, par exemple lorsque nous répétons machinalement la prière que Jésus nous a enseignée, « Notre Père qui es aux cieux », mais nous n’avons aucun sentiment réel qu’il est notre Père. Quand nous l’appelons ainsi, ce ne sont que des mots. Nous ne nous confions pas en lui. Nous n’aimons pas venir en sa présence ; nous n’aimons pas lever les yeux vers sa face avec un sentiment de joie et de confiance merveilleuses, parce que c’est à notre Père que nous parlons.

Nous craignons Dieu. Nous venons à lui dans la prière parce que nous pensons que nous le devons, et peut-être parce que nous avons peur de ce qui pourrait arriver si nous ne le faisions pas. Mais lorsque l’Esprit de son Fils rend témoignage conjointement avec notre esprit à notre qualité de fils, alors nous sommes remplis et saisis du sentiment que nous sommes fils. Nous nous confions en lui comme nous ne nous sommes jamais confiés, même en notre père terrestre. Nous avons même moins peur de lui que nous n’avions peur de notre père terrestre.

Il y a du respect, il y a une crainte révérencielle, mais oh ! quel sentiment de merveilleuse confiance filiale !

Remarquez à quel moment l’Esprit rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. L’ordre des versets de Romains 8 nous donne l’ordre de l’expérience. Nous voyons d’abord le Saint-Esprit nous affranchir de la loi du péché et de la mort, et par conséquent la justice de la loi accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit (v. 2-4) ; puis nous voyons le croyant s’affectionner, non aux choses de la chair, mais aux choses de l’Esprit (v. 5) ; puis le croyant qui, jour après jour, fait mourir par l’Esprit les actions du corps (v. 13) ; puis le croyant conduit par l’Esprit de Dieu ; alors, et alors seulement, nous voyons l’Esprit rendre témoignage à notre qualité de fils.

Beaucoup cherchent le témoignage de l’Esprit à leur qualité de fils au mauvais endroit. Ils exigent pratiquement le témoignage de l’Esprit à leur qualité de fils avant même d’avoir confessé qu’ils ont accepté Christ, et assurément avant d’avoir pleinement livré leur vie à la direction de l’Esprit de Dieu qui habite en eux. Non, cherchons les choses dans leur ordre. Acceptons Jésus-Christ comme notre Sauveur et soumettons-nous à lui comme à notre Seigneur et Maître, parce que Dieu nous commande de le faire ; confessons-le devant le monde, parce que Dieu nous le commande (Matthieu 10:32-33 ; Romains 10:9-10) ; affirmons que nos péchés sont pardonnés, que nous avons la vie éternelle, que nous sommes fils de Dieu, parce que Dieu le dit dans sa Parole et que nous ne voulons pas faire Dieu menteur en doutant de lui (Actes 10:43 ; Actes 13:38-39 ; 1 Jean 5:10-13 ; Jean 5:24 ; Jean 1:12) ; livrons notre vie à la direction de l’Esprit de vie, en comptant sur lui pour nous affranchir de la loi du péché et de la mort ; attachons nos pensées non aux choses de la chair, mais aux choses de l’Esprit ; faisons mourir jour après jour, par l’Esprit, les actions du corps ; abandonnons notre vie pour être conduits en toutes choses par l’Esprit de Dieu ; et alors, comptons simplement sur Dieu pour envoyer dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui nous remplira du sentiment de notre qualité de fils en criant : « Abba! Père! » Et il le fera.

Dieu, notre Père, désire ardemment que nous sachions et que nous réalisions que nous sommes ses fils. Il désire ardemment nous entendre l’appeler Père, de cœurs qui comprennent ce qu’ils disent et qui se confient en lui sans crainte ni inquiétude. Il est notre Père. Lui seul, dans tout l’univers, saisit la plénitude de sens que renferme ce mot merveilleux de « Père », et c’est une joie pour lui que nous réalisions qu’il est notre Père et que nous l’appelions ainsi. Il y a quelques années, dans l’État de l’Illinois, un père avait une enfant sourde-muette de naissance. Ce fut un triste jour dans ce foyer lorsqu’on comprit que cette petite enfant était sourde, qu’elle n’entendrait jamais et, pensait-on, ne parlerait jamais.

Le père entendit parler d’un institut de Jacksonville, dans l’Illinois, où l’on apprenait à parler aux enfants sourds. Il y conduisit sa petite fille et la confia au directeur. Au bout de quelque temps, le directeur écrivit au père qu’il ferait bien de venir rendre visite à son enfant.

On fixa un jour, et l’on annonça à l’enfant que son père allait venir. À l’approche de l’heure, elle s’assit à la fenêtre, guettant le portail par lequel son père devait passer. Au moment même où il franchit le portail, elle le vit, descendit l’escalier en courant, s’élança sur la pelouse, vint à sa rencontre, leva les yeux vers son visage, tendit les mains et dit : « Papa. » Quand ce père entendit les lèvres muettes de son enfant parler pour la première fois et former ce doux mot de « Papa », un tel frisson de joie traversa son cœur qu’il tomba à terre et se roula dans l’herbe, transporté d’allégresse. Mais il y a un Père qui aime comme aucun père terrestre, qui désire ardemment que ses enfants réalisent qu’ils sont ses enfants ; et lorsque nous levons les yeux vers sa face et que, d’un cœur que le Saint-Esprit a rempli du sentiment de notre qualité de fils, nous l’appelons « Abba » (papa), « Père », aucune langue ne peut décrire la joie de Dieu.

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