Chapitre 15 · 27 min de lecture · 34 min d’écoute
Y a-t-il un enfer littéral ?
« Mérite d’être puni par le feu de la géhenne. »—Matthieu 5:22.
Mon sujet est : « Y a-t-il un enfer littéral ? » Je voudrais que les choses que je vais vous prêcher ne soient pas vraies. Dieu le voudrait aussi : « Le Seigneur use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3:9). Mais Dieu nous a créés à son image, avec une nature morale, avec la capacité de nous déterminer nous-mêmes, avec le pouvoir de choisir ; et les hommes peuvent, s’ils le veulent, choisir les ténèbres plutôt que la lumière. Ils peuvent choisir de fouler aux pieds l’amour de Dieu qui veut les sauver. Ils peuvent choisir de rejeter celui qui a été blessé pour leurs transgressions et brisé pour leurs iniquités, et sur qui est tombé le châtiment qui leur donne la paix ; et certains feront ce choix. Je regrette qu’ils le fassent. Je serais prêt à mourir pour les sauver. Le Seigneur Jésus, lui, est mort pour les sauver. Mais ils le repoussent avec mépris. Ainsi, ces choses dont je vais parler ce soir sont vraies, et je vais les prêcher afin que vous les connaissiez, et afin que vous en soyez certains. Je vais prêcher sur l’enfer pour empêcher le plus grand nombre possible d’entre vous d’y aller.
Y a-t-il un enfer littéral ? Presque toutes les personnes intelligentes qui croient tant soit peu à une vie future croient que les hommes et les femmes qui pèchent dans la vie présente et qui meurent impénitents et non sauvés seront punis, au moins dans une certaine mesure, dans la vie à venir. Elles croient que quiconque pèche doit souffrir, et que la souffrance que cause le péché ne se limitera pas à cette vie présente. Mais, si presque toutes les personnes intelligentes qui croient tant soit peu à une vie future croient à une forme de châtiment futur, il y en a beaucoup qui ne croient pas à un enfer littéral, c’est-à-dire à un lieu de tourment effroyable et indicible. Y a-t-il un enfer ? Y a-t-il un lieu où les hommes et les femmes impénitents iront un jour après la mort, pour y endurer des souffrances qui dépassent de loin toutes celles qu’on endure ici-bas sur la terre ? Certains disent : « Oui », il y a un enfer. Beaucoup, y compris un bon nombre de prédicateurs réputés orthodoxes, disent : « Non, le seul enfer est l’enfer intérieur, dans le cœur de l’homme. » Comment allons-nous trancher cette question ? Comment allons-nous déterminer qui a raison ? Nous ne pouvons pas la trancher, comme certains essaient de le faire, en « comptant les têtes ». Les majorités n’ont pas toujours raison. C’est particulièrement vrai en science, en philosophie et en théologie : les majorités n’y ont pas toujours raison. Ce que la majorité des savants croyait fermement il y a un siècle, la majorité des savants s’en moque aujourd’hui. Ce que la majorité des philosophes croyait autrefois, la majorité des philosophes le juge aujourd’hui ridicule. Les majorités ne peuvent donc pas toujours avoir raison. Et, par conséquent, nous ne pouvons pas trancher cette question en demandant ce que croit la majorité.
Nous ne pouvons pas non plus trancher la question en raisonnant sur ce qu’un être tel que Dieu doit faire, car comment l’homme, fini et insensé, pourrait-il juger de ce que ferait un Dieu infiniment saint et infiniment sage ? L’homme ne paraît jamais plus insensé que lorsqu’il essaie de déterminer par le raisonnement ce qu’un Dieu infini doit faire. Tous ces arguments sur l’enfer, qui raisonnent sur ce que Dieu doit ou ne doit pas faire, sont absurdes. Un enfant de sept ans ne peut pas raisonner infailliblement sur ce que fera un homme sage et bon de cinquante ans ; à plus forte raison de chétives créatures de poussière (telles que vous et moi, telles que les philosophes et les théologiens les plus savants) ne peuvent-elles pas raisonner infailliblement sur ce que doit faire un Dieu infiniment sage et infiniment saint. Il est cependant beaucoup plus facile aujourd’hui, du point de vue du pur raisonnement, de croire à un enfer littéral, et à un enfer éternel, qu’il y a trois ans et demi. Néanmoins, même aujourd’hui, nous ne pouvons pas trancher la question de savoir s’il y a un enfer littéral en raisonnant sur ce qu’un être tel que Dieu doit faire.
Il n’y a qu’une seule manière de trancher correctement cette question : aller à la Bible, découvrir ce qu’elle dit, et nous y tenir fermement et sans hésitation. Nous avons vu ces trois derniers dimanches soir que la Bible est, au-delà de toute contestation honnête, la Parole de Dieu ; donc tout ce que la Bible dit sur ce sujet, ou sur n’importe quel autre, est vrai et certain. C’est tout particulièrement vrai en matière de châtiment futur et de félicité future : nous devons aller à la Bible et découvrir ce qu’elle dit. Tout ce que nous savons de l’avenir, c’est ce que la Bible nous en dit. Tout raisonnement sur l’avenir en dehors de ce que la Bible nous dit n’est que pure conjecture, c’est du temps perdu. Nous ne savons rien du ciel en dehors de ce que la Bible nous dit, et nous ne savons rien de l’enfer en dehors de ce que la Bible nous dit. Sur un sujet comme celui-ci, une once de révélation divine vaut mille tonnes de spéculation humaine. Toute la question est : que dit la Bible au sujet de l’enfer ? Mais si nous dépendons entièrement de la Bible, la Bible nous révèle clairement tout ce que nous avons besoin de savoir. La Bible nous dit beaucoup de choses sur le ciel, et plus encore sur l’enfer, et c’est un fait intéressant que le Seigneur Jésus lui-même, dont beaucoup sont prêts à accepter l’autorité sans accepter celle du reste de la Bible, est celui qui nous parle le plus de l’enfer, et le plus clairement. En fait, tout ce que je vais vous montrer, c’est ce que le Seigneur Jésus lui-même dit à ce sujet.
I. L’ENFER ET LE HADÈS NE SONT PAS LA MÊME CHOSE
Tout d’abord, afin de préparer le terrain pour l’étude de ce que Jésus dit à ce sujet, permettez-moi d’attirer votre attention sur le fait que l’enfer et le hadès ne sont pas la même chose. Il y a de nombreux passages de la version autorisée où l’on trouve le mot « enfer », mais où ce mot ne figure pas dans la version révisée, qui remplace le mot « enfer » par le mot « hadès ». La version révisée a raison sur ce point, comme le sait tout helléniste. Le hadès n’est pas l’enfer. « Hadès » est l’équivalent grec du mot hébreu de l’Ancien Testament « schéol ». Ce mot hébreu « schéol » est fréquemment traduit, dans la version autorisée de l’Ancien Testament, par le mot anglais « grave », le tombeau. Il ne devrait jamais être traduit ainsi, car il ne signifie jamais « tombeau ». J’ai pris la peine d’examiner chacun des passages où ce mot hébreu est employé, et pas une seule fois il ne signifie « tombeau ». Il existe un tout autre mot hébreu qui peut à juste titre être traduit de cette manière. Le « schéol », ou le « hadès » du Nouveau Testament, désigne le lieu des esprits des défunts. Le schéol (ou hadès), avant la venue, la vie, la mort, la résurrection et l’ascension de notre Seigneur, était le lieu où allaient tous les esprits des morts, bons et méchants. Avant l’ascension de Christ, il y avait dans le hadès le paradis, le lieu des morts bienheureux, et le tartare, le lieu des morts méchants. Lors de son ascension, Christ a vidé le paradis du hadès et l’a emporté avec lui au ciel, comme nous le lisons en Éphésiens 4:8 : « Étant monté en haut, il a emmené des captifs, Et il a fait des dons aux hommes. » Avant l’ascension de Christ, le paradis était en bas ; maintenant il est en haut. Christ a dit au brigand repentant sur la croix : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », et Jésus lui-même nous a enseigné qu’il est descendu dans « le sein de la terre » (Luc 12:40), et le brigand mourant est descendu avec lui dans ce paradis souterrain. Je pense que Jésus lui-même est aussi allé dans cette partie du hadès où se trouvaient les esprits perdus (1 Pierre 3:18-20), mais c’est là une autre histoire, que nous examinerons plus tard. Tout ce qui importe pour l’instant, c’est que le brigand repentant et mourant est descendu dans le paradis, mais qu’après l’ascension du Seigneur, quand Paul est allé au paradis, il a été « ravi jusqu’au troisième ciel… enlevé dans le paradis » (2 Corinthiens 12:2-4). Il ne reste plus aujourd’hui de morts bienheureux dans le hadès, et à la fin « la mort » et « le hadès », c’est-à-dire tous les morts qui n’ont pas encore été ressuscités ou enlevés dans le paradis céleste, tous ceux qui sont encore dans le hadès, seront « jetés dans l’étang de feu » (Apocalypse 20:14). Cet « étang de feu » dans lequel la mort et le hadès doivent être jetés est le véritable et ultime enfer.
II. IL Y AURA UN ENFER LITTÉRAL
Ayant ainsi préparé le terrain en écartant le malentendu si répandu aujourd’hui dans les esprits, selon lequel le hadès et l’enfer seraient la même chose, disons maintenant qu’il y aura un enfer. La Bible le dit ; Jésus dit en Matthieu 5:22 : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! Mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! Mérite d’être puni par le feu de la géhenne. » Au verset 29 du même chapitre, le Seigneur Jésus dit : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. » Et au verset 30, il dit : « Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. » Nous lisons encore ce que notre Seigneur Jésus a dit en Marc 9:45-48 : « Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d’avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. » Quelqu’un dira peut-être que ces paroles de notre Seigneur sont figurées. Rien n’indique le moins du monde qu’elles le soient. Tout le contexte s’oppose à ce qu’on les prenne au sens figuré. Il est certes erroné d’interpréter un langage figuré comme s’il était littéral, mais il est tout aussi injustifié et tout aussi erroné d’interpréter un langage littéral comme s’il était figuré. Bien sûr, le mot « géhenne », qui est traduit par « enfer », dérive de la vallée de Hinnom, où l’on offrait autrefois des sacrifices humains, mais l’usage de ce mot est littéral dans tout le Nouveau Testament, bien que son étymologie soit figurée. Beaucoup de mots figurés par leur étymologie sont littéraux dans leur usage, et le sens des mots n’est jamais déterminé par l’étymologie, mais par l’usage. Par exemple, notre mot « éclipse » est une figure de style. Selon la figure, c’est un abandon, une défaillance, un évanouissement de la lune ou du soleil, selon l’astre qui est éclipsé. Mais bien qu’il soit figuré par son étymologie, l’usage ordinaire qu’on en fait est littéral. Dans le Nouveau Testament, l’usage de « géhenne », ou « enfer », est partout littéral. Le mot ici traduit par « enfer » se trouve douze fois dans le Nouveau Testament ; onze fois sur douze, c’est notre Seigneur Jésus lui-même qui l’emploie, et il l’emploie invariablement, comme dans les passages que je viens de lire, pour désigner un enfer littéral. S’il n’y a pas d’enfer littéral, alors notre Seigneur Jésus était soit un insensé, soit un imposteur. Il voulait certainement donner l’impression qu’il y avait un enfer littéral. Cela ne fait aucun doute, si nous allons à ses paroles pour découvrir quel en est le sens naturel. S’il n’y a pas d’enfer littéral, alors ou bien Jésus pensait qu’il y en avait un alors qu’il n’y en avait pas, et dans ce cas il était un insensé ; ou bien il savait qu’il n’y en avait pas, mais il a essayé de faire croire aux hommes qu’il y en avait un, et dans ce cas il était un imposteur. Il n’y a pas d’autre possibilité : ou bien croire qu’il y a un enfer littéral, ou bien croire que Jésus de Nazareth, notre Seigneur et Sauveur, était un insensé ou un imposteur. Je sais que Jésus n’était pas un insensé. Je sais qu’il était le Fils unique de Dieu, qu’en lui habitait corporellement toute la plénitude de la divinité, que lui et le Père sont un, que tous doivent honorer le Fils comme ils honorent le Père. Je sais qu’il a prononcé les paroles mêmes de Dieu ; je sais donc qu’il y a un enfer littéral, car il l’a dit. Il est en outre digne de remarque que la plupart de ces paroles sur l’enfer que je vous ai lues ce soir sont tirées du Sermon sur la montagne, la seule partie de la Bible que presque tout le monde prétend croire. Beaucoup disent qu’ils ne savent pas trop que penser de la Bible dans son ensemble, mais qu’ils acceptent bel et bien le Sermon sur la montagne. Eh bien, ces passages sont pour la plupart tirés du Sermon sur la montagne. Ou bien acceptez cette partie du Sermon sur la montagne, ou bien jetez le tout par-dessus bord comme les propos d’un insensé ou d’un imposteur. Il n’y a pas d’autre position possible pour quiconque est disposé à aller jusqu’au bout de sa réflexion.
III. LE FEU DE L’ENFER EST-IL UN FEU LITTÉRAL ?
La question suivante qui se pose à nous est celle-ci : le feu de l’enfer, mentionné dans certains des passages que nous avons lus, est-il un feu littéral ? Ce n’est pas une question aussi capitale que celle de savoir s’il y a un enfer littéral, mais c’est néanmoins une question importante, et je crois que la Bible y répond clairement, et que Jésus-Christ lui-même y répond clairement. Pour revenir au passage déjà cité, Matthieu 5:22, nous lisons : « Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! Mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! Mérite d’être puni par le feu de la géhenne. » Ce sont les propres paroles de Christ. Il ne parle pas seulement de la géhenne, mais du « feu de la géhenne », et cela aussi est tiré du Sermon sur la montagne. En Matthieu 18:9, le Seigneur Jésus dit encore : « Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans le feu de la géhenne. » Et encore en Marc 9:43-49, le passage lu il y a quelques instants, nous lisons : « Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint point. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le; mieux vaut pour toi entrer boiteux dans la vie, que d’avoir les deux pieds et d’être jeté dans la géhenne. Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu n’ayant qu’un œil, que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne, où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s’éteint point. » Ici encore, certains diront que le feu est figuré. Reportons-nous à Matthieu 13:30, 41, 42 ; nous y lisons ces paroles : « Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. » Or, nous avons ici une parabole, et nous avons des figures, et l’on serait fondé, si c’était tout ce que nous avions, à dire que le feu est figuré, comme d’autres choses dans ce verset sont figurées ; mais aux versets 41 et 42 du même chapitre, nous lisons : « Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise de feu ; c’est là qu’il y aura les pleurs et les grincements de dents. » Nous avons ici l’interprétation de la parabole. Or, dans les paraboles, comme nous l’avons déjà dit, nous avons des figures, mais dans l’interprétation des paraboles nous avons les faits littéraux que les figures représentent ; et nous voyons clairement qu’ici, dans l’interprétation aussi bien que dans la parabole, nous avons le feu. Tout le reste de la parabole est expliqué, chaque élément de la parabole sauf le feu ; mais le feu demeure le feu dans l’interprétation de la parabole aussi bien que dans la parabole elle-même. Nous trouvons la même chose dans une autre parabole, aux versets 47 à 50, la parabole du filet jeté dans la mer. Là aussi, dans l’interprétation de la parabole aussi bien que dans la parabole elle-même, nous avons le feu. Chacune des autres figures de la parabole est expliquée par le fait littéral qu’elle représente, mais dans l’interprétation de la parabole nous avons le « feu ». À la lumière de ces faits, nous ne pouvons nier le feu littéral de l’enfer sans faire violence à toutes les règles raisonnables d’interprétation. Plus encore, nous lisons en Apocalypse 20:15 qu’au jugement du grand trône blanc, « Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. » Il n’y a rien dans tout le contexte qui suggère une figure. Et au chapitre 21, verset 8, nous lisons : « Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. »
Souvenez-vous en outre que les méchants, dans le monde éternel, ne sont pas de simples esprits privés de corps. Cela ressort clairement de l’Ancien comme du Nouveau Testament. Nous lisons en Daniel 12:2 : « Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l’opprobre, pour la honte éternelle. » Or, il est dit ici : « ceux qui dorment dans la poussière de la terre ». L’âme s’en va dans le hadès. C’est le corps qui tombe en poussière, et c’est le corps qui doit ressusciter. Dans le Nouveau Testament, en Jean 5:28, 29, il est rapporté que notre Seigneur a dit : « Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » Or, ce ne sont pas les âmes des hommes qui sont dans les sépulcres, ce sont les corps des hommes, et ce passage enseigne la résurrection des corps, tant des bons que des méchants. En 1 Corinthiens 15:22, nous lisons : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » Ce dont Paul parle dans tout ce chapitre, c’est de la résurrection du corps, et non simplement de l’immortalité de l’âme, et il nous est dit ici distinctement que tout enfant d’Adam reçoit en Christ la résurrection de son corps.
De plus, en Matthieu 5:30, Jésus dit : « Si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne. » Ici, dans les termes les plus clairs qui soient, il est dit que le corps va en enfer ; et de même, en Matthieu 10:28, le Seigneur Jésus dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » Ces paroles claires et précises de notre Seigneur montrent, clair comme le jour, que dans la vie future nous aurons des corps, et que les corps des perdus auront leur place dans un enfer de feu littéral et physique. Si les tourments corporels du feu de l’enfer ne sont pas l’aspect le plus effroyable de l’enfer, si l’angoisse de l’esprit — l’angoisse du remords, l’angoisse de la honte et l’angoisse du désespoir — est pire, incommensurablement pire, la souffrance physique, une souffrance physique auprès de laquelle aucune douleur sur la terre n’est rien, n’en est pas moins un aspect de l’enfer.
IV. L’ÉTANG DE FEU EST-IL UN LIEU DE TOURMENT CONSCIENT, OU UN LIEU D’ANÉANTISSEMENT, C’EST-À-DIRE UN LIEU DE NON-EXISTENCE, OU BIEN UN LIEU D’EXISTENCE NON CONSCIENTE ?
Il reste encore une question à résoudre, et c’est celle-ci : l’étang de feu est-il un lieu de tourment conscient, ou un lieu d’anéantissement, c’est-à-dire un lieu de non-existence, ou bien un lieu d’existence non consciente ? Il y a des gens qui croient à un enfer littéral, mais qui ne croient pas que ceux qui y sont relégués y souffriront consciemment pendant très longtemps. Ils soutiennent soit que ceux qui sont envoyés en enfer sont anéantis, soit qu’ils y existent dans un état non conscient. Bien sûr, ce serait là un enfer éternel, et un châtiment éternel, mais est-ce l’enfer qu’enseigne la Bible ? L’étang de feu est-il un lieu de tourment conscient et continu, ou un lieu d’existence non consciente ? En réponse à cette question, permettez-moi d’attirer votre attention sur le fait que la Bible désigne le plus souvent le châtiment des méchants par les mots « mort » et « destruction ». Que signifient ces mots dans l’usage biblique ?
1. Examinons d’abord l’usage biblique du mot « mort ». Beaucoup nous répètent sans cesse que la mort signifie la non-existence, ou du moins l’existence non consciente, et que c’est donc ce qu’elle doit signifier dans les passages où elle est présentée comme le châtiment futur des impénitents. Mais la « mort », telle que la Bible emploie ce mot, signifie-t-elle l’existence non consciente, ou bien l’anéantissement ? Voyez d’abord 1 Timothée 5:6 ; nous y lisons : « Celle qui vit dans les plaisirs est morte, quoique vivante. » La mort, ici, ne signifie certainement ni la non-existence ni l’existence non consciente. La femme qui vit dans les plaisirs existe encore, et elle existe assurément de manière consciente, mais elle est « morte ». La mort signifie une existence faussée plutôt que la non-existence. Elle est exactement l’opposé de la vie, et la vie, dans l’usage du Nouveau Testament, ne signifie pas la simple existence ; elle signifie une existence droite, une existence semblable à celle de Dieu, une existence sainte. Elle signifie l’ennoblissement, la glorification et la déification de l’existence ; et la mort signifie exactement l’opposé : une existence faussée, une existence avilie, la ruine, la honte, l’ignominie et le désespoir de l’existence. De même, il nous est dit en Éphésiens 2:1 que les hommes, jusqu’à ce qu’ils soient vivifiés, c’est-à-dire rendus vivants, par la puissance de Dieu, sont « morts par leurs offenses et par leurs péchés ». Il est donc parfaitement clair que la mort ne signifie ni la non-existence ni l’existence non consciente. Mais plus décisif encore est le fait que Dieu lui-même a défini la mort de façon très précise et très complète en Apocalypse 21:8 : « Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. » Il nous est dit ici en toutes lettres que la « mort » qui est l’aboutissement final du péché et de l’incrédulité persistants est une part dans le lieu de tourment, l’étang de feu. Que cet étang de feu soit un lieu de souffrance consciente, c’est ce que montre clairement le chapitre précédent, Apocalypse 20:10, où il nous est dit que « le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » La bête et le faux prophète y étaient déjà depuis mille ans quand le diable fut jeté dans l’étang de feu, et ils étaient tourmentés consciemment, sans repos.
2. Voyons maintenant ce que signifie la « destruction » dans le Nouveau Testament. Une certaine école de pensée religieuse nous dit que « destruction » signifie destruction. Oui, « destruction » signifie destruction, mais que signifie la destruction ? Ils disent qu’elle signifie l’anéantissement, le fait de cesser d’être, mais le mot grec ainsi traduit n’a jamais ce sens dans la Bible, ni même hors de la Bible. Dans le meilleur lexique grec-anglais du Nouveau Testament qui existe, la traduction par Thayer du grand ouvrage de Grimm, il nous est dit que lorsqu’on dit d’une chose qu’elle « périt » (et le verbe dont dérive le nom couramment traduit par « destruction » et « perdition » est celui que l’on traduit par « périr »), on ne veut pas dire qu’elle cesse d’être, mais qu’elle est « tellement ruinée qu’elle ne sert plus à l’usage pour lequel elle avait été conçue ». De plus, ici encore, Dieu a pris soin de définir ses termes. Il nous a lui-même donné dans la Bible une définition de la « destruction ». Nous lisons en Apocalypse 17:8, 11 : « La bête que tu as vue était, et elle n’est plus. Elle doit monter de l’abîme, et aller à la perdition. Et les habitants de la terre s’étonneront . . . Et la bête qui était, et qui n’est plus, est elle-même un huitième roi, et elle est du nombre des sept, et elle va à la perdition. » Il nous est dit ici que la bête va à la « perdition ». Le mot ici traduit par « perdition » est exactement le même que celui qui est ailleurs traduit par « destruction », et il devrait être traduit ainsi ici ; ou bien, dans les autres passages, il devrait être traduit, comme ici, par « perdition ». Or, si nous pouvons découvrir où va la bête, nous saurons exactement ce que signifie la « destruction », car il nous est dit qu’elle va « à la destruction ». Au chapitre 19 de l’Apocalypse, au verset 20, il nous est dit exactement où va la bête : « Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre. » Si nous passons maintenant au chapitre suivant, au verset 10, que j’ai déjà cité, nous lisons : « Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » En rapprochant ces passages, nous voyons que la bête va à la « destruction », et que la destruction dans laquelle elle va est une place dans l’étang ardent de feu et de soufre, où elle se trouve pendant mille ans dans un tourment conscient, et où, une fois les mille ans écoulés, elle est encore, et encore tourmentée. Ainsi donc, la « destruction » est clairement définie dans le Nouveau Testament de la même manière que la « mort » : comme la condition d’êtres qui se trouvent dans un lieu de tourment conscient.
De même, en Apocalypse 14:10, 11, nous lisons au sujet de ceux qui adorent la bête et son image et qui reçoivent sa marque sur leur front ou sur leur main : « Il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. » La Bible montre aussi clairement que le langage peut le faire que l’étang de feu, auquel est voué « quiconque n’est pas écrit dans le livre de vie de l’agneau », est un lieu de tourment continu et conscient. Il est impossible d’échapper à l’enseignement clair de la Parole de Dieu, à moins de jeter nos Bibles et de discréditer l’enseignement des apôtres et l’enseignement de Jésus-Christ lui-même.
Dimanche soir prochain, nous aborderons la question : le châtiment des méchants est-il éternel ? Mais nous devons nous arrêter là ce soir. Sherman a dit : « La guerre, c’est l’enfer. » Bien sûr, dans le sens où Sherman l’entendait, c’est vrai. C’est bien plus vrai de la guerre d’aujourd’hui que ce ne l’était dans les phases les pires et les plus inexcusables de notre guerre de Sécession — Libby et Andersonville, par exemple, du côté du Sud, et la marche à travers la Géorgie du côté du Nord. Mais même la guerre d’aujourd’hui, telle que la mène l’Allemagne dans toute son effroyable horreur, n’est pas l’enfer. L’enfer est incomparablement plus terrible que la guerre qui fait actuellement rage en Europe, et cet enfer terrible que nous avons étudié ce soir est la destinée de certains d’entre vous, ici dans cette salle, à moins que vous ne vous repentiez bientôt et n’acceptiez le Seigneur Jésus-Christ. D’autres faits effroyables concernant l’enfer, nous les aborderons dimanche soir prochain, mais nous en avons déjà vu assez pour que tout vrai chrétien résolve de travailler de toutes ses forces à sauver les autres de cet enfer terrible. Et nous en avons vu assez pour que toute personne honnête et sensée présente ici ce soir résolve d’échapper à tout prix à cet enfer terrible.
Chapitre 15 terminé
Y a-t-il un enfer littéral ?