Chapitre 16 · 35 min de lecture · 45 min d’écoute
Le châtiment futur est-il éternel ?
Jésus-Christ a clairement enseigné qu’il y aurait un enfer littéral, et que cet enfer serait un lieu de souffrance consciente, d’une souffrance dépassant de loin tout ce que quiconque endure ici-bas dans la vie présente ; mais nous voici devant une autre question de grande importance : cette souffrance future et consciente des impénitents sera-t-elle sans fin ? Beaucoup croient à un châtiment futur d’un caractère très sévère et terrible, et croient même à un enfer littéral de souffrance consciente et terrible, mais ils nient, ou du moins mettent en doute, que cet enfer futur soit un lieu de souffrance consciente sans fin. Beaucoup d’entre eux admettent et enseignent que la souffrance pourra durer longtemps, peut-être des milliers d’années, mais ils soutiennent qu’elle prendra fin un jour, et que tous les hommes finiront par se repentir, accepter Jésus-Christ et être sauvés. Quelle est l’exacte vérité sur ce point ? Nous ne pouvons pas en décider en demandant ce que croit la majorité des théologiens réputés dignes de confiance, car les majorités ont souvent tort et les minorités souvent raison. Nous ne pouvons pas non plus en décider en raisonnant sur ce qu’un être tel que Dieu doit nécessairement faire. Il est impossible à des hommes bornés et insensés comme nous le sommes, et comme le sont les plus sages des philosophes et des théologiens, de juger de ce que doit faire un Dieu infiniment sage et infiniment saint. Tous les raisonnements d’hommes bornés sur ce que doit faire un Dieu infiniment sage sont parfaitement vains, et une pure perte de temps. Tout ce que nous savons de l’avenir, c’est ce qu’il a plu à Dieu de nous en dire dans sa Parole. La Bible, nous l’avons vu, est sans contestation possible la Parole de Dieu ; ce qu’elle dit sur ce sujet, comme sur tout autre, est donc vrai et absolument certain, et dans une question de cette nature, une once de révélation divine vaut plus que mille tonnes de spéculations humaines. Toute la question est donc celle-ci : qu’enseigne la Bible à ce sujet ?
I. CE QUE LA BIBLE ENSEIGNE SUR LE CARACTÈRE SANS FIN DU CHÂTIMENT FUTUR
1. Pour savoir exactement ce que la Bible enseigne sur le caractère sans fin du châtiment futur, tournons-nous d’abord vers les paroles de notre Seigneur Jésus lui-même, en Matthieu 25:46 (version révisée) : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. » La première question qui se pose à nous dans l’étude de ce passage est de savoir ce que signifie le mot aionios (aionion), ici traduit par « éternel ». Le meilleur dictionnaire grec-anglais du Nouveau Testament est celui de Thayer. Dans ce dictionnaire, Thayer, après une étude attentive du mot, de son étymologie et de son usage, en donne ces trois définitions, et ces trois seulement : (1) « Sans commencement ni fin, ce qui a toujours été et sera toujours. » (2) « Sans commencement. » (3) « Sans fin, qui ne doit jamais cesser, perpétuel. » On dit souvent que le mot aionios, d’après son étymologie, signifie qui dure un âge, et qu’il peut donc désigner une période limitée. Même en admettant que ce soit vrai, nous devons nous rappeler que le sens des mots n’est pas déterminé par leur étymologie mais par leur usage, et la question la plus importante n’est pas de savoir quelle peut être l’étymologie de ce mot, mais comment il est employé dans le Nouveau Testament. Il y est employé 72 fois. Sur ces 72 emplois, quarante-quatre se trouvent dans l’expression « vie éternelle », ou, comme on la traduit parfois, « vie perpétuelle ». Personne ne conteste que la vie perpétuelle soit sans fin, ni que, joint au mot « vie », « qui dure un âge » (si telle est bien l’étymologie du mot) signifie qui dure à travers tous les âges, qui ne finit jamais. Une fois, il est employé avec le mot « tabernacles », à propos des demeures que les bienheureux doivent avoir dans le monde à venir, et ces demeures, bien entendu, sont elles aussi sans fin. Une fois, il est employé du « poids de gloire » qui, dans le monde à venir, attend le croyant en Jésus-Christ qui endure l’affliction pour Christ dans la vie présente. Ici encore, bien entendu, de l’aveu de tous, il signifie sans fin. Une fois, il est employé de la « demeure qui n’a pas été faite de main d’homme » que les croyants en Christ recevront à l’avènement du Seigneur Jésus (2 Corinthiens 5:1-8). Bien entendu, cette « demeure qui n’a pas été faite de main d’homme » est éternelle. En fait, le point même que fait ressortir ce passage est le contraste entre nos corps présents, qui ne sont que pour un peu de temps, et nos corps de résurrection, qui doivent exister pendant toute l’éternité. Une fois, il est employé des choses futures et invisibles qui ne finissent jamais, en contraste avec les choses présentes et visibles qui ne sont que pour un temps (2 Corinthiens 4:18). Bien entendu, celles-là ne finissent jamais : c’est précisément ce que fait ressortir le contraste. Une fois, il est employé du « réconfort » (version révisée) ou de la « consolation » (version autorisée) éternels que « notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père » nous donnent, et cela, assurément, ne finit jamais. Deux fois, il est employé de la « gloire » qu’obtiennent ceux qui sont en Christ (2 Timothée 2:10). Celle-là, bien entendu, de l’aveu de tous, est sans fin. Une fois, il est employé du « salut » qu’apporte Christ, lequel, sans contestation possible, ne finit jamais. Une fois (Hébreux 9:12), il est employé de la « rédemption » que Jésus-Christ nous acquiert par son sang. Cette rédemption ne finit jamais. En fait, le principal contraste du contexte, dans ce cas, oppose la rédemption temporaire procurée par les sacrifices sans cesse répétés du rituel mosaïque à la rédemption sans fin procurée par le sacrifice parfait de Christ, offert une fois pour toutes. Une fois, il est employé de l’« héritage » que reçoivent ceux qui sont en Christ (Hébreux 9:15). Ici encore, sans contestation possible, il est sans fin. Une fois, il est employé de l’« alliance éternelle » fondée sur le sang de Christ, en contraste avec l’alliance temporaire, fondée sur le sang des taureaux et des boucs, donnée par Moïse. Ici encore, il signifie nécessairement et catégoriquement sans fin : c’est le point même en question. Une fois, il est employé du « royaume éternel » de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ (2 Pierre 1:11), et il nous est dit en Luc 1:33 que « son règne n’aura point de fin. » Une fois, il est employé de l’« Évangile éternel » (ou de la bonne nouvelle éternelle), et cela non plus, bien entendu, ne finit jamais. Une fois, il est employé du « Dieu éternel » (Romains 16:26), et lui, assurément, ne dure pas seulement pendant de longs âges, mais sans fin. Une fois, il est employé du Saint-Esprit, qui est appelé « l’Esprit éternel (ou perpétuel) », et lui, assurément, ne dure pas seulement pendant de longs âges, mais pendant une éternité absolument sans fin. Cela fait cinquante-neuf des soixante-douze emplois, et dans ces cinquante-neuf cas l’idée d’une durée sans fin est absolument indispensable au sens ; et dans aucun des treize emplois restants le mot n’est appliqué à quoi que ce soit dont on sache que cela finit. Si l’usage peut déterminer le sens d’un mot, alors assurément l’usage de ce mot dans le Nouveau Testament établit qu’il signifie sans fin, ou, selon la définition de Thayer, « sans fin, qui ne doit jamais cesser, perpétuel ».
Ce n’est pas tout : Dieu lui-même établit qu’il signifie sans fin ; il le définit comme tel en l’employant expressément par contraste avec ce qui finit. Par exemple, en 2 Corinthiens 4:18, nous lisons : « parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères (littéralement, pour un temps) ; et les invisibles sont éternelles. » Ici, tout le point est que les choses invisibles, à la différence des choses visibles qui ne sont que pour un temps, sont d’une durée sans fin.
Mais même en accordant que, selon son usage, le mot puisse s’employer de ce qui, tout en durant un âge ou des âges, a une fin — même si c’était vrai (et ce ne l’est pas) —, le sens du mot dans chaque cas particulier devrait alors être déterminé par le contexte où il se trouve. Or quel est le contexte dans le passage que nous étudions ? Relisons-le : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle. » Le même adjectif grec est employé avec « châtiment » et avec « vie ». (Dans la version autorisée, il est rendu différemment, mais dans le grec et dans la version révisée, c’est exactement le même.) Assurément, cet adjectif qualificatif doit signifier la même chose dans une moitié de la phrase que dans l’autre. Nous devons au moins admettre que Jésus-Christ était un homme honnête, et il était assurément trop honnête pour jouer sur les mots : il n’emploierait pas un mot dans un sens dans une moitié de phrase et dans un sens tout différent dans l’autre moitié. Il cherchait manifestement à faire comprendre que le châtiment de ceux qui ne sont pas sauvés serait de la même durée que la vie de ceux qui sont sauvés. Personne ne conteste que cette vie soit sans fin. Ce serait la ruine de toutes nos espérances si elle ne l’était pas. Par conséquent, si nous voulons traiter honnêtement les paroles de notre Seigneur, il a enseigné que le châtiment de ceux qui ne sont pas sauvés serait sans fin. Nous avons, dans la Parole de Dieu, exactement la même raison de croire à un châtiment sans fin que de croire à une vie sans fin. Si vous abandonnez l’un, vous devez abandonner l’autre, ou bien traiter malhonnêtement les paroles de Jésus-Christ.
2. Nous pourrions en rester là et tenir la cause pour démontrée, mais tournons-nous vers un autre passage, Apocalypse 14:9-11 : « Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte: Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. » Nous avons ici une autre expression pour la durée du châtiment et de la souffrance des impénitents, l’expression rendue par aux siècles des siècles. Il y a en grec deux formes d’expression légèrement différentes qui sont ainsi traduites. L’une, rendue littéralement, est « pour les âges des âges », l’autre « pour des âges d’âges ». Quelle pensée ces expressions expriment-elles ? Ceux qui cherchent à échapper à la force de ces mots, qui désignent une durée absolument sans fin, ont dit que l’expression « est un hébraïsme désignant ce qui est suprême dans sa catégorie », et l’on cite, pour illustrer ce prétendu hébraïsme, les expressions « Seigneur des seigneurs » et « Saint des saints ». Mais il n’en est rien. En premier lieu, la forme d’aucune des deux expressions n’est la même ; et, en second lieu, ce n’est pas là le sens de l’expression « le Seigneur des seigneurs », ni celui de l’expression « le Saint des saints ». L’expression « Seigneur des seigneurs » ne signifie pas simplement le Seigneur suprême, mais celui qui est lui-même le Seigneur de tous les autres seigneurs ; et cette expression « pour les âges des âges » ne signifie jamais simplement les âges qui seraient les âges suprêmes par distinction d’avec d’autres âges (ni, comme le dit un autre, les âges qui sortent des autres âges, c’est-à-dire les derniers âges avant l’éternité). D’après sa forme, l’expression désigne des âges qui sont eux-mêmes composés d’âges. Elle représente non pas des années s’entassant sur des années, ni des siècles s’entassant sur des siècles, mais des âges s’entassant sur des âges en une procession sans fin. C’est la forme d’expression la plus forte possible pour dire une durée absolument sans fin. De plus, la manière de déterminer de façon concluante ce que signifie l’expression est d’en considérer l’usage. L’usage est toujours l’élément décisif pour déterminer le sens des mots et des locutions. Quel est l’usage de ces expressions dans le livre d’où nous avons tiré notre passage ? Ces expressions sont employées douze fois dans ce livre. Huit fois sur douze, elles désignent la durée de l’existence, ou du règne, ou de la gloire de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur. Bien entendu, dans ces cas-là, l’expression ne peut pas désigner simplement les âges suprêmes, ou quelques âges particuliers ; elle doit désigner l’éternité absolue, une durée sans fin. Une fois, elle est employée de la durée du règne bienheureux des justes, et, bien entendu, ici encore elle désigne une éternité sans fin ; et dans les trois cas restants, elle est employée de la durée du tourment du diable, de la bête, du faux prophète et des impénitents définitifs. Ceux qui voudraient nier que l’expression signifie une éternité absolument sans fin font valoir qu’elle est employée en Apocalypse 11:15, où il nous est dit que « le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ; et il régnera aux siècles des siècles (pour les âges des âges) », et qu’il nous est dit en 1 Corinthiens 15:24 que Christ « remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père » ; que par conséquent son royaume doit prendre fin, et que donc « aux siècles des siècles » ne peut pas signifier sans fin dans ce passage. Il y a deux réponses à cette objection, dont chacune suffit. La première est que le « il » de « il régnera aux siècles des siècles », en Apocalypse 11:15, ne désigne pas nécessairement le Christ, mais plutôt le Seigneur Jéhovah, auquel cas l’argument tombe. La seconde réponse est que, si 1 Corinthiens 15:24 et suivants nous enseignent que Jésus-Christ remettra au Père son royaume médiatorial, il nous est néanmoins enseigné clairement qu’il régnera avec le Père, et il nous est dit en propres termes, en Luc 1:33, que « son règne n’aura point de fin », de sorte que, même si le « il » d’Apocalypse 11:15 désignait le Christ et non le Seigneur Jéhovah, l’affirmation serait encore parfaitement exacte : lui, le Christ, devait régner aux siècles des siècles, c’est-à-dire sans fin. Il n’y a pas un seul passage, dans tout le livre, où cette expression soit employée d’autre chose que de ce qui est absolument sans fin. Ainsi la question reçoit de nouveau une réponse, et une réponse décisive : la souffrance consciente de ceux qui persistent dans l’impénitence est absolument sans fin.
3. Considérons maintenant un autre passage, 2 Thessaloniciens 1:7-9 : « Le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une destruction éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force. » Il nous est dit ici que le châtiment de ceux qui ne connaissent pas Dieu et n’obéissent pas à l’Évangile est une « destruction éternelle ».
Que signifie « destruction éternelle » ? En Apocalypse 17:8, 11, il nous est dit que la bête s’en va à la « destruction » ; si donc nous pouvons découvrir où va la bête, ou dans quoi elle entre, nous saurons ce que signifie « destruction » dans l’usage biblique. En Apocalypse 19:20, il nous est dit que « la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre » ; nous voyons donc que la « destruction » est une part dans l’étang de feu. Et dans le chapitre suivant, Apocalypse 20:10, il nous est dit que « le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète (après y avoir déjà été pendant mille ans, voir le contexte) ; et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » Nous voyons donc que la destruction signifie une part dans l’étang de feu, où ses habitants souffrent consciemment et sans relâche aux siècles des siècles. Il est donc clair, en comparant 2 Thessaloniciens 1:7-9 avec ces passages, que ceux qui ne connaissent pas Dieu et n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ auront pour châtiment une souffrance consciente qui ne finira jamais.
4. Considérons encore un passage, Matthieu 25:41 (ce sont, ici encore, les paroles du Seigneur Jésus lui-même) : « Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. » Ce que je veux que vous remarquiez ici, c’est que le châtiment dans lequel sont envoyés les impénitents est le « feu éternel » qui a été « préparé pour le diable et pour ses anges ». Nous avons une description exacte de ce qu’est ce feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges dans le passage lu il y a quelques instants, Apocalypse 20:10 : « Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » En comparant ces deux déclarations, nous avons une autre déclaration explicite de notre Seigneur : le châtiment des impénitents sera une agonie consciente, où ils seront punis sans repos jour et nuit, aux siècles des siècles.
De n’importe lequel de ces passages, et surtout de tous pris ensemble, il ressort clairement que les Écritures rendent aussi évident que le langage peut le faire que LE CHÂTIMENT FUTUR DE CEUX QUI PERSISTENT DANS L’IMPÉNITENCE EST ABSOLUMENT SANS FIN.
II. OBJECTIONS
Il y a plusieurs passages de l’Écriture que ceux qui croient que tous les hommes finiront par se repentir, seront amenés à accepter Christ et seront ainsi sauvés, invoquent contre ce qui semble être l’enseignement évident des passages que nous venons d’étudier.
1. Le premier est 1 Pierre 3:18-20 : « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l’Esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c’est-à-dire, huit, furent sauvées à travers l’eau. » On fait valoir que, puisque Christ est allé prêcher aux esprits en prison, il y aura une seconde chance après la mort. Mais c’est ce que le passage en question n’affirme ni n’implique en aucune façon.
(1) Tout d’abord, rien ne prouve que « les esprits en prison » désignent les esprits défunts d’hommes qui ont autrefois vécu ici-bas sur la terre. Dans la Bible, les esprits défunts des hommes ne sont pas désignés de cette manière. Ces mots sont employés d’autres esprits, mais non d’esprits humains désincarnés, et il y a toutes les raisons de supposer que ces « esprits en prison » n’étaient pas les hommes pécheurs qui étaient sur la terre pendant la construction de l’arche, mais les anges qui péchèrent à cette époque, comme Genèse 6:1, 2 nous dit qu’ils péchèrent (cf. Jude 6, 7).
(2) De plus, même si « les esprits en prison » dont il est ici question étaient les esprits d’hommes qui avaient été désobéissants au temps de Noé, il n’y a pas la moindre indication dans le passage qu’ils aient été sauvés par la prédication que Christ leur adressa, ni qu’ils aient eu une seconde chance. Il y a deux mots couramment employés dans le Nouveau Testament pour la prédication : l’un est kerusso et l’autre euaggelizo. Le premier signifie proclamer en héraut, comme on annonce un roi, ou comme on annonce le royaume. Il peut toutefois s’employer de la prédication d’un message, du message de l’Évangile ou d’un autre message. Le second mot, euaggelizo, signifie prêcher l’Évangile. Dans le passage que nous étudions, c’est le premier mot qui est employé, et il n’y a pas la moindre indication que Christ ait prêché l’Évangile à ces esprits en prison. Il a simplement proclamé le triomphe du royaume. Ce n’était pas un message de salut. Il n’y a donc rien dans ce passage qu’on puisse opposer, même par déduction, aux déclarations claires et directes, concernant la destinée des méchants, que contiennent les passages que nous venons d’étudier.
2. Le deuxième passage qu’invoquent ceux qui nient que le châtiment futur soit sans fin est Philippiens 2:9-11 : « C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » Ici, nous dit-on, il est déclaré que tous ceux qui sont « sous la terre », aussi bien que ceux qui sont dans les cieux et sur la terre, fléchiront le genou au nom de Jésus et confesseront que Jésus-Christ est Seigneur, et cela impliquerait qu’ils sont sauvés. Mais cela n’implique nullement qu’ils soient sauvés. Le genou des hommes perdus, et aussi celui du diable et de ses anges, sera un jour contraint de fléchir au nom de Jésus, et toute langue sera contrainte de confesser qu’il est Seigneur. Si quelqu’un le fait dans la vie présente, de son libre choix, il sera sauvé ; sinon, il le fera par contrainte dans le siècle à venir, et chacun a le choix entre le faire maintenant, volontiers et avec joie, et être sauvé, ou le faire plus tard par contrainte et être perdu. Il n’y a absolument rien dans ce passage qui enseigne le salut universel, ni qui s’oppose, même indirectement, aux déclarations claires que nous avons étudiées.
3. Le troisième passage invoqué est Actes 3:19-21 : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes. » Il nous est parlé ici d’un « rétablissement de toutes choses » à venir, et ceux qui défendent la doctrine du salut universel soutiennent que cela signifie le rétablissement de toutes les personnes dans la justice. Mais ce n’est pas ce que dit le texte, et ce n’est pas ce à quoi il se rapporte. La prophétie de l’Ancien Testament, et aussi l’épître aux Romains, nous enseignent qu’en rapport avec le retour de notre Seigneur Jésus il doit y avoir un rétablissement de toute la nature, de tout l’univers physique, relevé de son état de chute. Par exemple, nous lisons en Romains 8:19-21 : « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. » Et nous lisons en Ésaïe 55:13 : « Au lieu de l’épine s’élèvera le cyprès, Au lieu de la ronce croîtra le myrte; Et ce sera pour l’Éternel une gloire, Un monument perpétuel, impérissable. » Et en Ésaïe 65:25, il nous est dit : « Le loup et l’agneau paîtront ensemble, Le lion, comme le bœuf, mangera de la paille, Et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte, Dit l’Éternel », et en Ésaïe 32:15, il nous est annoncé ce qui arrivera « Jusqu’à ce que l’esprit soit répandu d’en haut sur nous, Et que le désert se change en verger, Et que le verger soit considéré comme une forêt. » C’est à ce rétablissement de l’univers physique, clairement prédit ici en Romains 8:19-21 et dans ces prophéties de l’Ancien Testament, que se rapporte le « rétablissement de toutes choses » dont parle Actes 3:21. Il n’y a pas un indice, pas la moindre suggestion, d’un rétablissement des pécheurs impénitents.
4. Un autre passage encore que l’on fait valoir est Éphésiens 1:9, 10, où nous lisons : « Nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même, pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. » On fait valoir ici que les choses qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre doivent être réunies en Christ. C’est vrai, mais il faut remarquer que le Saint-Esprit a expressément omis ici l’expression qui se trouve en Philippiens 2:10, « sous la terre », c’est-à-dire le séjour des perdus ; de sorte que ce passage, bien loin de suggérer que les perdus qui sont en enfer seront rétablis, suggère exactement le contraire. Il n’y a donc certainement rien dans ce passage qui s’oppose, même indirectement, aux déclarations claires que nous avons étudiées.
5. Il reste à examiner un dernier passage que l’on oppose à la doctrine que nous étudions : c’est 1 Corinthiens 15:22. Nous y lisons : « Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » On fait valoir, à propos de ce passage, qu’il nous est dit expressément ici que tous ceux qui meurent en Adam, c’est-à-dire tout être humain, revivront en Christ, et que « revivre » signifie « obtenir la vie éternelle », ou « être sauvé ». Pendant des années, j’ai cru que c’était la véritable interprétation de ce passage, et c’est en partie pour cette raison que je soutenais et prêchais à cette époque que tous les hommes finiraient par être amenés, un jour, quelque part, d’une manière ou d’une autre, à accepter Jésus-Christ et à être sauvés ; mais quand j’en suis venu à étudier ce passage de plus près, j’ai vu que c’était une fausse interprétation. Tout passage de la Bible, comme de n’importe quel autre livre, doit être interprété dans son contexte. Le sujet tout entier dont Paul traite dans ce chapitre n’est pas la vie éternelle, ni l’immortalité de l’âme, mais la résurrection du corps, et tout ce que déclare ce passage, c’est que, de même que tous perdent la vie physique en Adam, de même aussi tous obtiendront en Christ une résurrection du corps. Que cette résurrection du corps soit une résurrection pour la vie éternelle ou une résurrection pour l’opprobre et la honte éternelle (Daniel 12:2), cela dépend entièrement de ce que les hommes font du Christ en qui ils l’obtiennent. Il n’y a absolument rien ici qui enseigne le salut universel. Ce passage enseigne seulement une résurrection universelle, la résurrection des méchants aussi bien que celle des justes.
Pour résumer l’enseignement de tous ces passages qu’on invoque si souvent pour prouver le salut universel : il n’y a rien dans aucun d’eux, ni dans tous pris ensemble, qui enseigne que tous les hommes seront finalement sauvés, et il n’y a rien en eux qui contredise en aucune manière ce que nous avons reconnu être le sens honnête des passages étudiés plus haut, à savoir que le châtiment futur du péché est absolument sans fin. On ne trouve pas dans la Bible un seul passage qui enseigne le salut universel, ou que tous les hommes en viendront finalement à la repentance et seront sauvés. Je voudrais qu’il y en eût un, mais il n’y en a pas. Voilà près de quarante ans que je cherche diligemment un tel passage ; je ne l’ai pas trouvé, et on ne peut pas le trouver.
III. OÙ LES ENJEUX DE L’ÉTERNITÉ SE DÉCIDENT-ILS ?
Il reste une autre question importante : où les enjeux de l’éternité se décident-ils ? Il y a des gens qui croient que le châtiment de ceux qui persistent dans l’impénitence est éternel, qu’il n’a pas de fin, mais qui croient aussi que les enjeux de l’éternité ne se décident pas dans la vie présente : pour beaucoup, ils se décideraient après la mort, et ceux qui meurent impénitents auraient une seconde chance. Croire au châtiment sans fin n’implique pas nécessairement de croire qu’il n’y a aucune chance après la mort. Beaucoup croient qu’il y aura une chance après la mort et que beaucoup la saisiront, tout en croyant aussi que certains ne la saisiront pas et seront donc punis aux siècles des siècles. Or, quel est l’enseignement de la Parole de Dieu sur ce point ? Permettez-moi d’attirer votre attention sur quatre passages, dont un seul suffit à trancher la question ; et, pris ensemble, ils ne laissent aucune place au doute pour tout homme de bonne foi qui veut bien prendre la Bible comme voulant dire ce qu’elle dit, pour tout homme qui cherche réellement à découvrir ce qu’enseigne la Bible, et non simplement à soutenir une théorie.
1. Le premier passage est 2 Corinthiens 5:10 : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. » Dans ce passage, il nous est dit clairement que la base du jugement dans le monde à venir est ce que chacun « aura fait, étant dans son corps », c’est-à-dire ce qui est fait de ce côté-ci de la tombe, ce qui est fait avant que nous ne nous dépouillions de cette enveloppe mortelle, ce qui est fait avant que l’esprit ne quitte le corps. Bien sûr, ce passage-ci concerne avant tout le jugement du croyant, mais il montre quelle est la base du jugement futur, à savoir ce qui est fait de ce côté-ci de la tombe.
2. Le deuxième passage est Hébreux 9:27 : « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. » Il nous est dit ici expressément qu’« après la mort » viendra, non pas une occasion de se préparer au jugement, mais « le jugement » ; que, par conséquent, notre destinée est fixée à la mort, et qu’il n’y a aucune chance de salut « après la mort ».
3. Le troisième passage est Jean 5:28, 29 : « Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » Ici aussi, il est clairement sous-entendu que la résurrection des bons et des méchants a pour objet le jugement portant sur ce qu’ils ont fait avant que leur corps soit déposé dans la tombe.
4. Un quatrième passage, plus décisif encore, s’il est possible, qu’aucun de ceux-là, rapporte les paroles de notre Seigneur, Jean 8:21 : « Jésus leur dit encore: Je m’en vais, et vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché; vous ne pouvez venir où je vais. » Notre Seigneur déclare ici expressément que la question de savoir si les hommes viendront ou non auprès de lui dépend de ce qu’ils font avant de mourir ; que s’ils meurent impénitents, s’ils « meurent dans leur péché », ils ne peuvent venir là où il va. Pour résumer l’enseignement de tous ces passages : les enjeux de l’éternité, ceux de la vie éternelle ou de la perdition éternelle, ceux de la félicité et de la gloire éternelles ou de l’agonie et de la honte éternelles, se décident dans la vie présente.
IV. CONCLUSION
L’état futur de ceux qui rejettent, dans la vie présente, la rédemption qui leur est offerte en Jésus-Christ est clairement déclaré dans la Parole de Dieu comme un état de tourment et d’angoisse conscients, indicibles et sans fin. Cette conception est effroyable, mais c’est la conception de l’Écriture. C’est l’enseignement indéniable et incontournable de la Parole même de Dieu.
Je voudrais que tous les hommes se repentent et acceptent Christ. Si quelqu’un pouvait me montrer un seul passage de la Bible qui enseigne clairement que tous les hommes finiront par se repentir, accepter Christ et être sauvés, ce serait le plus beau jour de ma vie ; mais on ne peut pas le trouver. J’ai cru autrefois qu’on le pouvait, et c’est ce que je croyais et enseignais. Ces idées que l’on répand si largement aujourd’hui comme une nouveauté, ces théories du « pasteur » Russell, autrefois de Pittsburg, de M. Gelesnoff, de notre ville, du docteur Mabie, de Long Beach, de M. Pridgeon, de Pittsburg, et de bien d’autres, ne sont pas du tout nouvelles pour moi. J’ai soutenu et enseigné, en substance, les mêmes vues sur le salut universel final des années avant qu’on entende parler de ces hommes, il y a en fait près de quarante ans. Je connaissais les arguments qu’ils avancent aujourd’hui, et d’autres encore qu’ils ne semblent pas connaître, mais qui étaient pour moi plus décisifs que ceux qu’ils avancent. Mais le moment est venu, à mesure que j’étudiais la Bible plus attentivement, où je n’ai plus pu concilier mon enseignement avec ce que je trouvais être l’enseignement indéniable de la Parole de Dieu. Je devais faire l’une de ces trois choses : ou bien renoncer à ma conviction que la Bible était la Parole de Dieu, ou bien tordre les paroles de Jésus (et d’autres auteurs du Nouveau Testament) pour leur faire dire autre chose que ce qu’elles semblaient clairement enseigner, ou bien renoncer à ma doctrine du rétablissement et du salut universels finals. Je ne pouvais pas renoncer à ma foi en la Bible comme Parole de Dieu, car j’avais trouvé des preuves absolument écrasantes qu’elle était la Parole de Dieu. Je ne pouvais pas tordre les paroles de Jésus et des autres pour leur faire dire autre chose que ce qui était manifestement leur sens voulu, car j’étais un homme honnête. Il ne me restait qu’une seule chose à faire : renoncer à ma doctrine du rétablissement et du salut universels. J’y ai renoncé à grand regret, mais j’étais contraint d’y renoncer ou d’être infidèle à ma propre raison et à ma propre conscience. C’est l’enseignement incontournable de la Parole de Dieu que tous ceux qui quittent ce monde sans avoir accepté Jésus-Christ passeront l’éternité en enfer, dans un enfer d’angoisse consciente et indicible.
Cette conception biblique est aussi raisonnable, quand nous en venons à voir la nature effroyable du péché, et surtout la nature effroyable du péché qui consiste à fouler aux pieds la miséricorde de Dieu envers les pécheurs et à rejeter le glorieux Fils de Dieu, qu’il a donné dans son amour pour être notre Sauveur.
Ce sont des vues superficielles du péché, de la sainteté de Dieu et de la gloire de Jésus-Christ qui se trouvent à la racine des théories complaisantes sur le sort des impénitents. Quand nous voyons le Péché dans toute son horreur et son énormité, la Sainteté de Dieu dans toute sa perfection et la Gloire de Jésus-Christ dans toute son infinité, rien d’autre qu’une doctrine selon laquelle ceux qui persistent à choisir le péché, qui aiment les ténèbres plus que la lumière et qui persistent à rejeter le Fils de Dieu subiront une angoisse éternelle ne saurait satisfaire les exigences de nos propres intuitions morales. Seul le fait que nous redoutons la souffrance plus que nous n’abhorrons le péché, et plus que nous n’aimons la gloire de Jésus-Christ, nous fait rejeter la pensée que des êtres qui choisissent éternellement le péché doivent souffrir éternellement, ou que des hommes qui méprisent la miséricorde de Dieu et repoussent son Fils doivent être livrés à une angoisse sans fin.
Si, après que les hommes ont péché, Dieu leur offre encore sa miséricorde et fait le sacrifice immense de son Fils pour les sauver — s’ils méprisent encore cette miséricorde et foulent aux pieds le Fils de Dieu, si alors ils sont livrés au tourment éternel, je ne puis que dire : « Amen ! Alléluia ! Tes jugements sont véritables et justes, ô Seigneur ! »
Quoi qu’il en soit, la doctrine du tourment conscient et éternel des hommes impénitents est clairement révélée dans la Parole de Dieu, et, que nous puissions ou non la défendre par des arguments philosophiques, notre affaire est de la croire et de laisser à la lumière plus claire de l’éternité le soin d’expliquer ce que nous ne pouvons comprendre maintenant, en reconnaissant que Dieu peut avoir bien des raisons d’une sagesse infinie de faire des choses pour lesquelles, dans notre ignorance, nous ne voyons aucune raison suffisante. C’est la plus ridicule des prétentions, pour des êtres aussi limités et insensés que le sont les plus sages des hommes, que de vouloir décréter comment un Dieu d’une sagesse infinie doit agir. Tout ce que nous savons de la manière dont Dieu agira, c’est ce que Dieu a jugé bon de nous dire.
Pour conclure, deux choses sont certaines. Premièrement, plus les hommes marchent étroitement avec Dieu et plus ils se consacrent à son service, plus ils sont enclins à croire cette doctrine. Beaucoup nous disent qu’ils aiment trop leurs semblables pour croire cette doctrine ; mais les hommes qui montrent leur amour de manière plus concrète que par des protestations sentimentales, les hommes qui montrent leur amour pour leurs semblables comme Jésus-Christ a montré le sien, en donnant leur vie pour eux, ceux-là croient cette doctrine, tout comme Jésus-Christ lui-même la croyait.
À mesure que les chrétiens deviennent mondains et nonchalants, ils se relâchent dans leur doctrine touchant le sort des impénitents. Le fait que des doctrines relâchées se répandent si rapidement et si largement de nos jours ne plaide pas en leur faveur, mais contre elles, car la mondanité se répand aussi dans l’Église (1 Timothée 4:1 ; 2 Timothée 3:1 ; 4:2, 3). Le relâchement croissant de la vie et le relâchement croissant de la doctrine vont de pair.
Deuxièmement, les hommes qui acceptent une doctrine relâchée sur la peine finale du péché, que ce soit l’universalisme, le restaurationnisme ou l’annihilationnisme, ou cette combinaison fantaisiste, ce conglomérat de toutes ces doctrines qu’est le « Millennial Dawnism », perdent leur puissance pour Dieu. Je l’ai vu se vérifier maintes et maintes fois. Ces hommes peuvent être, et sont effectivement, très habiles dans la discussion et très zélés dans le prosélytisme, mais on les trouve rarement en train de supplier les hommes de se réconcilier avec Dieu. On les trouvera bien plus volontiers occupés à ébranler la foi de ceux qui ont déjà été gagnés par les efforts de ceux qui croient au châtiment éternel qu’à gagner des hommes qui n’ont aucune foi. Si vous croyez réellement la doctrine du tourment sans fin des impénitents, si cette doctrine s’empare vraiment de vous, vous travaillerez comme vous n’avez jamais travaillé au salut des perdus. Si vous atténuez cette doctrine en quoi que ce soit, elle atténuera votre zèle. Maintes et maintes fois, je me suis heurté à cette doctrine terrible et j’ai essayé de trouver un moyen d’y échapper ; mais quand j’ai échoué, comme j’ai toujours fini par échouer, quand j’ai résolu d’être honnête envers la Bible et envers moi-même, je suis retourné à mon travail avec un fardeau accru pour les âmes et une détermination redoublée à dépenser et à me dépenser pour leur salut.
Une souffrance éternelle et consciente, une souffrance sans le moindre rayon d’espoir de soulagement, attend chacun de vous, ici ce soir, qui continue à rejeter obstinément Jésus-Christ, comme vous le rejetez ce soir, et qui quittera ce monde après l’avoir rejeté. Dans ce monde de ténèbres sans fin, il n’y aura aucune possibilité de repentance. Quand vous regarderez vers l’avenir, il n’y aura pas un seul rayon d’espoir. « Aux siècles des siècles » sera la plainte incessante de cette mer de feu sans repos. Quand vous y aurez passé dix millions d’années et que vous regarderez vers l’avenir, vous verrez l’éternité s’étendre encore, et encore, et encore, et encore, sans espoir. Oh ! hommes et femmes qui êtes hors de Christ, pourquoi voulez-vous risquer un tel sort pour une seule année, ou un mois, ou une semaine, ou un jour ? L’enfer est trop terrible pour courir, ne serait-ce que cinq minutes, le risque d’y aller. Il n’y a qu’une seule chose raisonnable à faire pour vous : accepter Christ, et l’accepter dès maintenant comme votre Sauveur, vous abandonner à lui comme à votre Seigneur et Maître, le confesser comme tel devant le monde, et vous efforcer désormais de lui plaire en toutes choses, jour après jour. Toute autre conduite est pure folie.
Chapitre 16 terminé
Le châtiment futur est-il éternel ?