Chapitre 1 · 26 min de lecture · 33 min d’écoute
La personnalité du Saint-Esprit
Avant de pouvoir comprendre correctement l’œuvre du Saint-Esprit, il faut d’abord connaître l’Esprit lui-même. L’une des sources fréquentes d’erreur, voire d’idée fixe, au sujet de l’œuvre du Saint-Esprit, c’est la tentative d’étudier et de comprendre son œuvre sans avoir tout d’abord appris à le connaître comme une Personne. Du point de vue de l’adoration, il est de la plus haute importance que nous tranchions cette question : le Saint-Esprit est-il une Personne divine, digne de recevoir notre adoration, notre foi, notre amour et l’abandon total de nous-mêmes à lui, ou n’est-il qu’une influence émanant de Dieu, une puissance ou une illumination que Dieu nous communique ? Si le Saint-Esprit est une personne, et une Personne divine, et que nous ne le connaissons pas comme tel, alors nous privons un Être divin de l’adoration, de la foi, de l’amour et de l’abandon à lui qui lui sont dus.
Il est aussi de la plus haute importance, d’un point de vue pratique, que nous sachions si le Saint-Esprit est simplement une puissance mystérieuse et merveilleuse dont nous devrions, dans notre faiblesse et notre ignorance, nous emparer d’une manière ou d’une autre pour nous en servir, ou si le Saint-Esprit est une Personne réelle, infiniment sainte, infiniment sage, infiniment puissante et infiniment tendre, qui doit s’emparer de nous et se servir de nous. La première conception est tout à fait païenne ; elle ne diffère pas, au fond, de la pensée de l’adorateur de fétiches africain, qui a son dieu et s’en sert. La seconde est sublime et chrétienne. Supposons que nous concevions le Saint-Esprit comme le font tant de gens, c’est-à-dire comme une simple puissance ou une simple influence. Notre pensée constante sera alors : « Comment puis-je obtenir davantage du Saint-Esprit ? » Mais si nous le concevons selon la Bible, comme une Personne divine, notre pensée sera plutôt : « Comment le Saint-Esprit peut-il avoir davantage de moi ? » Concevoir le Saint-Esprit comme une influence ou une puissance divine dont nous devrions d’une manière ou d’une autre nous emparer pour nous en servir mène à l’exaltation de soi et à la suffisance.
Celui qui pense beaucoup au Saint-Esprit, mais qui croit à tort l’avoir reçu, deviendra presque toujours orgueilleux et se comportera comme s’il valait mieux que les autres chrétiens. On entend souvent de telles personnes dire : « Je suis un homme du Saint-Esprit », ou : « Je suis une femme du Saint-Esprit. » Mais si nous saisissons une bonne fois cette pensée que le Saint-Esprit est une Personne divine d’une majesté, d’une gloire, d’une sainteté et d’une puissance infinies, qui, dans une condescendance merveilleuse, est venue dans nos cœurs pour y établir sa demeure, prendre possession de notre vie et s’en servir, cela nous rendra plus respectueux et plus humbles devant lui. Je ne connais pas de pensée plus humiliante ni plus bouleversante que celle-ci : une Personne d’une majesté et d’une gloire divines habite dans mon cœur et est prête à se servir de moi.
Du point de vue de l’expérience, il est de la plus haute importance que nous connaissions le Saint-Esprit comme une personne. Des milliers et des dizaines de milliers d’hommes et de femmes peuvent témoigner de la bénédiction qui est entrée dans leur vie lorsqu’ils ont appris à connaître le Saint-Esprit, non pas simplement comme une influence bienfaisante (émanant de Dieu, certes), mais comme une Personne réelle, tout aussi réelle que Jésus-Christ lui-même : un Ami toujours présent et plein d’amour, un Aide puissant, qui non seulement se tient toujours à leurs côtés, mais habite dans leur cœur chaque jour et à chaque heure, et qui est prêt à intervenir pour eux dans toutes les difficultés de la vie. Des milliers de pasteurs, d’ouvriers chrétiens et de chrétiens vivant dans les conditions les plus humbles m’ont dit ou écrit la transformation complète de leur vie chrétienne qui s’est produite lorsqu’ils ont saisi cette pensée (non pas seulement d’une manière théologique, mais par l’expérience) que le Saint-Esprit était une Personne, et qu’ils ont alors appris à le connaître. La Bible fournit au moins quatre lignes de preuves distinctes établissant que le Saint-Esprit est une personne.
1. Tous les traits distinctifs de la personnalité sont attribués au Saint-Esprit dans la Bible. Quels sont les traits distinctifs, ou les marques, de la personnalité ? La connaissance, le sentiment ou l’émotion, et la volonté. Tout être qui pense, qui ressent et qui veut est une personne. Quand nous disons que le Saint-Esprit est une personne, certains comprennent que nous voulons dire qu’il a des mains, des pieds, des yeux, des oreilles, une bouche, et ainsi de suite ; mais ce ne sont pas là les caractéristiques de la personnalité, ce sont celles de la corporéité. Or toutes ces caractéristiques, ou marques, de la personnalité sont attribuées à maintes reprises au Saint-Esprit dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament.
Nous lisons en 1 Corinthiens 2:10-11 : « Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. » Ici, la connaissance est attribuée au Saint-Esprit. Il nous est enseigné que le Saint-Esprit n’est pas simplement une influence qui éclaire notre intelligence pour qu’elle comprenne la vérité, mais un Être qui connaît lui-même la vérité.
En 1 Corinthiens 12:11, nous lisons : « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. » Ici, la volonté est attribuée à l’Esprit, et il nous est enseigné que le Saint-Esprit n’est pas une puissance dont nous nous emparons pour nous en servir selon notre volonté, mais une Personne d’une majesté souveraine, qui se sert de nous selon sa volonté. Cette distinction est d’une importance fondamentale pour que nous entrions dans une juste relation avec le Saint-Esprit. C’est précisément sur ce point que beaucoup de chercheurs sincères, qui désirent la puissance et l’efficacité dans le service, s’égarent.
Ils tendent les mains et luttent pour s’emparer d’une puissance mystérieuse et formidable dont ils pourraient se servir dans leur œuvre selon leur propre volonté. Ils n’obtiendront jamais la puissance qu’ils recherchent tant qu’ils n’auront pas reconnu qu’il n’existe aucune puissance divine dont ils puissent s’emparer pour s’en servir dans leur aveuglement et leur ignorance, mais qu’il existe une Personne, infiniment sage autant qu’infiniment puissante, qui veut bien prendre possession d’eux et se servir d’eux selon sa propre volonté parfaite. Quand nous prenons le temps d’y réfléchir, nous devons nous réjouir qu’il n’existe aucune puissance divine dont des êtres aussi ignorants que nous, aussi sujets à l’erreur, puissent s’emparer pour s’en servir. Quelles pourraient être les conséquences effroyables s’il en existait une ? Mais quelle sainte joie doit remplir nos cœurs lorsque nous saisissons cette pensée qu’il existe une Personne divine, Quelqu’un qui ne se trompe jamais, qui veut bien prendre possession de nous, nous accorder les dons qu’il juge les meilleurs et se servir de nous selon sa volonté sage et pleine d’amour.
Nous lisons en Romains 8:27 : « Et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. » Dans ce passage, la pensée est attribuée au Saint-Esprit. Le mot grec traduit ici par « pensée » est un terme très large, qui renferme les idées de réflexion, de sentiment et d’intention. C’est le même mot qui est employé en Romains 8:7, où nous lisons : « Car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. » Ainsi donc, dans ce passage, toutes les marques distinctives de la personnalité sont attribuées au Saint-Esprit.
Nous voyons la personnalité du Saint-Esprit mise en lumière de la façon la plus touchante et la plus suggestive en Romains 15:30 : « Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur » ; ici, c’est « l’amour » qui est attribué au Saint-Esprit. Le lecteur ferait bien de s’arrêter et de méditer ces mots : « l’amour de l’Esprit ». Nous nous arrêtons souvent sur l’amour de Dieu le Père. Il est le sujet de nos pensées quotidiennes et constantes. Nous nous arrêtons souvent sur l’amour de Jésus-Christ, le Fils. Qui oserait se dire chrétien s’il laissait passer une journée sans méditer sur l’amour de son Sauveur ? Mais combien de fois avons-nous médité sur « l’amour de l’Esprit » ?
Chaque jour de notre vie, si nous vivons comme des chrétiens doivent vivre, nous nous agenouillons en présence de Dieu le Père, nous levons les yeux vers sa face et nous lui disons : « Je te rends grâces, Père, pour ton grand amour qui t’a conduit à donner ton Fils unique pour qu’il meure pour moi sur la croix du Calvaire. »
Chaque jour de notre vie, nous levons aussi les yeux vers la face de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, et nous lui disons : « Ô glorieux Seigneur et Sauveur, Jésus, Fils de Dieu, je te rends grâces de m’avoir tant aimé que tu ne t’es pas accroché à ta place d’égal de Dieu. Au contraire, tu y as renoncé, laissant derrière toi toute la gloire du ciel pour venir dans ce monde brisé, prendre mes péchés sur toi et mourir à ma place sur la croix du Calvaire. » Mais combien de fois nous agenouillons-nous pour dire au Saint-Esprit : « Ô Esprit de Dieu, éternel et infini, je te rends grâces de m’avoir tant aimé que tu es venu dans ce monde de ténèbres et de péché pour me chercher. Tu m’as poursuivi avec patience jusqu’à ce que je voie enfin à quel point j’étais perdu et combien j’avais besoin d’un Sauveur. Tu m’as ouvert les yeux pour que je voie que Jésus-Christ est exactement le Sauveur dont j’avais besoin » ? Pourtant, nous devons notre salut tout aussi réellement à l’amour de l’Esprit qu’à l’amour du Père et à l’amour du Fils. Sans l’amour de Dieu le Père, qui a abaissé son regard sur moi dans ma ruine totale et qui m’a procuré une expiation parfaite par la mort de son propre Fils sur la croix du Calvaire, je serais aujourd’hui en enfer.
Sans l’amour de Jésus-Christ, la Parole éternelle de Dieu, qui a jeté les yeux sur moi dans ma ruine totale et qui, dans son obéissance au Père, a laissé de côté toute la gloire du ciel pour toute la honte de la terre, a pris ma place, la place de la malédiction, sur la croix du Calvaire et a répandu sa vie sans réserve pour moi, je serais aujourd’hui en enfer. Mais sans l’amour du Saint-Esprit, envoyé par le Père en réponse à la prière du Fils (Jean 14:16), cet amour qui l’a poussé à venir me chercher dans mon aveuglement et ma ruine totale, et à me suivre jour après jour, semaine après semaine, année après année, alors que je faisais obstinément la sourde oreille à ses supplications, à me suivre sur des chemins de péché où cela a dû être une agonie pour ce Saint de s’engager, jusqu’à ce qu’enfin j’écoute et qu’il m’ouvre les yeux sur ma ruine totale, puis me révèle Jésus comme le Sauveur même qui répondrait à tous mes besoins, et me rende enfin capable de recevoir ce Jésus comme mon propre Sauveur ; oui, sans cet amour patient, longanime, infatigable, infiniment tendre du Saint-Esprit, je serais aujourd’hui en enfer. Oh ! le Saint-Esprit n’est pas simplement une influence, une puissance ou une illumination : il est une Personne tout aussi réelle que Dieu le Père ou que Jésus-Christ, son Fils.
La personnalité du Saint-Esprit ressort de l’Ancien Testament aussi réellement que du Nouveau, car nous lisons en Néhémie 9:20 : « Tu leur donnas ton bon esprit pour les rendre sages, tu ne refusas point ta manne à leur bouche, et tu leur fournis de l’eau pour leur soif. » Ici, l’intelligence et la bonté sont toutes deux attribuées au Saint-Esprit. Certains nous disent que, s’il est vrai que la personnalité du Saint-Esprit se trouve dans le Nouveau Testament, elle ne se trouve pas dans l’Ancien. Elle se trouve pourtant bel et bien dans ce passage. Naturellement, la doctrine de la personnalité du Saint-Esprit n’est pas aussi pleinement développée dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. Mais la doctrine s’y trouve.
Il n’y a peut-être dans toute la Bible aucun passage où la personnalité du Saint-Esprit ressorte de façon plus tendre et plus touchante qu’en Éphésiens 4:30 : « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. » Ici, la tristesse est attribuée au Saint-Esprit. Le Saint-Esprit n’est pas une influence ou une puissance aveugle et impersonnelle qui vient dans notre vie pour l’éclairer, la sanctifier et lui donner de la force. Non, il est infiniment plus que cela : il est une Personne sainte qui vient habiter dans nos cœurs, Quelqu’un qui voit chacun de nos actes, chacune de nos paroles, chacune des pensées que nous accueillons, jusqu’à la plus fugitive des rêveries que nous laissons traverser notre esprit ; et s’il y a quoi que ce soit, dans nos actes, nos paroles ou nos œuvres, qui soit impur, profane, dur, égoïste, mesquin, petit ou faux, cet Être infiniment saint en est profondément attristé. Je ne connais pas de pensée qui puisse aider davantage à mener une vie sainte et à marcher avec retenue en présence du Saint. Que de fois un jeune homme a été retenu de céder aux tentations qui entourent la jeunesse par la pensée que, s’il cédait à la tentation qui l’assaille en ce moment, sa sainte mère pourrait l’apprendre et en serait attristée au-delà de toute expression !
Que de fois un jeune homme a eu la main posée sur la porte de quelque lieu de péché où il s’apprêtait à entrer, et cette pensée lui est venue : « Si j’entrais là, ma mère pourrait l’apprendre, et cela la tuerait presque » ; alors il a tourné le dos à cette porte et s’en est allé mener une vie pure, afin de ne pas attrister sa mère.
Mais il est Quelqu’un de plus saint que n’importe quelle mère, Quelqu’un de plus sensible au péché que la femme la plus pure qui ait jamais foulé cette terre, et qui nous aime comme aucune mère n’a jamais aimé ; et ce Quelqu’un habite dans nos cœurs, si nous sommes chrétiens. Il voit chaque acte que nous accomplissons, de jour ou à la faveur de la nuit ; il entend chaque parole que nous prononçons, en public ou en privé ; il voit chaque pensée que nous accueillons, il contemple chaque rêverie, chaque imagination à laquelle nous permettons de séjourner ne serait-ce qu’un instant dans notre esprit ; et s’il y a quoi que ce soit de profane, d’impur, d’égoïste, de mesquin, de petit, de dur, de sévère, d’injuste ou de mauvais en quelque manière que ce soit, en acte, en parole, en pensée ou en imagination, il en est attristé. Si nous laissons ces mots : « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu », pénétrer dans nos cœurs et devenir la devise de notre vie, ils nous garderont de bien des péchés.
Que de fois une pensée ou une rêverie a frappé à la porte de mon esprit pour y entrer, et allait y être accueillie, quand cette pensée m’est venue : « Le Saint-Esprit voit cette pensée, et il en sera attristé » ; et la pensée s’en est allée.
II. Beaucoup d’actes que seule une Personne peut accomplir sont attribués au Saint-Esprit. Si nous nions la personnalité du Saint-Esprit, beaucoup de passages de l’Écriture deviennent dénués de sens et absurdes. Par exemple, nous lisons en 1 Corinthiens 2:10 : « Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » Ce passage nous présente le Saint-Esprit non pas simplement comme une illumination qui nous rend capables de saisir les profondeurs de Dieu, mais comme une Personne qui sonde elle-même les profondeurs de Dieu et qui nous révèle ensuite les précieuses découvertes qu’elle y a faites.
Nous lisons en Apocalypse 2:7 : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises.
A celui qui vaincra je donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu. »
Ici, le Saint-Esprit nous est présenté non pas simplement comme une lumière impersonnelle qui vient éclairer notre intelligence, mais comme une Personne qui parle et qui, des profondeurs de sa sagesse, murmure à l’oreille de son serviteur attentif la précieuse vérité de Dieu.
En Galates 4:6, nous lisons : « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba! Père! » Ici, le Saint-Esprit est représenté comme criant dans le cœur du croyant individuel. Il n’est pas simplement une influence divine qui produit dans nos cœurs l’assurance de notre qualité de fils, mais Quelqu’un qui crie dans nos cœurs, qui rend témoignage avec notre esprit que nous sommes fils de Dieu. (Voir aussi Romains 8:16.) Le Saint-Esprit est également représenté dans l’Écriture comme Quelqu’un qui prie. Nous lisons en Romains 8:26 : « De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. » Il ressort clairement de ce passage que le Saint-Esprit n’est pas simplement une influence qui nous pousse à prier, ni simplement une illumination qui nous enseigne comment prier, mais une Personne qui prie elle-même en nous et par nous.
Il y a une consolation merveilleuse dans la pensée que tout vrai croyant a deux Personnes divines qui prient pour lui : Jésus-Christ, le Fils, qui a autrefois vécu sur cette terre, qui connaît tout de nos tentations, qui peut compatir à nos faiblesses, et qui est maintenant monté à la droite du Père où, dans cette place d’autorité et de puissance, il est toujours vivant pour intercéder en notre faveur (Hébreux 7:25 ; 1 Jean 2) ; et une autre Personne, tout aussi divine que lui, qui marche à nos côtés chaque jour, oui, qui habite au plus profond de notre être, qui connaît nos besoins alors même que nous ne les connaissons pas nous-mêmes, et qui, de ces profondeurs, intercède pour nous auprès du Père. La position du croyant est vraiment d’une parfaite sécurité, puisque ces deux Personnes divines prient pour lui.
Nous lisons encore en Jean 15:26 : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » Ici, le Saint-Esprit nous est présenté comme une Personne qui rend son témoignage à Jésus-Christ ; non pas simplement comme une illumination qui rend le croyant capable de témoigner de Christ, mais comme une Personne qui témoigne elle-même. Et une distinction nette est établie, dans ce verset et dans le suivant, entre le témoignage du Saint-Esprit et le témoignage du croyant à qui il a rendu son témoignage, car nous lisons au verset suivant : « Et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. » Il y a donc deux témoins : le Saint-Esprit, qui rend témoignage au croyant, et le croyant, qui rend témoignage au monde.
Le Saint-Esprit est également présenté comme un enseignant. Nous lisons en Jean 14:26 : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Et de même, nous lisons en Jean 16:12-14 : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » Et dans l’Ancien Testament, en Néhémie 9:20 : « Tu leur donnas ton bon esprit pour les rendre sages, tu ne refusas point ta manne à leur bouche, et tu leur fournis de l’eau pour leur soif. »
Dans tous ces passages, il est clair que le Saint-Esprit n’est pas une simple illumination qui nous rend capables de saisir la vérité, mais une Personne qui vient à nous pour nous enseigner jour après jour la vérité de Dieu. C’est le privilège du plus humble croyant en Jésus-Christ, non seulement d’avoir l’intelligence éclairée pour comprendre la vérité de Dieu, mais d’avoir un Enseignant divin qui lui enseigne chaque jour la vérité qu’il a besoin de connaître (1 Jean 2:20-27).
Le Saint-Esprit est également présenté comme le Conducteur et le Guide des enfants de Dieu. Nous lisons en Romains 8:14 : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » Il n’est pas simplement une influence qui nous rend capables de voir le chemin où Dieu veut que nous allions, ni simplement une puissance qui nous donne la force d’y marcher, mais une Personne qui nous prend par la main et nous conduit avec douceur dans les sentiers où Dieu veut que nous marchions.
Le Saint-Esprit est également présenté comme une Personne qui a l’autorité de donner des ordres aux hommes dans leur service pour Jésus-Christ. Nous lisons au sujet de l’apôtre Paul et de ses compagnons, en Actes 16:6-7 : « Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. » Ici, c’est une Personne qui prend la direction de la conduite de Paul et de ses compagnons, une Personne dont ils reconnaissaient l’autorité et à laquelle ils se soumettaient sur-le-champ.
Plus encore, le Saint-Esprit est représenté comme Celui qui détient l’autorité suprême dans l’Église, qui appelle des hommes à l’œuvre et les établit dans leurs fonctions. Nous lisons en Actes 13:2 : « Pendant qu’ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit: Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Et en Actes 20:28 : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. » Pour celui qui cherche sincèrement la vérité, il ne peut y avoir aucun doute : c’est une Personne, et une Personne d’une majesté et d’une souveraineté divines, qui nous est ici présentée.
Il ressort de tous les passages cités ici que beaucoup d’actes que seule une personne peut accomplir sont attribués au Saint-Esprit.
III. Une fonction est attribuée au Saint-Esprit, qui ne peut être attribuée qu’à une personne.
Notre Sauveur dit en Jean 14:16-17 : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » Notre Seigneur venait d’annoncer à ses disciples qu’il allait les quitter. Un terrible sentiment d’abandon s’empara d’eux. La tristesse remplit leur cœur (Jean 16:6) à la pensée de la solitude et de l’impuissance absolue qui seraient les leurs lorsque Jésus les aurait ainsi laissés seuls.
Pour les consoler, le Seigneur leur dit qu’ils ne seront pas laissés seuls, qu’en les quittant il s’en allait vers le Père, et qu’il prierait le Père, qui leur donnerait un autre Consolateur pour tenir sa place pendant son absence. Est-il possible que Jésus-Christ ait tenu un tel langage si l’autre Consolateur qui venait prendre sa place n’était qu’une influence impersonnelle ? Aurait-il pu dire : « Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. », si ce Consolateur qu’il devait envoyer n’était qu’une influence ou une puissance impersonnelle ?
Non : une Personne divine s’en allait, une autre Personne tout aussi divine venait prendre sa place, et il était avantageux pour les disciples que l’Un s’en aille pour les représenter devant le Père, puisqu’un Autre, tout aussi divin et suffisant, venait prendre sa place. Cette promesse de notre Seigneur et Sauveur, la venue de l’autre Consolateur et sa présence permanente avec nous, est la plus grande et la meilleure de toutes pour la dispensation présente. C’est la promesse du Père (Actes 4), la promesse des promesses. Nous y reviendrons lorsque nous étudierons les noms du Saint-Esprit.
IV. Un traitement est attribué au Saint-Esprit, qui ne pourrait être attribué qu’à une Personne. Nous lisons en Ésaïe 63 : « Mais ils ont été rebelles, ils ont attristé son esprit saint; Et il est devenu leur ennemi, il a combattu contre eux. » Ici, il nous est dit qu’on se révolte contre le Saint-Esprit et qu’on l’attriste (Éphésiens 4:30). On ne peut se révolter que contre une personne, et une personne qui a autorité. Seule une personne peut être attristée.
On ne peut pas attrister une simple influence ou une simple puissance. En Hébreux 10:29, nous lisons : « De quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce? » Il nous est dit ici que l’on peut « outrager » le Saint-Esprit (« traiter avec mépris et insolence », selon le Greek-English Lexicon of the New Testament de Thayer).
Il n’existe dans l’univers qu’une seule sorte d’être que l’on puisse traiter avec mépris et insolence (c’est-à-dire outrager), et c’est une personne. Il est absurde de penser que l’on puisse traiter avec mépris et insolence une influence, une puissance, ou quelque être que ce soit, à part une personne. Nous lisons encore en Actes 5:3 : « Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ? » Ici, le Saint-Esprit est représenté comme Quelqu’un à qui l’on peut mentir. On ne peut mentir qu’à une personne.
En Matthieu 12:31-32, nous lisons : « C’est pourquoi je vous dis: Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. »
Ici, il nous est dit qu’on peut blasphémer contre le Saint-Esprit. Il est impossible de blasphémer autre chose qu’une personne. Si le Saint-Esprit n’est pas une personne, le blasphème contre lui ne peut certainement pas être un péché plus grave et plus décisif que le blasphème contre le Fils de l’homme, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ lui-même.
Voilà donc quatre lignes de preuves distinctes et décisives établissant que le Saint-Esprit est une Personne.
En théorie, la plupart d’entre nous le croient ; mais, dans la manière dont nous pensons réellement à lui et dans notre attitude pratique envers lui, le traitons-nous comme s’il était vraiment une Personne ? Il y a quelques années, à la fin d’une allocution sur la personnalité du Saint-Esprit donnée lors d’une conférence biblique, une femme qui était membre d’Église depuis de nombreuses années, dans l’une des plus orthodoxes de nos dénominations modernes, est venue me dire : « Je n’avais encore jamais pensé à cela comme à une Personne. » Sans doute cette chrétienne avait-elle souvent chanté : « Louez Dieu, source de toute bénédiction ; louez-le, créatures d’ici-bas ; louez-le là-haut, armée des cieux ; louez le Père, le Fils et le Saint-Esprit. » Sans doute avait-elle souvent chanté : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen. »
Mais chanter des paroles est une chose ; saisir le sens de ce que nous chantons en est une tout autre. Si l’on avait interrogé cette chrétienne sur sa doctrine, elle aurait sans doute répondu qu’elle croyait qu’il y a trois Personnes dans la Divinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; mais une confession théologique est une chose, et la réalisation pratique de la vérité que nous confessons en est une tout autre.
C’est pourquoi la question est absolument nécessaire, quelle que soit l’orthodoxie de votre confession de foi : considérez-vous vraiment le Saint-Esprit comme une Personne réelle, aussi réelle que Jésus-Christ, aussi aimante, aussi sage et aussi forte, aussi digne de votre confiance, de votre amour et de votre abandon que Jésus-Christ lui-même ? Le Saint-Esprit est venu dans ce monde pour être avec les disciples de notre Seigneur après son départ, et pour être pour nous ce que Jésus-Christ avait été pour eux durant les jours où il vivait en leur compagnie (Jean 14:16-17).
Est-il cela pour vous ? Le connaissez-vous ? Chaque semaine de votre vie, vous entendez la bénédiction apostolique : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous! » (2 Corinthiens 13:13) ; mais, en l’entendant, en saisissez-vous la portée ? Connaissez-vous la communion du Saint-Esprit ? La fraternité du Saint-Esprit ? L’association avec le Saint-Esprit ?
La camaraderie du Saint-Esprit ? L’amitié intime et personnelle du Saint-Esprit ?
C’est là tout le secret d’une vie chrétienne véritable, d’une vie de liberté, de joie, de puissance et de plénitude. Avoir le Saint-Esprit pour Ami toujours présent, et avoir conscience de l’avoir pour Ami toujours présent, et lui abandonner entièrement le contrôle de sa vie dans tous ses domaines : voilà la vraie vie chrétienne.
La doctrine de la personnalité du Saint-Esprit est aussi caractéristique de la religion que Jésus a enseignée que les doctrines de la divinité et de l’expiation de Jésus-Christ lui-même. Mais il ne suffit pas de croire la doctrine : il faut connaître le Saint-Esprit lui-même. Tout le but de ce chapitre (Dieu veuille m’aider à le dire avec respect) est de vous présenter mon Ami, le Saint-Esprit.
Chapitre 1 terminé
La personnalité du Saint-Esprit