Chapitre 6 · 27 min de lecture · 35 min d’écoute
Jésus-Christ, un homme véritable
« Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. »—Jean 1:14.
« Lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »—Philippiens 2:6-8.
« Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. »—1 Timothée 2:5.
Notre sujet dans ce chapitre est « Jésus-Christ, un homme véritable ». J’ai trois textes, et tout ce que je dirai n’est que la substance de ces trois textes. Le premier texte est Jean 1:14 : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » Le deuxième texte est Philippiens 2:6-8 : « Lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » Et le troisième texte est 1 Timothée 2:5 : « Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. »
Nous avons vu au chapitre précédent que Jésus-Christ était Dieu, qu’en lui habitait corporellement toute la plénitude de la divinité, qu’il possédait tous les attributs proprement divins, qu’il exerçait toutes les fonctions proprement divines, qu’il occupait dans la pensée du Nouveau Testament la place que l’Éternel occupait dans la pensée de l’Ancien Testament, qu’il était un être digne de notre foi absolue, de notre amour suprême, de notre obéissance sans hésitation et de l’adoration de tout notre cœur, qu’il était Dieu et qu’il est Dieu. Mais dans les passages que nous avons pris aujourd’hui pour textes, il nous est dit que cet Être divin, qui existait de toute éternité auprès de Dieu le Père, et qui était Dieu, est devenu homme. En devenant homme, il n’a pas cessé d’être Dieu ; mais la Parole, la Parole éternelle, qui était auprès de Dieu et qui était Dieu, a pris sur elle la nature humaine. Tout en étant vrai Dieu de vrai Dieu, il était un homme véritable, aussi réellement et aussi complètement homme que n’importe quel homme qui ait jamais foulé cette terre. La doctrine de la véritable humanité de Christ fait partie de la foi chrétienne de façon tout aussi essentielle que la doctrine de sa véritable divinité. Il existe une très large catégorie de gens qui ne voient pas la véritable divinité de Jésus-Christ. Ils sont dans une erreur fondamentale. Il existe une autre large catégorie de gens qui ne voient que sa divinité, et qui ne voient pas la réalité de son humanité. Eux aussi sont dans l’erreur. La doctrine d’un Sauveur qui n’est qu’un homme est une fausse doctrine ; et la doctrine d’un Sauveur qui n’est que Dieu est une doctrine tout aussi fausse. La doctrine de la Bible, c’est que Celui qui était Dieu de toute éternité, en la personne de Jésus de Nazareth, est devenu homme. Il y a dans la Bible beaucoup de passages qui présentent la divinité de notre Seigneur Jésus d’une manière indubitable et incontournable. Il y a dans la Bible beaucoup d’autres passages qui présentent l’humanité complète de notre Seigneur Jésus d’une manière tout aussi indubitable et incontournable. C’est de la doctrine de sa véritable humanité, c’est-à-dire du fait qu’il était un homme véritable, que nous nous occupons ce matin.
I. L’ASCENDANCE HUMAINE DE JÉSUS-CHRIST
Tout d’abord, la Bible nous enseigne que Jésus-Christ avait une ascendance humaine. Nous lisons en Luc 2:7 : « Et elle (c’est-à-dire Marie) enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » Il nous est dit ici que notre Seigneur Jésus-Christ, bien que conçu de manière surnaturelle, était le Fils de Marie. Marie était sa mère aussi réellement que Dieu était son Père. Il avait une ascendance humaine aussi réellement qu’il avait une ascendance divine. Dans le premier chapitre de ce même Évangile de Luc, au 35e verset, nous lisons : « L’ange lui répondit: (c’est-à-dire à Marie) Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » Il a été appelé Fils de Dieu parce qu’il a été engendré directement par la puissance du Saint-Esprit ; mais le Saint-Esprit est venu sur Marie, et elle est devenue la mère de Celui qui devait être appelé « Fils de Dieu ». Non seulement il descendait de Marie, et avait ainsi une ascendance humaine, mais il nous est aussi clairement dit en Romains 1:3 que le Fils de Dieu est « né de la postérité de David, selon la chair ». Et en Actes 2:30, il nous est dit qu’il était « le fruit de ses reins (c’est-à-dire des reins de David) selon la chair ». Et en Hébreux 7:14, il nous est dit que « notre Seigneur est sorti de Juda ». S’il nous est dit en Galates 4:4 que « lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils », il nous est dit aussi, avec la même clarté et dans le même verset, que ce Fils de Dieu était « né d’une femme ». L’ascendance humaine de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ faisait partie de sa personne de façon tout aussi réelle et tout aussi essentielle que son ascendance divine.
II. LA NATURE PHYSIQUE HUMAINE DE JÉSUS-CHRIST
Mais Jésus-Christ n’avait pas seulement une ascendance humaine ; il avait une nature physique humaine, un corps humain. Cela ressort du premier de nos textes : « la parole a été faite chair », et en Hébreux 2:14, il nous est enseigné : « Puisque les enfants participent au sang et à la chair, il (c’est-à-dire notre Seigneur Jésus, lui aussi) y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable. » Les mots ne sauraient dire plus clairement que notre Seigneur Jésus avait un véritable corps humain, une véritable nature physique humaine. Bien plus, l’apôtre Jean nous enseigne en 1 Jean 4:2, 3 que ne pas croire à la réalité de son corps humain est une marque de l’antéchrist. Il dit : « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde. » Il y avait du temps de Jean des gens qui niaient la réalité de la nature humaine de Jésus, qui affirmaient que son corps n’était qu’un semblant de corps, un corps d’apparence, que c’était une illusion ou, comme le disent aujourd’hui les scientistes chrétiens, une « pensée mortelle » ; et Jean, parlant dans la sagesse et la puissance du Saint-Esprit, affirme que cette doctrine est une marque de l’antéchrist. C’est aujourd’hui la marque suprême qui montre que la « Science chrétienne » vient de l’antéchrist.
Jésus-Christ n’avait pas seulement un corps humain pendant sa vie ici-bas sur la terre ; après sa résurrection, il avait encore un corps humain. Les adeptes de l’Aube millénaire (les disciples du pasteur Russell) nous enseignent qu’il n’en est pas ainsi : qu’avant son incarnation il était un être entièrement spirituel, qu’à son incarnation il est devenu un être entièrement humain, et que depuis sa mort et sa résurrection il est un être entièrement divin ; tout cela n’est pas biblique, et n’est donc pas vrai. Lui-même a dit après sa résurrection : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds » (Luc 24:39, 40). Et à Thomas, en Jean 20:27, après que Thomas eut douté de la réalité de sa résurrection, il a dit : « Avance ici ton doigt, et regarde mes mains; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. » Non seulement il avait un véritable corps humain après sa résurrection, tant qu’il était encore ici sur la terre, mais il a encore un corps humain dans la gloire. Dans cette vision merveilleuse du ciel qui fut accordée à Étienne au moment où il fut lapidé et mis à mort, nous lisons, en Actes 7:55, 56 : « Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Et quand il reviendra pour prendre sur cette terre l’autorité qui lui revient de droit, il viendra avec un corps humain, il viendra comme « le Fils de l’homme ». Lui-même l’a dit au souverain sacrificateur, quand il comparaissait devant lui pour être jugé, en Matthieu 26:64 : « De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » Dans cette parole de notre Seigneur, nous avons une déclaration de sa divinité, mais aussi une déclaration tout aussi claire qu’il était un homme véritable, et qu’il reviendra en homme, avec un corps humain, quoique glorifié. En effet, il nous est dit en Philippiens 1:20, 21 que, lorsqu’il viendra ainsi, il transformera nos corps humains actuels, les corps de notre humiliation présente, à la ressemblance de son propre corps glorieux, son corps humain glorifié.
III. SOUMIS AUX LIMITES HUMAINES
Mais la réalité et la plénitude de la nature humaine de notre Seigneur ne ressortent pas seulement du fait qu’il avait une ascendance humaine et un corps humain : il nous est aussi clairement enseigné que, si, en tant que Dieu, il possédait tous les attributs et exerçait toutes les fonctions de la divinité, en tant qu’homme il était soumis aux limites humaines.
1. Il était soumis aux limites physiques qui sont inhérentes à l’humanité. En Jean 4:6, nous lisons que Jésus-Christ était fatigué. Voici les paroles : « Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C’était environ la sixième heure. » Or Dieu n’est jamais fatigué. Nous lisons expressément en Ésaïe 40:28 : « Ne le sais-tu pas? Ne l’as-tu pas appris? C’est le Dieu d’éternité, l’Éternel, Qui a créé les extrémités de la terre; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point. »
Il nous est dit en Matthieu 8:24 que Jésus-Christ dormait. Or Dieu ne dort jamais. Nous lisons au Psaume 121:4, 5 : « Voici, il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël. L’Éternel est celui qui te garde, L’Éternel est ton ombre à ta main droite. » En comparant ces deux versets, nous voyons distinctement que l’Éternel ne dort jamais. Pourtant Jésus a bel et bien dormi ; ainsi, bien qu’il fût l’Éternel, il n’était pas seulement l’Éternel. Il était homme aussi véritablement qu’il était Dieu.
En Matthieu 21:18, nous lisons que Jésus-Christ eut faim ; en Jean 19:28, nous lisons que Jésus-Christ eut soif ; en Luc 22:44, nous lisons que Jésus-Christ souffrit une agonie physique, une agonie si grande qu’il fut sur le point d’en mourir ; et en 1 Corinthiens 15:3, nous lisons que « Christ est mort », et que sa mort est une partie essentielle de l’Évangile. Paul dit dans ce passage : « Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures. » Ce ne fut pas une mort simplement apparente, ce fut une mort réelle. Ce ne fut pas une « illusion ». Notre salut dépend de la réalité de sa mort. La « Science chrétienne » arrache le cœur même de l’Évangile. On nous demande souvent si c’est la nature humaine de Jésus-Christ qui est morte, ou si c’est la nature divine. Ni l’une ni l’autre : les natures ne meurent pas, c’est une personne qui meurt. C’est Jésus qui est mort, la Personne qui était à la fois Dieu et homme. Il nous est dit en propres termes, en 1 Corinthiens 2:8, qu’ils ont « crucifié le Seigneur de gloire », et nous avons vu au chapitre précédent que « Seigneur de gloire » est incontestablement un titre divin. C’est l’unique Personne, Jésus, à la fois humaine et divine, qui est morte sur la croix du Calvaire.
2. En tant qu’homme, il était aussi soumis à des limites intellectuelles et morales.
Nous lisons en Luc 2:52 : « Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » Puisqu’il nous est dit ici qu’il croissait en sagesse, il devait être plus parfait en sagesse après avoir grandi qu’il ne l’était auparavant ; et puisqu’il croissait en grâce devant Dieu et devant les hommes, il devait avoir atteint, en grandissant, un degré de perfection morale plus élevé que celui qu’il avait atteint auparavant. Bien que Dieu fût incarné dans l’Enfant de Bethléhem, celui-ci n’en était pas moins un véritable enfant, et il grandissait non seulement en stature, mais en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes. En tant qu’homme, il était limité dans sa connaissance ; il dit lui-même en Marc 13:32 : « Pour ce qui est du jour ou de l’heure (c’est-à-dire du jour et de l’heure de son propre retour), personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. » Bien entendu, cette limite de sa connaissance, c’est lui-même qui se l’était imposée : pour nous laisser un exemple, à vous et à moi, afin que nous suivions ses traces, il s’est volontairement dépouillé, en tant qu’homme, de la connaissance du moment de son propre retour.
Plus encore, il nous est enseigné de façon nette et explicite en Hébreux 4:15 que Jésus-Christ « a été tenté comme nous en toutes choses ». Mais tout en retenant cela comme une preuve claire et complète de la réalité de son humanité, non seulement physique mais intellectuelle et morale, nous devons aussi retenir ce qui est dit dans le même verset : qu’il a été tenté « sans commettre de péché », c’est-à-dire qu’il n’y eut pas la moindre souillure ni la moindre trace de péché dans sa tentation, pas un seul instant de complaisance envers elle, ni en pensée, ni en désir, ni en acte. Néanmoins, il a été tenté, et il a vaincu la tentation de la même manière que nous pouvons la vaincre, par la Parole de Dieu et par la prière. Lui-même s’est volontairement placé sous les limites morales inhérentes à la condition humaine, afin de racheter l’homme.
3. En tant qu’homme, il était aussi soumis à des limites quant à la manière dont il obtenait la puissance et dont il l’exerçait. Jésus-Christ a obtenu la puissance pour l’œuvre divine qu’il a accomplie ici-bas sur la terre, non par sa divinité incarnée, mais par la prière. Nous lisons en Marc 1:35 : « Vers le matin, pendant qu’il faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pour aller dans un lieu désert, où il pria. » Et nous lisons aussi qu’avant de ressusciter Lazare, avant de l’appeler hors du tombeau par sa parole, il leva les yeux vers Dieu et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé », ce qui montre de manière concluante que la puissance par laquelle il ressuscita Lazare n’était pas sa puissance divine, inhérente et innée, mais une puissance obtenue par la prière. Il est mentionné pas moins de vingt-cinq fois qu’il pria. Il obtenait la puissance pour son œuvre et pour la victoire morale comme les autres hommes, par la prière. Il était soumis aux conditions humaines pour obtenir ce qu’il désirait. C’est par l’onction du Saint-Esprit qu’il obtint la puissance pour les œuvres divines et les miracles qu’il accomplit. Nous lisons en Actes 10:38 que « Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable, car Dieu était avec lui ». Et il nous est enseigné, de plus, que pendant les jours de son humiliation il était soumis à des limites dans l’exercice de la puissance. Lui-même a dit, juste avant sa crucifixion et la glorification qui allait suivre, en Jean 14:12 : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » ; le sens évident de ces paroles est que, pendant les jours de sa chair, il y avait une limite à l’exercice de sa puissance, mais qu’après sa glorification, quand il serait glorifié auprès du Père de la gloire qu’il avait auprès de lui avant que le monde fût, il n’y aurait plus de limites à l’exercice de sa puissance ; et que, par conséquent, nous qui sommes unis à notre Seigneur Jésus, non dans son humiliation, mais dans son exaltation et dans son rétablissement dans sa gloire divine, nous ferons de plus grandes œuvres qu’il n’en a fait pendant les jours de son humiliation.
IV. LA RELATION HUMAINE DE JÉSUS-CHRIST AVEC DIEU
La plénitude de l’humanité de Jésus-Christ ressort encore d’un autre point : la relation qu’il entretenait avec Dieu en tant qu’homme était la relation d’un homme, de sorte que Dieu était son Dieu. Il dit lui-même à Marie, en Jean 20:17 : « Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Le sens évident de ces paroles est que la relation de Jésus-Christ avec Dieu le Père était la relation d’un homme. Il parle de Dieu le Père comme de « mon Dieu ». Bien qu’il possédât tous les attributs et exerçât toutes les fonctions de la divinité, Jésus-Christ, le Fils, était subordonné au Père. Cela explique certaines paroles de notre Seigneur qui ont déconcerté bien des gens qui croient à sa divinité, par exemple celle de Jean 14:28, où Jésus dit : « Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi. » On pose souvent la question : « Si Jésus-Christ est Dieu, comment le Père pourrait-il être plus grand que lui ? » La réponse, très simple, est celle-ci : en tant que Fils, il était subordonné au Père ; égal au Père quant à la possession de tous les attributs proprement divins et à l’exercice de toutes les fonctions divines, et en tant qu’objet de l’adoration de tout notre cœur, mais subordonné au Père quant à sa fonction. La relation de Jésus-Christ avec le Père ressemble, sous ce rapport, à la relation de la femme avec son mari : la femme peut être pleinement l’égale de son mari, et pourtant « l’homme est le chef de la femme » ; elle est subordonnée à l’homme, de même qu’il nous est dit dans le même verset (1 Corinthiens 11:12) que « Dieu est le chef de Christ », c’est-à-dire que Jésus-Christ, le Fils, est subordonné au Père.
Il ressort clairement de ce que nous avons lu dans la Parole de Dieu que Jésus-Christ était à tous égards un homme vrai, un homme réel, un homme complet. Il a été rendu « semblable en toutes choses » « à ses frères » (cf. Hébreux 2:17). Il était soumis à toutes les conditions physiques, intellectuelles et morales d’existence inhérentes à la nature humaine. Il était à tous égards un homme véritable. Il l’est devenu volontairement, afin de racheter les hommes. De toute éternité, il avait existé « en forme de Dieu », et il aurait pu demeurer « en forme de Dieu » ; mais s’il était ainsi demeuré, nous aurions été perdus. C’est pourquoi, par amour pour nous, race déchue, comme nous l’enseigne l’un de nos textes (Philippiens 2:5-8), il « n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix ». Oh ! amour merveilleux ! Que, par amour pour nous, il ait pris sur lui notre nature, tournant le dos à la gloire qui avait été la sienne de toute éternité, prenant sur lui toute la honte et toute la souffrance qu’impliquait notre rédemption, et devenant l’un de nous afin de mourir pour nous et de nous racheter ! Oh ! qu’elle est merveilleuse, « la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Corinthiens 8:9.) Il a pris part à la nature humaine afin que nous devenions participants de la nature divine. La philosophie des natures divine et humaine de Christ, la philosophie du Nouveau Testament, est une philosophie des plus merveilleuses, la plus merveilleuse philosophie que le monde ait jamais entendue ; et, grâce à Dieu, c’est une philosophie vraie.
Mais quelqu’un demandera peut-être : « Comment concilier la doctrine biblique de la véritable divinité de Jésus-Christ avec la doctrine biblique de la véritable nature humaine de Jésus-Christ, la doctrine selon laquelle il était vraiment Dieu avec la doctrine selon laquelle il était tout aussi véritablement homme ? » La réponse est très simple. Concilier les doctrines n’est pas notre affaire principale. Notre première affaire est de découvrir ce que signifient les divers passages de la Bible, pris selon leur interprétation naturelle et grammaticale. Ensuite, si nous pouvons les concilier, tant mieux ; sinon, nous devons quand même les croire tous deux, et laisser la conciliation de ces deux doctrines apparemment contradictoires à notre connaissance grandissante, à mesure que nous avancerons dans la communion avec Dieu et dans l’étude de sa Parole. C’est un principe d’interprétation biblique parfaitement insensé et pernicieux que de prétendre qu’il faut interpréter chaque passage de la Bible de façon à pouvoir aisément le concilier avec tous les autres. C’est ce principe d’interprétation qui donne naissance à une théologie partiale, et donc fausse. Un homme, par exemple, prend les passages calvinistes de la Bible, les croit, et tord et déforme les autres passages, ceux qui enseignent la liberté de l’homme, pour les faire cadrer avec ceux qui enseignent la souveraineté de Dieu ; et il devient un calviniste partial. Un autre homme ne voit que les passages qui enseignent clairement le pouvoir qu’a l’homme de se déterminer lui-même, et cherche à tordre tous ceux qui enseignent la souveraineté de Dieu, ainsi que la sagesse et la volonté par lesquelles Dieu ordonne d’avance toutes choses, pour les faire entrer dans ses idées ; et il devient un arminien partial ; et ainsi de suite, dans toute la gamme des doctrines. C’est une pure folie, pour ne rien dire de la présomption, que de falsifier ainsi la Parole de Dieu. Notre affaire est de découvrir le sens manifestement voulu du passage que nous étudions, tel que le déterminent l’usage des mots, la construction grammaticale et le contexte ; et quand nous avons trouvé le sens manifestement voulu, de le croire, que nous puissions ou non le concilier avec quelque autre chose que nous avons découverte et que nous croyons. Nous devons toujours nous rappeler que, dans bien des cas, deux vérités, toutes deux clairement vraies, qui semblaient autrefois absolument inconciliables ou franchement contradictoires, se révèlent maintenant, à la lumière de notre connaissance accrue, en parfaite et admirable harmonie. Nous ne devrions donc avoir aucune difficulté à reconnaître que des vérités qui nous semblent encore contradictoires s’harmonisent dès maintenant parfaitement dans la sagesse infinie de Dieu, et s’harmoniseront un jour parfaitement pour notre intelligence, quand nous approcherons davantage de l’omniscience de Dieu. La Bible, avec la plus grande hardiesse, place la divinité absolue de Jésus-Christ tout à côté de la véritable humanité de Jésus-Christ. Par exemple, nous lisons en Matthieu 8:24 : « Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, (Jésus) il dormait. » Nous avons ici une déclaration nette de la véritable humanité de notre Seigneur ; mais deux versets plus loin, au 26e verset, nous lisons : « Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. » Nous avons ici un clair rayonnement de sa divinité : les vents et les flots eux-mêmes soumis à sa parole. Il n’est pas étonnant que les disciples se soient demandé les uns aux autres : « Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer? » (Matthieu 8:27). La réponse est claire : un Homme divin.
Nous lisons encore en Luc 3:21 : « Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut aussi baptisé; et, pendant qu’il priait, . . . » Nous voyons ici Jésus dans son humanité, baptisé et en prière. Assurément, c’est là un homme. Mais dans la suite du verset et dans le verset suivant, nous lisons : « Le ciel s’ouvrit, et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection. » Ici, Dieu, d’une voix audible, le déclare divin, le déclare son Fils. De même, en Jean 11:38, nous lisons : « Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C’était une grotte, et une pierre était placée devant. » Nous voyons ici Jésus dans son humanité ; mais quatre versets plus bas, aux 43e et 44e versets, nous lisons : « Ayant dit cela, il cria d’une voix forte: Lazare, sors! Et le mort sortit. » Ici encore, sa divinité resplendit.
En Luc 9:28, nous lisons : « Environ huit jours après qu’il eut dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. » Nous voyons ici très clairement son humanité, sa limitation, sa dépendance à l’égard de Dieu ; mais dès le verset suivant, le 29e verset, nous lisons : « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur. » Nous voyons ici resplendir sa divinité ; puis, au 35e verset, nous lisons que la voix sortit de la nuée, disant : « Celui-ci est mon Fils élu: écoutez-le! » Ici encore, sa divinité se voit sans méprise possible.
En Matthieu 16:16, 17, nous lisons : « Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. » Voilà une déclaration claire de sa divinité par Jésus lui-même. Mais quatre versets plus bas dans le chapitre, au 24e verset, nous lisons : « Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. » Nous avons ici la déclaration la plus claire de la réalité et de la plénitude de son humanité.
En Hébreux 1:6, nous lisons au sujet de notre Seigneur Jésus : « Et lorsqu’il (c’est-à-dire Dieu le Père) introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit: Que tous les anges de Dieu l’adorent! » C’est là une déclaration on ne peut plus indubitable et incontournable que Jésus-Christ est une Personne divine, qui doit être adorée comme Dieu par les anges aussi bien que par les hommes ; et deux versets plus bas, nous lisons cette autre déclaration de sa divinité absolue : « Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu, est éternel. » Ici encore, le Fils est déclaré en propres termes être Dieu ; il est appelé Dieu. Mais dès le chapitre suivant, en Hébreux 2:18, nous lisons : « Car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Nous avons ici la déclaration la plus claire possible de la réalité de sa nature humaine.
En Hébreux 4:14, nous lisons : « Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. » Nous avons ici une déclaration nette de sa divinité ; mais dès le verset suivant, nous lisons : « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » C’est l’une des déclarations les plus nettes que l’on trouve dans la Bible sur la plénitude et l’intégrité de son humanité.
La doctrine de la divinité de Jésus-Christ et la doctrine selon laquelle Jésus-Christ était un homme véritable vont de pair dans la Bible. À quelle sorte de Sauveur, à quelle sorte de Seigneur Jésus croyez-vous ? Croyez-vous en un Sauveur qui est un homme, et rien qu’un homme ? Alors vous ne croyez pas au Sauveur que présente la Bible. D’autre part, croyez-vous en un Sauveur qui est Dieu, et rien que Dieu ? Alors vous ne croyez pas au Sauveur de la Bible. Le Seigneur Jésus, notre Seigneur et Sauveur, tel que la Bible nous le présente, est vrai Dieu de vrai Dieu, et en même temps il est notre frère, notre semblable, et il n’a pas honte de nous appeler frères. Oh ! je remercie Dieu d’avoir un Sauveur qui est Dieu, qui possède tous les attributs et toutes les puissances de la divinité, toutes les perfections de la divinité, un Sauveur pour qui rien n’est trop difficile. Je remercie Dieu de ce que mon Sauveur est Celui qui a fait les cieux et la terre, et qui tient sous son autorité toutes les puissances de la nature et de l’histoire ; mais je remercie Dieu tout autant de ce que mon Sauveur est mon frère en humanité, Celui qui a été tenté comme moi en toutes choses, Celui qui est en mesure de porter mes péchés, d’une part parce qu’il est Dieu, d’autre part parce qu’il est homme. Un Sauveur seulement divin ne pourrait pas être un Sauveur pour moi. Un Sauveur seulement humain ne pourrait pas être un Sauveur pour moi. Mais un Sauveur en qui la divinité et l’humanité se rencontrent, un Sauveur qui est à la fois Dieu et homme, voilà exactement le Sauveur dont j’ai besoin, et le Sauveur dont vous avez besoin, un Sauveur qui peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui.
Chapitre 6 terminé
Jésus-Christ, un homme véritable