Chapitre 27 · 45 min de lecture · 58 min d’écoute
Conclusion
1857-1860.
LA MAISON POUR QUATRE CENTS OUVERTE—LA PRIÈRE PLUS QU’EXAUCÉE—LE RECOURS DANS LA DÉTRESSE—UNE EFFUSION DE L’ESPRIT SUR LES ORPHELINS—ACHAT D’UN TERRAIN POUR UN NOUVEAU BÂTIMENT—« UNE SEULE VIE À DÉPENSER POUR DIEU »—« RÉPANDRE, ET POURTANT S’ACCROÎTRE »—UNE ANNÉE MÉMORABLE—LE GERME DU RÉVEIL D’IRLANDE—LETTRE D’UN ORPHELIN—LE FRUIT DE SIX MOIS DE PRIÈRES—LES RÉSULTATS DE L’ŒUVRE—RÉVEIL PARMI LES ORPHELINS.
À la date du 12 nov. 1857, M. M. écrit :—
Le jour longtemps attendu et longtemps demandé dans la prière était enfin arrivé où le désir de mon cœur me fut accordé : pouvoir ouvrir la maison destinée à quatre cents orphelins de plus. J’avais beaucoup travaillé, par la prière et par des démarches actives, pour accomplir ce qui devait être fait auparavant ; et maintenant les choses étaient assez avancées pour que la nouvelle maison fût prête à servir ; et, quelques jours après, nous commençâmes à y recevoir les enfants. Combien cela me fut précieux, ceux-là pourront le comprendre qui, après avoir prié jour après jour pendant sept ans pour obtenir une bénédiction, et souvent à plusieurs reprises le même jour, obtiennent enfin le désir de leur cœur. Pourtant cette bénédiction ne me vint pas à l’improviste : je l’avais attendue, et, dans la plénitude de la foi, j’avais compté l’obtenir au temps marqué par Dieu lui-même.
17 févr. 1858. Autant que je puis en juger, j’ai maintenant tout ce qu’il me faut en fait de ressources pécuniaires pour la troisième maison aussi, de sorte que je suis en mesure d’accomplir l’agrandissement complet de l’œuvre des orphelins jusqu’à mille orphelins.
À la fin de l’année dont il est question, M. M. avait reçu, de toutes provenances, trente-cinq mille trois cent trente-cinq livres neuf shillings trois pence pour les nouvelles maisons des orphelins, « soit en réalité trois cent trente-cinq livres neuf shillings trois pence de plus que ce que j’avais demandé dans la prière depuis le commencement. »
Le fait suivant, qui se rapporte à l’entretien et aux soins des orphelins, montre combien l’on comptait sur la prière et sur la foi pour être secouru dans chaque nécessité :—
Vers la fin de novembre 1857, je fus informé de la manière la plus inattendue que la chaudière de notre appareil de chauffage, à la nouvelle maison des orphelins no 1, fuyait très considérablement, de sorte qu’il était impossible de passer l’hiver avec une telle fuite. Notre appareil de chauffage se compose d’une grande chaudière cylindrique, à l’intérieur de laquelle on entretient le feu, et à laquelle sont reliés les tuyaux d’eau qui chauffent les pièces. Un système d’air chaud est aussi relié à cet appareil. Or voici quelle était ma position. La chaudière avait été jugée en état de faire le service de l’hiver ; avoir eu des raisons de la soupçonner usée, sans rien faire pour la remplacer par une neuve, et dire : Je me confierai en Dieu à son sujet, eût été une présomption insouciante, et non la foi en Dieu. C’eût été la contrefaçon de la foi.
La chaudière est entièrement entourée de maçonnerie ; on ne pouvait donc connaître son état sans démolir la maçonnerie ; ce qui, si c’était inutile, aurait plutôt nui à la chaudière qu’autre chose ; et comme, année après année, pendant huit hivers, nous n’avions eu aucune difficulté de ce genre, nous ne nous y attendions pas cette fois. Mais soudain, et de la manière la plus inattendue, au commencement de l’hiver, cette difficulté survint. Que fallait-il donc faire ? Pour les enfants, surtout les plus petits, j’étais profondément inquiet à la pensée qu’ils pourraient souffrir du manque de chaleur. Mais comment nous procurer de la chaleur ? L’installation d’une nouvelle chaudière demanderait, selon toute probabilité, bien des semaines. La réparation de la chaudière était chose douteuse, à cause de la grandeur de la fuite ; mais, même dans le cas contraire, on ne pouvait rien en dire avant que la chambre de briques où est enfermée la chaudière, avec l’appareil de chauffage breveté de Hazard, eût été, au moins en partie, démolie ; or cela prendrait, du moins autant que nous pouvions en juger, plusieurs jours, et que faire en attendant pour procurer des pièces chaudes à trois cents enfants ? L’idée me vint naturellement d’installer des poêles à gaz provisoires ; mais, en examinant la chose de plus près, on trouva que nous ne pourrions chauffer nos très grandes salles au gaz qu’avec un très grand nombre de poêles, que nous ne pouvions installer, car nous n’avions pas assez de gaz à retrancher de notre éclairage. De plus, il nous aurait fallu pour chacun de ces poêles une petite cheminée, afin d’évacuer l’air vicié. Ce mode de chauffage, bien qu’il convienne à un vestibule, à un escalier ou à une boutique, ne répondrait donc pas à nos besoins. Je pensai aussi à installer provisoirement des poêles d’Arnott ; mais ils ne conviendraient pas, car il leur fallait des cheminées, de longues cheminées, et, comme elles auraient été provisoires, elles auraient dû sortir par les fenêtres. Pour cette raison, l’incertitude du succès dans notre cas et la défiguration presque permanente des pièces me firent voir qu’il fallait renoncer aussi à ce projet. Mais que fallait-il faire ? J’aurais volontiers payé cent livres si, par là, la difficulté avait pu être surmontée, et si les enfants n’avaient pas été exposés à souffrir pendant bien des jours d’être dans des pièces froides. Enfin je résolus de me remettre entièrement entre les mains de Dieu, qui est plein de miséricorde et de tendre compassion, et je décidai de faire ouvrir, en tout cas, la chambre de briques, pour voir l’étendue du dommage et si la chaudière pourrait être réparée de manière à nous faire passer l’hiver. Le jour fut fixé où les ouvriers devaient venir, et toutes les dispositions nécessaires furent prises. Il fallait naturellement laisser le feu s’éteindre pendant la durée des réparations. Mais voyez maintenant. Après que le jour des réparations eut été fixé, un âpre vent du nord se leva. Il commença à souffler le jeudi ou le vendredi précédant le mercredi après-midi où l’on devait laisser éteindre le feu. Ce fut alors le premier temps vraiment froid que nous eûmes au commencement de l’hiver dernier, dans les premiers jours de décembre. Que fallait-il faire ? On ne pouvait remettre les réparations. Je demandai alors deux choses au Seigneur : qu’il voulût bien changer le vent du nord en vent du sud, et qu’il donnât aux ouvriers de « prendre à cœur ce travail » ; car je me souvenais de tout ce que Néhémie accomplit en cinquante-deux jours, en rebâtissant les murailles de Jérusalem, parce que « le peuple prit à cœur ce travail. » Eh bien, le jour mémorable arriva. La veille au soir, l’âpre vent du nord soufflait encore ; mais le mercredi, ce fut le vent du sud qui souffla : exactement comme je l’avais demandé. Le temps était si doux qu’on n’eut besoin d’aucun feu. On enlève la maçonnerie, on découvre très vite la fuite, les chaudronniers se mettent à la réparer avec ardeur. Vers huit heures et demie du soir, comme j’allais quitter la nouvelle maison des orphelins pour rentrer chez moi, on m’apprit à la loge que le directeur en exercice de la maison d’où venaient les chaudronniers était arrivé, pour voir comment avançait le travail et s’il pouvait d’une façon quelconque hâter les choses. J’allai donc aussitôt à la cave, pour le voir avec les hommes et chercher à activer l’affaire. Comme je lui en parlais, il dit en leur présence : « Les hommes travailleront tard ce soir, et reviendront de très bonne heure demain. » « Nous aimerions mieux, monsieur, dit le chef d’équipe, travailler toute la nuit. » Alors je me souvins de la seconde partie de ma prière : que Dieu donnât aux hommes de « prendre à cœur ce travail ». Ainsi en fut-il : au matin, la réparation de la chaudière était achevée, la fuite était bouchée, quoique avec une grande difficulté, et en trente heures environ la maçonnerie était relevée et le feu rallumé dans la chaudière ; et pendant tout ce temps le vent du sud souffla si doucement qu’on n’eut pas le moindre besoin de feu.
Voilà donc une de nos difficultés qui fut surmontée par la prière et par la foi.
Pendant près de trois mois tout alla bien ; mais à la fin de février une autre fuite se déclara, pire que la précédente. Mais là encore nous fûmes secourus par la prière, de sorte que, sans aucun véritable inconvénient, les réparations furent achevées en trente heures environ. Depuis lors, le Seigneur ne nous a plus éprouvés de cette manière. Au moment où j’écris ces lignes, il fait un beau temps chaud ; j’ai donné l’ordre d’éteindre les feux des appareils de chauffage dans les deux maisons, et, si le Seigneur le permet, une nouvelle chaudière sera naturellement mise à la place de l’ancienne.
2 févr. 1858. « De Newton », une livre. Aujourd’hui j’ai fait les premières démarches actives en vue de la construction de la troisième maison, et aussitôt après j’ai été informé par lettre qu’une dame de Londres, qui m’est entièrement inconnue, avait donné ordre à ses banquiers de m’envoyer trois cents livres pour l’entretien des orphelins. On m’a encore appris, le soir, que dans deux semaines huit cents livres me seront versées pour l’œuvre du Seigneur. Les trois cents livres ont été envoyées le lendemain, et les huit cents livres quinze jours après. Voyez comment, à mesure que l’œuvre s’agrandit, le Seigneur suit le pas des dépenses, secourant quand le secours est réellement nécessaire, et souvent aussi donnant d’avance.
Pendant l’année 1857-8, vingt-quatre écoles furent entretenues ou aidées sur les fonds de l’Institution ; trois mille neuf cent soixante-trois Bibles et portions des Écritures furent répandues ; et trois mille cinq cent trente et une livres furent dépensées pour aider quatre-vingt-deux ouvriers en diverses parties du monde. M. Müller reçut de ces hommes des lettres lui apportant l’heureuse nouvelle que leur travail avait été béni du Seigneur. Après avoir donné de copieux extraits de ces lettres, M. M. ajoute :—
On pourrait multiplier de beaucoup de tels extraits, et, comme je l’ai dit plus haut, on pourrait aisément en écrire un gros volume ; mais la place me manque pour en donner davantage. Je crois toutefois devoir au lecteur chrétien de déclarer qu’il y a de bonnes raisons de croire que plusieurs centaines d’âmes ont été amenées à la connaissance du Seigneur par le moyen de ces frères au cours de l’année dernière ; et ne pouvons-nous pas espérer que ce qui est connu est loin d’être tout ce qu’il a plu au Seigneur d’accomplir par eux ? Combien souvent le secours pour lequel j’avais travaillé dans la prière est arrivé à propos à ces chers serviteurs de Christ, c’est ce que pourront montrer les extraits de lettres suivants, bien que j’aie reçu des centaines de lettres semblables au cours des vingt dernières années.
19 mai 1858. « Je reconnais avec gratitude la bonté du Seigneur dans la réception de votre chèque de dix livres. Nous trouvant dans la gêne, ma chère femme et moi, comme nous nous attendions particulièrement à lui hier soir, nous avons supplié le Seigneur de vouloir bien nous envoyer de quoi pourvoir à nos besoins ce matin ; et voici que nous avons de nouveau la preuve de son amour par votre lettre et son contenu. Mon âme, bénis l’Éternel! Avec mes vifs remerciements, auxquels ma chère femme s’unit, je suis, » etc.
27 févr. 1858. « Oh ! combien mon cœur s’élance vers vous pour votre affectueux souvenir de nous dans notre dénuement ! Nous n’avions pas un shilling à la maison, ni aucune perspective humaine d’argent, quand votre envoi de cinq livres nous est parvenu. »
Un ouvrier du continent écrit le 17 déc. 1857 : « Nous avons reçu hier votre aimable billet contenant huit livres. Le jour même où vous avez mis votre lettre à la poste, le 12 courant, était un jour mis à part pour la prière, avec jeûne, afin de demander au Seigneur des ressources. »
On répandit aussi pendant l’année 1 334 791 traités et livres. Les lettres reçues des personnes qui les distribuaient montrent qu’ils furent grandement bénis pour réveiller et convertir des âmes.
Au commencement de la dernière période, il y avait 299 orphelins dans la nouvelle maison des orphelins d’Ashley Down, à Bristol. Au cours de l’année écoulée, on y admit, ainsi que dans la nouvelle maison pour 400, en tout 219 orphelins. Le nombre total des orphelins qui ont été sous nos soins depuis le 11 avril 1836 est de 871.
L’ouverture de la nouvelle maison pour 400 orphelins, qui n’est pas une aile de la maison existant auparavant, mais un établissement entièrement distinct, et plus grand que le premier, a rendu nécessaire de distinguer ces deux maisons de la manière suivante : la maison qui fut ouverte le 18 juin 1849 s’appelle désormais la nouvelle maison des orphelins no 1, et celle qui fut ouverte le 12 nov. 1857 s’appelle la nouvelle maison des orphelins no 2. La nouvelle maison des orphelins no 1 est aménagée pour recevoir 140 orphelines de plus de sept ans, 80 orphelins garçons de plus de sept ans, et 80 orphelins des deux sexes depuis leur plus bas âge jusqu’à environ sept ou huit ans. Les petits, après avoir passé l’âge de sept ou huit ans, sont transférés dans les différentes sections des grands garçons et des grandes filles. La nouvelle maison des orphelins no 2 est aménagée pour 200 petites orphelines et pour 200 orphelines plus âgées.
Sans que personne ait été sollicité personnellement pour quoi que ce soit par moi, la somme de £102,714, 9s. 6d. m’a été donnée pour les orphelins, comme le fruit de la prière à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre ; cette somme comprend ce qui a été reçu pour le fonds de construction des maisons déjà bâties et de celle qui reste à bâtir. Il peut aussi être intéressant pour le lecteur de savoir que le montant total donné pour les autres objets, depuis le commencement de l’œuvre, s’élève à £38,297, 12s. 11½d. ; que ce qui est entré par la vente de Bibles depuis le commencement s’élève à £2,222, 4s. 3½d. ; par la vente de traités, à £2,294, 6s. 11½d. ; et par les rétributions des enfants dans les écoles de jour, depuis le commencement, à £2,138, 11s. 4¼d.
Pendant les vingt-deux dernières années, l’Esprit de Dieu a agi à maintes reprises parmi les orphelins confiés à nos soins, de sorte qu’un très grand nombre d’entre eux ont été amenés à la connaissance du Seigneur ; mais nous n’avions jamais vu une œuvre si grande, et en même temps si satisfaisante, en si peu de temps, que durant l’année écoulée. J’entrerai dans quelques détails pour le profit du lecteur. Il y a cent quarante grandes filles dans la nouvelle maison des orphelins no 1, dont dix, au commencement de la dernière période, étaient considérées comme croyantes.
Le 26 mai 1857 mourut une orpheline, Caroline Bailey. La mort de cette fille bien-aimée, qui avait connu le Seigneur plusieurs mois avant de s’endormir, semble avoir été employée par le Seigneur comme un moyen d’exaucer en bonne mesure nos prières quotidiennes pour la conversion des orphelins. Il plut à Dieu, au commencement de la dernière période, d’agir puissamment parmi les orphelins, de sorte que, tout d’un coup, en quelques jours, sans aucune cause apparente, si ce n’est la fin paisible de la bien-aimée Caroline Bailey, plus de cinquante de ces filles furent amenées à se préoccuper de leur âme, et quelques-unes avec une profonde conviction de péché, en sorte qu’elles étaient extrêmement angoissées. Et qu’en est-il maintenant ? demanderont peut-être mes lecteurs ; car les jeunes gens paraissent souvent très préoccupés des choses de Dieu, mais ces impressions s’effacent. C’est vrai, cher lecteur, je l’ai vu moi-même, ayant eu affaire à bien des milliers d’enfants et de jeunes gens au cours des trente dernières années. Si donc cette œuvre parmi les orphelins avait commencé depuis quelques jours seulement, ou même quelques semaines, je l’aurais passée sous silence ; mais il s’est maintenant écoulé plus d’une année depuis qu’elle a commencé, et le lecteur pieux se réjouira donc d’apprendre qu’outre les dix qui étaient auparavant croyantes, et dont l’une a été placée en service, il y a vingt-trois filles au sujet desquelles, depuis plusieurs mois, il n’y a aucun doute qu’elles soient croyantes ; deux sont mortes dans la foi au cours de l’année ; et il y en a trente-huit autres qui sont réveillées et préoccupées de leur âme, mais au sujet desquelles nous ne pouvons encore parler aussi positivement. Tout cela ne concerne qu’une seule branche de l’établissement des orphelins, les grandes filles de la maison no 1. En outre, je suis heureux de pouvoir dire aussi que, parmi les autres filles de la nouvelle maison no 2, et parmi les garçons également, quelques-uns s’intéressent aux choses de Dieu ; oui, nos travaux commencent déjà à être bénis pour le cœur de quelques-uns des orphelins nouvellement reçus.
Poursuivant le récit des progrès des nouvelles maisons des orphelins, M. M. écrit à la date du 29 oct. 1858 :—
Dans le dernier Rapport, j’ai dit que je cherchais un terrain pour la troisième maison. À ce sujet, je me suis attendu à Dieu jour après jour. Mais pendant bien des mois il lui a plu d’exercer ma foi et ma patience. Plus d’une fois, quand il me semblait avoir obtenu ce que je désirais, je m’en suis retrouvé plus éloigné que jamais. Cependant j’ai continué à prier et à exercer la foi, pleinement assuré que le temps du Seigneur n’était pas encore venu, et que, lorsqu’il viendrait, il me secourrait. C’est ce qui est arrivé. Enfin, en septembre 1858, j’ai obtenu onze acres et demi de terrain, tout près des nouvelles maisons des orphelins no 1 et no 2, dont il n’est séparé que par la route. Sur ces onze acres et demi de terrain se trouve une maison. Le prix de la maison et du terrain a été de trois mille six cent trente et une livres quinze shillings, somme plus élevée que je n’aurais cru bon de dépenser pour l’emplacement, s’il n’avait été de la plus haute importance que la troisième maison fût tout près des deux autres, afin de faciliter la surveillance et la direction de l’établissement. Ainsi a été enfin exaucée cette prière aussi, au sujet de laquelle je m’étais attendu à Dieu pendant tant de mois, et pour laquelle les difficultés, selon la vue et la raison, semblaient si grandes, mais au sujet de laquelle mon esprit est demeuré constamment en paix ; car j’étais sûr que, puisque je faisais l’œuvre de Dieu, il me secourrait en son temps sur ce point également. Plus j’avance dans ce service, plus je trouve que la prière et la foi peuvent surmonter toute difficulté.
Ayant maintenant obtenu un terrain, et si étendu, mon désir fut d’en faire le meilleur usage, et de bâtir pour quatre cents orphelins au lieu de trois cents, comme je m’étais auparavant proposé de le faire. Après plusieurs entrevues avec les architectes, voyant qu’il était possible de loger, moyennant une dépense relativement peu supérieure, quatre cent cinquante orphelins au lieu de quatre cents, je m’arrêtai finalement à ce nombre, de manière à avoir à la fin mille cent cinquante orphelins sous ma garde, au lieu de mille, comme on l’avait envisagé pendant plusieurs années. La grandeur du nombre des enfants démunis que la mort a privés de leurs deux parents,—jointe à la grandeur de la bénédiction du Seigneur, qui a reposé pendant toutes ces longues années sur mon service dans cette voie,—et la grandeur du secours du Seigneur, qui m’a donné des aides et des collaborateurs dans l’œuvre aussi bien que des ressources,—et, par-dessus tout, le sentiment profond que je n’ai qu’une seule vie à dépenser pour Dieu sur la terre, et que cette unique vie n’est qu’une vie brève ;—telles furent les raisons qui me conduisirent à ce nouvel agrandissement. Je pris cette résolution d’un agrandissement plus considérable encore uniquement en comptant sur le Dieu vivant pour le secours, bien que l’accroissement de dépense pour le fonds de construction, en raison de l’achat du terrain et des locaux à bâtir pour les cent cinquante orphelins supplémentaires, au-delà de ce qui avait été envisagé dès le commencement, ne dût pas être inférieur à une somme de six mille à sept mille cinq cents livres de plus que ce que j’avais d’abord prévu pour le coût total des bâtiments à élever ; et bien que, en outre, la dépense annuelle supplémentaire pour l’entretien de ces cent cinquante orphelins, au-delà du nombre prévu de mille, ne pût être inférieure à mille huit cents livres par an. Mais aucune de ces difficultés ne me découragea.
27 nov. Il y a aujourd’hui un an que nous avons commencé à recevoir de nouveaux enfants dans la nouvelle maison des orphelins no 2. Depuis lors, les grâces du Seigneur ont été très nombreuses, et son secours a été très grand. On a reçu, du 27 nov. 1857 au 27 nov. 1858, en tout trois cent huit orphelins. Jamais je n’ai passé dans ce service une année pareille,—si pleine de secours et de bénédiction à tous égards.
4 janv. 1859. Reçu sept mille livres, laissées entièrement à ma disposition, selon que l’œuvre de Dieu dans laquelle je suis engagé pourrait plus particulièrement en avoir besoin. Lorsque j’ai décidé, à la fin d’octobre 1858, de bâtir pour quatre cent cinquante orphelins au lieu de trois cents, il me fallait plusieurs milliers de livres de plus, et j’étais pleinement assuré que Dieu me donnerait les ressources nécessaires, parce que c’était en m’appuyant sur lui, et pour l’honneur de son nom, que j’avais résolu cet agrandissement ; et maintenant voyez, lecteur estimé, comment le Seigneur a honoré cette foi que j’avais en lui !
12 janv. De Westerham, en quatre-vingt-huit petits dons, £4, 8s. 6d. Ces quatre-vingt-huit petits dons avaient été recueillis à mon insu, et m’ont été envoyés.
26 mai. Pendant l’année qui s’achève, quatre mille cent quarante-neuf livres dix-sept shillings cinq pence ont été dépensées pour aider quatre-vingt-onze frères travaillant en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Belgique, en France, en Suisse, en Sardaigne, au Canada, en Nouvelle-Écosse, aux Indes orientales, en Chine et en Guyane britannique. On a aussi répandu pendant l’année écoulée 1 885 401 traités et livres.
Au commencement de la dernière période, il y avait quatre cent quatre-vingt-dix-neuf orphelins dans les nouvelles maisons des orphelins no 1 et no 2. Le 26 mai 1859, il y avait six cent soixante-douze orphelins dans les deux maisons, c.-à-d. au no 1, 299, et au no 2, 373. Le nombre total des orphelins qui ont été sous nos soins depuis le 11 avril 1836 est de 1 083.
Bien que nous n’ayons pas eu, pendant l’année écoulée, une œuvre de l’Esprit de Dieu aussi grande et aussi soudaine parmi les orphelins que l’année précédente, où, en quelques jours, plus de cinquante filles d’une section qui en comptait cent quarante furent soudain amenées à une profonde inquiétude au sujet de leur âme, la bénédiction du Seigneur ne nous a pourtant pas été refusée, même spirituellement. Il y en a déjà beaucoup qui se soucient des choses de Dieu parmi les quatre cent vingt-quatre orphelins reçus au cours des dix-huit derniers mois, et qui demandent comme une faveur la permission, en été, d’emporter leur Bible au lit, afin que, s’ils s’éveillent le matin avant que la cloche ait sonné, ils puissent la lire. Sur les treize filles qui ont été placées en service, neuf étaient croyantes depuis quelque temps avant de quitter l’établissement.
Lorsque je commençai l’œuvre des orphelins, l’un des buts particuliers que j’avais en vue était de faire du bien à l’Église de Christ en général, par les récits que je pourrais être rendu capable d’écrire en rapport avec ce service ; car je m’attendais, dès le commencement, à recevoir de nombreux exaucements de prières, et je comptais avec assurance que le récit qui en serait fait serait utile aux croyants, en les amenant à attendre l’exaucement de leurs propres prières, et en les encourageant à porter tous leurs propres besoins devant Dieu dans la prière. Je croyais aussi fermement que bien des personnes non converties seraient amenées, par le moyen de tels écrits, à voir la réalité des choses de Dieu. Il en a été comme je l’attendais. Dans un très grand nombre de cas, la lecture des Rapports de cette Institution, ou du « Récit des voies du Seigneur » envers moi, a été bénie de Dieu pour la conversion de personnes qui ne connaissaient pas notre Seigneur Jésus. Dans des milliers de cas aussi, des croyants en ont tiré profit, ayant été par là consolés, encouragés, ramenés plus simplement aux saintes Écritures, conduits plus pleinement à se confier en Dieu pour toutes choses ; en un mot, conduits, à un degré plus ou moins grand, à marcher dans le même sentier de foi où l’auteur, par le secours de Dieu, marche lui-même. Les milliers de cas de bénédiction qui ont été portés à ma connaissance pendant les vingt-quatre dernières années (car presque chaque jour j’ai entendu parler de cas nouveaux, et souvent de plusieurs le même jour) n’ont fait que m’amener à prier avec plus d’ardeur encore, pour que le Seigneur daigne se servir de ces publications davantage encore, et en faire une bénédiction pour bien des dizaines de milliers de ses enfants, et pour bien des dizaines de milliers d’inconvertis. Et maintenant le lecteur se réjouira avec moi en lisant ce qui suit. Je suis d’autant plus porté à raconter ce qui suit, afin que le lecteur pieux en soit encouragé plus que jamais à la prière, et aussi afin qu’un exposé exact soit donné de ce fait, auquel on a déjà fait allusion en bien des lieux publics à l’occasion de réunions de réveil, et qui a aussi été rapporté plusieurs fois dans des imprimés.
En novembre 1856, un jeune Irlandais, M. James McQuilkin, fut amené à la connaissance du Seigneur. Peu après sa conversion, il vit une annonce de mon Récit. Il eut un grand désir de le lire, et se le procura en conséquence vers janvier 1857. Dieu le bénit grandement pour son âme, surtout en lui montrant ce que l’on pouvait obtenir par la prière. Il se dit à peu près ceci : Vois ce que M. Müller obtient simplement par la prière. Ainsi moi aussi je puis obtenir des bénédictions par la prière. Il se mit alors à demander au Seigneur de lui donner un compagnon spirituel, quelqu’un qui connût le Seigneur. Peu après, il fit la connaissance d’un jeune homme qui connaissait le Seigneur. Ces deux jeunes gens commencèrent une réunion de prière dans l’une des écoles du dimanche de la paroisse de Connor. Sa prière ayant été exaucée par l’obtention d’un compagnon spirituel, M. James McQuilkin demanda au Seigneur de l’amener à faire la connaissance de quelques autres de ceux qu’il tient cachés. Peu après, le Seigneur lui donna deux autres jeunes gens, qui connaissaient déjà le Seigneur, autant qu’il pouvait en juger. À l’automne de 1857, M. James McQuilkin exposa à ces trois jeunes gens, qui lui avaient été donnés en réponse à la prière de la foi, quelle bénédiction il avait retirée de mon Récit,—comment ce livre l’avait amené à voir la puissance de la prière de la foi ; et il leur proposa de se réunir pour prier, afin de demander la bénédiction du Seigneur sur leurs divers travaux dans les écoles du dimanche, les réunions de prière et les prédications de l’Évangile. En conséquence, à l’automne de 1857, ces quatre jeunes gens se réunirent pour prier dans une petite maison d’école près du village de Kells, dans la paroisse de Connor, tous les vendredis soir. Le 1er janvier 1858, le Seigneur leur accorda le premier exaucement remarquable, dans la conversion d’un valet de ferme. Il fut admis dans le groupe, et ainsi ils furent cinq à se donner à la prière. Peu après, un autre jeune homme, d’environ vingt ans, fut converti ; ils étaient maintenant six. Cela encouragea grandement les trois autres qui s’étaient réunis les premiers avec M. James McQuilkin. D’autres furent alors convertis, qui furent aussi admis dans le groupe ; mais on n’admettait que des croyants à ces réunions de communion fraternelle, dans lesquelles ils lisaient, priaient et se communiquaient les uns aux autres quelques pensées tirées des Écritures. Ces réunions, et d’autres pour la prédication de l’Évangile, se tenaient dans la paroisse de Connor, Antrim, Irlande. Jusqu’alors tout se passait très paisiblement, bien que beaucoup d’âmes fussent converties. Il n’y avait pas de prostrations physiques, comme il y en eut plus tard. Vers Noël 1858, un jeune homme d’Ahoghill, qui était venu habiter Connor, et qui avait été converti par le moyen de ce petit groupe de croyants, alla voir ses amis à Ahoghill, et leur parla de leur âme et de l’œuvre de Dieu à Connor. Ses amis désirèrent voir quelques-uns de ces convertis. En conséquence, M. James McQuilkin, avec deux des premiers qui s’étaient réunis pour prier, alla, le 2 février 1859, tenir une réunion à Ahoghill dans l’une des églises presbytériennes. Quelques-uns crurent, d’autres se moquèrent, et d’autres encore pensèrent qu’il y avait beaucoup de présomption chez ces jeunes convertis ; pourtant beaucoup désirèrent une autre réunion. Elle fut tenue par les mêmes trois jeunes gens, le 16 février 1859 ; et alors l’Esprit de Dieu commença à agir, et à agir puissamment. Des âmes furent converties, et depuis ce moment les conversions se multiplièrent rapidement. Quelques-uns de ces convertis allèrent en d’autres lieux, et emportèrent avec eux, pour ainsi dire, le feu spirituel. L’œuvre bénie de l’Esprit de Dieu se répandit en beaucoup de lieux. Le 5 avril 1859, M. James McQuilkin alla à Ballymena, y tint une réunion dans l’une des églises presbytériennes, et le 11 avril en tint une autre dans une autre des églises presbytériennes. Plusieurs furent convaincus de péché, et l’œuvre de l’Esprit de Dieu progressa à Ballymena. Le 28 mai 1859, il alla à Belfast. Pendant la première semaine, des réunions furent tenues dans cinq églises presbytériennes différentes, et dès ce moment l’œuvre bénie commença à Belfast. Dans toutes ces visites, il fut accompagné et aidé par M. Jeremiah Meneely, l’un des trois jeunes gens qui s’étaient réunis les premiers avec lui après la lecture de mon Récit. Dès lors, l’œuvre du Saint-Esprit s’étendit de plus en plus ; car les jeunes convertis furent employés par le Seigneur pour porter la vérité d’un lieu à un autre.
Tel fut le commencement de cette puissante œuvre du Saint-Esprit, qui a conduit à la conversion de bien des dizaines de milliers d’âmes, qui se poursuit encore, même en Irlande, et dont les bienheureux résultats se font encore sentir en Écosse, en Angleterre et en d’autres pays. Il est presque superflu d’ajouter que l’honneur n’en revient en aucune mesure aux instruments, mais au Saint-Esprit seul ; toutefois ces faits sont rapportés afin que l’on voie quel plaisir Dieu prend à exaucer abondamment les prières de la foi de ses enfants.
Voyant donc combien il a daigné reconnaître ces récits touchant sa disposition à écouter la prière qui lui est adressée au nom du Seigneur Jésus, je suis heureux, à la fin d’une autre année de cette Institution, de rapporter quelques-uns des très nombreux cas où il a plu à Dieu d’exaucer nos prières et de faire reposer sa bénédiction sur les divers objets de cette Institution ; oui, une bénédiction bien plus grande que pendant aucune autre partie des vingt-six années écoulées depuis qu’elle est en activité.
Jusqu’au 26 mai 1860, M. M. reçut pour le fonds de construction la somme de £45,113, 14s. 4½d.
En mai 1859, j’avais en caisse pour les fonds des Bibles, des écoles, des traités et des missions £2,009, 11s. 2½d., solde bien plus considérable que je n’en avais jamais eu auparavant. Cela ne venait pas d’une répugnance à dépenser les ressources qu’il avait plu au Seigneur de me confier, mais surtout de ce que quelques dons importants étaient arrivés pendant la dernière partie de l’année précédente ; et, en intendant qui désire agir dans la crainte de Dieu, je n’avais pas eu devant moi d’occasions de tout dépenser. Mais si considérable que fût le solde, toutes les diverses écoles, directement ou indirectement rattachées à l’Institution, avaient besoin de ressources ; la diffusion des saintes Écritures et des traités, objets qui s’accroissent de plus en plus, exigeait beaucoup, afin d’entrer par toute porte ouverte convenable ; et enfin, et surtout, les quatre-vingt-onze prédicateurs de l’Évangile en diverses parties du monde, inscrits sur ma liste au 26 mai 1859, avaient besoin d’une forte somme pour être aidés. Tous ces divers objets demandaient donc tant que le solde, si considérable qu’il fût, n’aurait duré que peu de temps, si le Dieu vivant, qui a été mon secours dès le commencement, et vers qui j’ai regardé, et regardé seul, n’avait ouvert, en réponse à nos prières, ses mains libérales, et envoyé davantage avant que le solde fût épuisé ; de sorte que, bien que sans aucune probabilité humaine de faire face même à la moitié des dépenses probables de ces objets, non seulement j’ai pu faire face à la totalité, mais encore, tant Dieu m’a secouru libéralement, bien que les dépenses aient dépassé de £1,584, 7s. 3¾d. celles de l’année précédente, j’ai eu non seulement assez, mais il m’est même resté un solde plus fort qu’à la fin de l’année précédente.
31 janv. 1860. Ce jour-là, j’ai reçu un don de trois mille livres, dont j’ai pris deux mille livres pour ces objets. Jour après jour, pendant cette période aussi, j’avais demandé au Seigneur des ressources pour ces objets ; et jour après jour je l’avais supplié de vouloir bien me rendre capable d’accomplir pendant cette période autant que pendant la précédente pour la diffusion des saintes Écritures et des traités, et pour l’aide aux œuvres missionnaires, bien que je n’eusse humainement aucune perspective de pouvoir le faire. Mes yeux étaient tournés uniquement vers le Dieu vivant, qui, année après année, depuis bien des années, m’avait permis d’accroître les opérations de ces trois objets, malgré l’accroissement continuel des dépenses de l’œuvre des orphelins ; et ainsi je m’attendais, je m’attendais pleinement, bien que toutes les apparences fussent contraires, à être de nouveau secouru par Dieu, le Dieu vivant, pendant cette période aussi. Pensez donc, lecteur chrétien, quel a été mon rafraîchissement spirituel lorsque, par ce seul don, en grande partie, j’ai vu ces prières quotidiennes de nouveau exaucées. Puissiez-vous de même, dans votre sphère de service, dans vos affaires de famille, dans votre commerce, dans votre profession, dans vos diverses nécessités temporelles ou spirituelles, voir vos prières exaucées.
9 déc. 1859. Il y a aujourd’hui vingt-quatre ans que l’œuvre des orphelins a commencé. Voyez ce que Dieu a fait ! On a reçu depuis lors, en tout, 1 129 orphelins, et pendant les deux dernières années et deux mois seulement, 469, tant l’œuvre s’est accrue ces derniers temps. Nous avons maintenant 700 orphelins sous nos soins.
10 déc. La lettre suivante a été reçue aujourd’hui d’un apprenti :—
Très cher Monsieur,
C’est avec des sentiments de gratitude et de vive reconnaissance envers vous, pour toute la bonté que j’ai éprouvée pendant que j’étais sous vos soins, et pour m’avoir maintenant placé en apprentissage dans un métier convenable qui me permettra de gagner ma vie, que je vous écris ces quelques lignes. Je suis arrivé sain et sauf à ma destination, et j’ai été bien reçu par mon patron et ma patronne. Cher monsieur, je vous remercie pour l’instruction, la nourriture, les vêtements et pour tout le bien-être ; mais, par-dessus tout, pour l’enseignement de la parole de Dieu que j’ai reçu dans cette heureuse maison des orphelins ; car c’est là que j’ai été amené à connaître Jésus comme mon Sauveur ; et j’espère l’avoir pour guide à travers toutes mes difficultés, mes tentations et mes épreuves en ce monde ; et, l’ayant pour guide, j’espère prospérer dans mon métier, et montrer par là ma gratitude envers vous pour toute la bonté dont j’ai été l’objet. Veuillez accepter ma gratitude et mes remerciements ; et j’espère que vous serez épargné encore bien, bien des années, pour prendre soin de pauvres enfants démunis comme moi. Je suis sûr que je repenserai souvent avec plaisir et avec regret au temps où j’étais dans cet heureux foyer ;—avec plaisir d’y avoir vécu, et avec regret de l’avoir quitté. Vous priant d’accepter mes remerciements reconnaissants, et avec mon affectueux souvenir à M. L——, M. B——, M. W—— et M. S——,
Je suis, cher monsieur,
Votre reconnaissant,
* * * *
Le lecteur chrétien, je n’en doute pas, en lisant de telles lettres, remerciera Dieu avec nous de ce qu’il daigne accorder une telle bénédiction, une si abondante bénédiction, à nos travaux.
14 févr. 1860. Deux livres dix shillings six pence, avec la lettre suivante :—
Mon cher frère dans le Seigneur Jésus-Christ,
Voulez-vous bien accepter un mandat de deux livres dix shillings six pence, envoyé par le même courrier, pour les chers orphelins confiés à vos soins ? Voici l’histoire de cette petite somme. Il y a environ sept ans et demi, votre Récit m’a été mis entre les mains, et le Seigneur l’a très grandement béni pour mon âme. Il y a six ans et onze mois, j’ai été rendu capable de me remettre, moi, ma femme et ma famille, entre les mains du Seigneur, et de regarder à lui seul pour la satisfaction de nos besoins temporels, tout en travaillant à sa glorieuse cause. Depuis ce temps jusqu’à présent, nous n’avons eu de droit sur personne pour un seul penny ; nous n’avons fait connaître nos besoins à personne, ni demandé de secours à personne, si ce n’est à notre Père céleste seul ; et il a pourvu à nos besoins et ne nous a pas laissés dans la confusion, béni soit son nom ! Ma chère femme, aussi bien que moi-même, avait dès le tout commencement un vif désir de vous aider un peu dans votre œuvre bénie d’amour et votre travail de foi ; mais, pendant longtemps, à cause de la mauvaise santé continuelle de ma femme et des dépenses croissantes de notre famille, nous ne semblions jamais avoir d’argent de reste ; de sorte que tout ce que nous faisions, c’était de le souhaiter, désirer, et d’en parler, et de dire combien nous serions heureux si le Seigneur nous rendait capables de le faire. À la fin, nous avons senti tous deux que nous agissions mal, et le huit août dernier nous avons décidé solennellement de rendre au Seigneur le dixième de l’argent qu’il lui plairait de nous envoyer, bien qu’à ce moment-là nous fussions très pauvres, je puis ajouter dans une pauvreté plus profonde que jamais auparavant ; cependant, dans ces circonstances, nous avons été rendus capables, par la force du Seigneur, de prendre la décision ci-dessus et de nous y conformer ce matin même ; et la paix et la joie que nous avons ressenties tous deux, c’est en vain que j’essaierais de les décrire. Le Seigneur nous a gardés fermes depuis lors, et au lieu d’avoir moins pour notre propre usage, nous avons eu encore davantage ; ainsi, cher monsieur, cette somme est le fruit de six mois de prières. Pardonnez-moi de vous importuner d’un si long récit pour une somme si minime ; mais je désire que vous bénissiez notre Père céleste pour sa bonté envers nous, ses indignes serviteurs, et que vous vous souveniez de nous dans vos requêtes devant le trône de la grâce.
Je suis, mon cher frère,
Votre très affectionné et respectueux,
* * * *
Pendant l’année 1859-60, on a reçu pour les orphelins 3 542 sommes distinctes. Il y en avait 1 494 au-dessous de 5s., 560 au-dessus de 5s. et ne dépassant pas 10s., 614 au-dessus de 10s. et ne dépassant pas £1, 288 au-dessus de £1 et ne dépassant pas £2, 411 au-dessus de £2 et ne dépassant pas £5, 93 au-dessus de £5 et ne dépassant pas £10, 49 au-dessus de £10 et ne dépassant pas £20, 10 au-dessus de £20 et au-dessous de £50, 11 de £50, 1 de £59, 19s. 9d., 1 de £62, 17s., 1 de £89, 4s., 1 de £96, 12s. 3d., 5 de £100, 2 de £500, et 1 de £1,500. Parmi ces dons, il y en avait des Indes orientales, d’Australie, du cap de Bonne-Espérance, de Saxe, de Hollande, d’Amérique du Sud, des États-Unis, de navires en mer, et de missionnaires parmi les païens.
Pendant l’année dont il est question, vingt-trois écoles en Angleterre ont été entretenues ou aidées par les fonds de l’Institution. Dans toutes, les maîtres sont des personnes pieuses, et l’on y enseigne non seulement les connaissances profanes, mais aussi le chemin du salut. Sans compter les orphelins, 13 124 âmes ont été placées sous un enseignement régulier des choses de Dieu dans ces diverses écoles ; outre les nombreux milliers d’élèves des écoles des diverses parties de l’Angleterre, de l’Irlande, de l’Écosse, de la Guyane britannique, des Antilles, des Indes orientales, etc., qui ont été aidées à un degré plus ou moins grand.
Le montant total des ressources dépensées pendant les vingt-six dernières années pour les écoles, entretenues entièrement ou en partie par les fonds de cette Institution, s’élève à £9,275, 0s. 8½d.
Le nombre des Bibles, des Nouveaux Testaments et des portions des saintes Écritures répandus depuis le 26 mai 1859 est le suivant : Bibles vendues, 579. Bibles données, 1 120. Nouveaux Testaments vendus, 409. Nouveaux Testaments donnés, 725. Exemplaires des Psaumes vendus, 63. Autres petites portions des saintes Écritures vendues, 248.
On a répandu depuis le 5 mars 1834, par l’intermédiaire de cette Institution, 24 768 Bibles, 15 100 Nouveaux Testaments, 719 exemplaires des Psaumes et 1 876 autres petites portions des saintes Écritures.
Le montant des fonds de l’Institution dépensé pendant l’année écoulée pour la diffusion des saintes Écritures est de £398, 3s. 7d. Le montant total dépensé depuis le 5 mars 1834 est de £5,681, 13s. 3½d.
Pendant l’année écoulée, on a dépensé sur les fonds de l’Institution, pour aider les efforts missionnaires dans le pays et à l’étranger, la somme de £5,019, 6s. 1d. Grâce à cette somme, cent un ouvriers qui travaillent à la prédication et à l’enseignement, en diverses parties du monde, ont été aidés à un degré plus ou moins grand. C’est un fait intéressant que ces ouvriers sont établis en Angleterre, en Écosse, en Irlande, en Belgique, en France, en Suisse, en Sardaigne, au Canada, en Nouvelle-Écosse, aux Indes orientales, en Chine et en Guyane britannique.
Les ouvriers aidés par l’Institution ont été particulièrement bénis pendant l’année 1859-60. Tandis que la prédication de ceux qui travaillaient dans les pays étrangers était très utile, les frères qui prêchaient en Irlande et en Écosse ont été singulièrement favorisés de succès, et il leur a été donné de voir dans une mesure merveilleuse le fruit de leurs prières et de leurs labeurs. On ne peut donner qu’un seul extrait de la lettre d’un ouvrier d’Écosse.
Un serviteur dévoué de Christ travaille dans une ville manufacturière d’Écosse, où, par le moyen d’écoles, de classes bibliques, de visites de maison en maison et de la prédication de l’Évangile parmi des milliers d’êtres des plus misérables, des plus dégradés et des plus ignorants, il cherche à gagner des âmes au Seigneur. Il poursuit ce service année après année. Ses travaux avaient été bénis dans une certaine mesure jusqu’à l’époque du dernier Rapport, mais bien plus abondamment depuis, comme le montrera le récit suivant, qu’il m’a donné lui-même dans une lettre datée du 28 oct. 1859 :—
« Ce mois que nous venons de traverser m’a amené à un point de mon histoire que j’ai contemplé et attendu pendant des années avec un désir plus profond et plus intense qu’aucun autre événement espéré de toute ma vie. Il y a plus de trente ans, naquit dans mon âme une aspiration, une soif ardente de l’effusion du Saint-Esprit sur l’Église et sur le monde, telle qu’elle s’étendrait à toute l’Écosse. Pour cela j’ai travaillé, parlé et prié de plus en plus. À mesure que j’avançais en âge, cette soif de la bénédiction devenait plus forte. La voir devint la passion dominante de mon âme, et, à mesure que les années s’écoulaient, mon espérance de la voir réalisée se fortifiait rapidement. Nous semblons être enfin entrés dans cette saison de bénédiction attendue. Le mouvement religieux gagne régulièrement tout l’ouest de l’Écosse. Il n’a pas acquis un élan soudain ni très puissant. Nous en sommes, autant que je puis en juger, au stade initial sur tous les points où l’œuvre s’est établie. Un bruit s’est répandu comme venant du Seigneur ; la rumeur poursuit son chemin, et, dans sa course, réveille les insouciants, ouvre l’oreille, éveille l’attention, et prépare partout à quelque chose qui vient. Cette note de préparation rassemble le peuple. Son oreille est ouverte pour écouter. En tout lieu, cette écoute amène la foi à sa suite ; des hommes se tournent vers Dieu ; une intensité est communiquée à ces cas silencieux de conviction où, depuis des mois ou des années, il y avait une préoccupation qui montait et descendait selon les circonstances. Bon nombre de ceux-ci se sont révélés par le fait que leur préoccupation a tout d’un coup mûri en une profonde détresse. Arrachés aux vieilles ornières où ils se mouvaient, ils sont contraints de remettre leur tout entre les mains de Jésus, et sont mis en liberté. Tel a été le processus à l’œuvre ici. Je rencontre continuellement des cas isolés, et un certain nombre d’entre eux ont trouvé la paix. Il me faudrait bien plus de temps que je n’en puis disposer pour rapporter leur histoire, et comment ils ont obtenu la délivrance. »
Le montant total des fonds de l’Institution dépensé pour les œuvres missionnaires depuis le 5 mars 1834 est de £34,495, 3s. 4d.
On a dépensé pour les traités et les livres, du 26 mai 1859 au 26 mai 1860, la somme de £1,650, 11s. 4¾d. ; et l’on a répandu au cours de la dernière année 2 562 001 traités et livres. La somme totale dépensée pour cet objet depuis le 19 nov. 1840 s’élève à £8,064, 12s. 6½d. Le nombre total de tous les traités et livres répandus depuis le 19 nov. 1840 est de 11 493 174.
Pendant l’année écoulée, on a encore répandu 676 600 traités et livres de plus que l’année précédente. Le grand nombre d’ouvriers pour Dieu qui ont été suscités pour le service au cours des deux dernières années en diverses parties du monde, et la puissante action de l’Esprit de Dieu, qui a créé chez des multitudes le désir de recevoir avec joie des traités et des livres, l’expliquent. Et sur ces deux points il n’y a pas de diminution, mais un accroissement continuel. La demande de traités a été si grande que, ces derniers temps, nous en avons envoyé à plusieurs reprises 100 000 en une semaine, pour la distribution gratuite, et quelquefois même davantage. Lorsque la puissante action de l’Esprit de Dieu a commencé en Irlande, j’ai cherché dès le commencement à envoyer de très grandes quantités de traités à Belfast et ailleurs, afin que la sainte flamme fût par là, pour ainsi dire, attisée, et que, dès le début, la simplicité de l’Évangile fût présentée aux jeunes convertis. Environ deux millions des traités et livres répandus pendant l’année écoulée ont été donnés gratuitement. Des centaines de croyants se sont employés à les répandre, non seulement dans bien des parties de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande, mais en diverses autres parties du monde.
Au commencement de la dernière période, il y avait 672 orphelins dans les nouvelles maisons des orphelins no 1 et no 2. Pendant l’année écoulée, 70 orphelins ont été admis dans les deux maisons. Le 26 mai 1860, nous avions juste 700 orphelins sous nos soins, notre nombre complet dans les deux maisons, c.-à-d. au no 1, 300, au no 2, 400. Le nombre total des orphelins qui ont été sous nos soins depuis le 11 avril 1836 est de 1 153.
Sans que personne ait été sollicité personnellement pour quoi que ce soit par moi, la somme de £133,528, 14s. m’a été donnée pour les orphelins, comme le fruit de la prière à Dieu, depuis le commencement de l’œuvre ; cette somme comprend ce qui a été reçu pour le fonds de construction des maisons déjà bâties et de celle qui reste à bâtir. Il peut aussi être intéressant pour le lecteur de savoir que le montant total donné pour les autres objets depuis le commencement de l’œuvre s’élève à £51,777, 14s. 11d. ; que ce qui est entré par la vente de Bibles, depuis le commencement, s’élève à £2,530, 4s. 5½d. ; par la vente de traités, à £3,546, 19s. 1¼d. ; et par les rétributions des enfants dans les écoles de jour, depuis le commencement, à £2,304, 18s. 9d. En outre, une grande variété et un grand nombre d’articles d’habillement, de meubles, de provisions, etc., ont été donnés pour l’usage des orphelins.
Jour après jour, et année après année, par le secours de Dieu, nous travaillons dans la prière pour le bien spirituel des orphelins confiés à nos soins. Ces supplications, que nous présentons au Seigneur à leur sujet depuis vingt-quatre ans, ont été abondamment exaucées dans les années passées par la conversion de centaines d’entre eux. Nous avons eu aussi, à plusieurs reprises, des saisons où, en peu de temps, ou même tout d’un coup, beaucoup d’orphelins ont été convertis. Nous avons eu une telle saison il y a environ trois ans, lorsqu’en quelques jours une soixantaine ont été amenés à croire au Seigneur Jésus ; et nous avons eu de nouveau de telles saisons deux fois pendant l’année écoulée. La première a eu lieu en juillet 1859, lorsque l’Esprit de Dieu a agi si puissamment dans une école de 120 filles que beaucoup, oui, plus de la moitié, ont été amenées à une profonde inquiétude au sujet du salut de leur âme. De plus, cette œuvre n’a pas été une simple excitation passagère ; mais, après plus de onze mois écoulés, il y en a 31 au sujet de la conversion desquelles nous avons une pleine confiance, et 32 au sujet desquelles nous avons aussi une bonne mesure de confiance, bien que non au même degré que pour les 31. Il y a donc 63 des 120 orphelines de cette seule école que l’on considère comme converties en juillet 1859. Cette œuvre bénie et puissante du Saint-Esprit ne peut être attribuée à aucune cause particulière. C’était toutefois un très précieux exaucement de la prière. C’est ainsi que nous la considérons, et elle nous encourage à nous attendre encore à Dieu. La seconde saison de la puissante action du Saint-Esprit parmi les orphelins, pendant l’année écoulée, a eu lieu à la fin de janvier et au commencement de février 1860. Les détails en sont du plus profond intérêt. On pourrait écrire sur ce sujet une brochure très profitable. J’ai prié maintes et maintes fois pour savoir comment agir, et j’en suis enfin venu à la décision de ne pas rapporter les détails, de peur que les chers enfants, qui se reconnaîtraient dans la description, n’en reçoivent du dommage ; car mon expérience de vingt-six années de travail parmi les enfants, et d’avoir eu affaire à tant de très jeunes croyants, m’a amené à la pleine conviction qu’il est nuisible de les mettre en avant. Si Dieu les met en avant en se servant d’eux, comme manifestement il se sert d’enfants de nos jours, nous n’avons qu’à admirer et à louer ; mais cela est très différent de les mettre nous-mêmes en avant. Je dois donc me contenter de dire que cette grande œuvre de l’Esprit de Dieu, en janvier et février 1860, a commencé parmi la classe la plus jeune des enfants confiés à nos soins, des petites filles d’environ six, sept, huit et neuf ans ; puis s’est étendue aux filles plus âgées, et ensuite aux garçons ; de sorte qu’en dix jours environ plus de 200 orphelins ont été poussés à se préoccuper de leur âme, et dans beaucoup de cas ont trouvé la paix immédiatement, par la foi en notre Seigneur Jésus. Ils ont aussitôt demandé la permission de tenir des réunions de prière entre eux, et ont tenu ces réunions depuis lors. Beaucoup d’entre eux ont aussi manifesté de la sollicitude pour le salut de leurs compagnons et de leurs parents, et leur ont parlé ou écrit au sujet du chemin du salut. Si le lecteur croyant désire savoir comment il en a été de ces enfants depuis la fin de janvier et le commencement de février, notre réponse est que nous avons, dans la plupart des cas, sujet de rendre grâces. L’état spirituel actuel des 700 orphelins est le suivant : il y en a 118 sous nos soins au sujet de la conversion desquels nous avons une pleine confiance ; 89 au sujet desquels nous avons aussi confiance, bien que non à ce plein degré comme pour les 118 ; et 53 que nous considérons comme dans un état qui donne de l’espoir. À ces 260 il faut ajouter les 14 qui ont été placés au-dehors comme croyants, et les trois qui sont morts dans la foi pendant l’année écoulée. Il faut se rappeler qu’un très grand nombre des enfants des maisons des orphelins sont tout jeunes, puisque nous les recevons dès l’âge de quatre mois. Pendant aucune année nous n’avons eu plus grand sujet d’actions de grâces, à cause de la bénédiction spirituelle parmi les enfants, que pendant la dernière ; et pourtant nous attendons une bénédiction plus grande encore.
Chapitre 27 terminé
Conclusion