Chapitre 14 · 28 min de lecture · 36 min d’écoute
Le diable
« Le diable… est. »—Jean 8:44.
« Le diable pèche. »—1 Jean 3:8.
INTRODUCTION
Notre sujet, dans ce chapitre, est le diable. J’ai deux textes — Jean 8:44 : « Le diable… est. »
Le second texte est 1 Jean 3:8 : « Le diable pèche. » La doctrine biblique concernant le diable — son existence, sa nature, son caractère, son œuvre et sa destinée — est une doctrine fondamentale de la foi chrétienne, et elle est d’une importance vitale. L’enseignement de la Bible sur ce sujet n’est pas une simple affaire de théorie ou de dogme. C’est une question de la plus haute importance pratique, pour la vie de tous les jours. L’expérience montre que si les hommes sont dans l’erreur à ce sujet, ils sont presque sûrs d’être dans l’erreur sur d’autres questions fondamentales. Quand des hommes et des femmes commencent à mettre en doute l’existence d’un diable personnel, il est presque certain qu’avant longtemps ils mettront en doute bien d’autres choses au sujet desquelles un véritable enfant de Dieu ne devrait avoir aucun doute. Le doute quant à l’existence d’un diable personnel est très répandu aujourd’hui. Bien des prédicateurs, dans des chaires réputées orthodoxes, n’hésitent pas à dire : « Je ne crois pas à l’existence d’un diable personnel. » La négation de l’existence d’un diable personnel est l’un des points principaux du système qui est si répandu aujourd’hui, qui fait tant de mal, et qu’on a appelé, non sans raison, « le chef-d’œuvre du diable » : la Science chrétienne. Un pasteur bien connu et populaire de cette ville a proclamé il y a quelques mois devant ses fidèles qu’il allait leur prêcher un évangile « sans expiation par le sang, sans Bible infaillible, sans enfer et sans diable personnel ». S’il leur prêche effectivement un système de doctrine dépourvu de tout cela, il leur prêchera un autre système de doctrine que celui qui est contenu dans le livre que notre Seigneur Jésus-Christ a reconnu comme la Parole de Dieu, c’est-à-dire la Bible.
I. IL Y A UN DIABLE
Le premier point à établir clairement, c’est qu’il y a un diable. Cela ressort clairement de notre premier texte, Jean 8:44 : « Le diable… est. » Le verset entier se lit ainsi : « Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge. » Ce sont là les paroles de Jésus-Christ. Pour quiconque a le moindre droit de se dire chrétien, les paroles de Jésus-Christ ont infiniment plus de poids que celles de Mme Mary Baker Eddy ou de qui que ce soit d’autre, ou même de tous les autres réunis ; or Jésus dit ici : « Le diable… est. » Mais ce passage est loin d’être le seul où notre Seigneur Jésus affirme, dans les termes les plus catégoriques et les moins équivoques, l’existence du diable. Ouvrez Matthieu 13:19, et vous lirez ces paroles : « Lorsqu’un homme écoute la parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur. » Ces paroles se trouvent dans l’interprétation d’une parabole, la parabole du semeur. Impossible de dire qu’elles sont figurées. Dans les paraboles, nous avons des figures ; dans l’explication des paraboles, nous avons les faits littéraux que ces figures symbolisent. Or ces paroles ne sont pas tirées de la parabole, mais de l’explication que notre Seigneur lui-même en donne, et il nous y est dit expressément qu’il existe une personne, appelée ici « le malin », dont l’affaire est d’enlever la Parole de Dieu lorsqu’elle a été semée dans des cœurs qui ne la comprennent pas et n’en tiennent pas compte. Si le mal n’était qu’impersonnel, et si notre Seigneur n’avait voulu désigner que des influences impersonnelles, ou des influences humaines, comme ce qui enlève la Parole des cœurs où elle avait été semée, ces paroles qu’il a prononcées n’auraient absolument aucun sens. Que Jésus-Christ ait cru à l’existence d’une personne dont il parle ici comme du « malin », et dont il parle ailleurs, comme nous allons le voir tout de suite, comme du « diable », cela ne fait aucun doute, si nous admettons que le Seigneur Jésus était un homme honnête. Nous devons donc, si nous croyons au Seigneur Jésus, croire qu’il y a un diable. Nous ne pouvons nier son existence qu’en mettant en doute soit l’honnêteté, soit l’intelligence de notre Seigneur. Il a certainement enseigné qu’il y a un diable. Il serait facile de montrer aussi, par l’enseignement de Pierre (1 Pierre 5:8, 9 ; Actes 5:3), par celui de Jean (Jean 13:2) et par celui de Paul (Éphésiens 6:10-12), qu’il y a un diable ; mais c’est inutile pour quiconque a le moindre droit de se dire chrétien, car si le Seigneur le dit, la question est tranchée, et le Seigneur Jésus dit bien : « Le diable… est. » S’il n’y a pas de diable, alors notre Seigneur Jésus était soit un insensé, soit un imposteur. La question de croire à la personnalité du diable engage l’honneur de notre Seigneur Jésus. Si son enseignement n’est pas digne de confiance sur ce point, il ne l’est sur aucun autre, et nier l’existence d’un diable personnel, c’est mettre en cause, sur tous les points, la fiabilité du Seigneur Jésus comme Maître et comme Sauveur. Nous voyons donc que la question de l’existence du diable est fondamentale et d’une importance vitale.
II. LA NATURE DU DIABLE
Ayant établi qu’il y a un diable, nous abordons maintenant la question de la nature du diable.
1. Avant tout, la Bible nous enseigne que le diable est une personne. Cela ressort de notre second texte, 1 Jean 3:8 : « Le diable pèche. » Seule une personne peut pécher. Quand nous disons que le diable est une personne, nous ne voulons pas dire qu’il ait nécessairement un corps, et certainement pas un corps tel que celui qu’on lui prête dans diverses peintures et gravures censées représenter le diable. Une personne est tout être qui connaît, qui ressent et qui veut. Quand nous disons que le diable est une personne, nous voulons dire qu’il est un être doué d’intelligence, de sensibilité et de volonté, et qu’il n’est pas un simple principe du mal. La personnalité du diable est enseignée maintes et maintes fois dans la Bible. Voici seulement quelques exemples, en plus de nos textes. Ouvrez de nouveau Matthieu 13:19 : « Lorsqu’un homme écoute la parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur. » Ce que ce passage nous présente, c’est une personne. Il est appelé « le malin » — non pas simplement « le mal », mais « le malin », ce qui, évidemment, désigne une personne. Si le mal n’est qu’impersonnel, ou s’il n’agit que par l’intermédiaire d’êtres humains, ces paroles de notre Seigneur Jésus n’ont aucun sens. La personnalité du diable ressort encore très clairement et avec beaucoup de force d’Éphésiens 6:10-12 : « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. (11) Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. (12) Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » Paul nous dit ici expressément que la grande raison pour laquelle nous avons besoin de nous fortifier dans le Seigneur et par sa force toute-puissante, et de revêtir toutes les armes de Dieu, c’est qu’il existe un être d’une grande ruse, d’une grande subtilité et d’une grande puissance, une personne nommée « le diable », et que cet être a sous ses ordres une multitude d’autres personnalités d’une dignité et d’une puissance telles qu’on les désigne par les titres de « dominations », « autorités », « princes de ce monde », « esprits méchants ». Il est hors de doute que notre Seigneur Jésus, l’apôtre Pierre, l’apôtre Jean et l’apôtre Paul ont cru à l’existence d’un diable personnel et l’ont enseignée. S’il n’y a pas de diable personnel, autant renoncer à notre Bible, car dans ce cas c’est un livre plein de folie et d’imposture. S’il n’y a pas de diable personnel, nous devons renoncer à croire à l’autorité inspirée de l’apôtre Paul, de l’apôtre Pierre, de l’apôtre Jean, et nous devons renoncer à notre foi au Seigneur Jésus-Christ. Aucun étudiant intelligent de la Bible ne peut garder sa foi en l’inspiration et en l’autorité de ce Livre, ni sa foi au Seigneur Jésus-Christ, s’il abandonne la croyance à l’existence d’un diable personnel. En hommes et en femmes intelligents, nous devons choisir : ou bien croire à l’existence d’un diable personnel, ou bien renoncer à notre foi en Jésus-Christ et au christianisme. Tout système de doctrine qui nie l’existence d’un diable personnel est radicalement antichrétien, quel que soit le nom qu’il s’arroge.
2. La deuxième chose que la Bible enseigne quant à la nature du diable, c’est que le diable est un être d’une très grande puissance et d’une très grande autorité. Cela ressort des versets que nous venons de lire, Éphésiens 6:10, 11 : « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. (11) Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. » Ces paroles montrent clairement que le diable est si puissant que le peuple de Dieu ne peut résister à ses ruses perfides sans être revêtu de toutes les armes de Dieu ; et il ressort aussi du verset 10 que nous ne pouvons résister à sa puissance que si nous sommes fortifiés de la force de Dieu. Et ce n’est pas tout : au verset 12, nous lisons : (12) « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » Ce sont là des paroles redoutables. Si elles signifient quelque chose, elles signifient certainement qu’il existe des êtres d’une grande autorité et d’une grande dignité, placés sous la conduite de l’unique être suprême du mal, le diable. Le combat que nous avons à mener, en tant que croyants en Christ, est terrible. Le combat que les Alliés ont à mener contre les puissantes forces militaires du Kaiser n’est rien à côté de la bataille que nous avons à livrer contre le diable et ses armées. Nous sommes insensés si nous sous-estimons cette bataille. D’un autre côté, nous ne devons pas la surestimer. Bien que notre combat soit contre le diable, et bien que notre lutte soit contre « les dominations », contre « les autorités », contre « les princes de ce monde », contre « les esprits méchants », celui qui est pour nous est néanmoins bien plus puissant qu’eux. Le diable est puissant, mais notre Sauveur est tout-puissant. Il est tout à fait possible de devenir morbide à propos de ce sujet du diable, de tomber dans un complet découragement, voire dans le dérangement mental. C’est entièrement inutile et injustifié. Bien que notre combat soit contre le diable et ses puissantes armées, Dieu nous a pourvus d’une force et d’une armure grâce auxquelles nous pouvons « éteindre tous les traits enflammés du malin » et « résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté » (v. 13).
3. La troisième chose que la Bible nous enseigne quant à la nature du diable, c’est que le diable est un être d’une grande majesté et d’une haute dignité de rang. Ouvrez Jude 8, 9 : « Malgré cela, ces hommes aussi, entraînés par leurs rêveries, souillent pareillement leur chair, méprisent l’autorité et injurient les dignités (la traduction littérale du mot grec rendu par « dignités » est « gloires »). (9) Or, l’archange Michel, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit: Que le Seigneur te réprime! » Il ressort de ces paroles que la position du diable était si élevée que l’archange Michel lui-même n’osa pas porter contre lui un jugement injurieux. Le contexte semble impliquer que la position du diable était plus élevée que celle de l’archange Michel lui-même. Le diable de la Bible n’est pas du tout le diable de l’imagination populaire. Ce n’est pas un être d’aspect hideux, avec sabots, cornes et queue. Ce n’est même pas l’être dépeint par Milton ou par Bunyan. C’est un être d’une très grande majesté et d’une très grande dignité originelles, un être d’une grande sagesse et d’une grande puissance. Quand on parle du diable avec légèreté et mépris, on fait preuve d’une ignorance grossière de ce que la Bible enseigne à son sujet. Il est vrai qu’il est mauvais de caractère, et c’est pourquoi il est appelé « le malin » (Jean 5:19, version révisée). Il est vrai qu’il est menteur et meurtrier (Jean 8:44) ; il est vrai qu’il est plein de malignité (2 Corinthiens 4:4) : mais c’est un être d’une grande dignité et d’une grande majesté, si bien que l’archange Michel lui-même n’osa pas porter contre lui une accusation injurieuse.
4. La Bible enseigne en outre que le diable est « le prince de ce monde ». C’est notre Seigneur Jésus lui-même qui l’a enseigné. Il dit en Jean 12:31 : « Maintenant a lieu le jugement de ce monde; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. » Le mot grec traduit par « monde » dans ce passage est kosmos ; il s’agit de l’ordre présent du monde, et l’enseignement de notre Seigneur est que le diable est le prince de cet ordre présent du monde. Nous trouvons le même enseignement de notre Seigneur en Jean 14:30, où nous lisons : « Je ne parlerai plus guère avec vous; car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi. » Ces paroles de notre Seigneur se trouvent dans ce que beaucoup considèrent comme le chapitre le plus précieux de la Bible, le quatorzième chapitre de Jean ; et si nous renonçons à cet enseignement de notre Seigneur au sujet de Satan, nous devons renoncer non seulement à la Bible dans son ensemble, mais encore à ce chapitre, le plus précieux de la Bible. Nous voyons le Seigneur enseigner de nouveau la même chose cette même nuit, la nuit qui précéda sa crucifixion, en Jean 16:11, où il dit : « Le prince de ce monde est jugé » — la référence à Satan étant évidente.
Comment le diable en est venu à être le prince de ce monde, il nous est peut-être impossible de le dire ; mais qu’il le soit ne fait aucun doute, si nous acceptons l’enseignement de Jésus-Christ. Et quiconque étudiera les principes qui gouvernent la vie commerciale, la vie politique, la vie sociale et, par-dessus tout, les relations internationales, verra avec une parfaite évidence que c’est le diable qui est le maître de l’ordre actuel des choses. Si jamais nous avons douté auparavant qu’il y ait un diable, et précisément un diable tel que la Bible le dépeint, nous ne pouvons guère en douter maintenant, quand nous considérons la conduite des chefs de la terre dans cette folle guerre mondiale. Comment des êtres aussi intelligents en matière de science, de philosophie et d’économie que le sont les dirigeants actuels de l’Allemagne ont-ils jamais pu se rendre coupables de plonger les nations de la terre dans cette guerre insensée ? Il n’y a qu’une réponse raisonnable : c’est qu’il y a un diable qui gouverne le Kosmos présent, ou ordre du monde, qu’il mène les Kaisers et les Reichstags du monde, et qu’il les mènera jusqu’à ce que vienne le vrai Prince, le Prince de la paix, notre Seigneur Jésus-Christ.
III. LE CARACTÈRE DU DIABLE
1. Quant au caractère du diable, la Bible nous enseigne qu’il est un être absolument méchant. En Matthieu 13:19, il est appelé « le malin ». C’est-à-dire qu’il est l’incarnation personnelle de la méchanceté absolue. En 1 Jean 5:19, version révisée, il est appelé lui aussi « le malin ». Dieu est « le Saint », c’est-à-dire celui qui est l’incarnation personnelle de la sainteté parfaite. Le diable est exactement son opposé, l’incarnation personnelle de la méchanceté consommée.
2. Le diable est au mal ce que Dieu est au bien. En 1 Jean 3:8, nous lisons : « Celui qui pèche est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. » Cela ne signifie pas que le diable ait péché dès l’origine même de toutes choses, ni qu’il ait été créé pécheur, car nous apprenons en Ézéchiel 28:15 que le diable a été créé intègre. Mais le verset signifie bien que Satan est le pécheur originel. L’expression « dès le commencement » est caractéristique de l’épître d’où ces paroles sont tirées et ne signifie pas nécessairement dès l’origine des choses (voir par exemple le verset 11). De même, il nous est dit dans l’un de nos textes — Jean 8:44 — que le diable a été meurtrier dès le commencement et qu’il est « menteur et le père du mensonge ». Il n’y a absolument « pas de vérité en lui ». Voilà pour la nature et le caractère du diable.
IV. L’ŒUVRE DU DIABLE
Nous arrivons maintenant à la question de l’œuvre du diable, c’est-à-dire de la manière dont le diable se manifeste et de ce qu’il fait.
1. En premier lieu, il nous est enseigné que le diable tente les hommes pour les faire pécher. Nous en avons une illustration des plus frappantes dans la tentation de notre Seigneur. La Bible nous donne trois récits de cette tentation. Nous examinerons celui de Matthieu. Matthieu 4:1-9 : « Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable. (2) Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. (3) Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. (4) Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (5) Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, (6) et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. (7) Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. (8) Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, (9) et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. » Nous n’avons évidemment pas le temps, ce matin, d’examiner toute la question de la tentation de notre Seigneur, mais ceci du moins est parfaitement clair : le diable y est présenté comme le tentateur, qui tente notre Seigneur. S’il n’y a pas de diable personnel, comme tant de gens voudraient nous le faire croire, ou s’il n’est pas le tentateur, il n’y aurait absolument aucune raison de le faire intervenir dans ce récit. Comme le diable a tenté notre Seigneur, ainsi il nous tente aujourd’hui. Et il faut remarquer qu’il ne nous tente pas seulement par de grossières convoitises animales et des péchés ignobles, mais par de subtiles tentations spirituelles, et par-dessus tout il nous pousse à douter de la Parole de Dieu. C’est par cette forme de tentation qu’il a d’abord assailli notre Seigneur. Dieu venait de dire au Seigneur Jésus, lors de son baptême : « Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis toute mon affection » (Luc 3:22), et Satan est venu insinuer le doute à l’égard de la Parole de Dieu en commençant sa tentation par ces mots : « Si tu es Fils de Dieu », et plus loin dans la tentation, il répète le doute, en disant encore au Seigneur Jésus : « Si tu es Fils de Dieu. » C’est exactement de la même manière que Satan a commencé son assaut contre Ève dans le jardin d’Éden : en insinuant un doute à l’égard de la Parole de Dieu et de la bonté de Dieu. Il a commencé par dire : « Dieu a-t-il réellement dit… ? » (Genèse 3:2), et plus loin, quand Ève eut rapporté exactement ce que Dieu avait dit, le diable l’a contredite catégoriquement en disant : « Vous ne mourrez point » (littéralement : Mourant, tu ne mourras pas), alors que Dieu avait dit : « tu mourras » (Mourant, tu mourras). C’est la méthode d’attaque favorite de Satan aujourd’hui. Il nous amène à douter de la Parole de Dieu. Le mode d’action le plus efficace de Satan consiste à conduire les hommes au doute et à l’erreur sur les points fondamentaux. Les débits de boisson, les tripots et les maisons de débauche ne sont pas les principaux champs d’activité de Satan ; ce sont les écoles, les universités et les séminaires de théologie, où il amène des hommes et des femmes, des jeunes gens et des jeunes filles sans expérience, à douter de la vérité de la Parole de Dieu, à rejeter les vérités fondamentales de la Parole de Dieu et à accepter à leur place les erreurs de Satan. Satan sait bien que, s’il parvient à faire douter les hommes de la Parole de Dieu, il lui sera facile de les entraîner dans les péchés les plus ignobles. La fausse doctrine a été une source de péchés ignobles plus féconde encore que les débits de boisson.
2. Mais Satan ne se contente pas de tenter les hommes pour les faire pécher en insinuant des doutes à l’égard de la Parole de Dieu ; il a aussi ses synagogues et ses ministres parmi les hommes pour faire son œuvre. Ouvrez Apocalypse 3:9 : « Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t’ai aimé. » Ce que je veux que vous remarquiez ici, ce sont ces mots : « la synagogue de Satan ». Dans ce cas, il s’agissait d’une synagogue juive, mais de nos jours, c’est souvent une soi-disant Église chrétienne. En 2 Corinthiens 11:14, 15, nous avons un passage plus remarquable encore : « Satan lui-même se déguise en ange de lumière. (15) Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres. » Il nous est dit ici que Satan a ses ministres. Ils ne s’annoncent pas comme ministres de Satan ; souvent ils n’ont même pas conscience de l’être ; mais ils se présentent comme des « ministres de justice ». Ils prônent la « culture éthique », un système de salut sans le sang de l’expiation. Ce sont souvent des hommes d’une personnalité très attachante, d’un grand éclat intellectuel et d’une grande capacité, mais ils font l’œuvre du diable. Satan n’est jamais aussi dangereux que lorsqu’il « se déguise en ange de lumière », et aucun de ses ministres n’est aussi dangereux que ces hommes et ces femmes à la personnalité attachante et aux brillants dons intellectuels qui sapent la foi des enfants de Dieu, ou qui enseignent diverses formes d’erreur séduisantes et attrayantes : la « Science chrétienne », la « Nouvelle Pensée », la « théosophie », l’« occultisme » (le spiritisme), et toutes les sectes de cette espèce.
3. Nous n’avons pas le temps de parler ici de l’œuvre de Satan comme auteur de la maladie (Actes 10:38 ; Luc 13:16), et comme celui qui détient la puissance de la mort (Hébreux 2:14).
4. Mais nous devons aussi parler d’une autre œuvre du diable. Elle est exposée en 2 Corinthiens 4:3, 4, version révisée : « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent; (4) pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. » Nous lisons ici que c’est l’œuvre de Satan d’aveugler l’intelligence des incrédules, « afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. » Il est donc évident que le diable est l’auteur des fausses conceptions, et surtout des fausses conceptions de la personne de Christ. Il est l’auteur de l’unitarianisme et de la négation de la divinité de notre Seigneur sous toutes ses formes. Il aveugle tellement l’intelligence des hommes qui se soumettent à son aveuglement que la divine « gloire de Christ », « qui est l’image même de Dieu », leur demeure cachée. Voilà qui explique pourquoi l’unitarianisme, sous toutes ses formes, persiste alors même que sa folie a été si souvent dévoilée. L’œuvre de Satan dans ce domaine doit atteindre son point culminant lors de l’apparition de l’Antéchrist : « L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. » (2 Thessaloniciens 2:9, 10, version révisée)
V. LA DESTINÉE DU DIABLE
Nous arrivons maintenant à la cinquième grande division de notre sujet : la destinée du diable.
1. Ouvrez d’abord Apocalypse 20:1-3 : « Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps. » Il nous est enseigné ici qu’à la seconde venue de notre Seigneur Jésus-Christ, Satan sera lié d’une grande chaîne et jeté dans l’abîme pour mille ans. L’abîme — ou, comme le traduit la version autorisée, le « puits sans fond » — ne désigne pas l’enfer. Satan, comme nous le verrons plus loin, sera jeté en enfer plus tard.
2. Ouvrez maintenant Apocalypse 20:7, 8 : « Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. » Il nous est enseigné ici qu’à la fin du millénium, des mille ans, Satan sera relâché pour un peu de temps de l’abîme où il aura été jeté enchaîné, et qu’il sortira pour séduire les nations. Mais le temps de sa puissance sera alors très bref.
3. En Apocalypse 20:10, nous trouvons la destinée finale du diable : « Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » Voici l’un des points où les théories des partisans de la « Réconciliation » et des « universalistes » en général s’effondrent. L’argument des réconciliationnistes et des universalistes, par lequel ils cherchent à prouver que tous les hommes doivent finalement être sauvés, poussé jusqu’à sa conséquence logique, prouverait, s’il prouvait quelque chose, le salut de Satan lui-même — et c’est d’ailleurs ce que beaucoup d’entre eux enseignent. Ils disent ouvertement que le diable sera finalement amené à la repentance et sauvé. C’est même ce que j’ai cru et enseigné au début de mon ministère. Mais le passage que nous venons de lire montre que cela ne peut pas être vrai. « L’étang de feu » a été « préparé pour le diable et pour ses anges ». Notre Seigneur lui-même dit en Matthieu 25:41 que lorsqu’il reviendra pour juger ce monde, il dira à ceux qui seront à sa gauche : « Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » L’enfer n’a pas été préparé pour les hommes, mais pour le diable et ses anges. Si un homme y va, ce sera parce qu’il aura choisi de lier son sort à celui du diable plutôt qu’à celui de Dieu. C’est pourquoi ils vont là où va le diable. Quiconque rejette Jésus-Christ lie son sort à celui du diable.
VI. COMMENT REMPORTER LA VICTOIRE SUR LE DIABLE
Maintenant, pendant quelques instants seulement, laissez-moi vous montrer par la Parole de Dieu comment, dans la vie pratique de tous les jours, remporter la victoire sur le diable. Il y a quatre choses à garder à l’esprit.
1. Lisez d’abord Jacques 4:7 : « Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous. » Cela nous enseigne que nous devons d’abord nous soumettre à Dieu, puis résister au diable, et que, si nous lui résistons, malgré toute sa ruse et toute sa puissance, il fuira loin de nous. Bien que le diable soit fort, il nous est donné, dans la force de Dieu, de lui tenir tête et de le vaincre.
2. Ouvrez maintenant 1 Jean 2:14 : « Je vous ai écrit, pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, et que la parole de Dieu demeure en vous, et que vous avez vaincu le malin. » Ce passage nous enseigne que c’est lorsque nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et que nous l’amassons dans notre cœur, de sorte qu’elle demeure en nous, que nous pouvons vaincre le diable. Si nous négligeons l’étude de la Bible un seul jour, nous laissons au diable une porte ouverte pour entrer. Je suis chrétien depuis quarante-trois ans, mais je n’oserais pas négliger l’étude de la Parole de Dieu un seul jour. Pourquoi ? Parce qu’il y a un diable ; et si je néglige l’étude de la Parole de Dieu un seul jour, je lui laisse une fenêtre ouverte pour entrer, et je me retrouve trop faible pour lui tenir tête et le vaincre. Mais si nous nous nourrissons chaque jour de la Parole de Dieu et que nous nous confions en Dieu, nous pouvons résister au diable sur tous les points. Bien que le diable soit rusé et fort, Dieu est plus fort, et Dieu nous communique sa force par sa Parole écrite.
3. Ouvrez maintenant Éphésiens 6:11 : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. » Il nous est enseigné ici que, pour « tenir ferme contre les ruses du diable », nous devons « revêtir toutes les armes de Dieu ». Ce qu’est cette armure, nous le trouvons dans les versets qui suivent immédiatement. Cette armure, cette armure complète, cette « panoplie de Dieu », est à notre disposition. Le fait qu’il y ait un diable, qu’il soit un être d’une telle majesté, d’une telle dignité, d’une telle ruse et d’une telle puissance, qu’il trame sans relâche notre ruine et cherche à saper notre foi, n’est pas une raison de craindre ni de se décourager. En prenant « le bouclier de la foi », nous pourrons « éteindre tous les traits enflammés du malin » ; en prenant « le casque du salut » et « l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu », et en « priant en tout temps par l’Esprit, par toutes sortes de prières et de supplications », nous avons le privilège de remporter la victoire sur le diable chaque jour de notre vie, à chaque heure du jour et à chaque minute de l’heure.
4. La dernière étape sur le chemin de la victoire sur Satan se trouve en Éphésiens 6:10 : « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. » Le moyen de remporter la victoire sur Satan, c’est de renoncer à toute confiance en notre propre force, de croire à la force toute-puissante de Jésus-Christ et de revendiquer cette force pour nous-mêmes. C’est par la force toute-puissante de Jésus-Christ que nous remporterons la victoire sur « le malin ». Par sa force toute-puissante, comme nous l’avons déjà dit, nous avons le privilège de remporter la victoire sur le diable chaque jour de notre vie, à chaque heure du jour et à chaque minute de l’heure. Alléluia !
Chapitre 14 terminé
Le diable