Chapitre 7 · 45 min de lecture · 59 min d’écoute
La personnalité du Saint-Esprit
« la communication du Saint-Esprit. »—2 Corinthiens 13:13.
Notre sujet de ce matin est « La personnalité du Saint-Esprit ». Aucune série de sermons sur les vérités fondamentales de notre foi chrétienne ne serait complète sans un sermon sur la personnalité et la divinité du Saint-Esprit. La doctrine de la personnalité du Saint-Esprit est à la fois fondamentale et vitale. Quiconque ne connaît pas le Saint-Esprit comme une personne n’est pas parvenu à une expérience chrétienne complète et équilibrée. Quiconque connaît Dieu le Père et Dieu le Fils, mais ne connaît pas Dieu le Saint-Esprit, n’est parvenu ni à la conception chrétienne de Dieu, ni à une expérience pleinement chrétienne. Il peut vous sembler, à première vue, que la doctrine de la personnalité du Saint-Esprit soit une doctrine purement technique et apparemment sans portée pratique ; mais il n’en est rien. Comme nous allons le voir bientôt, la doctrine de la personnalité du Saint-Esprit est une doctrine de la toute première importance pratique.
I. L’IMPORTANCE DE LA DOCTRINE DE LA PERSONNALITÉ DU SAINT-ESPRIT
1. La doctrine de la personnalité du Saint-Esprit est de la plus haute importance du point de vue de l’adoration. Si le Saint-Esprit est une personne, et une Personne divine — et il l’est —, et si nous ne le connaissons pas comme tel, si nous ne pensons au Saint-Esprit que comme à une influence ou à une puissance impersonnelle, alors nous dérobons à une Personne divine l’adoration qui lui est due, l’amour qui lui est dû, et la confiance, la consécration et l’obéissance qui lui sont dues. Et permettez-moi de m’arrêter ici pour demander à chacun de vous : « Adorez-vous le Saint-Esprit ? » En théorie, nous le faisons tous, chaque fois que nous chantons la Doxologie en mètre long :
« Louez Dieu, de qui découle toute bénédiction,
Louez-le, vous, toutes les créatures d’ici-bas,
Louez-le là-haut, armées des cieux,
Louez le Père, le Fils et le Saint-Esprit. »
En théorie, nous le faisons tous chaque fois que nous chantons le Gloria Patri : « Gloire soit au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, et aux siècles des siècles. Amen. » Mais c’est une chose de faire quelque chose en théorie, et c’en est une tout autre de le faire réellement. C’est une chose de chanter des paroles, c’en est une tout autre de saisir le sens et la force des paroles que l’on chante. J’en ai eu une illustration frappante il y a quelques années. Je me rendais à une conférence biblique dans l’État de New York. Je devais traverser une ville située à quatre milles du terrain où se tenait la conférence. J’avais une parente qui habitait cette ville et, en me rendant à la conférence, je m’arrêtai pour lui rendre visite ; elle m’accompagna à la conférence. Cette parente était chrétienne ; elle était bien plus âgée que moi, chrétienne depuis bien plus longtemps que moi, membre de l’Église presbytérienne, nourrie du Petit Catéchisme, et parfaitement orthodoxe. Ce matin-là, je parlai à la conférence sur la personnalité du Saint-Esprit. Quand l’allocution fut terminée, nous attendions sur la véranda de l’hôtel le tramway qui devait nous ramener en ville. Ma parente se tourna vers moi et me dit : « Archie, je n’avais encore jamais pensé à cela comme à une personne. » Eh bien, moi non plus, je n’avais jamais pensé à cela comme à une personne ; mais, grâce à Dieu, j’en étais venu à le connaître, lui, comme une personne.
2. En second lieu, il est de la plus haute importance, d’un point de vue pratique, que nous connaissions le Saint-Esprit comme une personne. Si vous pensez au Saint-Esprit, comme le font tant de gens, même parmi les chrétiens, comme à une simple influence ou à une simple puissance, votre pensée sera : « Comment puis-je me saisir du Saint-Esprit et m’en servir ? » Mais si vous pensez à lui, selon la Bible, comme à une Personne divine, votre pensée sera : « Comment le Saint-Esprit peut-il se saisir de moi et se servir de moi ? » N’y a-t-il aucune différence entre la pensée de l’homme, ce ver, se servant de Dieu pour broyer la montagne, et celle de Dieu se servant de l’homme, ce ver, pour broyer la montagne ? La première conception est païenne ; elle ne diffère pas essentiellement de celle de l’adorateur de fétiches africain qui se sert de son dieu. La seconde conception, celle de Dieu le Saint-Esprit se saisissant de nous et se servant de nous, est élevée et chrétienne. Si vous pensez au Saint-Esprit simplement comme à une influence ou à une puissance, votre pensée sera : « Comment puis-je avoir davantage du Saint-Esprit ? » Mais si vous pensez à lui, selon la Bible, comme à une personne, votre pensée sera : « Comment le Saint-Esprit peut-il avoir davantage de moi ? » La première conception, celle du Saint-Esprit comme simple influence ou puissance, conduit inévitablement à la confiance en soi, à l’exaltation de soi, à l’étalage de soi. Si vous pensez au Saint-Esprit comme à une influence ou à une puissance, et que vous vous imaginiez ensuite avoir reçu le Saint-Esprit, le résultat inévitable sera que vous vous pavanerez comme si vous apparteniez à une catégorie supérieure de chrétiens. Je me souviens d’une femme qui vint me trouver un après-midi, à la conférence biblique de Northfield, à la fin d’une allocution, et qui me dit : « Frère Torrey, je veux vous poser une question ; mais avant cela, je veux que vous compreniez bien que je suis une femme du Saint-Esprit. » J’en ai frémi. Cela n’en avait pas l’air. Mais, d’un autre côté, si vous pensez au Saint-Esprit, selon la Bible, comme à une Personne divine d’une majesté infinie, qui vient habiter dans nos cœurs, prendre possession de nous et se servir de nous, cela conduit au renoncement à soi, à l’abnégation, à l’humiliation de soi. Je ne connais aucune pensée plus propre à mettre quelqu’un dans la poussière et à l’y maintenir que cette grande vérité biblique du Saint-Esprit, Personne divine, venant établir sa demeure dans nos cœurs, prendre possession de nos vies et se servir de nous.
3. La doctrine de la personnalité du Saint-Esprit est de la plus haute importance du point de vue de l’expérience. Des milliers et des dizaines de milliers d’hommes et de femmes chrétiens peuvent témoigner d’une transformation complète de leur expérience pour avoir appris à connaître le Saint-Esprit comme une personne. En fait, cette allocution sur la personnalité du Saint-Esprit, que j’ai donnée en substance dans presque chaque ville où j’ai jamais tenu une série de réunions, porte, à certains égards, sur le sujet apparemment le plus abstrait et le plus technique que j’aie jamais tenté de traiter devant un auditoire populaire ; et pourtant, malgré cela, plus d’hommes et de femmes sont venus me trouver à la fin de cette allocution, et plus m’ont écrit, pour témoigner d’une bénédiction personnelle reçue, qu’à la suite de toute autre allocution que Dieu m’a permis de donner.
II. QUATRE LIGNES DE PREUVE DE LA PERSONNALITÉ DU SAINT-ESPRIT
Il y a quatre lignes de preuve séparées et distinctes de la personnalité du Saint-Esprit.
1. La première ligne de preuve de la personnalité du Saint-Esprit est que toutes les marques ou caractéristiques distinctives de la personnalité sont attribuées au Saint-Esprit dans la Bible. Quelles sont les caractéristiques distinctives de la personnalité ? La connaissance, le sentiment et la volonté. Tout être qui connaît, qui sent et qui veut est une personne. Souvent, quand vous dites que le Saint-Esprit est une personne, les gens comprennent que vous voulez dire que le Saint-Esprit a des mains et des pieds, des doigts et des orteils, des yeux, des oreilles, un nez, une bouche, et ainsi de suite. Mais ce ne sont pas là les marques de la personnalité ; ce sont les marques de la corporéité. Tout être qui connaît, qui pense et qui veut est une personne, qu’il ait un corps ou non. Or toutes ces caractéristiques de la personnalité sont attribuées au Saint-Esprit dans la Bible.
(1) Ouvrez votre Bible à 1 Corinthiens 2:11. « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu. » Ici, la connaissance est attribuée au Saint-Esprit. En d’autres termes, le Saint-Esprit n’est pas une simple illumination qui vient à votre esprit et au mien, par laquelle notre intelligence est éclairée et fortifiée pour voir des vérités qu’elle ne découvrirait pas autrement. Le Saint-Esprit est une Personne : il connaît lui-même les choses de Dieu, et il nous révèle ce qu’il connaît lui-même.
(2) Ouvrez maintenant à 1 Corinthiens 12:11 : « Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut. » Ici, la volonté est attribuée au Saint-Esprit. La pensée est clairement que le Saint-Esprit n’est pas une puissance divine dont nous nous saisissons et dont nous nous servons selon notre volonté, mais que le Saint-Esprit est une personne qui se saisit de nous et se sert de nous selon sa volonté. C’est l’un des faits les plus fondamentaux concernant le Saint-Esprit, et nous devons le garder à l’esprit si nous voulons entrer dans de justes relations avec lui. Plus de gens s’égarent sur ce point que sur presque aucun autre. Ils cherchent à se saisir d’une puissance divine dont ils puissent se servir selon leur volonté. Je remercie Dieu de tout cœur qu’il n’existe aucune puissance divine dont je puisse me saisir et me servir selon ma volonté. Que ferais-je, moi, dans ma folie et mon ignorance, d’une puissance divine ? Quel mal ne pourrais-je pas faire ! Mais d’un autre côté, je suis plus heureux encore de ce que, s’il n’existe aucune puissance divine dont je puisse me saisir et me servir selon ma volonté insensée, il existe une Personne divine qui peut se saisir de moi et se servir de moi selon sa volonté infiniment sage et pleine d’amour.
(3) Passez maintenant à Romains 8:27. « et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. » Ce que je désire que vous remarquiez ici, c’est l’expression « la pensée de l’Esprit ». Le mot grec traduit ici par « pensée » est un mot très large, qui contient à la fois l’idée de réflexion et celle de dessein. C’est le même mot qui est employé au verset 7 du chapitre, où nous lisons : « la pensée de la chair est inimitié contre Dieu » ; et là, l’idée n’est pas seulement que la pensée de la chair est contre Dieu, mais que toute la vie morale et intellectuelle de la chair est inimitié contre Dieu.
(4) Venons-en maintenant à un passage des plus remarquables — Romains 15:30. « Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur. » Ce que je désire que vous remarquiez dans ce verset, ce sont les mots « l’amour de l’Esprit ». C’est une pensée merveilleuse. Elle nous enseigne que le Saint-Esprit n’est pas une simple influence ou puissance aveugle, si bienfaisante soit-elle, qui entre dans nos cœurs et dans nos vies, mais qu’il est une Personne divine qui nous aime de l’amour le plus tendre. Je me demande combien d’entre nous ont jamais beaucoup réfléchi à « l’amour de l’Esprit ». Je me demande combien d’entre nous, pasteurs présents ici aujourd’hui, ont jamais prêché un sermon sur l’amour de l’Esprit. Je me demande combien d’entre vous ont jamais entendu un sermon sur l’amour de l’Esprit. Chaque jour de votre vie, vous vous agenouillez devant Dieu le Père — du moins je l’espère — et vous dites : « Père céleste, je te remercie pour ton grand amour, qui t’a conduit à donner ton Fils, pour qu’il descende dans ce monde et meure sur la croix du Calvaire à ma place. » Chaque jour de votre vie, vous vous agenouillez, vous levez les yeux vers la face de Jésus-Christ le Fils, et vous dites : « Fils béni de Dieu, je te remercie pour ce grand amour qui t’a conduit à descendre dans ce monde, dans l’obéissance au Père, et à mourir à ma place sur la croix du Calvaire. » Mais vous êtes-vous jamais agenouillés pour lever les yeux vers le Saint-Esprit et lui dire : « Saint-Esprit, je te remercie pour ce grand amour qui est le tien » ? Et pourtant, nous devons notre salut tout aussi véritablement à l’amour du Saint-Esprit qu’à l’amour du Père et à l’amour du Fils. Sans l’amour de Dieu le Père pour moi, qui a abaissé ses regards sur moi dans mon état de perdition — oui, qui a prévu ma chute et ma ruine — et qui a envoyé son Fils dans ce monde pour mourir sur la croix, pour mourir à ma place, je serais en enfer aujourd’hui. Sans l’amour de Jésus-Christ, le Fils, descendu dans ce monde dans l’obéissance au Père pour donner sa vie, sacrifice expiatoire parfait, sur la croix du Calvaire, à ma place, je serais en enfer aujourd’hui. Mais sans l’amour du Saint-Esprit pour moi, lui qui est descendu dans ce monde dans l’obéissance au Père et au Fils, qui m’a cherché dans mon état de perdition, qui m’a suivi jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, quand je ne voulais pas l’écouter, quand je lui tournais délibérément le dos, quand je l’outrageais, qui m’a suivi jusque dans des lieux où ce dut être une agonie, pour un Être si saint, que d’y aller, qui m’a suivi jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, année après année, jusqu’à ce qu’enfin il réussisse à me ramener à la raison, à me faire comprendre mon état de perdition totale, qu’il me révèle le Seigneur Jésus comme le Sauveur même dont j’avais besoin, et qu’il m’amène à recevoir le Seigneur Jésus comme mon Sauveur et mon Seigneur et m’en rende capable ; sans cet amour patient, longanime, jamais lassé, de l’Esprit de Dieu pour moi, je serais en enfer aujourd’hui.
(5) Passez maintenant à un passage de l’Ancien Testament : Néhémie 9:20. « Tu leur donnas ton bon Esprit pour les rendre sages, tu ne refusas point ta manne à leur bouche, et tu leur fournis de l’eau pour leur soif. » Ici, l’intelligence et la bonté sont toutes deux attribuées au Saint-Esprit. Ce passage n’ajoute rien à la pensée que nous avons déjà vue ; je l’ai cité simplement parce qu’il est tiré de l’Ancien Testament. Certains disent que la doctrine de la personnalité du Saint-Esprit se trouve dans le Nouveau Testament, mais non dans l’Ancien ; or nous la trouvons ici aussi clairement dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. Bien sûr, nous ne la trouvons pas aussi fréquemment dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau, car nous sommes dans la dispensation du Saint-Esprit ; mais la doctrine de la personnalité du Saint-Esprit est bien là, dans l’Ancien Testament. Beaucoup disent que la doctrine de la Trinité ne se trouve pas dans l’Ancien Testament : qu’elle est dans le Nouveau, mais pas dans l’Ancien. Mais elle est dans l’Ancien, dès le tout premier chapitre de la Bible. En Genèse 1:26, nous lisons : « Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Ici, la pluralité des personnes dans la Divinité ressort clairement. Dieu n’a pas dit : « Je ferai », ou : « Que je fasse l’homme à mon image. » Il a dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Les trois personnes de la Trinité se trouvent dans les trois premiers versets de la Bible : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » Voilà Dieu le Père. « La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » Voilà le Saint-Esprit. « Dieu dit: » voilà la Parole, « Que la lumière soit! Et la lumière fut. » Nous avons ici les trois personnes de la Trinité dans les trois premiers versets de la Bible. En fait, la doctrine de la Trinité se trouve des centaines de fois dans l’Ancien Testament. Dans la Bible hébraïque, elle apparaît partout où vous trouvez le mot Dieu dans votre Bible, car le mot hébreu pour Dieu est un nom pluriel. Traduit littéralement, ce serait « Dieux » et non Dieu. Dans le passage même que les unitariens et les Juifs, qui rejettent la divinité de Christ, citent si souvent comme prouvant de façon concluante que la divinité de Christ ne peut être vraie, à savoir Deutéronome 6:4, se trouve la doctrine même qu’ils cherchent à réfuter ; car Deutéronome 6:4, traduit littéralement, se lirait : « Écoute, Israël ! Jéhovah nos Dieux est un seul Jéhovah. » Pourquoi les Hébreux, avec leur monothéisme intense, employaient-ils un nom pluriel pour Dieu ? C’est la question qui embarrassait les grammairiens et les lexicographes hébreux, et la meilleure explication à laquelle ils purent parvenir fut que le pluriel ici employé pour Dieu était le pluralis majestatis, le pluriel de majesté. Cette explication est tout à fait insuffisante, sans parler du fait que le pluralis majestatis dans l’Ancien Testament est une figure d’une validité très douteuse. Il existe une autre explication, bien plus proche, et bien plus adéquate et satisfaisante : c’est que les écrivains hébreux inspirés emploient un nom pluriel pour Dieu, en dépit de leur monothéisme intense, parce qu’il y a une pluralité de personnes dans l’unique Divinité.
(6) Tournez maintenant à Éphésiens 4:30. « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. » Ici, c’est l’affliction qui est attribuée au Saint-Esprit. Autrement dit, le Saint-Esprit n’est pas une simple influence ou une simple puissance aveugle et impersonnelle qui vient habiter dans votre cœur et dans le mien, mais une personne, une personne qui nous aime, une personne qui est sainte et d’une sensibilité extrême à l’égard du péché, une personne qui recule devant le péché sous ce que nous appelons ses formes les plus légères, comme la femme la plus sainte de la terre n’a jamais reculé devant le péché sous ses formes les plus grossières et les plus repoussantes. Et il voit tout ce que nous faisons, il entend tout ce que nous disons, il voit jusqu’à nos pensées ; pas une fantaisie vagabonde n’est admise à se loger un instant dans notre esprit sans qu’il la voie. Et s’il y a quoi que ce soit d’impur, d’impie, d’impudique, de mensonger, de faux, de médisant ou de contraire à Christ de quelque manière que ce soit, il en est attristé au-delà de toute expression. C’est une pensée merveilleuse, et c’est pour moi le plus puissant encouragement que je connaisse à une marche chrétienne. Combien de jeunes gens sont retenus de faire des choses qu’ils feraient autrement par la pensée que, s’ils les faisaient, leur mère pourrait l’apprendre et en serait attristée au-delà de toute expression ! Combien de jeunes gens sont venus dans la grande ville et, à quelque heure de tentation, ont été sur le point d’entrer dans un lieu où aucun homme qui se respecte ne devrait jamais mettre les pieds ; mais, au moment même où leur main était sur la poignée et où ils allaient ouvrir la porte, cette pensée leur est venue : « Si j’entrais là, ma mère pourrait l’apprendre, et si elle l’apprenait, cela la tuerait presque », et ils se sont détournés sans entrer ; mais il y a Quelqu’un de plus saint que la plus sainte des mères que nous ayons jamais connues, Quelqu’un qui nous aime d’un amour plus tendre que celui dont notre propre mère nous aime, et qui voit tout ce que nous faisons, non seulement au grand jour mais à la faveur de la nuit ; qui entend chaque parole que nous prononçons, chaque parole légère qui s’échappe de nos lèvres ; qui voit chaque pensée que nous entretenons, oui, qui voit chaque fantaisie fugitive à laquelle nous permettons de se loger un instant dans notre esprit ; et s’il y a quoi que ce soit d’impie, d’impur, d’impudique, d’inconvenant, de désobligeant, de dur, de médisant ou de contraire à Christ de quelque manière que ce soit, en acte, en parole ou en pensée, il le voit et il en est attristé au-delà de toute expression. Oh ! combien de fois m’est venue à l’esprit quelque pensée ou quelque imagination, je ne sais de quelle source, mais que je n’aurais pas dû entretenir ; et au moment même où j’allais lui donner asile, cette pensée m’est venue : « Le Saint-Esprit voit cela et il en sera attristé », et la pensée s’en est allée. Garder dans notre esprit cette pensée du Saint-Esprit nous aidera à résoudre toutes les questions qui embarrassent aujourd’hui le jeune croyant. Par exemple, la question : « Dois-je, en tant que chrétien, aller au théâtre ou au cinéma ? » Eh bien, si vous y allez, le Saint-Esprit ira ; car il habite dans le cœur de tout croyant et va partout où va le croyant. Avez-vous jamais été de votre vie dans un théâtre ou dans une salle de cinéma où vous ayez pensé que l’atmosphère du lieu serait agréable à l’Esprit Saint ? Sinon, n’y allez pas. Dois-je, en tant que chrétien, aller au bal ? Eh bien, ici encore, si vous y allez, le Saint-Esprit ira sûrement. Avez-vous jamais été de votre vie dans un bal où vous ayez cru que l’atmosphère du lieu serait agréable au Saint-Esprit ? Dois-je, en tant que chrétien, jouer aux cartes ? Avez-vous jamais été, dans toute votre vie, à une partie de cartes, fût-ce la plus choisie des petites réunions entre voisins, ou même une réunion de famille autour d’un jeu de cartes, où vous ayez pensé que l’atmosphère du lieu serait agréable au Saint-Esprit ? Sinon, ne jouez pas. Il en est ainsi de toutes les questions qui se présentent et que certains d’entre nous trouvent si difficiles à trancher : cette pensée du Saint-Esprit vous aidera à les trancher toutes, et à les trancher comme il faut, si vous désirez réellement les trancher comme il faut, et non simplement faire ce qui vous plaît.
2. La deuxième ligne de preuve de la personnalité du Saint-Esprit, c’est que bien des actions sont attribuées au Saint-Esprit, que seule une personne peut accomplir. La Bible en offre de nombreux exemples ; mais je limiterai notre examen, ce matin, à trois cas.
(1) Revenez au 2e chapitre de 1 Corinthiens. Au 10e verset, nous lisons : « Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » Ici, le Saint-Esprit est présenté comme sondant les profondeurs de Dieu. Autrement dit, comme nous l’avons dit sous notre rubrique précédente, le Saint-Esprit n’est pas une simple illumination par laquelle nos esprits sont rendus clairs et forts pour saisir une vérité qu’ils ne découvriraient pas autrement : le Saint-Esprit est une personne, qui sonde lui-même les profondeurs de Dieu et nous révèle les choses qu’il découvre. De telles paroles ne pourraient être dites que d’une personne.
(2) Tournez maintenant à Romains 8:26 « De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables » Ici, le Saint-Esprit est présenté comme faisant ce que seule une personne peut faire : prier. Le Saint-Esprit n’est pas une simple influence qui vient nous pousser à la prière, ni une simple direction qui nous guide quand nous présentons nos prières. Il est lui-même une personne qui prie. Tout croyant en Christ a deux Personnes divines qui prient pour lui. Premièrement, le Fils, notre Avocat auprès du Père, qui est toujours vivant pour intercéder pour nous, là-haut, à la droite de Dieu, à la place de la puissance (Jean 2:1 et Hébreux 7:25). Deuxièmement, le Saint-Esprit, qui prie à travers nous, ici-bas. Oh ! quelle pensée merveilleuse : nous avons ces deux personnes divines qui prient pour nous chaque jour ! Quel sentiment de sécurité cela nous donne !
(3) Tournez maintenant à deux autres passages étroitement liés. Jean 14:26. « Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » Ici, le Saint-Esprit est présenté comme faisant ce que seule une personne pourrait faire, à savoir enseigner. Nous trouvons la même pensée en Jean 16:12-14. « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » Ici encore, le Saint-Esprit est présenté comme un maître vivant et personnel. C’est notre privilège d’avoir aujourd’hui pour maître le Saint-Esprit, une personne vivante. Chaque fois que nous étudions notre Bible, il nous est possible d’avoir cette Personne divine, l’auteur du Livre, pour nous l’interpréter et nous en enseigner le sens. C’est une pensée précieuse. Combien d’entre nous ont souvent pensé, en entendant quelque grand maître humain que Dieu a particulièrement béni pour nous : « Oh ! si seulement je pouvais entendre cet homme chaque jour, je pourrais alors faire quelque progrès dans ma vie chrétienne » ; mais nous pouvons avoir chaque jour pour maître un maître bien plus compétent que le plus grand maître humain qui ait jamais parlé : le Saint-Esprit.
3. La troisième ligne de preuve de la personnalité du Saint-Esprit, c’est qu’une fonction est attribuée au Saint-Esprit, qui ne pourrait être attribuée qu’à une personne. Voyez par exemple Jean 14:16, 17. Nous y lisons : « Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » Ici, le Saint-Esprit est présenté comme un autre consolateur qui vient prendre la place de notre Seigneur Jésus. Jusque-là, notre Seigneur Jésus avait été l’ami toujours présent pour les aider dans chaque difficulté qui survenait. Mais maintenant il s’en allait, et leurs cœurs étaient remplis de consternation ; et il leur dit que, tandis qu’il s’en va, un autre vient prendre sa place. Pouvez-vous imaginer notre Seigneur Jésus disant cela, si l’autre qui venait prendre sa place n’était qu’une influence ou une puissance impersonnelle ? Pouvez-vous imaginer notre Seigneur Jésus disant ce qu’il dit en Jean 16:7 : « Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. », si ce qui venait prendre sa place n’était pas une autre personne mais une simple influence ou puissance ? Dans ce cas, est-il un seul instant concevable que notre Seigneur ait pu dire qu’il était avantageux que lui, une Personne divine, s’en aille, et qu’une simple influence ou puissance, si divine soit-elle, vienne prendre sa place ? Non ! Non ! Ce que notre Seigneur a dit, c’est que lui, une Personne divine, s’en allait, mais qu’une autre Personne, tout aussi divine, venait prendre sa place. Cette promesse est pour moi l’une des plus précieuses de toute la Parole de Dieu pour la présente dispensation : la pensée que, pendant l’absence de mon Seigneur, jusqu’à ce jour heureux où il reviendra, une autre Personne, tout aussi divine que lui, est à mes côtés, oui, habite dans mon cœur à chaque instant pour communier avec moi et pour m’aider dans toute difficulté qui puisse survenir. Vous savez, je suppose, que le mot grec traduit par Consolateur dans ces versets signifie plus que Consolateur. Il signifie Consolateur, et bien d’autres choses encore. Le mot grec ainsi traduit est parakletos. C’est un mot composé, formé du mot para, qui signifie à côté, et de kletos, appelé : « Celui qui est appelé à se tenir à côté d’un autre » pour prendre son parti et l’aider dans chaque difficulté qui survient. C’est le même mot qui est traduit par « avocat » en 1 Jean 2:1 : « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat (parakleton) auprès du Père, Jésus-Christ le juste. » Mais le mot « Avocat » ne rend pas toute la force du mot. Étymologiquement, il signifie à peu près la même chose. Avocat est un mot latin passé dans notre langue. Ce mot est composé de deux mots, ad, qui signifie vers, et vocatus, appelé, c’est-à-dire celui qui est appelé auprès d’un autre pour prendre son parti ou pour l’aider. Mais dans notre usage courant, il a pris un sens restreint. Le mot grec, comme nous l’avons déjà dit, signifie « celui qui est appelé à côté d’un autre », et la pensée est celle d’un aide toujours présent, avec son conseil, sa force et toute forme d’aide nécessaire. Jusque-là, le Seigneur Jésus lui-même avait été leur Paraclet, l’ami toujours présent pour les aider. Chaque fois qu’ils se trouvaient dans quelque difficulté, ils se tournaient simplement vers lui. Par exemple, un jour, ils étaient perplexes au sujet de la prière, et ils dirent au Seigneur : « Seigneur, enseigne-nous à prier. » Et il leur enseigna à prier. Une autre fois, alors que Jésus venait vers eux en marchant sur les eaux, quand leur première frayeur fut passée et qu’il leur eut dit : « C’est moi; n’ayez pas peur », Pierre lui dit : « Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. » Et le Seigneur dit : « Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. » Alors Pierre enjamba le bord de la barque de pêche et se mit à aller vers Jésus en marchant sur les eaux. Apparemment, il se retourna, détourna les yeux du Seigneur et regarda la barque pour voir si les autres disciples, Jean et Jacques, et les autres, remarquaient combien il s’en tirait bien ; mais à peine eut-il détourné les yeux du Seigneur qu’il commença à enfoncer, et il s’écria : « Seigneur, sauve-moi! », et Jésus étendit la main et le soutint. De même, quand ils se trouvaient dans quelque autre difficulté, ils se tournaient vers le Seigneur, et il les délivrait. Mais maintenant il s’en allait, la consternation remplissait leurs cœurs, et le Seigneur leur dit : « Oui, je m’en vais, mais un autre, tout aussi divin, tout aussi capable de vous aider, vient prendre ma place » ; et cet autre Paraclet est avec nous partout où nous allons, à toute heure du jour et de la nuit. Il est toujours à nos côtés. Si cette pensée entre dans votre cœur et y demeure, vous n’aurez plus jamais un instant de crainte, aussi longtemps que vous viviez. Comment pourrions-nous craindre en quelque circonstance que ce soit, s’il est à nos côtés ? Vous pouvez être entouré d’une foule hurlante. Mais qu’importe, s’il marche entre vous et la foule ? Cette pensée bannira toute crainte. J’en ai eu une illustration frappante dans ma propre expérience, il y a quelques années. Je parlais à une conférence biblique au lac Kenka, dans l’État de New York. J’avais un cousin qui possédait un chalet à quatre milles plus haut sur le lac, et j’y montai passer mon jour de repos avec lui. Le lendemain, il me ramena dans sa chaloupe à vapeur jusqu’à l’embarcadère où se tenait la conférence. Comme je descendais de la chaloupe sur l’embarcadère, il me dit : « Revenez ce soir passer la nuit chez nous » ; et je lui promis de le faire ; mais je ne me rendais pas compte de ce que je promettais. Ce soir-là, l’allocution terminée, comme je sortais de l’hôtel et me mettais en route, je m’aperçus que je m’étais engagé dans une rude entreprise. Le chalet était à quatre milles ; une marche de quatre milles ou de huit milles n’était rien en temps ordinaire, mais un orage se préparait, tout le ciel était couvert. Le sentier longeait une falaise qui bordait le lac, tout près du bord de la falaise. Par endroits, le lac n’était peut-être pas à plus de dix ou douze pieds en contrebas, ailleurs à quelque trente ou quarante pieds. Je n’avais jamais pris ce sentier auparavant et, comme il n’y avait pas d’étoiles, je ne pouvais pas du tout voir le chemin. De plus, un orage précédent avait déjà creusé en travers du sentier de profondes rigoles où l’on risquait de tomber et de se casser la jambe. Je ne pouvais voir ces rigoles qu’à la lueur soudaine d’un éclair ; alors j’en apercevais une, puis il faisait plus sombre, et j’étais plus aveugle que jamais. Tandis que je marchais sur ce sentier, si près du bord de la falaise, avec tous ces sillons qui le coupaient, je sentis qu’il était périlleux de faire ce trajet et je pensai à rebrousser chemin ; puis cette pensée me vint : « Tu as promis de venir ce soir, et ils sont peut-être encore debout à t’attendre. » Je sentis donc que je devais continuer. Mais il me semblait inquiétant et sinistre de marcher au bord de cette falaise sur un sentier si incertain que je ne pouvais le voir, n’entendant que les sanglots, les plaintes et les gémissements du lac au pied de la falaise, tandis qu’il se soulevait dans l’orage qui approchait rapidement. Alors cette pensée me vint : qu’as-tu donc dit aux gens, là-bas, à la conférence, au sujet du Saint-Esprit, une Personne toujours à nos côtés ? Et aussitôt je me rendis compte que le Saint-Esprit marchait entre moi et le bord de la falaise ; et ces quatre milles dans l’obscurité furent quatre milles sans une crainte, une marche joyeuse au lieu d’une marche effrayante. J’ai un jour lancé cette pensée au Royal Albert Hall, à Londres, par un sombre et lugubre après-midi de février. Il y avait dans l’auditoire une jeune femme qui avait très peur du noir. Il lui semblait tout simplement impossible d’entrer seule dans une pièce obscure. Après la réunion, elle se hâta de rentrer chez elle, se précipita dans la pièce où sa mère était assise et s’écria : « Oh ! maman, j’ai entendu cet après-midi l’allocution la plus merveilleuse sur le Saint-Esprit, toujours à nos côtés comme notre aide et notre protecteur toujours présent. Je n’aurai plus jamais peur du noir. » Sa mère était une Anglaise pratique, et elle lui dit : « Eh bien, voyons si c’est réel. Monte maintenant au dernier étage, dans la pièce obscure, ferme la porte et restes-y seule dans le noir. » La fille monta l’escalier en bondissant, entra dans la pièce obscure, ferma la porte, et il y faisait nuit noire ; et « Oh ! », m’écrivit-elle le lendemain, « il faisait noir, complètement noir, mais cette pièce était lumineuse et glorieuse de la présence du Saint-Esprit. »
Dans cette pensée se trouve aussi le remède à l’insomnie. L’un d’entre vous a-t-il jamais souffert d’insomnie ? Moi, oui. Pendant deux années sombres et terribles. Soir après soir, je me couchais, mort de sommeil, me semblait-il, et je pensais que j’allais certainement dormir, tant j’avais peine à garder les yeux ouverts ; mais à peine ma tête avait-elle touché l’oreiller que je savais que je ne dormirais pas, et j’entendais l’horloge sonner minuit, une heure, deux heures, trois heures, quatre heures, cinq heures, six heures, et alors il était temps de se lever. Il me semblait que je ne dormais pas du tout, bien que je ne doute pas d’avoir dormi : car je crois que ceux qui souffrent d’insomnie dorment plus qu’ils ne le pensent, sans quoi nous mourrions ; mais il me semblait que je ne dormais pas du tout, et cela dura deux années entières, au point que je pensais que si je ne parvenais pas à dormir, je perdrais la raison. Puis vint la délivrance. Pendant des années, je me couchais et m’endormais presque aussitôt que ma tête touchait l’oreiller. Mais un soir, je me couchai à l’Institut biblique de Chicago, où je logeais alors. Je m’attendais à m’endormir presque immédiatement, comme j’en avais pris l’habitude, mais à peine ma tête avait-elle touché l’oreiller que je sus que je n’allais pas dormir. L’Insomnie était de retour. Si vous l’avez jamais connue, vous la reconnaîtrez toujours. Il me semblait que l’Insomnie était assise au pied de mon lit comme un petit diablotin, ricanant et me disant : « Je suis revenue pour deux ans encore. » « Oh ! pensai-je, deux ans encore de cette affreuse insomnie. » Mais ce matin-là même, j’avais enseigné aux étudiants, dans la salle de cours de l’étage au-dessous, la personnalité du Saint-Esprit, et cette pensée me vint presque aussitôt : « Que disais-tu donc ce matin aux étudiants, en bas, sur le Saint-Esprit qui est toujours avec nous ? » Et je me dis : « Pourquoi ne mets-tu pas en pratique ce que tu prêches ? » Alors je levai les yeux et dis : « Ô toi, bienheureux Saint-Esprit de Dieu, tu es ici ; si tu as quelque chose à me dire, j’écouterai. » Et il me découvrit quelques-unes des choses douces et précieuses qui concernent Jésus-Christ, remplissant mon âme de calme, de paix et de joie ; et, la première chose que je sus, je dormais, et la suivante, c’était déjà le lendemain matin ; et chaque fois que l’Insomnie est revenue depuis s’asseoir au pied de mon lit, j’ai fait la même chose, et cela n’a jamais manqué.
Dans cette pensée se trouve aussi le remède à toute solitude. Si la pensée du Saint-Esprit comme d’un Ami toujours présent, toujours à portée de la main, entre une fois dans votre cœur et y demeure, vous ne connaîtrez plus jamais un seul moment de solitude tant que vous vivrez. Ma vie, pendant la plus grande partie des seize dernières années, a été une vie solitaire. J’ai souvent été séparé de toute ma famille pendant des mois. Il m’est arrivé de ne pas voir ma femme pendant deux ou trois mois d’affilée, et pendant dix-huit mois je n’ai vu aucun membre de ma famille, sauf ma femme. Un soir, j’arpentais le pont d’un vapeur dans les mers du Sud, entre la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie. C’était une nuit de tempête. La plupart des autres passagers étaient en bas, malades ; ni les officiers ni les matelots ne pouvaient marcher avec moi, car ils avaient fort à faire à veiller sur le navire. Je devais arpenter le pont seul. Quatre des cinq autres membres de ma famille étaient de l’autre côté du globe, à dix-sept mille milles de là par la route la plus courte par laquelle j’aurais pu les rejoindre, et le seul membre de ma famille qui était plus près n’était pas avec moi ce soir-là. Tandis que j’arpentais le pont tout seul, je me mis à penser aux quatre enfants, à dix-sept mille milles de là, et j’étais sur le point de me sentir bien seul, lorsque me vint la pensée du Saint-Esprit à mes côtés, faisant avec moi chacun de mes pas, et toute solitude disparut. J’ai exprimé cette pensée il y a quelques années dans la ville de Saint-Paul, et à la fin du discours un médecin vint me trouver et me dit : « Je tiens à vous remercier de cette pensée. On m’appelle souvent la nuit pour aller seul, à travers l’obscurité et la tempête, loin dans la campagne, et je me suis senti bien seul ; mais je ne me sentirai plus jamais seul, car je saurai qu’à chaque pas du chemin le Saint-Esprit est à côté de moi dans mon cabriolet de médecin. »
Dans cette même vérité précieuse se trouve le remède au cœur brisé. Oh ! combien de cœurs brisés il y a aujourd’hui dans le monde, surtout en ces jours de guerre, de carnage et de mort ! Beaucoup d’entre nous ici ont perdu des êtres chers. Beaucoup d’autres, selon toute probabilité, en perdront au cours des mois qui sont juste devant nous. Mais nous n’avons pas besoin d’avoir un seul moment de chagrin, si seulement nous connaissons la communion du Saint-Esprit. Il y a peut-être ici aujourd’hui quelque femme qui, il y a un an, ou quelques mois, ou quelques semaines, ou quelques jours, avait à ses côtés un homme qu’elle aimait tendrement, un homme si fort et si sage qu’elle était délivrée de tout sentiment de responsabilité et de souci ; car tous les fardeaux reposaient sur lui, et combien la vie était lumineuse et heureuse en sa compagnie ! Mais le jour sombre est venu où cet être aimé lui a été enlevé, et combien la vie est aujourd’hui solitaire, vide, stérile, pleine de fardeaux et de soucis ! Écoutez ! Il y a Quelqu’un qui marche juste à vos côtés, plus sage, plus fort et plus aimant que le mari le plus sage, le plus fort et le plus aimant qui ait jamais vécu, prêt à porter tous les fardeaux et toutes les responsabilités de la vie, oui, prêt à faire bien davantage : à entrer et à demeurer dans votre cœur, à remplir chaque recoin de votre cœur vide et douloureux, et à bannir ainsi pour toujours toute solitude et tout chagrin. J’ai dit cela un après-midi au Saint Andrews Hall, à Glasgow. À la fin du discours, comme je passais dans le salon de réception, une dame qui s’était hâtée pour me rencontrer s’approcha de moi. Elle portait un bonnet de veuve, son visage portait les marques d’un profond chagrin, mais il y avait maintenant sur ce visage une expression heureuse. Elle se hâta vers moi et dit : « Docteur Torrey, c’est aujourd’hui l’anniversaire de la mort de mon cher mari » (son mari était l’un des chrétiens les plus estimés de Glasgow) « et je suis venue aujourd’hui au Saint Andrews Hall en me disant : “Le docteur Torrey aura quelque chose à dire qui m’aidera.” Oh ! continua-t-elle, vous avez dit exactement la parole qu’il fallait ! Je ne me sentirai plus jamais seule, je n’aurai plus jamais le cœur brisé. Je laisserai le Saint-Esprit entrer et remplir chaque recoin douloureux de mon cœur. » Dix-huit mois passèrent ; j’étais de nouveau en Écosse, prenant quelques jours de vacances sur les lochs de la Clyde, à bord du yacht privé d’un ami. Un jour, nous nous arrêtâmes au large d’une pointe ; un petit bateau quitta la pointe et vint se ranger le long du yacht à vapeur. La première personne qui grimpa le long du flanc du yacht et monta sur le pont fut cette veuve. Me voyant debout sur le pont, elle traversa en hâte, prit ma main dans les deux siennes, et avec un sourire radieux elle dit : « Oh ! docteur Torrey, la pensée que vous m’avez donnée au Saint Andrews Hall cet après-midi-là demeure toujours avec moi, et je n’ai pas eu une heure de solitude ni de tristesse depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui. »
Mais c’est dans notre œuvre chrétienne que cette pensée nous vient avec le plus de puissance et de secours. Prenez ma propre expérience. Je suis devenu pasteur simplement parce qu’il le fallait, sous peine d’être perdu pour toujours. Je ne veux pas dire que je suis sauvé parce que je prêche l’Évangile ; je suis sauvé uniquement sur le fondement du sang expiatoire de Christ, et de lui seul ; mais le fait que je devienne chrétien et que je l’accepte comme mon Sauveur dépendait de ma décision de prêcher l’Évangile. Pendant six ans, je refusai de me déclarer chrétien parce que je ne voulais pas prêcher, et je sentais que, si je devenais chrétien, il me faudrait prêcher. Le soir de ma conversion, je ne dis pas : « J’accepterai Christ », ni : « Je renoncerai à mes péchés » ; je dis : « Je prêcherai. » Mais s’il y eut jamais un homme que son tempérament naturel rendait impropre à la prédication, c’était bien moi. J’étais un de ces garçons d’une timidité maladive. Un étranger pouvait à peine m’adresser la parole sans que je rougisse jusqu’à la racine des cheveux. De toutes les tortures que j’endurai à l’école, aucune n’était aussi grande que celle de réciter un morceau. Me tenir debout sur l’estrade, avec tous les élèves qui me regardaient, je pouvais à peine le supporter ; et quand je devais réciter et que ma propre mère et mon père me demandaient de leur réciter le morceau avant que je parte pour l’école, j’étais tout simplement incapable de le réciter devant mon propre père et ma propre mère. Imaginez un homme pareil entrant dans le ministère. Même lorsque j’étais à l’université Yale, quand je rentrais à la maison pour les vacances et que ma mère avait des visites et me faisait appeler pour venir les saluer, je ne pouvais pas dire un mot. Après leur départ, ma mère me disait : « Archie, pourquoi n’as-tu rien dit à Mme S. ou à Mme D. ? » et je répondais : « Mais, maman, j’ai parlé ! » et elle répliquait : « Tu n’as pas émis un son. » Je croyais avoir parlé, mais les mots n’allaient pas plus loin que ma gorge et s’y étouffaient. J’étais si timide que je ne pris jamais la parole dans une réunion de prière de l’Église avant d’être entré au séminaire de théologie. Alors je me dis que, si je devais être prédicateur, il me fallait au moins être capable de parler dans la réunion de prière de ma propre Église. Je résolus de le faire. J’appris un morceau par cœur. Je m’en rappelle encore une partie aujourd’hui. Je crois en avoir oublié une partie quand je me levai pour parler ce soir-là. Dès que la réunion fut ouverte à tous, je saisis le dossier du banc devant moi, je me hissai sur mes pieds et m’y cramponnai de peur de tomber. Un Niagara montait en grondant d’un côté, un autre descendait de l’autre, et je récitai en tremblant tout ce que je pus me rappeler de mon petit morceau, puis je retombai sur mon siège. À la fin de la réunion, une chère vieille demoiselle, une charmante chrétienne, vint à moi et me dit d’un ton encourageant : « Oh ! monsieur Torrey, je tiens à vous remercier de ce que vous avez dit ce soir. Cela m’a fait tant de bien. Vous avez parlé avec tant d’émotion. » De l’émotion ! La seule émotion que j’éprouvais, c’était une peur à en mourir. Imaginez un homme pareil entrant dans le ministère. Mes premières années de ministère furent une torture. Je prêchais trois fois par jour. J’apprenais mes sermons par cœur, puis je me levais et tortillais le bouton du haut de ma redingote jusqu’à ce que j’en aie fait sortir tout le sermon ; et quand le troisième sermon était prêché et terminé, je retombais sur le canapé de crin derrière la chaire avec un grand soulagement : c’était fini pour une semaine encore. Et puis cette pensée s’emparait de moi : Eh bien, demain matin il te faut commencer à te préparer pour dimanche prochain ! Mais un jour heureux vint où la pensée que j’essaie de vous enseigner ce matin s’empara de moi, à savoir que, lorsque je me levais pour prêcher, bien que les gens me voient, il y avait à mes côtés un Autre qu’ils ne voyaient pas, mais sur qui reposait toute la responsabilité de la réunion, et que tout ce que j’avais à faire était de m’effacer autant que possible et de le laisser prêcher. Depuis ce jour, la prédication est la joie de ma vie. J’aime mieux prêcher que manger. Parfois, quand je me lève pour prêcher, avant même d’avoir prononcé un mot, la pensée de Celui qui se tient à mes côtés, capable et désireux de prendre en main toute la réunion et de faire tout ce qui doit être fait, a tellement rempli mon cœur d’une joie triomphante que j’ai eu envie de crier. Il en est de même dans votre enseignement à l’école du dimanche. Certains d’entre vous s’inquiètent au sujet de leur classe d’école du dimanche, de peur de dire quelque chose qui ne devrait pas être dit, ou de taire quelque chose qui devrait être dit, et la pensée de ce fardeau et de cette responsabilité vous écrase presque. Écoutez ! Souvenez-vous toujours de ceci, lorsque vous êtes assis à enseigner votre classe : il y a Quelqu’un juste à côté de vous, Celui qui sait exactement ce qui doit être dit et exactement ce qui doit être fait. Au lieu de porter la responsabilité de la classe, laissez-le la porter, laissez-le enseigner. Un lundi matin, je rencontrai l’un des laïques les plus fidèles que j’aie jamais connus, qui était aussi un enseignant de la Bible très doué. Il broyait du noir à cause de son échec avec sa classe la veille — du moins de ce qu’il considérait comme un échec. Il m’ouvrit son cœur. Je lui dis : « Monsieur Dyer, n’avez-vous pas demandé à Dieu de vous donner la sagesse quand vous vous êtes présenté devant cette classe ? » Il répondit : « Si. » Je dis : « Ne vous attendiez-vous pas à ce qu’il vous la donne ? » Il répondit : « Si. » Alors je lui dis : « De quel droit doutez-vous qu’il l’ait fait ? » Il répondit : « Je n’y avais jamais pensé. Je ne m’inquiéterai plus jamais au sujet de ma classe. » Il en est de même dans l’œuvre personnelle. Quand moi-même ou quelqu’un d’autre vous presse, à la fin de la réunion, d’aller parler à quelqu’un, oh ! combien d’entre vous voudraient y aller, mais vous ne bougez pas. Vous vous dites : « Je risque de dire ce qu’il ne faut pas. » C’est bien ce qui arrivera, si c’est vous qui le dites. Vous direz certainement ce qu’il ne faut pas ; mais confiez-vous au Saint-Esprit : lui dira ce qu’il faut. Laissez-le parler par vos lèvres. Il se peut que, sur le moment, cela ne paraisse pas être la bonne parole, mais un jour vous découvrirez que c’était exactement la bonne parole. Un soir, à Launceston, en Tasmanie, comme Mme Torrey et moi revenions de la réunion, ma femme me dit : « Archie, j’ai perdu toute ma soirée. J’ai parlé à la jeune fille la plus frivole qui soit. Je ne crois pas qu’elle ait une seule pensée sérieuse en tête. » Je répondis : « Clara, qu’en sais-tu ? N’as-tu pas compté sur Dieu pour te guider ? » « Si. » « Eh bien, remets-lui la chose. » Dès le lendemain soir, à la fin de la réunion, cette même jeune femme, apparemment tout à fait frivole, vint vers Mme Torrey en tenant sa mère par la main et lui dit : « Madame Torrey, voulez-vous parler à ma mère ? Vous m’avez conduite à Christ hier soir ; maintenant, je vous en prie, conduisez ma mère à Christ. »
4. Mais je dois conclure. Il y a encore une autre ligne de preuve de la personnalité du Saint-Esprit, mais nous n’avons pas le temps de nous y arrêter. Cette ligne de preuve, c’est qu’on attribue au Saint-Esprit un traitement qui ne pourrait être attribué qu’à une personne. En Ésaïe 63:10, il nous est enseigné que l’on se révolte contre le Saint-Esprit et qu’on l’attriste. Vous ne pouvez ni vous révolter contre une simple influence ou une simple puissance, ni l’attrister. Seule une personne peut être l’objet d’une révolte et être attristée. En Hébreux 10:29, il nous est enseigné que le Saint-Esprit est « outragé », ou « traité avec mépris », insulté. Vous ne pouvez pas traiter avec mépris une influence ou une puissance ; seulement une personne. En Actes 5:3, il nous est enseigné que l’on ment au Saint-Esprit. On ne peut mentir qu’à une personne. En Matthieu 12:31, il nous est enseigné que l’on blasphème contre le Saint-Esprit. Il nous est dit que le blasphème contre le Saint-Esprit est plus grave que le blasphème contre le Seigneur Jésus, et cela, assurément, ne pourrait se dire que d’une personne, et d’une Personne divine.
Pour tout résumer, le Saint-Esprit est une Personne. En théorie, nous le croyions probablement tous déjà ; mais, dans la pensée réelle que nous avons de lui, dans notre attitude pratique envers lui, le traitons-nous comme une personne ? Le considérons-nous vraiment comme une personne aussi réelle que Jésus-Christ, aussi aimant, aussi sage, aussi fort, aussi digne de notre confiance, de notre amour et de notre abandon que lui ? Comme une Personne divine toujours à nos côtés ? Le Saint-Esprit est venu dans ce monde pour être pour les disciples de notre Seigneur, après le départ de notre Seigneur lui-même, et pour être pour nous, ce que Jésus-Christ avait été pour eux pendant les jours où il les accompagnait personnellement. Est-il cela pour vous aujourd’hui ? Connaissez-vous la « communion du Saint-Esprit » ? la compagnie du Saint-Esprit, le partenariat du Saint-Esprit, la communion fraternelle du Saint-Esprit, la camaraderie du Saint-Esprit ? Pour le dire d’un seul mot, tout le but de ce discours ce matin — je le dis avec respect — est de vous présenter mon Ami, le Saint-Esprit.
Chapitre 7 terminé
La personnalité du Saint-Esprit