Chapitre 5 · 27 min de lecture · 35 min d’écoute
La divinité de Jésus-Christ
« Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les interrogea, en disant: Que pensez-vous du Christ? De qui est-il fils? » —Matthieu 22:41, 42.
La question que notre Seigneur Jésus pose ici aux pharisiens est la plus fondamentale qu’on puisse poser à qui que ce soit, à quelque époque que ce soit, au sujet de la pensée et de la foi chrétiennes. Jésus-Christ lui-même est le centre du christianisme ; les questions les plus fondamentales de la foi sont donc celles qui touchent à la personne de Christ. Si un homme a réellement des vues justes sur la personne de Jésus-Christ, il finira tôt ou tard par avoir des vues justes sur toutes les autres questions. S’il a une vue fausse de la personne de notre Seigneur Jésus-Christ, il est à peu près certain de s’égarer tôt ou tard sur tout le reste. Que pensez-vous du Christ? Voilà la grande question centrale, voilà la question vitale.
Et la question la plus fondamentale au sujet de la personne de Christ est celle-ci : Jésus-Christ est-il réellement Dieu ? Non pas seulement : est-il divin ? mais : est-il véritablement Dieu ? Quand j’étais enfant, dire que l’on croyait au caractère divin de Christ, cela signifiait que l’on croyait à la divinité réelle de Christ, que l’on croyait que Jésus était véritablement une personne divine, qu’il était Dieu. Cela ne signifie plus cela aujourd’hui. Le diable est sage, rusé, subtil, et il sait que le moyen le plus efficace d’instiller l’erreur dans l’esprit des inexpérimentés et des imprudents est d’employer des mots anciens et précieux en y mettant un sens nouveau. Aussi, quand ses envoyés, déguisés en « ministres de justice », cherchent à égarer, s’il était possible, même les élus, ils emploient les vieux mots précieux, mais avec un sens entièrement nouveau, entièrement différent et entièrement faux. Ils parlent du « caractère divin de Christ », mais ils n’entendent pas du tout par là ce qu’y entendaient les chrétiens éclairés d’autrefois. De même, ils parlent de « l’expiation », mais ils n’entendent pas du tout par l’expiation la mort substitutive de Jésus-Christ à notre place, par laquelle la vie éternelle nous est assurée. Et souvent, quand ils parlent de Christ, ils ne veulent pas du tout désigner notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, le Jésus réel et historique des quatre Évangiles ; ils veulent dire un Christ idéal, ou un principe christique. Ainsi, notre sujet ce matin n’est pas le caractère divin de Christ, mais la divinité de Christ, et notre question n’est pas : Jésus-Christ est-il divin ? mais : Jésus-Christ est-il Dieu ? Celui qui est né à Bethléhem il y a mille neuf cent vingt et un ans, qui a vécu trente-trois ou trente-quatre ans ici-bas sur la terre, comme le rapportent les quatre Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, qui a été crucifié sur la croix du Calvaire, qui est ressuscité des morts le troisième jour, et qui a été élevé de la terre au ciel, à la droite du Père, était-il Dieu manifesté en chair, était-il Dieu incarné dans un être humain ? Était-il, et est-il, un être digne de notre foi absolue, de notre amour suprême, de notre obéissance sans hésitation et de notre adoration de tout notre cœur, tout comme Dieu le Père est digne de notre foi absolue, de notre amour suprême, de notre obéissance sans hésitation et de notre adoration de tout notre cœur ? Tous les hommes doivent-ils honorer Jésus-Christ comme ils honorent Dieu le Père (Jean 5:23) ? Non pas seulement : est-il un exemple que nous pouvons sagement suivre, ou un Maître que nous pouvons sagement servir ? mais : est-il un Dieu que nous pouvons légitimement adorer ?
Je suppose que la plupart d’entre nous croient qu’il était Dieu manifesté en chair, et qu’il est Dieu aujourd’hui à la droite du Père ; mais pourquoi le croyez-vous ? Votre foi est-elle si intelligente, et par conséquent si bien fondée, qu’aucun beau parleur ni aucun raisonneur, aucun unitarien, aucun russellien, aucun scientiste chrétien, aucun théosophe, ni aucun autre propagateur d’erreurs ne puisse vous troubler, vous ébranler et vous égarer ? Il est important que nous soyons parfaitement sains dans notre foi sur ce point, et parfaitement bien informés, quelles que soient par ailleurs nos ignorances ou nos erreurs ; car il nous est dit expressément en Jean 20:31 : « Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » Il ressort clairement de ces paroles de l’apôtre Jean, écrites sous l’inspiration, que cette question n’est pas simplement une affaire d’opinion théorique, mais une affaire qui touche à notre salut. C’est pour vous affermir et vous instruire dans votre foi bénie, votre foi qui sauve, en Jésus-Christ comme personne divine, que je vous parle ce matin. Quand j’ai étudié la question du caractère divin de Christ au séminaire de théologie, j’ai eu l’impression qu’il existait dans la Bible quelques textes probants qui démontraient de façon concluante qu’il était divin. Des années plus tard, j’ai découvert qu’il n’y avait pas seulement quelques textes qui le prouvaient, mais que la Bible, de bien des manières et dans d’innombrables passages, enseignait clairement que Jésus-Christ était Dieu manifesté en chair. En fait, j’ai découvert que la doctrine de la divinité de Jésus-Christ formait la trame même et la chaîne de la Bible.
I. NOMS DIVINS
La première ligne de preuves de la divinité absolue de notre Seigneur Jésus, c’est que de nombreux noms et titres impliquant clairement la divinité sont appliqués à Jésus-Christ dans la Bible, certains d’entre eux à maintes et maintes reprises, le nombre total des passages s’élevant à plusieurs centaines. Naturellement, je ne puis vous en donner que quelques exemples. Tournez d’abord avec moi en Apocalypse 1:17 : « Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite, en disant: Ne crains point! Je suis le premier et le dernier. » Le contexte montre clairement que c’est notre Seigneur Jésus qui parle, et ici notre Seigneur Jésus s’appelle expressément « le premier et le dernier ». Or c’est là, sans aucun doute, un nom divin, car nous lisons en Ésaïe 44:6 : « Ainsi parle l’Éternel, roi d’Israël et son rédempteur, L’Éternel des armées: Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors moi il n’y a point de Dieu. » En Apocalypse 22:12, 13, notre Seigneur Jésus dit qu’il est l’alpha et l’oméga. Voici ses paroles : « Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu’est son œuvre. Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » Or, dans ce même livre, au premier chapitre et au huitième verset, le Seigneur Dieu déclare qu’il est l’alpha et l’oméga. Voici ses paroles : « Je suis l’alpha et l’oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant. » En 1 Corinthiens 2:8, l’apôtre Paul parle de notre Seigneur Jésus crucifié comme du « Seigneur de gloire ». Ses termes exacts sont : « sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. » Il ne peut y avoir aucun doute que « le Seigneur de gloire » est Jéhovah Dieu, car nous lisons au Psaume 24:8-10 : « Qui est ce roi de gloire? L’Éternel fort et puissant, L’Éternel puissant dans les combats. Portes, élevez vos linteaux; Élevez-les, portes éternelles! Que le roi de gloire fasse son entrée! Qui donc est ce roi de gloire? L’Éternel des armées: Voilà le roi de gloire! » Et il nous est dit dans le passage déjà cité que notre Seigneur Jésus crucifié était le Roi de gloire ; il doit donc être Jéhovah. En Jean 20:28, Thomas s’adresse au Seigneur Jésus comme à son Seigneur et à son Dieu : « Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! » Les unitariens se sont efforcés d’échapper à la force de cette parole de Thomas en disant que Thomas était surexcité, qu’il ne s’adressait pas au Seigneur Jésus, mais qu’il disait « mon Seigneur et mon Dieu » comme une exclamation d’étonnement, de la même manière que les gens profanes emploient parfois ces exclamations aujourd’hui ; mais cette interprétation est impossible, et elle montre à quelles extrémités désespérées les unitariens sont réduits ; car Jésus lui-même a félicité Thomas de l’avoir vu et de l’avoir dit. Les paroles de notre Seigneur Jésus qui suivent immédiatement celles de Thomas sont : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru! » (Jean 20:29). Dans la traduction correcte de Tite 2:13, celle que donne la révision anglaise, et non la version révisée américaine, notre Seigneur Jésus est appelé « notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ ». En Romains 9:5, Paul nous dit que « le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement ». Les unitariens ont fait des efforts désespérés pour échapper à la force de ces paroles, mais la seule traduction et la seule interprétation honnêtes des mots que Paul a écrits en grec sont celles que l’on trouve à la fois dans notre version autorisée et dans notre version révisée. Pour quiconque va à la Bible afin de découvrir ce qu’elle enseigne réellement, et non pour y introduire sa propre pensée, il ne peut y avoir aucun doute honnête que Jésus est désigné par divers noms et titres qui, sans aucun doute, impliquent la divinité, et qu’il est appelé Dieu en propres termes. En Hébreux 1:8, il est dit en propres termes, au sujet du Fils : « Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu, est éternel; Le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. » Même si nous n’allions pas plus loin, c’est manifestement l’enseignement clair et souvent répété de la Bible que Jésus-Christ était réellement Dieu.
II. ATTRIBUTS DIVINS
Mais il y a une deuxième ligne de preuves que Jésus-Christ était Dieu, une preuve tout aussi convaincante, à savoir que les cinq attributs proprement divins sont tous attribués à Jésus-Christ, et qu’il est dit que « toute la plénitude de la divinité » habite en lui. Il y a cinq attributs proprement divins, c’est-à-dire cinq attributs que Dieu seul possède. Ce sont la toute-puissance, l’omniscience, l’omniprésence, l’éternité et l’immutabilité. Chacun de ces attributs proprement divins est attribué à Jésus-Christ. Tout d’abord, la toute-puissance est attribuée à Jésus-Christ. Non seulement il nous est enseigné que Jésus avait pouvoir sur la maladie et la mort, sur les vents et la mer et sur les démons, que tous étaient soumis à sa parole, et qu’il est élevé bien au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir (Éphésiens 1:20-23), mais en Hébreux 1:3 il est dit en propres termes qu’il soutient « toutes choses par sa parole puissante ». L’omniscience lui est aussi attribuée. La Bible nous enseigne que Jésus connaissait la vie des hommes, et même leur histoire secrète (Jean 4:16, 19), qu’il connaissait les pensées secrètes des hommes, qu’il les connaissait tous, qu’il savait ce qui était dans l’homme (Marc 2:8 ; Luc 5:22 ; Jean 2:24, 25), connaissance que, nous est-il dit expressément en 2 Chroniques 6:30 et en Jérémie 17:9, 10, Dieu seul possède ; mais il nous est dit en propres termes en Jean 16:30 que Jésus savait « toutes choses », et en Colossiens 2:3 qu’en lui « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science ». L’omniprésence lui est aussi attribuée. Il nous est dit en Matthieu 18:20 que là où deux ou trois sont assemblés en son nom, il est au milieu d’eux, et en Matthieu 28:20 que partout où iraient ses disciples obéissants, il serait avec eux, jusqu’à la fin du siècle ; et en Jean 14:20 et en 2 Corinthiens 13:5, il nous est dit qu’il habite en chaque croyant, en tous les millions de croyants dispersés sur la terre. En Éphésiens 1:23, il nous est dit en propres termes qu’il « remplit tout en tous ». L’éternité lui est aussi attribuée. Il nous est dit en Jean 1:1 : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » En Jean 8:57, Jésus lui-même a dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. » Remarquez que le Seigneur Jésus n’a pas seulement dit : « avant qu’Abraham fût, j’étais », mais : « avant qu’Abraham fût, je suis », se déclarant ainsi lui-même l’éternel « Je suis ». Même dans l’Ancien Testament, nous avons une déclaration de l’éternité du Christ qui devait naître à Bethléhem. En Michée 5:1, nous lisons : « Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l’origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l’éternité. » Et en Ésaïe 9:5, il nous est dit de l’enfant qui devait naître : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. » Et en Hébreux 13:8, il nous est dit que « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. » Son immutabilité est aussi enseignée dans le passage que nous venons de citer de l’épître aux Hébreux, et au premier chapitre du même livre, au douzième verset, il nous est dit que, tandis que les cieux eux-mêmes changent, le Seigneur Jésus ne change pas. Les termes exacts sont : « Ils périront, mais tu subsistes; Ils vieilliront tous comme un vêtement, Tu les rouleras comme un manteau et ils seront changés; Mais toi, tu restes le même, Et tes années ne finiront point. » Nous voyons donc que chacun des cinq attributs proprement divins était attribué à notre Seigneur Jésus-Christ. Et en Colossiens 2:9, il nous est dit en propres termes : « en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » (c’est-à-dire sous une forme corporelle). Ici encore, nous pourrions considérer la cause comme entendue, car ce qui a été dit sous ce titre, même pris isolément, prouve clairement la divinité absolue de notre Seigneur Jésus-Christ. Cela montre qu’il possédait toutes les perfections de nature et de caractère que possède Dieu le Père.
III. FONCTIONS DIVINES
Mais nous n’avons pas besoin d’en rester là. Il y a une troisième ligne de preuves irréfutable que Jésus-Christ est Dieu, à savoir que toutes les fonctions proprement divines sont attribuées à Jésus-Christ. Il y a sept fonctions proprement divines, c’est-à-dire sept choses que Dieu seul peut faire, et chacune de ces sept fonctions proprement divines est attribuée à Jésus-Christ. Les sept fonctions proprement divines sont : la création, la conservation, le pardon des péchés, la résurrection des morts, la transformation des corps, le jugement et le don de la vie éternelle ; et chacune d’elles est attribuée à Jésus-Christ. La création lui est attribuée. En Hébreux 1:10, ces paroles sont adressées à notre Seigneur : « Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, Et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. » Le contexte montre clairement que le Seigneur à qui l’on s’adresse est le Seigneur Jésus. En Jean 1:3, il nous est dit : « Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. » La conservation de l’univers et de toutes choses lui est aussi attribuée en Hébreux 1:3, où il est dit du Seigneur Jésus : « qui, étant le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa (c’est-à-dire de Dieu) personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts. » Le pardon des péchés lui est attribué. Lui-même, en Marc 2:5-10, quand son pouvoir de pardonner les péchés était mis en question, parce que l’on reconnaissait là un pouvoir divin, déclare : « afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés. » La résurrection future des morts lui est expressément attribuée en Jean 6:39, 44 : « Or, la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et je le ressusciterai au dernier jour. » La transformation de nos corps lui est attribuée en Philippiens 3:21 (version révisée). En 2 Timothée 4:1, le jugement lui est attribué : il nous est dit qu’il doit « juger les vivants et les morts ». Jésus lui-même a déclaré qu’il serait le juge de tout le genre humain, et il a souligné le caractère divin de cette fonction. En Jean 5:22, 23, il a dit : « Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. » Le don de la vie éternelle lui est attribué maintes et maintes fois. En Jean 10:28, il dit lui-même : « Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. » Et en Jean 17:1, 2, il dit : « Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. » Voilà donc les sept fonctions proprement divines toutes attribuées à Jésus-Christ. Cela seul prouverait qu’il est Dieu, et nous pourrions en rester là ; mais il y a encore d’autres preuves de sa divinité absolue.
IV. DES DÉCLARATIONS FAITES EXPRESSÉMENT DE JÉHOVAH, DIEU, DANS L’ANCIEN TESTAMENT SONT APPLIQUÉES À JÉSUS-CHRIST DANS LE NOUVEAU TESTAMENT
La quatrième ligne de preuves de la divinité absolue de Jésus-Christ se trouve dans le fait que, à maintes et maintes reprises, des déclarations faites expressément de Jéhovah, Dieu, dans l’Ancien Testament sont appliquées à Jésus-Christ dans le Nouveau Testament. Nous n’avons pas le temps d’illustrer longuement ce point, mais nous n’en donnerons qu’un exemple, là où l’on pourrait en donner beaucoup. En Jérémie 11:20, le prophète dit : « Mais l’Éternel des armées est un juste juge, Qui sonde les reins et les cœurs. Je verrai ta vengeance s’exercer contre eux, Car c’est à toi que je confie ma cause. » Ici le prophète dit expressément que c’est l’Éternel des armées qui est un juste juge et qui sonde les reins et les cœurs. Et au chapitre 17, au dixième verset, Jérémie fait dire la même chose à l’Éternel lui-même, en ces termes : « Moi, l’Éternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, Pour rendre à chacun selon ses voies, Selon le fruit de ses œuvres. » Mais dans le Nouveau Testament, en Apocalypse 2:23, le Seigneur Jésus dit : « je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun selon vos œuvres. » Il nous est dit expressément dans le contexte que c’est « le Fils de Dieu » qui parle ici. Ainsi Jésus revendique pour lui-même dans le N. T. ce que Jéhovah, dans l’A. T., dit être vrai de lui-même et de lui seul ; et dans un très grand nombre d’autres cas, des déclarations faites expressément de Jéhovah, Dieu, dans l’Ancien Testament sont appliquées à Jésus-Christ dans le N. T. Autrement dit, dans la pensée et la doctrine du Nouveau Testament, Jésus-Christ occupe la place que Jéhovah occupe dans la pensée et la doctrine de l’Ancien Testament.
V. LA MANIÈRE DONT LE NOM DE DIEU LE PÈRE ET CELUI DE JÉSUS-CHRIST LE FILS SONT ASSOCIÉS
La cinquième ligne de preuves de la divinité absolue de notre Seigneur se trouve dans la manière dont le nom de Jésus-Christ est associé à celui de Dieu le Père. Dans de nombreux passages, son nom est associé au nom de Dieu le Père d’une manière dont il serait impossible d’associer le nom d’un être fini à celui de la Divinité. Nous n’avons le temps de donner que quelques-uns des nombreux exemples qu’on pourrait citer. Un exemple frappant se trouve dans les paroles de notre Seigneur lui-même, en Jean 14:23, où nous lisons : « Jésus lui répondit: Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. » Ici notre Seigneur Jésus n’hésite pas à s’associer au Père de manière à dire « nous », c’est-à-dire : Dieu le Père et moi, nous viendrons et nous ferons notre demeure chez lui. En Jean 14:1, il dit : « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. » Si Jésus-Christ n’était pas Dieu, c’est là un blasphème révoltant. Il n’y a absolument aucun terrain intermédiaire entre admettre la divinité de Jésus-Christ et accuser Christ du blasphème le plus audacieux et le plus effroyable dont un homme se soit jamais rendu coupable dans toute l’histoire.
VI. L’ADORATION DIVINE DOIT ÊTRE RENDUE À JÉSUS-CHRIST
Il y a une sixième ligne de preuves de la divinité absolue de notre Seigneur Jésus. Celles qui ont déjà été données étaient décisives, chacune des cinq était décisive, mais celle-ci est, s’il est possible, la plus décisive de toutes : c’est qu’il nous est enseigné en propres termes que Jésus-Christ doit être adoré comme Dieu, à la fois par les anges et par les hommes. En de nombreux endroits des Évangiles, nous voyons Jésus-Christ accepter sans hésitation une adoration que des hommes pieux et des anges refusaient avec crainte, et dont il enseignait lui-même qu’elle ne devait être rendue qu’à Dieu (Matthieu 28:9 ; Luc 24:52 ; Marc 14:33 ; comparez Actes 10:25, 26 ; Apocalypse 22:8, 9, version révisée ; Matthieu 4:9, 10). Une remarque curieuse et très trompeuse figure dans la marge de la version révisée américaine sur le sens du mot traduit par « adorer » dans ces passages : à savoir que « le mot grec traduit par adorer désigne un acte de révérence, qu’il soit rendu à une créature ou au Créateur ». Or cela est vrai, mais tout à fait trompeur ; car si ce mot sert à désigner « un acte de révérence rendu à une créature » par des idolâtres, notre Seigneur Jésus lui-même dit expressément, en employant exactement le même mot grec : « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » ; et d’autre part il dit en Jean 5:23 : « tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. » Et en Apocalypse 5:8, 9, 12, 13, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards sont représentés se prosternant devant l’Agneau et lui offrant l’adoration, tout comme l’adoration est offerte à celui qui est assis sur le trône, c’est-à-dire Dieu le Père. En Hébreux 1:6, il nous est dit en propres termes : « Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit: Que tous les anges de Dieu l’adorent! » Un soir, dans la salle de consultation, à Chicago, je m’approchai d’un homme à l’air intelligent, au fond de la salle, et je lui dis : « Êtes-vous chrétien ? » Il répondit : « Je ne suppose pas que vous me considériez comme un chrétien. » Je lui dis : « Pourquoi pas ? » Il répondit : « Je suis unitarien. » Je lui dis : « Ce que vous voulez dire, alors, c’est que vous ne pensez pas que Jésus-Christ soit une personne qui doive être adorée. » Il répondit : « C’est exactement ce que je pense », et il ajouta : « La Bible ne dit nulle part que nous devions l’adorer. » Je lui dis : « Qui vous a dit cela ? » Il répondit : « Mon pasteur », en nommant un éminent pasteur unitarien de la ville de Boston. Je lui dis : « Laissez-moi vous montrer quelque chose », et j’ouvris ma Bible en Hébreux 1:6 et je lus : « Et lorsqu’il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit: Que tous les anges de Dieu l’adorent! », et il me dit : « Est-ce que c’est vraiment écrit ? » Je lui tendis la Bible et lui dis : « Lisez vous-même » ; il le lut et dit : « Je ne savais pas que cela se trouvait dans la Bible. » Je lui dis : « Eh bien, c’est écrit, n’est-ce pas ? » « Oui, c’est écrit. » Le langage ne pourrait pas être plus clair. La Bible enseigne clairement que Jésus, le Fils de Dieu, doit être adoré comme Dieu par les anges et par les hommes, tout comme Dieu le Père est adoré.
VII. PREUVES INDIRECTES DE LA DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST
Les six lignes de preuves de la divinité de Jésus-Christ que je vous ai données ne laissent aucune possibilité de douter que Jésus-Christ soit Dieu, que Jésus de Nazareth soit Dieu manifesté dans une personne humaine, qu’il soit un être qu’il faut adorer, tout comme Dieu le Père est adoré ; mais il y a aussi des preuves indirectes de sa divinité absolue qui, s’il est possible, sont à certains égards plus convaincantes encore que les affirmations directes de sa divinité.
1. Notre Seigneur Jésus dit en Matthieu 11:28 : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » Or quiconque fait une promesse comme celle-là doit être ou bien Dieu, ou bien un fou, ou bien un imposteur. Personne ne peut donner du repos à tous ceux qui sont fatigués et chargés et qui viennent à lui, à moins d’être Dieu ; et pourtant Jésus-Christ offre de le faire. S’il offre de le faire et ne le fait pas quand les hommes viennent à lui, alors il est soit un fou, soit un imposteur. S’il le fait réellement, alors, sans aucun doute, il est Dieu. Et des milliers de personnes peuvent témoigner qu’il le fait réellement. Des milliers et des dizaines de milliers d’hommes qui étaient fatigués, chargés et écrasés, et pour qui il n’y avait aucun secours du côté des hommes, sont venus à Jésus-Christ, et il leur a réellement donné du repos. Assurément donc, il n’est pas seulement un grand homme : il est Dieu.
2. De plus, en Jean 14:1, Jésus-Christ exige que nous mettions en lui la même foi que nous mettons en Dieu le Père, et il promet que dans une telle foi nous trouverons le remède à tout trouble et à toute angoisse du cœur. Voici ses paroles : « Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. » Il est clair qu’il exige que l’on mette en lui-même la même foi absolue que l’on doit mettre en Dieu tout-puissant. Or, en Jérémie 17:5, un passage de l’Écriture que notre Seigneur Jésus connaissait parfaitement, nous lisons : « Ainsi parle l’Éternel: Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme » ; et pourtant, malgré cette malédiction claire prononcée contre tous ceux qui se confient dans l’homme, Jésus-Christ exige que nous mettions en lui notre confiance tout comme nous la mettons en Dieu. C’est la plus forte affirmation possible de sa divinité de sa part. Personne d’autre que Dieu n’a le droit de formuler une telle exigence, et Jésus-Christ, lorsqu’il la formule, doit être soit Dieu, soit un imposteur ; mais des milliers et des dizaines de milliers de personnes ont découvert que, lorsqu’elles ont cru en lui comme elles croient en Dieu, leur cœur a été délivré du trouble, quels que fussent leur deuil ou leur situation.
3. De plus, le Seigneur Jésus exigeait pour lui-même un amour suprême et absolu. Il est clair comme le jour que personne d’autre que Dieu n’a le droit d’exiger un tel amour, mais il ne peut y avoir aucun doute que Jésus l’ait exigé. En Matthieu 10:37, il dit à ses disciples : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » Et en Luc 14:26, 33, il dit : « Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. . . . Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple. » Il ne peut y avoir aucun doute qu’il y ait là, de la part de Jésus, l’exigence d’un amour suprême et absolu envers lui-même, d’un amour qui relègue même les relations les plus chères de la vie à une place entièrement secondaire. Personne d’autre que Dieu n’a le droit de formuler une telle exigence ; mais notre Seigneur Jésus l’a formulée, et par conséquent il doit être Dieu.
4. En Jean 10:30, le Seigneur Jésus a revendiqué une égalité absolue avec le Père. Il a dit : « Moi et le Père nous sommes un. »
5. En Jean 14:9, notre Seigneur Jésus est allé jusqu’à dire : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » Il prétend ici être si absolument Dieu que le voir, c’est voir le Père qui demeure en lui.
6. En Jean 17:3, il dit : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » En d’autres termes, il affirme que la connaissance de lui-même est une partie de la vie éternelle aussi essentielle que la connaissance de Dieu le Père.
Conclusion : Il ne reste aucune place pour douter de la divinité absolue de Jésus-Christ. C’est une vérité glorieuse. Le Sauveur en qui nous croyons est Dieu, un Sauveur pour qui rien n’est trop difficile, un Sauveur qui peut sauver du plus profond de l’abîme et sauver parfaitement. Oh ! comme nous devrions nous réjouir de n’avoir pas un Sauveur simplement humain, mais un Sauveur qui est absolument Dieu ! D’autre part, combien noire est la culpabilité de celui qui rejette un tel Sauveur ! Quiconque refuse d’accepter Jésus comme son Sauveur et son Seigneur divin est coupable de l’énorme péché de rejeter un Sauveur qui est Dieu. Bien des hommes se croient bons parce qu’ils n’ont jamais volé, ni commis de meurtre, ni triché. « De quel grand péché suis-je coupable ? » demandent-ils avec suffisance. Avez-vous jamais accepté Jésus-Christ ? « Non. » Eh bien, alors vous êtes coupable du péché affreux et damnable de rejeter un Sauveur qui est Dieu. « Mais, répondez-vous, je ne crois pas qu’il soit Dieu. » Cela ne change pas le fait et ne diminue pas votre culpabilité. Mettre un fait en question ou le nier ne le change jamais, quoi que Mary Baker Eddy puisse dire en sens contraire. Supposez qu’un homme ait une femme qui soit l’une des femmes les plus nobles, les plus pures, les plus fidèles qui aient jamais vécu : le fait que son mari mette en doute sa pureté et sa noblesse changerait-il la réalité ? Non. Cela rendrait simplement ce mari coupable d’une affreuse calomnie ; cela prouverait simplement que cet homme est une canaille scandaleuse. De même, nier la divinité de Jésus-Christ ne rend pas sa divinité moins réelle, mais cela rend celui qui nie sa divinité coupable d’une calomnie affreuse, incroyable, blasphématoire. Cela prouve que vous qui niez sa divinité êtes——. Je laisse à votre propre conscience le soin d’achever la phrase.
Chapitre 5 terminé
La divinité de Jésus-Christ