L’Imitation de Jésus-Christ
Chercher le secours divin et la confiance de recouvrer la grâce

Chapitre 68 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Chercher le secours divin et la confiance de recouvrer la grâce

La voix du Christ

MON FILS, je suis le Seigneur qui donne la force au jour de la détresse. Viens à moi quand tout ne va pas bien pour toi. Ta lenteur à recourir à la prière est le plus grand obstacle à la consolation céleste, car avant de me prier avec ardeur, tu cherches d’abord quantité de réconforts et tu prends plaisir aux choses extérieures. Ainsi tout te profite peu, jusqu’à ce que tu comprennes que c’est moi qui sauve ceux qui se confient en moi, et qu’en dehors de moi il n’est ni secours qui vaille, ni conseil utile, ni remède durable.

Mais à présent, après la tempête, reprends courage, retrouve tes forces à la lumière de mes miséricordes ; car je suis proche, dit le Seigneur, pour tout rétablir, non seulement en entier, mais avec abondance et au-delà de toute mesure. Y a-t-il rien de difficile pour moi ? Ou serais-je comme celui qui promet et n’agit pas ? Où est ta foi ? Tiens ferme et persévère. Sois un homme d’endurance et de courage, et la consolation te viendra en son temps. Attends-moi ; attends, et je viendrai te guérir.

Ce n’est qu’une tentation qui te trouble, une vaine crainte qui t’épouvante.

À quoi sert l’inquiétude de l’avenir ? Te rapporte-t-elle autre chose que peine sur peine ? À chaque jour suffit sa peine. Il est insensé et inutile de s’attrister ou de se réjouir de choses à venir qui peut-être n’arriveront jamais. Mais il est humain de se laisser abuser par de telles imaginations, et c’est le signe d’une âme faible que de se laisser mener par les suggestions de l’ennemi. Car peu lui importe de te vaincre par l’amour du présent ou par la crainte de l’avenir.

Que ton cœur ne se trouble donc point, et qu’il ne s’alarme point. Crois en moi et confie-toi en ma miséricorde. Quand tu te crois loin de moi, souvent je suis tout près de toi. Quand tu juges que presque tout est perdu, bien souvent tu es en voie d’acquérir un grand mérite.

Tout n’est pas perdu quand les choses vont contre tes désirs. Tu ne dois pas juger selon le sentiment présent, ni céder à quelque peine que ce soit, d’où qu’elle vienne, ni la prendre comme si tout espoir d’en sortir était perdu. Et ne te crois pas abandonné si je t’envoie quelque épreuve passagère, ou si je retire la consolation que tu désires. Car tel est le chemin du royaume des cieux ; et sans aucun doute, il vaut mieux pour toi et pour mes autres serviteurs être éprouvés dans l’adversité que d’avoir toutes choses à souhait. Je connais tes pensées secrètes, et je sais qu’il est utile à ton salut d’être laissé parfois dans l’abattement, de peur que le succès ne t’enfle et que tu ne t’imagines être ce que tu n’es pas.

Ce que j’ai donné, je puis le reprendre, et le rendre quand il me plaît. Ce que je donne demeure à moi ; ainsi, quand je le reprends, je ne prends rien qui soit à toi, car toute grâce excellente et tout don parfait sont à moi.

Si je t’envoie peine et adversité, ne t’en irrite pas et ne laisse pas ton cœur se décourager. Je puis bien vite te relever et changer toute ta tristesse en joie. Je ne suis pas moins juste, ni moins digne de grandes louanges, quand j’agis ainsi envers toi.

Si tu penses juste et vois les choses sous leur vrai jour, jamais l’adversité ne devrait t’abattre et t’attrister à ce point ; tu devrais plutôt te réjouir et rendre grâces, tenant pour un sujet de joie singulière que je t’afflige de douleurs et ne t’épargne pas. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous aime », ai-je dit à mes disciples ; et je ne les ai certes pas envoyés vers les joies du temps, mais vers de grands combats ; non vers les honneurs, mais vers le mépris ; non vers l’oisiveté, mais vers les labeurs ; non vers le repos, mais pour porter beaucoup de fruit dans la patience. Toi, mon fils, souviens-toi de ces paroles.

Page 1 / 1 · 3 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant