Chapitre 8 · 22 min de lecture · 28 min d’écoute
La divinité du Saint-Esprit et la distinction entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit
J’ai parlé, dans un chapitre précédent, de la personnalité du Saint-Esprit. Nous avons clairement vu que le Saint-Esprit est une personne. J’ai fait allusion en passant à sa divinité, mais je ne m’y suis pas arrêté ; la question demeure donc : le Saint-Esprit est-il une personne divine ? Et une autre question encore : si le Saint-Esprit est une personne divine, est-il une personnalité séparée et distincte du Père et du Fils ? Nous examinerons ce matin ce que la Bible enseigne sur ces points.
I. LA DIVINITÉ DU SAINT-ESPRIT
Nous abordons d’abord la question de la divinité du Saint-Esprit. Le fait que le Saint-Esprit soit une personne ne prouve pas qu’il soit divin. Il existe des esprits qui sont des personnes, mais qui ne sont pas Dieu. Il y a cinq lignes de preuves distinctes de la divinité du Saint-Esprit, c’est-à-dire du fait que le Saint-Esprit est Dieu.
1. La première ligne de preuves de la divinité du Saint-Esprit, c’est que chacun des quatre attributs proprement divins est attribué au Saint-Esprit dans la Bible. Il y a quatre attributs proprement divins ; autrement dit, il y a quatre attributs que Dieu seul possède, de sorte que toute personne qui possède ces attributs doit nécessairement être Dieu. Ces quatre attributs proprement divins sont la toute-puissance, l’omniscience, l’omniprésence et l’éternité.
(1) Tout d’abord, la toute-puissance est attribuée au Saint-Esprit, par exemple en Luc 1:35 : « L’ange lui répondit: Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » Ce passage déclare clairement que le Saint-Esprit possède la puissance du Très-Haut, qu’il est tout-puissant.
(2) Ensuite, l’omniscience est attribuée au Saint-Esprit. C’est le cas, par exemple, en 1 Corinthiens 2:10, 11 : « Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. » Il nous est dit ici expressément que le Saint-Esprit sonde tout et connaît tout, même les profondeurs de Dieu. Nous retrouvons la même pensée en Jean 14:26 : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Il nous est dit ici expressément que le Saint-Esprit enseigne toutes choses, et qu’il doit donc connaître toutes choses. Cela est affirmé plus explicitement encore en Jean 16:12-13 : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité. » Dans tous ces passages, il est soit déclaré directement, soit impliqué sans équivoque possible, que le Saint-Esprit connaît toutes choses, qu’il est omniscient.
(3) En troisième lieu, l’omniprésence est attribuée au Saint-Esprit. Nous le trouvons en Psaume 139:7-10 : « Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face? Si je monte aux cieux, tu y es; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. » Il nous est dit ici, de la manière la plus explicite et la plus indubitable, que l’Esprit de Dieu, le Saint-Esprit, est partout ; qu’il n’existe aucun lieu, ni au ciel, ni sur la terre, ni au séjour des morts, où nous puissions aller loin de sa présence.
(4) L’éternité est aussi attribuée au Saint-Esprit. Nous le trouvons en Hébreux 9:14, où nous lisons : « Combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ? » Nous trouvons ici les mots « l’Esprit éternel », tout comme nous trouvons ailleurs les mots « le Dieu éternel » (par exemple Deutéronome 33:27). En rapprochant ces différents passages, nous voyons clairement que chacun des quatre attributs proprement divins, les quatre attributs que nul autre que Dieu ne possède, est attribué au Saint-Esprit.
2. La deuxième ligne de preuves de la véritable divinité du Saint-Esprit se trouve dans le fait que trois œuvres proprement divines sont attribuées au Saint-Esprit — c’est-à-dire qu’il est dit du Saint-Esprit qu’il accomplit trois choses que Dieu seul peut accomplir.
(1) La première de ces œuvres proprement divines attribuées au Saint-Esprit est celle à laquelle nous pensons toujours en premier lorsque nous pensons à Dieu et à son œuvre — c’est-à-dire l’œuvre de la création. Nous trouvons la création attribuée au Saint-Esprit en Job 33:4 : « L’esprit de Dieu m’a créé, Et le souffle du Tout-Puissant m’anime. » Nous trouvons la même chose impliquée en Psaume 104:30 : « Tu envoies ton Esprit : ils sont créés, Et tu renouvelles la face de la terre. » Dans ces deux passages, la création, la plus proprement divine de toutes les œuvres, est attribuée au Saint-Esprit.
(2) La communication de la vie est attribuée au Saint-Esprit. Nous le trouvons, par exemple, en Jean 6:63 : « C’est l’esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. » Nous retrouvons la même chose en Romains 8:11 : « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Dans ce passage, ce n’est pas seulement la communication de la vie à l’esprit de l’homme, mais la communication de la vie au corps, dans la résurrection du corps, qui est attribuée au Saint-Esprit. La création de l’homme et la communication de la vie à l’homme sont attribuées à l’action du Saint-Esprit dès le premier livre de la Bible, où nous lisons en Genèse 2:7 : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. » Il nous est dit ici que l’homme a été créé et est devenu un être vivant parce que Dieu a soufflé en lui un souffle de vie. Cela implique clairement que ce fut par l’intermédiaire du Saint-Esprit ; car le Saint-Esprit est le souffle de Dieu sortant de lui d’une manière personnelle.
(3) La troisième œuvre divine attribuée au Saint-Esprit est d’être l’auteur des prophéties divines. Nous le trouvons, par exemple, en 2 Pierre 1:21 : « car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » Il nous est dit ici expressément que c’est par l’action du Saint-Esprit que des hommes ont été faits les porte-parole de Dieu et ont proclamé la vérité de Dieu. Nous trouvons aussi cette même pensée dans l’Ancien Testament, en 2 Samuel 23:2, 3 : « L’esprit de l’Éternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue. Le Dieu d’Israël a parlé, Le rocher d’Israël m’a dit. » Dans ce passage aussi, la paternité des prophéties de Dieu est attribuée au Saint-Esprit. En rapprochant ces passages, nous voyons que trois œuvres proprement divines sont attribuées au Saint-Esprit.
3. La troisième ligne de preuves de la divinité du Saint-Esprit se trouve dans le fait que des passages qui se rapportent à Jéhovah dans l’Ancien Testament sont appliqués au Saint-Esprit dans le Nouveau Testament. Il y en a de nombreux exemples — moins nombreux que dans le cas de Jésus-Christ, le Fils, mais assez pour montrer parfaitement que le Saint-Esprit occupe dans la pensée du Nouveau Testament la même place que Jéhovah dans la pensée de l’Ancien Testament.
(1) On en trouve une illustration frappante en Ésaïe 6:8-10 ; comparez Actes 28:25-27. En Ésaïe 6:8-10, nous lisons : « J’entendis la voix du Seigneur, disant: Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous? Je répondis: Me voici, envoie-moi. Il dit alors: Va, et dis à ce peuple: Vous entendrez, et vous ne comprendrez point; Vous verrez, et vous ne saisirez point. Rends insensible le cœur de ce peuple, Endurcis ses oreilles, et bouche-lui les yeux, Pour qu’il ne voie point de ses yeux, n’entende point de ses oreilles, Ne comprenne point de son cœur, Ne se convertisse point et ne soit point guéri. » Il nous est dit ici expressément que c’est le « Seigneur », et le contexte montre que c’est le Seigneur Jéhovah qui parle ; mais quand nous nous tournons vers Actes 28:25-27, nous lisons ces paroles : « Comme ils se retiraient en désaccord, Paul n’ajouta que ces mots: C’est avec raison que le Saint-Esprit, parlant à vos pères par le prophète Ésaïe, a dit: » (remarquez que, dans le passage d’Ésaïe, il nous est dit que c’est le Seigneur Jéhovah qui a parlé, et qu’ici Paul nous dit que c’est le Saint-Esprit qui a parlé par le prophète), « Va vers ce peuple, et dis: Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, Qu’ils ne comprennent de leur cœur, Qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. » Dans un passage, celui de l’Ancien Testament, il nous est dit que c’est le Seigneur Jéhovah qui parle ; dans l’autre, celui du Nouveau Testament, il nous est dit que c’est le Saint-Esprit qui parle ; autrement dit, le Saint-Esprit occupe dans la pensée du Nouveau Testament la place que le Seigneur Jéhovah occupe dans la pensée de l’Ancien Testament. Il est à remarquer que ce même passage est appliqué ailleurs à Jésus-Christ (Jean 12:39-41). Ne se pourrait-il pas que, dans le « Saint » répété trois fois du cri des séraphins rapporté dans ce chapitre d’Ésaïe (Ésaïe 6:3), nous ayons un indice de la tri-personnalité de Jéhovah des armées, et par là même la justification de la triple application de la vision ?
(2) Une autre illustration d’une déclaration qui, dans l’Ancien Testament, est présentée comme se rapportant à Jéhovah, et qui, dans le Nouveau Testament, est appliquée au Saint-Esprit, se trouve en comparant Exode 16:7 avec Hébreux 3:7-9. En Exode 16:7, nous lisons : « Et, au matin, vous verrez la gloire de l’Éternel, parce qu’il a entendu vos murmures contre l’Éternel; car que sommes-nous, pour que vous murmuriez contre nous? » Il nous est dit ici que les murmures et la provocation des enfants d’Israël dans le désert étaient dirigés contre Jéhovah ; mais en Hébreux 3:7-9, nous lisons : « C’est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit: Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, N’endurcissez pas vos cœurs, comme lors de la révolte, Le jour de la tentation dans le désert, Où vos pères me tentèrent Pour m’éprouver, et ils virent mes œuvres Pendant quarante ans. » Dans ce passage du Nouveau Testament, il nous est dit que c’est le Saint-Esprit qu’ils ont provoqué dans le désert, ce qui montre clairement que le Saint-Esprit occupe ici, dans la pensée du Nouveau Testament, la position que Jéhovah occupait dans la pensée de l’Ancien Testament en Exode 16:7.
Pour résumer les passages relevant de ce point, nous voyons que des déclarations qui, dans l’Ancien Testament, nomment expressément le Seigneur, Dieu ou Jéhovah comme leur sujet sont appliquées au Saint-Esprit dans le Nouveau Testament. C’est dire que le Saint-Esprit occupe la position de la Divinité dans la pensée du Nouveau Testament.
4. La quatrième manière dont la divinité du Saint-Esprit est clairement enseignée dans le Nouveau Testament, c’est que le nom du Saint-Esprit est associé à celui de Dieu le Père d’une manière dont un esprit respectueux et réfléchi ne pourrait jamais associer le nom d’un être fini à celui de la Divinité. Il y en a de nombreux exemples. Trois suffiront pour notre propos actuel.
(1) Nous lisons, par exemple, en 1 Corinthiens 12:4-6 : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de ministères, mais le même Seigneur; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. » Dans ce passage, nous voyons le nom du Saint-Esprit associé à celui de Dieu et du Seigneur d’une manière dont aucun adorateur intelligent de Dieu ne pourrait associer le nom d’un être fini à celui de la Divinité.
(2) Nous voyons encore la même chose en Matthieu 28:19 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Si le Saint-Esprit n’est pas Dieu, il serait choquant d’associer ainsi son nom à celui de Dieu le Père et du Seigneur Jésus, son Fils.
(3) Une autre illustration frappante s’en trouve en 2 Corinthiens 13:13 : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous! » Ici, le nom du Saint-Esprit est associé, sur un pied d’égalité, à celui du Père et du Fils. Dans tous ces passages, le nom du Saint-Esprit est associé à celui de Dieu d’une manière dont un esprit respectueux et réfléchi ne pourrait jamais associer le nom d’un être fini à celui de la Divinité.
5. La cinquième et dernière manière, et, s’il se peut, la plus décisive, dont la divinité du Saint-Esprit est enseignée dans la Bible, c’est que le Saint-Esprit est appelé Dieu en propres termes. Nous le trouvons en Actes 5:3, 4 : « Pierre lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ? S’il n’eût pas été vendu, ne te restait-il pas? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition? Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. » Au troisième verset, il nous est dit expressément que c’est au Saint-Esprit qu’Ananias a menti, et au quatrième verset, il nous est dit que c’est à Dieu qu’Ananias a menti. En rapprochant ces deux déclarations, il est évident que le Saint-Esprit est Dieu.
Pour résumer tout ce que nous avons dit au sujet de la divinité du Saint-Esprit, nous voyons que par l’attribution de tous les attributs proprement divins et de plusieurs œuvres proprement divines, par l’application au Saint-Esprit, dans le Nouveau Testament, de déclarations qui, dans l’Ancien Testament, nommaient expressément Jéhovah, le Seigneur ou Dieu comme leur sujet, par l’association du nom du Saint-Esprit à celui de Dieu d’une manière dont on ne pourrait jamais associer le nom d’un être fini à celui de la Divinité, et en appelant le Saint-Esprit « Dieu » — par toutes ces voies indubitables, Dieu, dans sa Parole, proclame expressément que le Saint-Esprit est une Personne divine. Il est absolument impossible à quiconque va à la Bible pour découvrir ce qu’elle enseigne réellement, et non simplement pour la tordre et la déformer afin de la faire cadrer avec ses propres idées préconçues, d’arriver à une autre conclusion que celle-ci : le Saint-Esprit est une Personne divine, il est Dieu.
II. LA DISTINCTION ENTRE LE PÈRE, LE FILS ET LE SAINT-ESPRIT
Mais nous arrivons maintenant à cette question : le Saint-Esprit est-il une personnalité distincte du Père et du Fils ? Il pourrait être une personne, comme nous avons clairement vu qu’il l’est, et il pourrait être une personne divine, comme nous venons de voir qu’il l’est, et n’être pourtant que la même personne, qui se serait manifestée tantôt comme le Père, tantôt comme le Fils ; dans ce cas, il n’y aurait pas trois Personnes divines dans la Divinité, mais une seule Personne divine, qui se serait manifestée diversement comme Père, Fils et Saint-Esprit. La question qui se pose maintenant à nous est donc celle-ci : le Saint-Esprit est-il une personnalité séparée et distincte du Père et du Fils ? Plusieurs passages du Nouveau Testament répondent clairement à cette question.
1. Nous trouvons la réponse à cette question, en premier lieu, en Jean 14:26 et Jean 15:26. En Jean 14:26, nous lisons : « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » En Jean 15:26, nous lisons : « Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » Dans ces deux passages, il nous est dit que le Saint-Esprit est une personnalité entièrement distincte du Père et du Fils, qu’il est envoyé de la part du Père par le Fils. Il nous est enseigné ailleurs que Jésus-Christ a été envoyé par le Père (Jean 6:29 ; 8:29, 42). Ces passages montrent aussi clairement que le langage peut le faire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas une seule et même Personne se manifestant sous trois formes différentes, mais trois personnalités distinctes.
2. Nous trouvons une preuve claire que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnalités distinctes en Jean 16:13, où nous lisons : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. » Dans ce passage, la distinction la plus claire possible est faite entre le Saint-Esprit qui parle et Celui de la part de qui il parle, et il nous est dit en propres termes que Celui de la part de qui il parle n’est pas lui-même, mais un autre.
3. Au verset suivant, la même pensée est exprimée d’une autre manière encore. Dans ce verset, Jean 16:14, nous lisons : « Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » La distinction la plus claire est faite ici entre il, le Saint-Esprit, et moi, Jésus-Christ. L’œuvre du Saint-Esprit n’est pas de se glorifier lui-même, mais d’en glorifier un autre, et cet Autre est Jésus-Christ ; et il prend ce qui appartient à un autre, c’est-à-dire à Christ, et l’annonce aux croyants. Il serait impossible d’exprimer en langage humain une distinction entre deux personnalités plus clairement que la distinction entre le Fils et le Saint-Esprit n’est exprimée dans ce verset.
4. La distinction entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit ressort très clairement de Luc 3:21, 22 : « Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection. » Ici, une distinction claire est faite entre Jésus-Christ qui était sur la terre, le Père qui lui parlait du ciel, et le Saint-Esprit qui descendait du Père sur le Fils sous une forme corporelle, comme une colombe.
5. Une autre illustration frappante se trouve encore en Matthieu 28:19 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Ici, une distinction claire est faite entre le nom « du Père », le nom « du Fils » et le nom « du Saint-Esprit ».
6. Une expression très frappante d’une distinction claire entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit se trouve en Jean 14:16, 17 : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité. » Ici, la distinction la plus claire possible est faite entre le Fils qui prie et le Père qu’il prie, et « un autre consolateur », qui est donné en réponse à sa prière. Rien ne pourrait être plus clair que la distinction que Jésus-Christ établit dans ce passage entre lui-même, le Père et le Saint-Esprit.
7. Nous retrouvons la même chose en Jean 16:7 : « Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. » Ici, le Seigneur Jésus lui-même fait une distinction claire entre lui-même, qui est sur le point de s’en aller, et le Saint-Esprit, l’autre consolateur, qui vient prendre sa place après son départ.
8. La même chose ressort encore du sermon de Pierre le jour de la Pentecôte, en Actes 2:33, où Pierre dit : « Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. » Ici, une distinction claire est faite entre le Fils élevé à la droite du Père, le Père lui-même, et le Saint-Esprit que le Fils reçoit du Père et répand sur l’Église. Pour tout résumer sous ce point : la Bible fait sans cesse la distinction la plus claire possible entre le Saint-Esprit, le Père et le Fils. Ce sont trois personnalités séparées, ayant des relations mutuelles, agissant l’une sur l’autre, parlant l’une de l’autre ou l’une à l’autre, s’appliquant l’une à l’autre les pronoms de la deuxième et de la troisième personne.
Nous avons vu que la Bible montre clairement que le Saint-Esprit est une Personne divine et qu’il est une personnalité entièrement séparée du Père et du Fils. En d’autres termes, il y a trois Personnes divines dans la Divinité. On a souvent dit que la doctrine de la Trinité n’est pas enseignée dans la Bible. Il est vrai que la doctrine de la Trinité n’est pas enseignée directement dans la Bible en propres termes, mais la doctrine de la Trinité n’est rien d’autre que la mise ensemble de vérités qui sont clairement et indubitablement enseignées dans la Bible. Il est clairement enseigné dans la Bible qu’il n’y a qu’un seul Dieu (Deutéronome 6:4). Mais il est enseigné avec une égale clarté, comme nous l’avons vu aujourd’hui, qu’il y a trois Personnes divines, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et la doctrine de la Trinité est la mise ensemble de ces vérités enseignées avec une égale netteté.
Mais, demandera peut-être quelqu’un, comment Dieu peut-il être trois et un en même temps ? La réponse à cette question est très simple et facile à comprendre. Il ne peut pas être trois et un dans le même sens, et la Bible n’enseigne pas qu’il le soit. Mais en quel sens peut-il être un et trois ? Une réponse parfaitement satisfaisante à cette question est manifestement impossible, de par la nature même du sujet — d’abord parce que Dieu est Esprit et que les nombres appartiennent avant tout au monde physique, et qu’une difficulté surgira toujours lorsque nous tenterons de concevoir l’être spirituel sous les formes de la pensée physique. En second lieu, une réponse parfaitement satisfaisante à cette question est impossible parce que Dieu est infini et que nous sommes finis. « Dieu habite une lumière inaccessible », et nos tentatives d’explication philosophique de la Trinité de Dieu sont une tentative de faire entrer les faits de l’être infini dans les formes de la pensée finie ; or une telle tentative ne peut nécessairement, au mieux, réussir qu’en partie. Voici du moins ce que nous savons : Dieu est essentiellement un, et il y a aussi trois Personnes dans cette unique Divinité. Il n’y a qu’un seul Dieu, mais ce Dieu unique se fait connaître à nous comme trois Personnes distinctes — le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il y a un seul Dieu, existant éternellement et se manifestant en trois Personnes — le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Si nous entrions dans le domaine de la philosophie, on pourrait montrer que, par la nécessité même des choses, pour que Dieu soit Dieu, il devait y avoir dans l’éternelle Divinité, avant la création des êtres finis, une pluralité de personnes ; car autrement Dieu n’aurait pas pu aimer, puisqu’il n’y aurait eu personne à aimer, et Dieu n’aurait donc pas pu être Dieu. La facilité avec laquelle on peut saisir la conception unitarienne de Dieu ne plaide pas en sa faveur, mais contre elle. Un dieu qu’un esprit fini pourrait comprendre entièrement ne serait pas un Dieu infini. Il serait impossible à un esprit vraiment intelligent d’adorer réellement un dieu qu’il pourrait comprendre entièrement. Si Dieu doit être réellement Dieu, il doit dépasser notre pleine compréhension.
La doctrine de la Trinité n’est pas une doctrine purement spéculative. C’est une doctrine d’une immense importance pratique, chaque jour. Elle entre dans la trame même de notre expérience, si notre expérience est une expérience véritablement chrétienne. Par exemple, dans notre prière, nous avons besoin de Dieu le Père, à qui nous prions ; nous avons besoin de Dieu le Fils, par qui nous prions ; et nous avons besoin de Dieu le Saint-Esprit, en qui nous prions. De même, dans notre adoration, nous avons besoin de Dieu le Père, le centre même de notre adoration ; nous avons besoin du Fils, par qui nous nous approchons de lui dans notre adoration ; et nous avons besoin d’adorer par le Saint-Esprit. Mais tous trois — le Père, le Fils et le Saint-Esprit — sont les objets de notre adoration. La doxologie en mètre long est pleinement chrétienne dans son adoration lorsqu’elle chante :
« Louez Dieu, source de tout bienfait,
Louez-le, créatures d’ici-bas,
Louez-le là-haut, armées des cieux,
Louez le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »
Il en est de même du Gloria Patri, dont nous chantons si souvent les paroles, mais dont nous saisissons si rarement la pensée :
Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et aux siècles des siècles. Amen.
Chapitre 8 terminé
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