Chapitre 99 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute
La grande bonté et l’amour de Dieu se manifestent à l’homme dans ce sacrement
Le disciple
CONFIANT en ta bonté et en ta grande miséricorde, Seigneur, je viens comme un malade au Médecin, comme un affamé et un assoiffé à la Source de vie, comme un indigent au Roi du ciel, comme un serviteur à son Seigneur, une créature à son Créateur, une âme désolée à mon doux Consolateur.
Mais d’où me vient ceci, que tu viennes à moi ? Qui suis-je, pour que tu te donnes à moi ? Comment le pécheur ose-t-il paraître en ta présence, et toi, comment daignes-tu venir au pécheur ? Tu connais ton serviteur, et tu sais qu’il n’a en lui rien de bon pour que tu lui accordes cela.
Je confesse donc mon indignité. Je reconnais ta bonté. Je loue ta miséricorde et je rends grâces pour ton immense amour. Car c’est à cause de toi-même que tu le fais, et non pour quelque mérite de ma part ; afin que ta bonté me soit mieux connue, qu’un plus grand amour s’éveille en moi et qu’une humilité plus parfaite y naisse. Puisque donc cela te plaît et que tu l’as ainsi voulu, ta bienveillance me plaît aussi. Oh ! que mon péché n’y fasse pas obstacle !
Ô très doux et très miséricordieux Jésus, quel grand respect, quelles actions de grâces et quelle louange sans fin te sont dues pour la réception de ton Corps sacré, dont nul homme ne peut exprimer la dignité !
Mais à quoi penserai-je dans cette communion, en approchant de mon Seigneur, que je ne puis jamais révérer comme je le dois, et que pourtant je désire recevoir avec dévotion ? Quelle pensée meilleure, plus salutaire pour moi, que de m’humilier entièrement en ta présence et d’exalter ton infinie bonté au-dessus de moi-même ?
Je te loue, mon Dieu, et je t’exalte à jamais ! Je me méprise et je me jette devant toi dans l’abîme de mon indignité. Voici, tu es le Saint des saints, et moi le rebut des pécheurs ! Voici, tu t’abaisses vers moi, qui ne suis pas digne de lever les yeux vers toi ! Voici, tu viens à moi ! Tu veux être avec moi ! Tu m’invites à ton banquet ! Tu désires me donner à manger une nourriture céleste, le Pain des anges, qui n’est autre que toi-même, le Pain vivant, toi qui es descendu du ciel et qui donnes la vie au monde.
Voici d’où procède l’amour ! Quelle condescendance resplendit ici ! Quelles grandes actions de grâces et quelles louanges te sont dues pour ces dons ! Oh ! qu’il fut salutaire et profitable, ton dessein dans cette institution ! Qu’il est doux et agréable, le banquet où tu t’es donné toi-même en nourriture !
Que ton œuvre est admirable, Seigneur ! Que ta puissance est grande ! Que ta vérité est infaillible ! Car tu as parlé, et toutes choses ont été faites ; et ceci, que tu as commandé, s’est accompli. C’est une chose merveilleuse, digne de foi, qui dépasse l’entendement humain, que toi, Seigneur mon Dieu, vrai Dieu et vrai homme, tu sois contenu tout entier sous l’apparence d’un peu de pain et de vin, et que, sans être consumé, tu sois mangé par celui qui te reçoit !
Toi, le Seigneur de l’univers, qui n’as besoin de rien, tu as voulu habiter en nous par ton sacrement. Garde purs mon cœur et mon corps, afin qu’avec une conscience joyeuse et sans tache je puisse souvent célébrer tes Mystères et recevoir, pour mon salut éternel, ce que tu as ordonné et institué pour ton honneur particulier et comme un mémorial éternel.
Réjouis-toi, mon âme, et rends grâces à Dieu de t’avoir laissé un don si noble et une consolation si singulière dans cette vallée de larmes. Toutes les fois que tu renouvelles ce Mystère et que tu reçois le Corps du Christ, autant de fois tu accomplis l’œuvre de la rédemption et tu deviens participante de tous les mérites du Christ, car l’amour du Christ ne diminue jamais, et la richesse de sa miséricorde ne s’épuise jamais.
C’est pourquoi tu dois t’y préparer en renouvelant sans cesse ton cœur et en méditant profondément le grand mystère du salut. Toutes les fois que tu célèbres la messe ou que tu l’entends, elle doit te paraître aussi grande, aussi nouvelle, aussi douce que si, ce jour-là même, le Christ se faisait homme dans le sein de la Vierge, ou, suspendu à la croix, souffrait et mourait pour le salut des hommes.
Chapitre 99 terminé
La grande bonté et l’amour de Dieu se manifestent à l’homme dans ce sacrement