Chapitre 4 · 22 min de lecture · 29 min d’écoute
La conception chrétienne de Dieu — la perfection infinie et l’unité de Dieu
« Dieu est lumière. » —1 Jean 1:5.
« Dieu est amour. » —1 Jean 4:8, 16.
« À Dieu tout est possible. » —Matthieu 19:26.
« Son intelligence n’a point de limite. » —Psaume 147:5.
Nous allons considérer de nouveau aujourd’hui la conception chrétienne de Dieu. Nous avons vu il y a une semaine, jour pour jour, que Dieu est Esprit, que Dieu est une personne, et que Dieu porte un intérêt personnel aux affaires des hommes d’aujourd’hui et y prend une part active, qu’il soutient, gouverne et prend soin du monde qu’il a créé, et qu’il façonne toute l’histoire présente du monde.
I. LA PERFECTION INFINIE DE DIEU
La chose suivante à noter au sujet de la conception chrétienne de Dieu, c’est que Dieu est parfait et infini dans tous ses attributs intellectuels et moraux, et en puissance.
1. Tout d’abord, fixez votre attention sur notre premier texte : « Dieu est lumière » (1 Jean 1:5). Ces trois mots forment une affirmation de la vérité d’une beauté merveilleuse et d’une force saisissante. Ils expriment la sainteté absolue et la sagesse parfaite de Dieu. Ces mots demandent à être médités plutôt qu’expliqués. « Il n’y a point en lui de ténèbres. » C’est-à-dire qu’il n’y a en lui point de ténèbres d’erreur, point de ténèbres d’ignorance, point de ténèbres de péché, point de ténèbres d’imperfection morale ou d’imperfection intellectuelle d’aucune sorte. Ces trois mots, « Dieu est lumière », forment l’une des plus belles, l’une des plus frappantes et l’une des plus prodigieuses affirmations de la vérité qui aient jamais été écrites.
2. Pour en venir à des points plus précis, le Dieu de la Bible est tout-puissant. Cette grande vérité ressort sans cesse de la Parole de Dieu. Une affirmation directe de cette grande vérité, particulièrement frappante en raison du contexte où elle se trouve, figure en Jérémie 32:17, 27 : « Ah! Seigneur Éternel, Voici, tu as fait les cieux et la terre Par ta grande puissance et par ton bras étendu: Rien n’est étonnant de ta part. » Ici, c’est Jérémie qui fait cette affirmation, mais au verset 27, c’est l’Éternel lui-même qui dit : « Voici, je suis l’Éternel, le Dieu de toute chair. Y a-t-il rien qui soit étonnant de ma part? »
En Job 42:2, nous lisons ces paroles de Job, lorsqu’il a enfin été amené à voir et à reconnaître la vraie nature de l’Éternel : « Je reconnais que tu peux tout, Et que rien ne s’oppose à tes pensées. » En Matthieu 19:26, notre Seigneur Jésus dit : « À Dieu tout est possible. » En rapprochant ces passages, nous voyons qu’il nous est clairement enseigné, par notre Seigneur lui-même et par d’autres, que Dieu peut tout, que rien ne lui est trop difficile, que tout lui est possible. En un mot, que Dieu est tout-puissant. Un passage très impressionnant du livre des Psaumes qui expose cette même grande vérité est Psaume 33:6-9 : « Les cieux ont été faits par la parole de l’Éternel, Et toute leur armée par le souffle de sa bouche. (7) Il amoncelle en un tas les eaux de la mer, Il met dans des réservoirs les abîmes. (8) Que toute la terre craigne l’Éternel! Que tous les habitants du monde tremblent devant lui! (9) Car il dit, et la chose arrive; Il ordonne, et elle existe. » Nous voyons ici Dieu, par le simple son de sa voix, faire arriver tout ce qu’il désire voir arriver. Nous trouvons cette même haute conception de Dieu dès le tout premier chapitre de la Bible, ce chapitre dont tant de gens qui se croient savants nous disent qu’il est dépassé et n’est plus de son temps, et qui pourtant contient quelques-unes des paroles les plus sublimes qui aient jamais été écrites, sans égales dans tout ce que disent aujourd’hui philosophes, savants ou orateurs de tribune. Les tout premiers mots de ce chapitre sont : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Genèse 1:1), une description de l’origine des choses qui n’a jamais été égalée en simplicité, en sublimité et en profondeur ; et deux versets plus bas, au troisième verset, nous lisons : « Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. » Ces paroles se passent de commentaire. Il y a là une sublimité de pensée, dans la manière d’exprimer la toute-puissance de la simple parole de Dieu, devant laquelle toute âme vraiment intelligente et éveillée restera saisie d’émerveillement et de crainte. Il n’y a rien dans la poésie ni dans les dissertations philosophiques, anciennes ou modernes, qui puisse un seul instant être mis en comparaison avec ces paroles sublimes. Sans cesse, la Parole de Dieu fait ressortir cette pensée que toute la nature est absolument soumise à la volonté et à la parole de Dieu. Nous le voyons par exemple en Psaume 107:25-29 : « Il dit, et il fit souffler la tempête, Qui souleva les flots de la mer. (26) Ils montaient vers les cieux, ils descendaient dans l’abîme; Leur âme était éperdue en face du danger; (27) Saisis de vertige, ils chancelaient comme un homme ivre, Et toute leur habileté était anéantie. (28) Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, Et il les délivra de leurs angoisses; (29) Il arrêta la tempête, ramena le calme, Et les ondes se turent. » Une autre description du même genre se trouve en Nahum 1:3-6 : « L’Éternel est lent à la colère, il est grand par sa force; Il ne laisse pas impuni. L’Éternel marche dans la tempête, dans le tourbillon; Les nuées sont la poussière de ses pieds. (4) Il menace la mer et la dessèche, Il fait tarir tous les fleuves; Le Basan et le Carmel languissent, La fleur du Liban se flétrit. (5) Les montagnes s’ébranlent devant lui, Et les collines se fondent; La terre se soulève devant sa face, Le monde et tous ses habitants. (6) Qui résistera devant sa fureur? Qui tiendra contre son ardente colère? Sa fureur se répand comme le feu, Et les rochers se brisent devant lui. » Quel tableau nous avons ici de la toute-puissance et de la redoutable majesté de Dieu !
Non seulement la nature est présentée comme absolument soumise à la volonté et à la parole de Dieu, mais les hommes aussi sont présentés comme absolument soumis à sa volonté et à sa parole. Par exemple, nous lisons en Jacques 4:12-15 : « Un seul est législateur et juge, c’est celui qui peut sauver et perdre; mais toi, qui es-tu, qui juges le prochain? (13) A vous maintenant, qui dites: Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous trafiquerons, et nous gagnerons! (14) Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain! car, qu’est-ce que votre vie? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. (15) Vous devriez dire, au contraire: Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela. »
Heureux l’homme qui se soumet volontairement à la volonté et à la parole de Dieu ; mais que nous nous soumettions volontairement ou non à la volonté et à la parole de Dieu, nous sommes de toute façon soumis à sa volonté et à sa parole. Les anges aussi sont soumis à sa volonté et à sa parole (Hébreux 1:13, 14), et même Satan, bien que tout à fait contre son gré, est absolument soumis à la volonté et à la parole de Dieu, comme le montrent clairement Job 1:12 et Job 2:6.
L’exercice de la toute-puissance de Dieu est limité par sa propre volonté, sage, sainte et pleine d’amour. Dieu peut faire toutes choses, mais il ne fera que ce que dictent une sagesse, une sainteté et un amour infinis. Cela ressort, par exemple, d’Ésaïe 59:1, 2 : « Non, la main de l’Éternel n’est pas trop courte pour sauver, Ni son oreille trop dure pour entendre. (2) Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face Et l’empêchent de vous écouter. »
3. Le Dieu de la Bible est aussi omniscient. En 1 Jean 3:20, nous lisons : « Dieu connaît toutes choses. » Si nous passons à l’Ancien Testament, nous lisons en Psaume 147:5 : « Notre Seigneur est grand, puissant par sa force, Son intelligence n’a point de limite. » La traduction littérale du dernier membre de ce passage est : « De son intelligence il n’y a point de nombre. » Ces passages déclarent clairement que « Dieu connaît toutes choses » et que « Son intelligence n’a point de limite ». En Job 37:16, Élihu, le messager de Dieu, est présenté comme disant que l’Éternel est celui « dont la science est parfaite ». Dans le même sens, nous lisons en Actes 15:18 : « Toutes ses œuvres sont connues de Dieu dès le commencement du monde. » La version révisée modifie la traduction de ce verset, mais ce changement n’altère pas le sens de la vérité qui y est exposée, à savoir que Dieu connaît toutes ses œuvres et toutes choses depuis le commencement du monde. Tout lui est connu, de ce qu’il y a de plus vaste jusqu’au détail le plus infime. En Psaume 147:4, il nous est dit : « Il compte le nombre des étoiles, Il leur donne à toutes des noms. » Tandis qu’en Matthieu 10:29, il nous est dit que pas un passereau ne tombe à terre sans lui. Les étoiles dans toute leur prodigieuse grandeur et les passereaux dans toute leur insignifiance sont tous également présents à sa pensée.
Il nous est dit en outre que toutes choses ont leur place dans son dessein et dans son plan. En Actes 3:17, 18, l’apôtre Pierre dit, au sujet de la crucifixion de notre Seigneur, l’acte le plus criminel de toute l’histoire de la race humaine : « Et maintenant, frères, je sais que vous avez agi par ignorance, ainsi que vos chefs. Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir. » En Actes 2:23, Pierre déclara le jour de la Pentecôte (bien que la crucifixion du Seigneur Jésus fût l’acte le plus criminel de toute l’histoire) que le Seigneur Jésus avait néanmoins été « livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu. » Selon le psalmiste (Psaume 76:11), Dieu fait entrer dans ses plans les actes des hommes les plus méchants : il fait que la colère des hommes tourne à sa louange, et il retient le reste de la colère. Même la guerre actuelle, avec toutes ses horreurs, toutes ses atrocités, toutes ses abominations et toutes ses méchancetés sans nom, a été connue d’avance par Dieu et intégrée dans son propre plan des âges, plein de grâce ; et il fera en sorte que chaque événement de cette guerre, même les choses les plus révoltantes, conçues par la plus vile conspiration d’hommes sans principes, d’hommes absolument inhumains et bestiaux, d’hommes inspirés par le diable, concoure au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein (Romains 8:28).
Le plan entier des âges, non pas seulement des siècles, mais des âges incommensurables de Dieu, ainsi que la part de chaque homme dans ce plan, est connu de Dieu de toute éternité. Cela est rendu très clair en Éphésiens 1:9-12, où nous lisons : « Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. En lui nous sommes aussi devenus héritiers, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, afin que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré en Christ. » Et en Éphésiens 3:4-9, nous lisons : « En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ. Il n’a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. Ce mystère, c’est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus-Christ par l’Évangile, dont j’ai été fait ministre selon le don de la grâce de Dieu, qui m’a été accordée par l’efficacité de sa puissance. A moi, qui suis le moindre de tous les saints, cette grâce a été accordée d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ, et de mettre en lumière quelle est la dispensation du mystère caché de tout temps en Dieu qui a créé toutes choses. » Chez Dieu, rien n’est pensé après coup. Tout est vu, connu, voulu et prévu dès l’origine. Nous pouvons bien nous écrier : « O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles! » (Romains 11:33.) Dieu sait de toute éternité ce qu’il fera pour toute l’éternité.
4. Dieu est aussi absolument et infiniment saint. C’est là un point d’une importance centrale et fondamentale dans la conception biblique de Dieu. Il ressort de notre premier texte : « Dieu est lumière, et il n’y a point en lui de ténèbres. » Jean, lorsqu’il écrivit ces mots, les donna comme le résumé de « La nouvelle que nous avons apprise de lui. » (1 Jean 1:5.) En Ésaïe 6:3, dans la vision de l’Éternel qui fut donnée à Ésaïe l’année de la mort du roi Ozias, les « séraphins », ou « êtres brûlants », brûlant de leur propre et intense sainteté, sont représentés debout devant l’Éternel, la face couverte et les pieds couverts, criant sans cesse : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées. » Et en 1 Pierre 1:16, Dieu nous crie : « Vous serez saints, car je suis saint. »
Cette pensée de la sainteté infinie et redoutable de Dieu imprègne la Bible tout entière. Elle est à la base de tout ce qu’elle contient. Tout le système mosaïque est bâti sur cette vérité fondamentale et centrale, et autour d’elle. Son système d’ablutions ; les divisions du tabernacle ; la division du peuple en simples Israélites, Lévites, sacrificateurs et souverains sacrificateurs, à qui étaient permis différents degrés d’approche de Dieu à des conditions strictement définies ; l’insistance sur les sacrifices sanglants comme moyen nécessaire pour s’approcher de Dieu ; les instructions de Dieu à Moïse en Exode 3:5, à Josué en Josué 5:15 ; le châtiment d’Ozias en 2 Chroniques 26:16-26 ; les ordres stricts donnés à Israël au sujet de l’approche du Sinaï lorsque l’Éternel y descendit ; le sort de Koré, Dathan et Abiram en Nombres 16:1-33 ; et la destruction de Nadab et Abihu en Lévitique 10:1-3 : tout cela avait pour but d’enseigner, de souligner et de graver au fer rouge dans l’esprit et dans le cœur des Israélites la vérité fondamentale que Dieu est saint, d’une sainteté inaccessible. La vérité que Dieu est saint est la vérité fondamentale de la Bible, de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament, de la religion juive et de la religion chrétienne. C’est l’élément prééminent de la conception chrétienne de Dieu. Il n’est aucun fait, dans la conception chrétienne de Dieu, qu’il soit plus nécessaire de souligner à notre époque que celui de la sainteté absolue, sans réserve et sans compromis de Dieu. C’est là la note principale qui fait défaut dans la Science chrétienne, la théosophie, l’occultisme, le bouddhisme, la Nouvelle Pensée, la Nouvelle Théologie et toutes les sectes viles, mais si vantées, de notre temps. Cette grande vérité est à la base de ces doctrines fondamentales de la Bible — l’expiation par le sang versé et la justification par la foi. La doctrine de la sainteté de Dieu est la clef de voûte de l’édifice de la vérité chrétienne.
5. Dieu est aussi amour. Cette vérité est déclarée dans l’un de nos textes. Les mots « Dieu est amour » se trouvent deux fois dans le même chapitre (1 Jean 4:8, 16). Cette vérité est essentiellement la même que celles-ci : « Dieu est lumière » et « Dieu est saint », car l’essence même de la vraie sainteté est l’amour ; la « lumière » est l’« amour », et l’« amour » est la « lumière ».
6. De plus, Dieu n’est pas seulement parfait dans ses attributs intellectuels et moraux et en puissance : il est aussi omniprésent. Cette pensée de Dieu ressort aussi bien de l’Ancien Testament que du Nouveau. En Psaume 139:7-10, nous lisons : « Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face? (8) Si je monte aux cieux, tu y es; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. (9) Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, (10) Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. » Il n’est aucun lieu où l’on puisse fuir la présence de Dieu, car Dieu est partout. Cette grande vérité est exposée d’une manière remarquable en Jérémie 23:23, 24 : « Ne suis-je un Dieu que de près, dit l’Éternel, Et ne suis-je pas aussi un Dieu de loin? (24) Quelqu’un se tiendra-t-il dans un lieu caché, Sans que je le voie? Dit l’Éternel. Ne remplis-je pas, moi, les cieux et la terre? Dit l’Éternel. »
La semaine dernière, nous avons vu que Dieu a une demeure locale, qu’il existe un lieu où il se trouve et où il se manifeste d’une manière dont il ne se manifeste pas partout ; mais tout en insistant sur cette vérité clairement révélée, nous ne devons jamais perdre de vue le fait que Dieu est partout. Nous trouvons cette même vérité exposée par Paul dans son discours aux philosophes épicuriens et stoïciens sur l’Aréopage, Actes 17:24-28 : « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme; (25) il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses. (26) Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure; (27) car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être. C’est ce qu’ont dit aussi quelques-uns de vos poètes: De lui nous sommes la race. »
Ces passages nous montrent que Dieu est partout. Il est dans toutes les parties de l’univers et près de chaque individu. En lui, chaque individu a la vie, le mouvement et l’être. Il est dans chaque rose, dans chaque lis et dans chaque brin d’herbe.
7. Il y a encore une pensée, dans la conception chrétienne de Dieu, qu’il faut placer à côté de son omniprésence : c’est son éternité. Dieu est éternel. Son existence n’a pas eu de commencement et n’aura pas de fin ; il a toujours été, il est toujours et il sera toujours. Dieu n’est pas seulement présent partout dans l’espace, il est présent partout dans le temps. Cette conception de Dieu apparaît constamment dans la Bible. Il nous est dit, dès Genèse 21:33, qu’Abraham invoqua « le nom de l’Éternel, Dieu de l’éternité. » En Ésaïe 40:28, nous lisons cette description de l’Éternel : « Ne le sais-tu pas? Ne l’as-tu pas appris? C’est le Dieu d’éternité, l’Éternel, Qui a créé les extrémités de la terre; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point; On ne peut sonder son intelligence. » Ici encore, il est appelé « le Dieu d’éternité ». Habacuc, en Habacuc 1:12, expose la même conception de Dieu. Il dit : « N’es-tu pas de toute éternité, Éternel, mon Dieu, mon Saint? » Le psalmiste nous donne la même représentation de Dieu en Psaume 90:2, 4 : « Avant que les montagnes fussent nées, Et que tu eusses créé la terre et le monde, D’éternité en éternité tu es Dieu. (4) Car mille ans sont, à tes yeux, Comme le jour d’hier, quand il n’est plus, Et comme une veille de la nuit. » Nous avons la même représentation de Dieu au psaume 102, versets 25-28 : « Je dis: Mon Dieu, ne m’enlève pas au milieu de mes jours, Toi, dont les années durent éternellement! (26) Tu as anciennement fondé la terre, Et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. (27) Ils périront, mais tu subsisteras; Ils s’useront tous comme un vêtement; Tu les changeras comme un habit, et ils seront changés. (28) Mais toi, tu restes le même, Et tes années ne finiront point. »
Le nom même de Dieu, son nom d’alliance, Jéhovah, exprime son éternité. Il est l’éternel « Je suis », celui qui est, qui était et qui sera à jamais. (Cf. Exode 3:14, 15.)
II. IL Y A UN SEUL DIEU
Il reste à mentionner encore un fait concernant la conception chrétienne de Dieu, et le voici : il n’y a qu’un seul Dieu. L’unité de Dieu ressort sans cesse, aussi bien dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau. Par exemple, nous lisons en Deutéronome 4:35 : « L’Éternel est Dieu, il n’y en a point d’autre. » Et en Deutéronome 6:4, nous lisons : « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel. » Passant au Nouveau Testament, nous lisons en 1 Timothée 2:5 : « Il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. » Et en Marc 12:29, notre Seigneur Jésus lui-même dit : « Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur. »
Mais nous devons garder à l’esprit le caractère de l’unité divine. Il est clairement révélé dans la Bible que, dans cette unité divine, dans cette unique Divinité, il y a une multiplicité de personnes. Cela ressort de diverses manières.
1. Tout d’abord, le mot hébreu traduit par « un » dans ces divers passages cités désigne une unité composée, et non une unité simple. (Cf. 1 Corinthiens 3:6-8 ; 1 Corinthiens 12:13 ; Jean 17:22, 23 ; Galates 3:28.)
2. En second lieu, le mot de l’Ancien Testament le plus fréquemment employé pour désigner Dieu est un nom pluriel. Les grammairiens et les lexicographes hébreux ont tenté de l’expliquer en disant qu’il s’agissait d’un « pluralis majestatis » ; mais l’explication toute simple est que les Hébreux, malgré leur monothéisme intense, employaient un nom pluriel pour Dieu parce qu’il y a une pluralité de personnes dans l’unique Divinité.
3. Une preuve plus frappante encore de la pluralité de personnes dans l’unique Divinité est le fait que Dieu lui-même emploie des pronoms pluriels en parlant de lui-même. Par exemple, dans le premier chapitre de la Bible, en Genèse 1:26, nous lisons que Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » Et en Genèse 11:7, il est encore rapporté qu’il dit : « Allons! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. » En Genèse 3:22, nous lisons : « L’Éternel Dieu dit: Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. » Et dans cette vision merveilleuse dont il a déjà été question, dans laquelle Ésaïe vit l’Éternel, nous lisons cette déclaration d’Ésaïe en Ésaïe 6:8 : « J’entendis la voix du Seigneur, disant: Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous? Je répondis: Me voici, envoie-moi. »
4. Une autre illustration de la pluralité de personnes dans l’unique Divinité, dans la conception de Dieu de l’Ancien Testament, se trouve en Zacharie 2:10, 11, où l’Éternel parle de lui-même comme envoyé par l’Éternel, en ces termes : « Pousse des cris d’allégresse et réjouis-toi, Fille de Sion! Car voici, je viens, et j’habiterai au milieu de toi, Dit l’Éternel. (11) Beaucoup de nations s’attacheront à l’Éternel en ce jour-là, Et deviendront mon peuple; J’habiterai au milieu de toi, Et tu sauras que l’Éternel des armées m’a envoyé vers toi. » Ici, l’Éternel parle clairement de lui-même comme envoyé par l’Éternel, indiquant ainsi clairement deux personnes dans la Divinité.
5. Une autre indication de la pluralité de personnes dans la Divinité, dans la conception de Dieu de l’Ancien Testament, se trouve dans le fait que « l’ange de l’Éternel », dans l’Ancien Testament, est à la fois distingué de l’Éternel et identifié avec lui.
6. Cette même pensée de la pluralité de personnes dans l’unique Divinité ressort de Jean 1:1, où nous atteignons le point culminant même de cette pensée. Il nous est dit ici en propres termes : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » Nous verrons plus tard, lorsque nous étudierons la divinité de Christ, ainsi que la personnalité et la divinité du Saint-Esprit, que le Seigneur Jésus et le Saint-Esprit sont clairement désignés comme des êtres divins, et en même temps distingués l’un de l’autre et de Dieu le Père. Il est donc clair que, dans la conception chrétienne de Dieu, bien qu’il n’y ait qu’un seul Dieu, il y a une multiplicité de personnes dans l’unique Divinité.
Dans ces deux sermons sur « La conception chrétienne de Dieu », nous avons exposé cette conception de façon très insuffisante. Cette conception de Dieu traverse toute la Bible, du premier chapitre du livre de la Genèse au dernier chapitre de l’Apocalypse, et c’est là l’une des nombreuses et merveilleuses illustrations de l’unité divine du Livre. Combien ce Livre est merveilleux, puisque cette unité de pensée sur une doctrine si profonde l’imprègne tout entier ! C’est une indication claire que la Bible est la Parole de Dieu. Il y a dans la Bible une philosophie plus profonde que celle qu’on trouve dans toute philosophie humaine, ancienne ou moderne, et la seule manière d’en rendre compte, c’est que Dieu lui-même est l’auteur de cette philosophie incomparable. Quel Dieu merveilleux est le nôtre ! Combien nous devrions méditer sur sa personne ! Avec quelle crainte révérencielle, et en même temps avec quelle joie, nous devrions entrer en sa présence et nous prosterner devant lui dans la contemplation adorante de la merveille, de la beauté, de la majesté et de la gloire de son être !
Chapitre 4 terminé
La conception chrétienne de Dieu — la perfection infinie et l’unité de Dieu