Chapitre 3 · 25 min de lecture · 32 min d’écoute
La conception chrétienne de Dieu, ou le Dieu de la Bible distingué du Dieu de la Science chrétienne et du Dieu de la philosophie moderne
« Dieu est Esprit. »—Jean 4:24.
« Dieu est lumière. »—1 Jean 1:5.
« Dieu est amour. »—1 Jean 4:8, 16.
Notre sujet, ce matin, est « La conception chrétienne de Dieu, ou le Dieu de la Bible distingué du Dieu de la Science chrétienne et du Dieu de la philosophie moderne ». J’ai trois textes. Jean 4:24 : « Dieu est Esprit. » 1 Jean 1:5 : « Dieu est lumière. » 1 Jean 4:8, 16 : « Dieu est amour. » Ces trois textes renferment trois des déclarations les plus remarquables qui aient jamais été prononcées, et ils placent devant nous, de la manière la plus claire possible, la conception chrétienne de Dieu, distincte de toute autre conception de Dieu. Les scientistes chrétiens citent sans cesse l’un de nos textes : « Dieu est amour. » En fait, ils le citent plus que presque n’importe quel autre passage de la Bible ; mais ils n’entendent pas du tout par « Dieu est amour » ce que 1 Jean 4:8 ou 1 Jean 4:16 veulent manifestement dire quand on les prend dans leur contexte. Par « amour », les scientistes chrétiens n’entendent pas un attribut personnel de Dieu, mais une abstraction impersonnelle qui est elle-même Dieu. Mme Eddy nie franchement et catégoriquement la personnalité de Dieu. Les scientistes chrétiens ne disent pas seulement : « Dieu est amour », mais ils disent aussi : « L’amour est Dieu. » Ils ne disent pas seulement : « Dieu est bon », mais ils disent aussi : « Le bien est Dieu. » Dire « L’amour est Dieu » est une affirmation tout à fait différente de dire : « Dieu est amour. » Vous pourriez tout aussi bien dire : « L’esprit est Dieu », parce que Dieu dit : « Dieu est esprit » ; mais tout esprit n’est pas Dieu. Ou vous pourriez aussi bien dire : « La lumière est Dieu », parce que « Dieu est lumière » ; mais la lumière n’est pas Dieu, et l’amour n’est pas Dieu, bien que Dieu soit amour, que Dieu soit lumière et que Dieu soit esprit. Que faut-il entendre par « amour » dans la déclaration inspirée « Dieu est amour » ? Ce que signifie la déclaration « Dieu est amour », la définition ou la description de l’amour donnée dans le contexte et dans le chapitre immédiatement précédent — 1 Jean 3:13-18 — le montre. Ces versets montrent clairement que, par la déclaration de 1 Jean 4:8 et de 1 Jean 4:16, « Dieu est amour », on ne veut pas dire que Dieu est une qualité abstraite, « l’amour », et que la qualité abstraite de l’amour est Dieu ; ce que l’on veut dire, c’est que Dieu est une personne dont tout l’être et toute la conduite sont dominés par la qualité de l’amour, c’est-à-dire par le désir du plus grand bien d’autrui et la joie qu’il y trouve. Cela vous paraîtra évident si je vous lis le chapitre immédiatement précédent (1 Jean 3:13-17) : « Ne vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait. (14) Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. (15) Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. (16) Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. (17) Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui? (18) Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. » Et de ce chapitre-ci (1 Jean 4:7-17) : « Bien-aimés, aimons nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. (8) Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. (9) L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. (10) Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. (11) Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. (12) Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. (13) Nous connaissons que nous demeurons en lui, et qu’il demeure en nous, en ce qu’il nous a donné de son Esprit. (14) Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. (15) Celui qui confessera que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. (16) Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. (17) Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. »
Le Dieu de ce qu’on appelle la « philosophie moderne », c’est « l’Absolu », et par « l’Absolu » on entend généralement une froide abstraction, et non une personnalité nette, définie et chaleureuse, qui aime, s’afflige, souffre, et qui agit avec intelligence en faveur des autres. Et bien souvent le Dieu de la philosophie moderne n’est pas seulement « en toutes choses », mais il est toutes choses, et toutes choses sont Dieu. Un tel Dieu n’est pas Dieu du tout. Le Dieu de la Bible, au contraire, comme nous le verrons à mesure que nous avancerons, est une Personne divine qui existe à part du monde qu’il a créé et qui existait avant le monde qu’il a créé, qui soutient des relations définies avec le monde qu’il a fait et qui agit selon des voies définies et clairement révélées. Nous voici donc face à face avec la question : Quelle sorte d’Être est le Dieu de la Bible, le Dieu réel, le seul vrai Dieu, le Dieu du christianisme, le seul Dieu que nous devions adorer et aimer, et à qui nous devions obéir ? Le Kaiser, lui aussi, parle beaucoup de Dieu, et ses partisans aiment à dire : « Gott mit uns » ; mais si l’on étudie attentivement les déclarations du Kaiser, il devient évident que par Dieu il n’entend pas le Dieu de la Bible, le Dieu chrétien, le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
I. DIEU EST ESPRIT
Tout d’abord, « Dieu est Esprit. » C’est ce que nous lisons dans notre premier texte, Jean 4:24 : « Dieu est Esprit. » Vous remarquerez que dans votre Bible, la version autorisée comme la version révisée, vous lisez : « Dieu est un Esprit. » Mais la langue grecque n’a pas d’article indéfini ; partout où il est nécessaire, dans la traduction anglaise, de l’ajouter pour respecter l’idiome anglais, il faut le suppléer, et c’est ce qu’on a fait dans ce cas. Mais il n’y a en réalité pas plus de raison de le suppléer ici qu’il n’y en a de le suppléer en 1 Jean 4:8 et de traduire « Dieu est un amour », ou en 1 Jean 1:5 et de traduire « Dieu est une lumière ». La traduction préférable est celle que j’ai donnée : « Dieu est Esprit. » C’est là une définition de la nature essentielle de Dieu. Que signifie-t-elle ? Notre Seigneur Jésus lui-même a défini ce qu’il faut entendre par « esprit » en Luc 24:39, où il est rapporté qu’il dit après sa résurrection : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi; touchez-moi et voyez: un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’ai. » Il ressort clairement de ces paroles de notre Seigneur que l’esprit est ce qui s’oppose au corps. Autrement dit, l’esprit est une réalité incorporelle et invisible. Dire : « Dieu est Esprit », c’est dire que Dieu est essentiellement incorporel et invisible (cf. 1 Timothée 6:16), que Dieu, dans sa nature essentielle, n’est pas matériel mais immatériel et invisible, et n’en est pas moins réel. Cette pensée se trouve aussi au cœur même de la révélation que Dieu fit de lui-même à Moïse dans la première partie de l’Ancien Testament. Par exemple, nous lisons en Deutéronome 4:15-18 : « Puisque vous n’avez vu aucune figure le jour où l’Éternel vous parla du milieu du feu, à Horeb, veillez attentivement sur vos âmes, (16) de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez une image taillée, une représentation de quelque idole, la figure d’un homme ou d’une femme, (17) la figure d’un animal qui soit sur la terre, la figure d’un oiseau qui vole dans les cieux, (18) la figure d’une bête qui rampe sur le sol, la figure d’un poisson qui vive dans les eaux au-dessous de la terre. » C’est là une déclaration claire, faite il y a bien longtemps, quinze siècles avant Christ, de la spiritualité de Dieu dans sa nature essentielle. Dieu est essentiellement un esprit invisible.
Mais il est aussi clairement révélé dans la Parole de Dieu que l’« esprit » peut se manifester sous une forme visible et corporelle. Nous lisons en Jean 1:32 ces paroles de Jean-Baptiste, qui parle de ce que ses propres yeux avaient vu : « Jean rendit ce témoignage: J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et s’arrêter sur lui. » Nous voyons donc ici celui qui était essentiellement esprit se manifester sous une forme corporelle et visible.
De plus, la Bible nous dit que Dieu s’est manifesté sous une forme visible. Nous lisons en Exode 24:9, 10 : « Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d’Israël. (10) Ils virent le Dieu d’Israël; sous ses pieds, c’était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté. »
Ce qu’ils virent n’était pas Dieu dans sa nature essentielle d’Être spirituel. En effet, ce que nous voyons quand nous nous voyons les uns les autres, ce n’est pas notre moi essentiel, mais la maison où nous habitons ; c’est pourquoi Jean a pu dire, comme il le dit en Jean 1:18 : « Personne n’a jamais vu Dieu. » Et je pourrais de même vous dire maintenant que vous ne me voyez pas. Néanmoins, c’était une manifestation réelle de Dieu lui-même qu’ils virent ; c’est pourquoi on pouvait aussi dire, et dire avec vérité, qu’ils avaient vu Dieu, de même qu’on peut dire avec vérité : « Vous me voyez. »
Plus encore, bien que Dieu soit essentiellement esprit, Dieu a une forme visible. C’est ce qui est enseigné dans les termes les moins équivoques en Philippiens 2:6, où il nous est dit de notre Seigneur Jésus qu’il existait à l’origine « en forme de Dieu ». Le mot grec traduit par « forme » dans ce passage signifie « forme visible », « la forme par laquelle une personne ou une chose frappe la vue », « l’apparence extérieure ». Il ne peut rien signifier d’autre. Telle est la définition que donne, du mot traduit ici par « forme », le meilleur lexique grec-anglais du Nouveau Testament. Or, puisque Jésus existait à l’origine « en forme de Dieu », il est évident que Dieu lui-même doit avoir une forme, cette forme en laquelle notre Seigneur Jésus est dit avoir existé à l’origine.
Que Dieu, dans sa forme extérieure, bien que non dans son essence invisible, soit visible, cela ressort clairement aussi d’Actes 7:55, 56, où nous lisons : « Mais lui (c’est-à-dire Étienne), rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Or, si Dieu n’a pas une forme qui puisse être vue, alors, bien entendu, on ne pourrait voir le Seigneur Jésus debout à la droite de Dieu. Dieu est partout, comme nous le verrons plus loin ; mais Dieu n’est pas partout dans le même sens. Il y a un lieu où Dieu est visiblement et manifestement présent d’une manière dont il n’est présent nulle part ailleurs. Il y a un lieu où il est visiblement présent et où il se manifeste comme il ne le fait pas ailleurs. Le lieu de la présence visible de Dieu et de sa pleine manifestation, c’est le ciel, bien que, par sa présence spirituelle, il remplisse l’univers. Cela ressort de nombreux passages des Écritures. Par exemple, cela ressort clairement de la prière que notre Seigneur nous a enseignée — une portion de l’Écriture que beaucoup acceptent tout en rejetant la plus grande partie de la Bible. Notre Seigneur a commencé la prière qu’il enseigna à ses disciples par ces mots : « Notre Père qui es aux cieux. » Si ces paroles veulent dire quelque chose, elles veulent certainement dire que Dieu, notre Père, est au ciel d’une manière dont il n’est pas ailleurs. C’est là que Dieu était lorsque Jésus s’adressait à lui. Nous lisons encore en Matthieu 3:17 : « voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. » Si ces paroles veulent dire quelque chose, elles veulent dire que Dieu était au ciel et que sa voix venait des cieux jusqu’au Seigneur Jésus, qui était ici sur la terre. Encore, en Jean 14:28, il est rapporté que Jésus dit :
« Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi. » Si ces paroles veulent dire quelque chose, prises à la lumière des événements qui allaient suivre le lendemain et les jours suivants, elles veulent dire que Jésus s’en allait du lieu où il se trouvait alors — la terre — vers un autre lieu où il n’était pas au moment où il parlait, c’est-à-dire le ciel ; et qu’en allant au ciel, il allait là où était Dieu, quittant la terre, où Dieu n’était pas dans le sens où il était au ciel. Nous lisons encore en Actes 11:9 : « pour la seconde fois la voix se fit entendre du ciel: Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. » Ici encore, Dieu est représenté comme parlant du ciel, où il se trouvait. Encore, en Jean 20:17, il est rapporté que notre Seigneur Jésus-Christ dit à Marie de Magdala après sa résurrection : « Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » ; d’où il ressort de manière indéniable que, dans la conception de notre Seigneur Jésus après sa résurrection, il y avait un lieu où Dieu était et vers lequel il allait, et que ce lieu était là-haut, au ciel. Il est impossible d’écarter cela en disant que c’est une figure de style ; tout le passage perd son sens avec une telle interprétation, et tenter de l’expliquer ainsi est une ruse et un subterfuge qui ne résistent pas à un examen attentif. Encore, l’apôtre Paul nous dit, au sujet de notre Seigneur Jésus-Christ, que Dieu le Père a agi « en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes » (Éphésiens 1:20), ce qui montre aussi clairement que le langage peut montrer quoi que ce soit qu’il existe un lieu, le ciel, où Dieu est dans un sens où il n’est nulle part ailleurs, et où quelqu’un peut être placé à sa droite. La même chose ressort des versets que nous avons déjà cités dans un autre contexte, Actes 7:55, 56, où il nous est dit qu’Étienne, « rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit: Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Le sens de ces paroles, pour quiconque désire savoir ce que les mots sont destinés à exprimer, et non simplement les déformer pour les faire cadrer avec sa propre conception, c’est que Dieu est localement présent au ciel. Il n’y a aucun moyen d’y échapper par une interprétation loyale et honnête. Des hommes habiles dans l’art de discréditer la vérité en lui donnant de vilains noms, et des noms qui sonnent très savants, peuvent appeler cela de l’« anthropomorphisme », et cela sonne très érudit. Néanmoins, que ce soit de l’« anthropomorphisme » ou autre chose, c’est là l’enseignement clair de la Parole de Dieu, en dépit de ce terme ou de tout autre terme effrayant dont on se sert pour faire peur aux étudiants et aux étudiantes encore immatures. On ne peut s’y méprendre : c’est bien là l’enseignement de la Bible ; et nous avons déjà prouvé que la Bible est la Parole de Dieu, et qu’il faut la prendre pour ce qu’elle dit, en dépit de toutes les tentatives que font pour l’expliquer et l’écarter des hommes qui, « se vantant d’être sages », « sont devenus fous ».
II. DIEU EST UNE PERSONNE
La chose suivante que la Bible enseigne au sujet de Dieu, c’est que Dieu est une personne. C’est-à-dire qu’il est un être qui connaît, qui ressent, qui aime, qui entend la prière, qui parle, qui agit ; un être qui agit avec intelligence sur nous et sur qui nous pouvons agir.
Bien que Dieu soit en toutes choses, il est une personnalité distincte des personnes et des choses en lesquelles il est et qu’il a créées. La Bible, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, est pleine de cette conception vitale d’« un Dieu vivant », par opposition à la simple et froide abstraction de « l’Absolu », de « l’Infini », de « l’Être suprême » ou de « la Grande Cause première », dont la « philosophie moderne » aime tant à discourir. Par exemple, nous lisons en Jérémie 10:10-16 : « Mais l’Éternel est Dieu en vérité, Il est un Dieu vivant et un roi éternel; La terre tremble devant sa colère, Et les nations ne supportent pas sa fureur. (11) Vous leur parlerez ainsi: Les dieux qui n’ont point fait les cieux et la terre Disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. (12) Il a créé la terre par sa puissance, Il a fondé le monde par sa sagesse, Il a étendu les cieux par son intelligence. (13) A sa voix, les eaux mugissent dans les cieux; Il fait monter les nuages des extrémités de la terre, Il produit les éclairs et la pluie, Il tire le vent de ses trésors. (14) Tout homme devient stupide par sa science, Tout orfèvre est honteux de son image taillée; Car ses idoles ne sont que mensonge, Il n’y a point en elles de souffle, (15) Elles sont une chose de néant, une œuvre de tromperie; Elles périront, quand viendra le châtiment. (16) Celui qui est la part de Jacob n’est pas comme elles; Car c’est lui qui a tout formé, Et Israël est la tribu de son héritage. L’Éternel des armées est son nom. » Dans ce passage, Dieu est distingué des idoles, qui sont des choses et non des personnes, des choses qui « ne parlent point », qui « ne peuvent agir », qui « ne sauraient faire aucun mal, Et ils sont incapables de faire du bien » ; et il nous est dit que l’Éternel est plus sage que « tous les sages ». Il est « un Dieu vivant », « un roi éternel », un être qui a de la « colère » et de la « fureur », séparé de ses créatures : « La terre tremble devant sa colère, Et les nations ne supportent pas sa fureur ».
En Actes 14:15, nous lisons : « O hommes, pourquoi agissez-vous de la sorte? Nous aussi, nous sommes des hommes de la même nature que vous; et, vous apportant une bonne nouvelle, nous vous exhortons à renoncer à ces choses vaines, pour vous tourner vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve. » Ici aussi, nous avons la représentation de Dieu comme un être personnel distinct de l’œuvre qu’il a créée, et qu’il faut aussi distinguer clairement des idoles, qui ne sont pas des dieux vivants. En 1 Thessaloniciens 1:9, les convertis de Thessalonique sont représentés comme se détournant des dieux morts, « les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai ».
En 2 Chroniques 16:9, il nous est dit que « l’Éternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui », et en Psaume 94:9, 10, nous lisons : « Celui qui a planté l’oreille n’entendrait-il pas? Celui qui a formé l’œil ne verrait-il pas? Celui qui châtie les nations ne punirait-il point, Lui qui donne à l’homme l’intelligence? » C’est clairement la représentation d’un Dieu personnel, et non d’une simple abstraction comme « l’Absolu », « l’Infini » ou « l’Être suprême ». La distinction nette entre Dieu, qui est immanent en toutes choses et qui habite dans les croyants, et les êtres et les personnes en qui il habite, est mise en lumière très clairement par notre Seigneur lui-même en Jean 14:10 : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. » Et encore au verset 24 du même chapitre, où notre Seigneur Jésus distingue entre sa propre personnalité et celle du Père, qui habitait en lui, en ces termes : « Celui qui ne m’aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. » Cette conception de Dieu imprègne la Bible tout entière. La vue de Dieu que présente la Bible est absolument différente de la conception du panthéisme, du bouddhisme, de la théosophie et de la Science chrétienne. Cette conception se trouve dans les premières paroles de la Bible, Genèse 1:1 : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » Ici, le Dieu de la Bible est clairement distingué du prétendu Dieu du panthéisme et du Dieu de la Science chrétienne. Et cette même conception de Dieu se trouve dans le dernier chapitre de la Bible, et elle se trouve dans chaque chapitre de la Bible entre le premier et le dernier. Le Dieu de la Bible est un Être personnel qui, bien qu’il ait créé toutes choses et qu’il soit en toutes choses, est une personnalité distincte, séparée des personnes et des choses qu’il a créées.
III. LA RELATION PRÉSENTE DE DIEU AVEC LE MONDE ET AVEC LES HOMMES
Nous passons maintenant à l’examen de la relation présente de ce Dieu personnel que nous présente la Bible avec le monde qu’il a créé et avec les hommes qu’il a créés.
1. En premier lieu, nous voyons que Dieu soutient, gouverne et prend soin du monde qu’il a créé. Il façonne toute l’histoire présente du monde. Cela revient sans cesse. Quelques exemples devront suffire. Nous lisons en Psaume 104:27-30 : « Tous ces animaux espèrent en toi, Pour que tu leur donnes la nourriture en son temps. (28) Tu la leur donnes, et ils la recueillent; Tu ouvres ta main, et ils se rassasient de biens. (29) Tu caches ta face: ils sont tremblants; Tu leur retires le souffle: ils expirent, Et retournent dans leur poussière. (30) Tu envoies ton souffle: ils sont créés, Et tu renouvelles la face de la terre. » Et encore en Psaume 75:7, 8 : « Car ce n’est ni de l’orient, ni de l’occident, Ni du désert, que vient l’élévation. (8) Mais Dieu est celui qui juge: Il abaisse l’un, et il élève l’autre. » Tous ces passages, et d’autres qu’on pourrait citer, exposent la même conception de la relation présente de Dieu avec le monde qu’il a créé. Ils montrent, comme nous l’avons dit, que Dieu soutient, gouverne et prend soin de l’œuvre qu’il a créée ; qu’il façonne toute l’histoire présente du monde.
2. Considérons maintenant sa relation avec les affaires des hommes. Nous verrons que Dieu prend un intérêt présent et personnel aux affaires des hommes et y a une part active ; qu’il trace un chemin à son peuple et le conduit ; qu’il délivre, sauve et punit. Ici, quatre exemples tirés de la Bible devront suffire. Tout d’abord, Josué 3:10 : « Josué dit: A ceci vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu’il chassera devant vous les Cananéens, les Héthiens, les Héviens, les Phéréziens, les Guirgasiens, les Amoréens et les Jébusiens. » Passez maintenant à Daniel 6:20-22, 26, 27. « En s’approchant de la fosse, il appela Daniel d’une voix triste. Le roi prit la parole et dit à Daniel: Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu, que tu sers avec persévérance, a-t-il pu te délivrer des lions? (21) Et Daniel dit au roi: Roi, vis éternellement! (22) Mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions, qui ne m’ont fait aucun mal, parce que j’ai été trouvé innocent devant lui; et devant toi non plus, ô roi, je n’ai rien fait de mauvais. » . . . « (26) J’ordonne que, dans toute l’étendue de mon royaume, on ait de la crainte et de la frayeur pour le Dieu de Daniel. Car il est le Dieu vivant, et il subsiste éternellement; son royaume ne sera jamais détruit, et sa domination durera jusqu’à la fin. (27) C’est lui qui délivre et qui sauve, qui opère des signes et des prodiges dans les cieux et sur la terre. C’est lui qui a délivré Daniel de la puissance des lions. » Passez maintenant à 1 Timothée 4:10 : « Nous travaillons, en effet, et nous combattons, parce que nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants » ; et passez maintenant à Hébreux 10:28-31 : « Celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la déposition de deux ou de trois témoins; (29) de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce? (30) Car nous connaissons celui qui a dit: A moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore: Le Seigneur jugera son peuple. (31) C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » Dans tous ces passages, nous trouvons cette même conception de Dieu dans sa relation avec l’homme, à savoir que Dieu prend un intérêt personnel aux affaires des hommes et y a une part active ; qu’il trace un chemin à son peuple et le conduit ; qu’il les délivre, les sauve et les punit.
Le Dieu de la Bible doit être clairement distingué, non seulement du Dieu des panthéistes, qui n’a pas d’existence séparée de sa création, mais aussi du Dieu des déistes, qui a créé le monde, a mis en lui toutes les forces nécessaires pour se gouverner et se développer lui-même, l’a mis en marche et l’a laissé aller tout seul. Le Dieu de la Bible est un Dieu qui est personnellement et activement présent aujourd’hui dans les affaires de l’univers. Il soutient, gouverne et prend soin du monde qu’il a créé ; il façonne toute l’histoire présente du monde. Il prend un intérêt présent et personnel aux affaires des hommes et y a une part active, et c’est lui qui se tient derrière tous les événements qui se produisent aujourd’hui. Il règne, il fait servir à sa louange jusqu’à la colère des hommes, et il contient le reste de la colère. Le Kaiser peut bien rager, les armées peuvent s’affronter, la force, la violence et l’outrage peuvent sembler triompher pour l’heure qui passe, mais Dieu se tient derrière tout ; et, à travers toute la confusion, la discorde, le tumulte, l’agonie et la ruine, à travers toutes les atrocités révoltantes qui font se glacer d’horreur le cœur des hommes, il accomplit ses propres desseins d’amour et fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment.
Chapitre 3 terminé
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