Chapitre 18 · 32 min de lecture · 41 min d’écoute
La prospérité
1842-1843.
RESSOURCES ABONDANTES—S’APPUYER SUR LA PAROLE ÉCRITE—« CHERCHER ET TROUVER »—IMPRESSIONS ERRONÉES DISSIPÉES—UNE PRIÈRE PERSÉVÉRANTE ET VICTORIEUSE EXAUCÉE—« ALLONGER LES CORDAGES ET AFFERMIR LES PIEUX »—UNE QUATRIÈME MAISON DES ORPHELINS.
3 juin 1842. Depuis plusieurs jours, je ne m’étais pas senti particulièrement porté à prier pour obtenir des ressources pour les orphelins. Hier soir, cependant, je l’ai fait, car nous n’avions de nouveau plus d’argent en caisse, puisqu’il n’était entré que dix livres deux shillings deux pence au cours des cinq derniers jours ; et, en réponse à ma demande, deux livres dix-neuf shillings six pence sont arrivées ce matin.
Pendant plusieurs mois après cette date, les ressources continuèrent d’affluer sans interruption, à mesure qu’on en avait besoin. Il n’y eut ni surplus ni manque. Le 1er déc. 1842, M. Müller écrit : —
Rien n’était entré, sauf cinq shillings pour des travaux de couture. Les ouvriers n’avaient rien à donner, sinon l’un d’eux un shilling six pence ; ce peu a pourtant suffi au besoin absolu, qui ne portait que sur le lait. Nous n’avons pas pu prendre la quantité habituelle de pain. Si l’on disait que le fait de ne pas prendre la quantité habituelle de pain prouverait aussitôt aux boulangers que nous sommes pauvres, je répondrais qu’il n’en est rien, car on nous a souvent envoyé du pain en don, comme on peut le voir dans la liste des articles donnés pour les orphelins, à la fin des Rapports imprimés. Mais peut-être demandera-t-on : Pourquoi ne prenez-vous pas le pain à crédit ? Qu’importe que vous le payiez tout de suite, ou à la fin du mois, du trimestre ou du semestre ? Puisque les maisons des orphelins sont l’œuvre du Seigneur, ne pouvez-vous pas vous confier en lui pour qu’il vous fournisse de quoi régler les notes que vous contractez auprès du boucher, du boulanger, de l’épicier, etc., à mesure que les choses que vous achetez sont nécessaires ? Voici ma réponse : 1. Si l’œuvre dans laquelle nous sommes engagés est vraiment l’œuvre de Dieu, alors celui à qui elle appartient est assurément capable et désireux d’y pourvoir. 2. Mais ce n’est pas tout : il fournira aussi les ressources au moment où elles sont nécessaires. Je ne veux pas dire qu’il les fournira quand nous pensons qu’elles sont nécessaires ; mais bien que, lorsqu’il y a un réel besoin, par exemple quand le nécessaire de la vie vient à manquer, il les donnera ; et, sur le même fondement qui nous fait supposer que nous nous confions en Dieu pour qu’il nous aide à payer la dette que nous contractons maintenant, nous pouvons et devons nous confier dans le Seigneur pour qu’il nous fournisse dès à présent ce dont nous avons besoin, afin qu’il ne soit pas nécessaire de nous endetter. 3. Il est vrai que je pourrais obtenir des marchandises à crédit, et pour une somme très considérable ; mais alors il en résulterait que, la prochaine fois que nous serions de nouveau dans la gêne, l’esprit se tournerait involontairement vers le crédit supplémentaire dont je pourrais disposer, au lieu de se tourner vers le Seigneur ; et ainsi la foi, qui ne se maintient et ne se fortifie qu’en s’exerçant, deviendrait de plus en plus faible, jusqu’à ce qu’enfin, selon toute probabilité humaine, je me retrouve lourdement endetté, sans aucune perspective d’en sortir. 4. La foi a affaire à la parole de Dieu,—elle repose sur la parole écrite de Dieu ; or il n’y a aucune promesse qu’il paiera nos dettes. La Parole dit plutôt : « Ne devez rien à personne » ; tandis qu’il y a cette promesse donnée à ses enfants : « Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point », et : « Quiconque croit en lui ne sera point confus. » C’est pourquoi nous ne pourrions pas dire, sur le fondement des saintes Écritures : Pourquoi ne vous confiez-vous pas en Dieu pour qu’il vous fournisse de quoi payer les dettes que vous contractez à son service pour les besoins des orphelins ? 5. La dernière raison pour laquelle nous ne prenons pas de marchandises à crédit est celle-ci : le but premier et principal de l’œuvre n’était pas le bien-être temporel des enfants, ni même leur bien-être spirituel, si béni et si glorieux qu’il soit, et si ardemment que, par la grâce, nous le recherchions et priions pour lui ; mais le but premier et principal de l’œuvre était de montrer devant le monde entier et devant toute l’Église de Christ que, même en ces derniers jours mauvais, le Dieu vivant est prêt à se montrer le Dieu vivant, en étant toujours disposé à aider, secourir, consoler et exaucer les prières de ceux qui se confient en lui : de sorte que nous n’avons pas besoin de nous détourner de lui pour aller vers nos semblables ou vers les voies du monde, puisqu’il est à la fois capable et désireux de nous fournir tout ce dont nous pouvons avoir besoin à son service.
Dès le commencement, quand Dieu a mis ce service dans mon cœur, je m’étais attendu à des épreuves et à des difficultés ; mais, connaissant comme je le connaissais le cœur de Dieu, par l’expérience de plusieurs années auparavant, je savais aussi qu’il écouterait les prières de son enfant qui se confie en lui, qu’il ne le laisserait pas à l’heure du besoin, mais qu’il écouterait ses prières et le délivrerait de la difficulté ; et qu’alors, cela étant publié pour le bien des croyants comme des incrédules, d’autres seraient amenés à se confier dans le Seigneur. Nous discernons donc de plus en plus clairement que c’est pour le bien de l’Église que nous sommes placés dans ces difficultés ; et si donc, à l’heure du besoin, nous prenions des marchandises à crédit, le but premier et principal de l’œuvre serait complètement manqué, et aucun cœur ne serait plus fortifié dans la confiance en Dieu ; et il n’y aurait plus non plus cette manifestation de la providence spéciale et particulière de Dieu qui s’est jusqu’ici si abondamment montrée à travers cette œuvre, même aux yeux des incrédules, par laquelle ils ont été amenés à voir qu’il y a, après tout, une réalité dans les choses de Dieu ; et beaucoup, par ces récits imprimés, ont été véritablement convertis. Pour ces raisons, donc, nous considérons comme notre précieux privilège de continuer, comme jusqu’ici, à nous attendre au Seigneur seul, au lieu de prendre des marchandises à crédit ou d’emprunter de l’argent à quelques amis bienveillants, quand nous sommes dans le besoin. Bien plus, nous nous proposons, selon que Dieu nous en donnera la grâce, de regarder à lui seul, même si, matin après matin, nous ne devions rien avoir en caisse pour l’œuvre, oui, même si nous devions regarder à lui d’un repas à l’autre ; pleinement assurés que celui qui en est maintenant (1845) à sa dixième année de nourrir ces nombreux orphelins, et qui ne les a jamais laissés manquer de rien, et que celui qui en est maintenant (1845) à sa douzième année de soutenir les autres branches de l’œuvre, sans qu’aucune d’elles ait été arrêtée faute de ressources, le fera aussi à l’avenir. Et ici je désire, dans le profond sentiment de mon impuissance naturelle et de ma dépendance à l’égard du Seigneur, confesser que, par la grâce de Dieu, mon âme a été en paix, bien que, jour après jour, nous ayons dû attendre du Seigneur nos provisions quotidiennes ; oui, bien que nous ayons même été obligés de le faire d’un repas à l’autre.
16 déc. Rien n’est entré. Trois shillings cinq pence, qu’un des ouvriers a pu donner, étaient tout ce que nous avions. À six heures ce soir, notre besoin étant maintenant très grand, non seulement pour les maisons des orphelins, mais aussi pour les écoles de jour, etc., je me suis mis en prière avec deux des ouvriers. Il fallait que de l’argent entre avant huit heures demain matin, car il n’y en avait pas pour prendre le lait du petit déjeuner (les enfants ont de la bouillie de flocons d’avoine au lait pour leur petit déjeuner), sans parler des nombreuses autres dépenses de demain, qui est un samedi. Nos cœurs étaient en paix pendant que nous demandions au Seigneur, et assurés que notre Père pourvoirait à notre besoin. À peine nous étions-nous relevés que j’ai reçu une lettre contenant un souverain pour les orphelins, dont la moitié venait d’un jeune officier des Indes orientales, et l’autre moitié du produit de la vente d’un ouvrage que la sœur qui envoyait l’argent avait confectionné au profit des orphelins. Elle écrivait : « J’aime envoyer ces petits dons. Ils arrivent si souvent à propos. » Et en vérité, il en a bien été ainsi cette fois-ci. Environ cinq minutes plus tard, j’ai reçu d’un frère la promesse de cinquante livres pour les orphelins, à donner au cours de la semaine prochaine ; et un quart d’heure après, vers sept heures, un frère m’a remis un souverain qu’une sœur irlandaise dans le Seigneur avait laissé ce jour-là, à son départ pour Dublin, au profit des orphelins. Qu’il est doux et précieux de voir ainsi si manifestement combien le Seigneur est disposé à exaucer les prières de ses enfants dans le besoin !
19 déc. Notre besoin pour le fonds des écoles avait été grand pendant les trois dernières semaines, bien que nous ayons reçu autant que les maîtres en avaient absolument besoin. Maintenant, cependant, il était très grand, car un frère en particulier avait besoin de plusieurs livres d’ici un jour ou deux, et trois autres maîtres avaient aussi besoin de fonds. En outre, j’avais eu fort à cœur d’envoyer de l’argent à plusieurs frères qui travaillent dans des pays étrangers en ne comptant que sur le Seigneur pour leurs ressources pécuniaires ; mais j’en avais été empêché faute de moyens. Pour ces raisons, je me suis donc de nouveau donné tout particulièrement à la prière ce matin ; et dans le quart d’heure qui a suivi le moment où je me suis relevé, j’ai reçu un mandat de cent livres, que j’étais libre d’employer selon les besoins.
BILAN DE L’ANNÉE 1842.
1. Quant à l’Église. Il y a actuellement 601 personnes en communion ; 73 ont été ajoutées au cours de l’année écoulée, dont 27 ont été amenées parmi nous à la connaissance du Seigneur.
2. Quant à mes propres besoins temporels, il a plu au Seigneur de m’envoyer £329, 16s.
11 févr. 1843. Nous avions une livre quatorze shillings pour les dépenses de ce jour. Mais comme cela ne suffisait pas, j’ai demandé au Seigneur un secours supplémentaire, et voici que le courrier de ce matin m’a apporté de Stafford un mandat postal de deux livres, dont une livre sept shillings six pence pour les orphelins. Nous avons ainsi trois livres un shilling six pence, ce qui suffit amplement pour ce jour.
Admirez avec moi, cher lecteur, si vous connaissez le Seigneur, son secours venu à point nommé. Pourquoi ce mandat postal n’arrive-t-il pas quelques jours plus tôt ou plus tard ? Parce que le Seigneur voulait nous secourir par ce moyen, et qu’il pousse donc le donateur à l’envoyer juste à ce moment-là, ni plus tôt ni plus tard. Assurément, tous ceux qui connaissent le Seigneur, et qui n’ont aucun intérêt à le nier, ne peuvent que voir sa main d’une manière remarquable dans cette œuvre. Le lecteur pieux et simple de cœur ne dira pas non plus : « Il n’y a aucune différence entre cette façon de procéder, d’une part, et le fait d’aller d’une personne à l’autre pour lui demander des fonds, d’autre part ; car rédiger les Rapports revient exactement au même. » Cher lecteur, il y a une grande différence. Supposons que nous soyons dans le besoin. Supposons que notre pauvreté dure plusieurs semaines, ou même plusieurs mois de suite. N’y a-t-il pas, dans ce cas, une différence entre le fait de ne demander qu’au Seigneur, jour après jour, sans parler de notre pauvreté à aucun être humain qui ne soit directement lié à l’œuvre, d’une part, et le fait d’écrire des lettres ou de faire des démarches personnelles auprès de personnes bienveillantes pour obtenir de l’aide, d’autre part ? En vérité, il y a une grande différence entre ces deux manières de faire. Je ne veux pas dire que ce serait agir contre les préceptes du Seigneur que de chercher de l’aide pour son œuvre par des démarches personnelles et individuelles auprès de croyants (bien que ce soit directement contraire à sa volonté de s’adresser à des incrédules, 2 Cor. 6:14-18) ; mais j’agis comme je le fais pour le bien de l’Église tout entière, supportant de bon cœur les épreuves, et parfois les profondes épreuves, qui accompagnent cette vie de foi (laquelle apporte cependant aussi avec elle ses joies précieuses), si par quelque moyen une partie au moins de mes frères croyants pouvait être amenée à voir la réalité d’une relation avec Dieu seul, et qu’il existe bien une chose telle qu’un enfant de Dieu ayant puissance auprès de Dieu par la prière et la foi. Que le Seigneur se serve, pour un service si glorieux, d’un être aussi vil, aussi infidèle, aussi totalement indigne de la moindre attention que je le suis, je ne puis l’attribuer qu’aux richesses de sa grâce condescendante, par laquelle il prend les instruments les plus improbables, afin que l’honneur lui revienne manifestement.
Si Satan cherchait à vous souffler à l’oreille : Peut-être, après tout, fait-on connaître la situation quand il y a besoin (comme on l’a dit un jour de moi dans une réunion publique, dans une grande ville, prétendant que, lorsque nous étions dans le besoin, je priais publiquement pour que le Seigneur envoie du secours pour les orphelins, ce qui est entièrement faux) ; je dis donc, si l’on prétendait que j’ai pris soin de faire connaître nos besoins, je réponds : À qui ai-je demandé quoi que ce soit pendant toutes ces années depuis que l’œuvre existe ? À qui ai-je fait connaître nos besoins, sinon à ceux qui sont étroitement liés à l’œuvre ? Bien plus, loin de vouloir faire connaître notre besoin afin d’inciter des personnes bienveillantes à contribuer aux nécessités de l’Institution confiée à mes soins, j’ai même refusé de laisser connaître notre situation, après qu’on m’eut interrogé à ce sujet, alors que, rien qu’en disant que nous étions dans le besoin, j’aurais pu recevoir des sommes considérables. On en a donné quelques exemples dans la partie précédente de ce Récit. En pareil cas, j’ai refusé afin que seule la main de Dieu soit manifeste ; car c’est cela, et non l’argent, ni même la possibilité de poursuivre l’œuvre, qui est mon but particulier. Et le Seigneur m’a donné une telle maîtrise de moi-même qu’aux temps de la plus profonde pauvreté, alors qu’il n’y avait absolument rien en caisse et que nous devions même, d’un repas à l’autre, attendre du Seigneur le nécessaire pour plus de cent personnes, lorsqu’on me remettait un don de cinq livres ou de dix livres, ou davantage, les donateurs n’auraient pu lire sur mon visage si nous avions beaucoup ou rien du tout en caisse. Mais c’en est assez sur ce point. J’ai fait ces quelques remarques, bien-aimé lecteur, de peur que, d’une manière ou d’une autre, vous ne perdiez la bénédiction qui pourrait venir à votre âme par la lecture du récit de la fidélité du Seigneur et de son empressement à exaucer les prières de ses enfants.
8 mars. Le 25 oct. 1842, j’ai eu une longue conversation avec une sœur dans le Seigneur, qui m’a ouvert son cœur. Au moment où elle me quittait, je lui ai dit que ma maison et ma bourse étaient les siennes, et que je serais heureux qu’elle veuille avoir une seule bourse avec moi. Je le disais parce que je pensais que cela pourrait un jour lui être une consolation à l’heure de l’épreuve, ayant en même temps, à en juger par une circonstance survenue deux jours auparavant, toutes les raisons de croire qu’elle ne possédait pas cinq livres en propre. Cette sœur, après que je lui eus parlé ainsi, m’a aussitôt pris au mot et m’a dit : J’en serai heureuse, ajoutant bientôt qu’elle avait cinq cents livres. Dès que j’ai entendu cela, je me suis rétracté et lui ai dit que, si j’avais su qu’elle avait de l’argent, je ne lui aurais pas fait cette offre ; puis je lui ai expliqué pourquoi j’avais supposé qu’elle ne possédait aucun bien. Elle m’a alors assuré qu’elle possédait cinq cents livres, et qu’elle n’avait jamais cru bon de se dessaisir de cet argent, sans quoi elle l’aurait fait ; mais que, Dieu ayant mis cette somme entre ses mains sans qu’elle l’ait cherchée, elle pensait que c’était une provision que le Seigneur avait faite pour elle. Je n’ai presque rien répondu à cela ; mais elle m’a demandé de prier pour elle à ce sujet. Toute cette conversation au sujet de l’argent n’a duré que très peu de minutes, et elle a eu lieu tout entière après que la sœur se fut levée et alors qu’elle était sur le point de me quitter. Après son départ, j’ai demandé au Seigneur de bien vouloir rendre cette chère sœur si heureuse en lui-même, et de lui faire saisir si bien ses vraies richesses et son héritage dans le Seigneur Jésus, ainsi que la réalité de sa vocation céleste, qu’elle soit pressée par l’amour de Christ à déposer de bon cœur ces cinq cents livres à ses pieds. Dès lors, j’ai répété cette requête devant le Seigneur chaque jour, et souvent deux, trois ou quatre fois par jour ; mais pas un seul mot ni une seule ligne n’ont été échangés entre cette sœur et moi à ce sujet, et je ne l’ai même pas vue ; car je jugeais qu’il vaudrait bien mieux qu’elle garde cet argent plutôt que de s’en dessaisir sous l’effet de la persuasion, pour regretter peut-être ensuite la démarche accomplie, et attirer ainsi sur le nom du Seigneur plus de déshonneur que d’honneur. Après avoir ainsi, vingt-quatre jours durant, supplié chaque jour le Seigneur en faveur de cette sœur, je l’ai trouvée un jour chez moi en rentrant ; elle m’a dit qu’elle souhaitait me voir seul. Elle m’a dit alors que, depuis notre dernier entretien, elle avait cherché à discerner la volonté du Seigneur au sujet des cinq cents livres, qu’elle avait examiné les Écritures et prié à ce sujet, et qu’elle avait maintenant l’assurance que c’était la volonté du Seigneur qu’elle se dessaisisse de cet argent. Après qu’elle m’eut dit cela, je l’ai exhortée à bien calculer la dépense, à ne rien faire à la légère, de peur de regretter sa démarche, et à attendre au moins quinze jours de plus avant de mettre son intention à exécution. Nous nous sommes quittés ainsi. Le dix-huitième jour après cet entretien, j’ai reçu la lettre suivante : —
Cher frère,
Je crois que le Seigneur ne vous a pas permis de vous lasser de penser à moi, mais qu’il vous a encore rendu capable de me porter sur votre cœur en sa présence. Tout va bien pour moi, cher frère. Vos requêtes ont été entendues et exaucées ; je suis heureuse et en paix. Le Seigneur m’a vraiment manifesté sa tendre sollicitude et son grand amour envers moi en Jésus, en inclinant mon cœur à déposer de bon gré à ses pieds tout ce que j’appelais jusqu’ici mon bien. C’est un grand privilège.
Je vous écris à la hâte pour vous demander, puisque nous avons maintenant une seule bourse, de recevoir l’argent dans une banque de Bristol. Je donnerai l’ordre qu’il soit envoyé en mon nom, pour être remis entre vos mains, etc.
Comme toute cette affaire n’est rapportée que pour l’édification du lecteur, et que je savais que la sœur avait encore en sa possession mes lettres à ce sujet, je lui ai écrit pour lui demander de me les envoyer, à l’époque où j’ai publié le dernier compte rendu concernant les maisons des orphelins, etc. ; et des extraits en ont été donnés dans le dernier Rapport, dans la mesure où ils pouvaient se rapporter au sujet ou tendre à l’édification. Ces extraits sont reproduits ici. Voici ma réponse à la lettre ci-dessus : —
Bristol, 6 déc. 1842.
Ma chère sœur,
Votre lettre m’a trouvé en paix, et ne m’a pas le moins du monde surpris. Avoir affaire à Dieu est une réalité. Les saints ont puissance auprès de lui par Jésus. Il y a maintenant quarante-deux jours que vous m’avez parlé pour la première fois de cette affaire. Je ne puis qu’admirer la sagesse de Dieu et son amour envers vous, en ce qu’il m’a permis de vous parler comme je l’ai fait [c.-à-d. en lui offrant d’avoir une seule bourse avec moi, alors que je pensais qu’elle ne possédait absolument aucun bien terrestre], afin que ce grand privilège vous soit ainsi accordé de renoncer à cette petite somme pour lui. Depuis cette heure, j’ai prié chaque jour pour vous, et souvent trois fois ou davantage dans le courant de la journée, afin que le Seigneur vous rende si heureuse en lui-même, et vous aide à saisir avec une telle foi tout ce qu’il vous a donné en Jésus, que vous soyez pressée par l’amour à déposer de bon cœur cette petite somme à ses pieds. C’est ainsi que j’ai encore prié pour vous ce matin à six heures. Et je n’ai pas eu le moindre doute, depuis le commencement, que le Seigneur entendait ma prière ; oui, j’ai été si pleinement assuré d’avoir obtenu l’objet de ma demande que, maintes et maintes fois, je l’ai remercié d’avoir exaucé ma prière, avant de vous voir il y a dix-huit jours, et avant l’arrivée de votre lettre ce matin. De plus, j’ai été pleinement assuré, depuis votre dernière visite ici, qu’il poursuivait son œuvre dans votre âme à ce sujet, et que ni les suggestions subtiles de Satan, ni les préjugés de l’éducation, ni les fausses interprétations des Écritures n’étaient capables de l’emporter ; car j’avais demandé au Seigneur de les vaincre en vous par son Esprit, et, si la parole d’un frère devait être nécessaire, de bien vouloir incliner votre cœur à m’écrire ; et, comme aucune lettre ne venait, j’avais la pleine confiance que vous alliez de l’avant dans cette affaire en paix. Quand je vous ai vue, il y a aujourd’hui six semaines, et que j’ai appris l’existence de cette petite somme, j’ai résolu de ne jamais vous dire ni vous écrire un mot de plus à ce sujet, mais de vous laisser entre les mains du Seigneur. C’est ce que je me suis encore proposé pendant ces dix-huit derniers jours ; car ce n’était pas l’argent abandonné qui m’importait en vous, mais l’argent abandonné au Seigneur, et pour de justes motifs. C’est précisément pour cette raison que je vous ai conseillé d’attendre quinze jours de plus, bien que vous fussiez arrivée à une conclusion ; mais maintenant que vous l’avez fait, et voyant que vous êtes pleinement résolue dans le Seigneur à être vraiment pauvre en ce monde, afin de jouir d’autant plus abondamment de ses richesses, de ses richesses inépuisables, je change de conseil. Ma parole maintenant, sœur bien-aimée, est celle-ci : « Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais-le », et : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. » Ne tardez donc pas davantage, de même que vous n’avez d’ailleurs aucun désir de tarder ; et le Seigneur vous bénira abondamment en cela, puisque vous le faites pour lui. Puisque vous désirez me confier cet argent, je ne le refuse pas, connaissant bien des manières de l’employer pour lui, etc. [Suivent seulement les indications sur la manière de verser l’argent entre les mains de mon banquier.]
Le 18 déc. 1842, j’ai reçu une réponse à ma lettre, réponse commencée le 8 déc. mais achevée le 16. J’en donne quelques extraits : —
Depuis que je vous ai vu pour la dernière fois, cher frère, je n’ai pas eu le moindre doute sur ce que je devais faire. La parole de Dieu a été si claire pour moi sur ce point que j’ai été gardée dans le repos qu’elle donne, et, en réponse à vos prières, aucune tentation n’a pu l’emporter, et même, je crois pouvoir ajouter, se lever. Mais je sens que des tentations peuvent venir, et qu’aux temps de l’épreuve je n’aurai peut-être pas toujours la foi nécessaire pour me réjouir de ce privilège. Mon cœur est si trompeur et ma foi si faible que j’aurai encore grand besoin de vos prières. Voulez-vous donc, si le Seigneur vous en rend capable, demander que je n’offense jamais mon Père en regrettant le moins du monde cet acte d’obéissance qu’il m’a, par sa grâce, inclinée à accomplir ? Avant même de vous avoir jamais vu, j’avais demandé au Seigneur de me rendre disposée à remettre cette petite somme entre vos mains, si telle était sa volonté ; mais son heure pour me rendre disposée n’était pas encore venue ; même alors, je vous l’avais en quelque mesure donnée, ayant rédigé un papier par lequel je désirais qu’au cas où je m’endormirais en Jésus, vous en deveniez possesseur. Je l’avais fait signer par deux témoins, et je l’emportais toujours avec moi quand je voyageais, cacheté et à votre adresse. Quand j’ai écrit cela, je ne pensais guère à la grâce que le Seigneur me réservait. Vous me pardonnerez d’être aussi longue, mais je suis sûre que vous louerez avec moi le Seigneur pour la bonté avec laquelle il agit envers moi, etc.
À la fin de cette lettre, achevée le 16 déc., la sœur me dit qu’un obstacle inattendu était survenu, l’empêchant d’entrer en possession de l’argent, si bien qu’il était peu probable qu’il pût m’être versé avant la fin de janvier 1843 environ.
Quand cette lettre est arrivée, elle aurait été naturellement une grande déception pour moi, car la sœur m’avait dit dans une lettre précédente que l’argent serait versé entre mes mains, et parce qu’à ce moment précis il était souhaitable, pour diverses raisons, que je dispose de sommes considérables. Le Seigneur, cependant, m’a rendu capable de saisir aussitôt cette parole : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu », Rom. 8:28, et mon âme était en paix, bien que nous n’ayons eu en caisse que de quoi fournir pour un jour, ou tout au plus pour deux, les provisions nécessaires dans les maisons des orphelins. Dès le lendemain, le 19 déc. 1842, j’ai reçu cent livres de A. B., et le 22 déc., j’ai reçu cinquante livres d’un frère de Bristol, outre d’autres dons ; de sorte que, dans la semaine qui a suivi le moment où j’avais eu la grâce de faire mes délices de la volonté de Dieu, il m’a donné environ deux cents livres, ce qui m’a permis de faire face à toutes les lourdes dépenses du renouvellement des provisions, etc., à cause desquelles j’aurais naturellement été éprouvé par le retard du versement de l’argent.
En réponse à la lettre que j’avais reçue de cette sœur le 18 déc., je lui en ai écrit une autre le 31 déc. 1842, dont je donne un extrait sur ce sujet : —
J’ai continué de prier pour vous, ou plutôt le Seigneur m’a rendu capable, chaque jour, une fois, deux fois, trois fois, ou même davantage, de me souvenir de vous. L’objet de ma prière a toujours été qu’il veuille bien vous rendre très heureuse en lui-même, et vous rendre capable d’entrer dans l’héritage qui vous attend ; en outre, que vous ne soyez pas le moins du monde amenée à regretter la démarche que vous avez faite, mais que vous considériez plutôt comme un privilège d’être autorisée à rendre cette petite somme à celui qui vous l’a donnée, et qui s’est donné lui-même pour vous. Quant au retard, je ne puis que m’en réjouir. Il vous donne amplement l’occasion de peser la chose, et de pouvoir ensuite déclarer à quiconque (jugeant comme ceux qui ne savent pas combien les saints sont riches) vous blâmerait que vous n’avez pas agi à la hâte. Je considère ce retard comme servant à l’avancement de l’honneur du Seigneur. Vous connaissez le conseil que je vous ai donné, d’attendre au moins quinze jours. Que vous ayez beaucoup vu votre infidélité, etc., je le considère comme une bénédiction particulière que le Seigneur vous a accordée, de peur que la démarche que vous avez faite ne devienne un piège pour vous. Les humiliations durent toute notre vie. Jésus n’est pas venu sauver des pécheurs de façade, mais de vrais pécheurs ; mais il nous a sauvés, et il le manifestera sûrement. J’ai un passage à cœur pour vous ; lisez-le tout entier attentivement : 2 Cor. 8:1-9, en particulier le verset 9.
Les jours se sont alors succédé, et l’argent n’arrivait pas. Le mois de janvier s’est achevé, puis février aussi, et l’argent n’était toujours pas arrivé. Plus de cent vingt jours se sont ainsi écoulés, tandis que, jour après jour, je présentais ma requête au Seigneur, lui demandant de bénir cette sœur, de la garder ferme dans sa résolution et de me confier cet argent pour l’œuvre qu’il avait remise entre mes mains. Au milieu de tout cela, mon cœur avait l’assurance, à en juger par l’ardeur qu’il m’avait donnée dans la prière, et par le fait que je n’avais désiré cette chose que pour la louange de son nom, qu’il l’accomplirait en son temps. Mais pendant tout ce temps, je n’ai jamais écrit une seule ligne à cette sœur à ce sujet. Enfin, le cent trente-quatrième jour depuis que j’avais commencé à supplier chaque jour le Seigneur à ce sujet, le 8 mars 1843, j’ai reçu une lettre de la sœur m’informant que les cinq cents livres avaient été versées entre les mains de mes banquiers.
Et maintenant, je ne donne que quelques lignes d’une lettre que j’ai reçue le 3 juillet 1844 de la sœur qui a fait ce don, accompagnée de mes lettres que je lui avais demandées, afin de montrer dans quelle disposition d’esprit elle se trouvait à ce sujet, après l’avoir eu devant elle pendant plus de vingt mois, et après s’être effectivement dessaisie de l’argent depuis seize mois. Elle écrit ceci : « Je suis reconnaissante de pouvoir dire que je n’ai jamais éprouvé, un seul instant, le moindre sentiment de regret ; mais c’est entièrement l’effet de la grâce surabondante du Seigneur. Je le dis à sa louange. »
Le 31 mars 1843, je suis passé aux maisons des orphelins pour prendre certaines dispositions, et l’une des sœurs m’a dit en passant que Mlle G., qui occupait avec son père la maison du no 4 de Wilson Street, l’avait priée de me faire savoir qu’ils souhaitaient quitter leur maison, si je désirais la prendre ; mais elle avait répondu qu’il était inutile de m’en parler, car elle était sûre que je ne songeais nullement à ouvrir une autre maison des orphelins. De retour chez moi, cette affaire a beaucoup occupé mon esprit. Je ne pouvais que demander au Seigneur, encore et encore, s’il voulait que j’ouvre une autre maison des orphelins, et si le moment était maintenant venu de le servir plus largement encore de cette manière. Plus je réfléchissais à la chose, plus il me semblait que c’était la main de Dieu qui me poussait à avancer dans ce service. J’ai été particulièrement frappé par le remarquable concours de circonstances que voici : 1. Les demandes d’admission d’orphelins sont plus nombreuses, surtout ces derniers temps, que nous ne sommes en mesure d’y répondre, bien que nous remplissions les maisons autant que la santé des enfants et des ouvriers peut le permettre. 2. Si je prenais une autre maison pour les orphelins, il serait des plus souhaitables qu’elle soit dans la même rue que les trois autres, car ainsi le travail est moindre, et dans les temps de grand besoin nous sommes proches les uns des autres pour la prière, la répartition de l’argent, etc. Or, depuis l’ouverture de la troisième maison des orphelins, en nov. 1837, aucune des grandes maisons de la rue n’a jamais été à louer. 3. Il y a environ quinze enfants dans la maison des tout-petits, qu’il aurait été bon, il y a quelque temps déjà, de transférer dans la maison des grandes filles, s’il y avait eu de la place ; mais quand une place venait à se libérer dans cette maison, il y avait généralement plusieurs enfants qui attendaient pour l’occuper, de sorte que, sans que ce fût voulu, les filles de la maison des tout-petits sont restées où elles étaient ; or cela n’est pas bien, et n’est pas conforme à mon intention première ; car les tout-petits ne devaient y rester que jusqu’à l’âge de sept ans, pour être ensuite transférés dans les maisons des garçons et des filles plus âgés. Ce plan initial pourrait mieux s’exécuter à l’avenir, et dès maintenant pour le présent, si j’ouvrais une autre maison des orphelins. 4. Je connais deux sœurs qui semblent être des ouvrières qualifiées pour cette quatrième maison des orphelins, et qui désirent s’engager de cette manière. 5. Il reste trois cents livres des cinq cents livres que j’ai reçues si récemment. Cet argent peut servir à meubler et à aménager une nouvelle maison des orphelins. Jamais, au cours des cinq dernières années, je n’ai eu autant d’argent en caisse à un moment donné. Cela m’a paru remarquable, en rapport avec les quatre autres raisons. 6. La fondation d’une quatrième maison des orphelins, qui augmenterait nos dépenses de plusieurs centaines de livres par an, serait, après cinq années passées presque sans interruption au travers d’épreuves de la foi, une preuve évidente que je n’ai pas regretté ce service, et que je ne suis pas las de cette précieuse manière de dépendre du Seigneur jour après jour ; et ainsi la foi d’autres enfants de Dieu pourrait être fortifiée.
Mais si importantes, et même si décidément concluantes, que fussent ces raisons, elles ne m’ont pourtant pas convaincu que je devais avancer dans ce service, si la direction de l’Esprit ne s’y joignait pas. Je me suis donc donné à la prière. J’ai prié jour après jour, sans rien dire à aucun être humain. J’ai prié vingt-deux jours sans même en parler à ma chère femme. Ce jour même où je lui en ai parlé, et où j’étais arrivé à la conclusion, après trois semaines de prière et de réflexion dans la crainte de Dieu, de fonder une autre maison des orphelins, j’ai reçu cinquante livres de A. B. Quelle frappante confirmation que le Seigneur viendra en aide, même si les besoins devaient croître de plus en plus ! Enfin, le vingt-quatrième jour, ayant depuis plusieurs jours la pleine assurance que Dieu voulait que j’avance dans ce service, je suis allé demander si M. et Mlle G. souhaitaient toujours quitter la maison. Mais là, j’ai trouvé un obstacle apparent. N’ayant entendu de ma part aucun désir exprimé de prendre la maison, et la sœur des maisons des orphelins avec qui Mlle G. s’était entretenue ne lui ayant donné aucune raison de penser que je le ferais, M. et Mlle G. avaient changé leurs plans et se proposaient maintenant de rester dans la maison. Je devais cependant revenir dans une semaine pour recevoir une réponse. Je n’ai pas été le moins du monde troublé par cet obstacle. « Seigneur, si tu n’as pas besoin d’une autre maison des orphelins, moi non plus », tel était l’objet de ma prière. J’étais disposé à faire la volonté de Dieu, oui, à faire mes délices de sa volonté. Et c’est précisément pour cette raison : parce que je savais que je ne cherchais pas mon propre honneur, mais celui du Seigneur ; parce que je savais que je ne me servais pas moi-même, mais le Seigneur, en cette affaire ; et parce que je savais que j’avais abordé cette question avec tant de calme, de tranquillité, de prière et d’examen de moi-même, et que je n’étais arrivé qu’au bout de nombreux jours, pendant lesquels je m’étais ainsi attendu au Seigneur, à la conclusion que c’était la volonté de Dieu que j’avance dans ce service. Pour ces raisons, j’étais sûr, malgré ce que M. et Mlle G. m’avaient dit, que j’aurais la maison. J’en jugeais ainsi surtout parce que j’étais tout à fait en paix quand j’ai appris l’obstacle ; preuve évidente que je n’agissais pas dans cette affaire par volonté propre, mais selon la direction du Saint-Esprit ; car si, selon mon esprit naturel, j’avais cherché à agrandir l’œuvre, j’aurais été agité et mal à l’aise en rencontrant cet obstacle. Au bout d’une semaine, je suis retourné chez M. G. Et voyez maintenant ce que Dieu avait fait ! Le jour même où j’avais vu M. G., il était sorti et avait trouvé une maison qui lui convenait, de sorte que, lorsque je suis venu la seconde fois, il était disposé à me céder celle qu’il occupait alors dans Wilson Street ; et, le propriétaire m’ayant accepté comme locataire, toutes les difficultés ont été levées, si bien qu’après le 1er juin nous avons commencé à aménager la maison, et qu’en juillet les premiers orphelins ont été reçus.
M. M., invité par plusieurs chrétiens d’Allemagne à visiter ce pays, sa terre natale, et à y travailler à la propagation de la vérité scripturaire et à l’avancement de la religion, ainsi qu’à publier une traduction allemande de son Récit, sentit qu’il était de son devoir d’accéder à cette demande. En réponse à la prière, il reçut d’amples ressources pour son voyage, pour l’entretien des orphelins pendant son absence et pour la publication du Récit. Il quitta Bristol le 9 août 1843 et revint le 6 mars 1844. Au cours de ce voyage, il fut grandement aidé par la Providence dans les buts de sa mission, et vit beaucoup de fruit de ses travaux.
Chapitre 18 terminé
La prospérité