Les doctrines fondamentales de la foi chrétienne
La sanctification

Chapitre 12 · 27 min de lecture · 35 min d’écoute

La sanctification

« Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! »—1 Thessaloniciens 5:23.

Le sujet qui est maintenant devant nous est la sanctification. C’est un sujet d’une grande importance. Non seulement il règne à son propos beaucoup d’ignorance, d’erreurs et de malentendus, mais, chose étrange, il suscite les controverses les plus amères. La controverse sur ce sujet est si amère qu’il y a quelques années deux « conventions de sainteté » rivales se tinrent à Chicago au même moment, à des heures différentes de la journée, dans la même église, et l’animosité entre ces deux groupes de « frères de la sainteté » était si vive qu’un jour ils faillirent en venir aux mains devant l’autel de l’église. Le sujet de la sanctification a provoqué en certains milieux tant d’amertume et tant d’excès que beaucoup redoutent jusqu’à l’emploi du mot « sanctification ». Mais ce mot n’est pas seulement un mot biblique : c’est un mot d’une profonde portée, un mot riche d’un sens précieux ; et il ne serait pas sage de notre part d’abandonner ce bon mot biblique simplement parce qu’on en abuse si souvent. Un jour, à l’Institut biblique de Chicago, un homme me dit : « N’avez-vous pas peur de la sainteté ? » Ce que cet homme voulait dire, bien sûr, c’est si je n’avais pas peur de certaines formes de ce qu’on appelle la « doctrine de la sainteté ». Je lui répondis que j’avais bien moins peur de la sainteté que de l’absence de sainteté. L’enseignement de la Bible sur ce sujet est très clair et très précieux. Ce que nous avons à dire ce matin se rangera sous trois titres. Premièrement, ce qu’est la sanctification ; 2. Comment être sanctifié ; 3. Quand la sanctification a lieu.

I. CE QU’EST LA SANCTIFICATION

Considérons donc d’abord ce qu’est la sanctification.

1. Tout d’abord, que ce soit bien clair : la sanctification n’est pas le « baptême du Saint-Esprit ». On confond constamment les deux. Il existe entre eux un rapport intime, mais ils ne sont nullement une seule et même chose ; et confondre deux expériences que Dieu tient séparées ne peut produire que confusion et malentendus. Que la sanctification ne soit pas le baptême du Saint-Esprit, et que le baptême du Saint-Esprit ne soit pas la sanctification, cela apparaîtra clairement à mesure que nous avancerons et que nous découvrirons, par l’étude de la Bible, ce qu’est exactement la sanctification.

2. En second lieu, je dois dire que la sanctification n’est pas l’éradication de la nature charnelle. Nous le verrons quand nous examinerons la définition que Dieu donne de la sanctification ; car Dieu a très clairement défini ce qu’est la sanctification et quand elle a lieu. Ceux qui enseignent « l’éradication de la nature charnelle » cherchent à saisir une vérité grande et précieuse, mais ils ont exprimé cette vérité d’une manière très inexacte, malheureuse et non biblique, et cette façon de la formuler conduit à de graves malentendus, à des erreurs et à des abus. Toute la controverse sur « l’éradication de la nature charnelle » vient d’un malentendu et de l’emploi de termes que rien n’autorise dans la Bible. La Bible ne parle nulle part de « la nature charnelle », et donc certainement pas de « l’éradication de la nature charnelle ». Il existe bien une nature charnelle, mais ce n’est pas une chose matérielle, ni une substance, ni quelque chose qu’on puisse extirper comme on arrache une dent ou comme on enlève l’appendice. « Une nature charnelle », c’est une nature gouvernée par la chair. Assurément, le croyant a le privilège de ne pas avoir sa nature gouvernée par la chair. Notre nature devrait être, et peut être, sous le contrôle du Saint-Esprit, et alors ce n’est pas une nature charnelle ; mais il ne s’agit pas d’une nature extirpée et d’une autre mise à sa place : notre nature est soustraite au contrôle de la chair et placée sous le contrôle du Saint-Esprit. De plus, bien que nous ayons le privilège d’avoir notre nature sous le contrôle du Saint-Esprit et délivrée du contrôle de la chair, nous avons encore « la chair », et nous aurons la chair aussi longtemps que nous serons dans ce corps. Mais si nous « marchons selon l’Esprit », nous n’accomplissons pas « les désirs de la chair » (Galates 5:16). Le chapitre 8 de l’épître aux Romains décrit la vie de victoire, tout comme le chapitre 7, versets 9 à 24, décrit la vie de défaite, quand l’homme est « charnel, vendu au péché » ; mais c’est au chapitre 8, où est décrite la vie « dans l’Esprit » (Romains 8:9), qu’il nous est dit que nous avons encore la chair, mais que nous avons le privilège de ne pas « vivre selon la chair », mais, « par l’Esprit », de « faire mourir les actions du corps ». Ainsi nous voyons que le corps est là, mais que, dans la puissance de l’Esprit, jour après jour et (si nous vivons à la hauteur de notre privilège) chaque jour, chaque heure et chaque minute, nous « faisons mourir les actions du corps » continuellement.

3. Voilà pour ce que la sanctification n’est pas. Nous verrons exactement ce qu’elle est si nous examinons la définition que Dieu en donne. Nous constaterons que le mot sanctification est employé dans la Bible en un double sens.

(1) Le premier sens de la sanctification, nous le trouverons en Lévitique 8:10-12 : « Moïse prit l’huile d’onction, il oignit le sanctuaire et toutes les choses qui y étaient, et le sanctifia. Il en fit sept fois l’aspersion sur l’autel, et il oignit l’autel et tous ses ustensiles, et la cuve avec sa base, afin de les sanctifier. Il répandit de l’huile d’onction sur la tête d’Aaron, et l’oignit, afin de le sanctifier. » Or il est parfaitement clair, dans ce passage, que sanctifier signifie séparer ou mettre à part pour Dieu, et que la sanctification est l’action de mettre à part pour Dieu, ou l’état de ce qui est mis à part pour Dieu. Le mot sanctifier est employé dans ce sens à maintes et maintes reprises. Un autre exemple se trouve en Lévitique 27:14, 17. « Si quelqu’un sanctifie sa maison en la consacrant à l’Éternel, le sacrificateur en fera l’estimation selon qu’elle sera bonne ou mauvaise, et l’on s’en tiendra à l’estimation du sacrificateur. … Si quelqu’un sanctifie à l’Éternel un champ de sa propriété, ton estimation sera en rapport avec la quantité de semence. » Ici encore, il est évident que sanctifier signifie séparer ou mettre à part pour Dieu, et que la sanctification est l’action de mettre à part pour Dieu, ou l’état de ce qui est mis à part pour Dieu. Un autre exemple encore de ce même emploi du mot sanctifier se trouve en Nombres 8:17 : « Car tout premier-né des enfants d’Israël m’appartient, tant des hommes que des animaux; le jour où j’ai frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, je les ai sanctifiés pour moi. » Cela ne signifie évidemment pas que Dieu, au moment où il frappa les premiers-nés en Égypte, extirpa la nature charnelle des premiers-nés d’Israël. Cela signifie bien qu’il mit à part tous les premiers-nés pour qu’ils soient tout particulièrement à lui. Un autre exemple très parlant du même emploi du mot se trouve dans le cas de Jérémie, tel qu’il le rapporte lui-même en Jérémie 1:4, 5 : « La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots: Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais sanctifié, je t’avais établi prophète des nations. » Cela signifie clairement qu’avant sa naissance Dieu avait mis Jérémie à part pour lui-même. Il y aurait encore en lui beaucoup d’imperfection et de faiblesse, mais il était mis à part pour Dieu. Un autre exemple parlant du même emploi du mot sanctifier se trouve en Matthieu 23:27, dans les paroles mêmes de notre Seigneur Jésus : « Insensés et aveugles! Lequel est le plus grand, l’or, ou le temple qui sanctifie l’or? » Mais l’exemple le plus frappant de tous est peut-être ce que notre Seigneur dit de sa propre sanctification en Jean 17:19 : « Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. » Le sens évident est ici que notre Seigneur Jésus s’est mis à part pour cette œuvre, pour Dieu, et qu’il l’a fait afin que les croyants soient mis à part pour Dieu « en vérité », ou « dans la vérité ». C’est là l’emploi le plus fréquent du mot sanctifier. La Bible en offre de nombreux exemples. Ainsi, sanctifier signifie séparer ou mettre à part pour Dieu ; et la sanctification est l’action de mettre à part pour Dieu, ou l’état de ce qui est mis à part pour Dieu. Tel est le sens premier de ces mots.

(2) Mais le mot, tel que la Bible l’emploie, a aussi un sens secondaire, étroitement lié à ce sens premier. On trouvera un exemple de ce sens secondaire en 2 Chroniques 29:5 : « Écoutez-moi, Lévites! Maintenant sanctifiez-vous, sanctifiez la maison de l’Éternel, le Dieu de vos pères, et mettez ce qui est impur hors du sanctuaire. » Si l’on garde à l’esprit le « parallélisme » qui est la caractéristique principale de la poésie hébraïque, il est clair que sanctifier est ici synonyme de « mettez ce qui est impur hors du sanctuaire », qu’on trouve dans la dernière partie du verset. Ainsi, sanctifier signifie ici séparer de la souillure cérémonielle ou morale, purifier ; et la sanctification est l’action de séparer de la souillure cérémonielle ou morale, ou l’état de ce qui en est séparé. On trouve le même emploi du mot en Lévitique 11:44 : « Car je suis l’Éternel, votre Dieu; vous vous sanctifierez, et vous serez saints, car je suis saint; et vous ne vous rendrez point impurs par tous ces reptiles qui rampent sur la terre. » Ici encore, il est clair que « vous vous sanctifierez » est synonyme de « vous serez saints », qu’il s’oppose à « vous ne vous rendrez point impurs », et qu’il signifie séparer de la souillure cérémonielle ou morale, purifier ; et la sanctification est l’action de séparer de la souillure cérémonielle ou morale, ou l’état de ce qui en est séparé. On trouve le même sens de la sanctification dans le Nouveau Testament, en 1 Thessaloniciens 5:23 : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! » Nous voyons ici le rapport étroit entre l’entière sanctification et le fait d’être conservé tout entier, irrépréhensible ; sanctifier signifie clairement ici séparer de la souillure morale, et la sanctification est ici encore l’action de séparer de la souillure morale, ou l’état de ce qui en est séparé. La même chose ressort du chapitre 4 de cette même épître, au verset 7 (1 Thessaloniciens 4:7) : « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. » Notre « sanctification » est ici placée en opposition directe avec l’« impureté », et il est donc évident que la sanctification signifie ici l’état de celui qui est séparé de toute souillure morale. La même chose ressort du verset 3 de ce même chapitre : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification; c’est que vous vous absteniez de l’impudicité. » Ici encore, il est évident que la sanctification signifie la séparation d’avec l’impureté ou la souillure morale. Les deux sens de la sanctification sont donc : l’action de séparer ou de mettre à part pour Dieu, ou l’état de ce qui est séparé ou mis à part pour Dieu ; et l’action de séparer de la souillure cérémonielle ou morale, ou l’état de ce qui en est séparé. Ces deux sens du mot sont étroitement apparentés : on ne peut être véritablement séparé pour Dieu sans être séparé du péché.

II. COMMENT LES HOMMES SONT SANCTIFIÉS

Nous en venons maintenant à la deuxième question : comment les hommes sont-ils sanctifiés ? La réponse complète à cette question comporte plusieurs parties.

1. La première partie de la réponse se trouve dans le texte de ce chapitre, 1 Thessaloniciens 5:23 : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! » Il ressort de ce verset que c’est Dieu qui sanctifie les hommes, et que la sanctification est l’œuvre de Dieu. La séparation des hommes d’avec le péché, aussi bien que leur séparation pour Dieu, est l’œuvre de Dieu. De même que, sous l’ancienne économie, c’est Dieu qui mit à part pour lui-même les premiers-nés d’Israël, de même, sous la nouvelle économie, c’est Dieu qui met à part pour lui-même le croyant et qui le sépare du péché. La sanctification n’est pas d’abord notre œuvre, mais celle de Dieu.

2. La deuxième partie de la réponse se trouve en Éphésiens 5:25, 26 : « Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier par la parole, après l’avoir purifiée par le baptême d’eau. » Il nous est enseigné ici que Christ sanctifie l’Église et que la sanctification est l’œuvre de Christ. La question se pose naturellement : en quel sens Christ sanctifie-t-il l’Église ? La réponse se trouve en Hébreux 10:10 : « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. » Il apparaît ici que Jésus-Christ sanctifie l’Église en se livrant lui-même en sacrifice pour elle. En se livrant ainsi pour elle en sacrifice, Christ met l’Église à part pour Dieu. De même que le sang de l’agneau pascal, aux chapitres 11 et 12 de l’Exode, établit une différence entre Israël et les Égyptiens, de même notre Seigneur Jésus, par l’offrande de son propre corps, a établi pour toujours une différence entre celui qui croit en lui et le monde, et a mis pour toujours chaque croyant à part pour Dieu. La croix de Christ se dresse entre le croyant et le monde. Le sang versé de Christ sépare le croyant du monde, l’achète pour Dieu et le fait ainsi appartenir à Dieu.

3. La troisième partie de la réponse à la question de savoir comment les hommes sont sanctifiés se trouve en 2 Thessaloniciens 2:13 et dans d’autres passages : « Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. » Il ressort de ce passage, comme d’autres passages de la Bible, que c’est le Saint-Esprit qui sanctifie le croyant, et que la sanctification est l’œuvre du Saint-Esprit. Ici se pose la question : en quel sens le Saint-Esprit sanctifie-t-il le croyant ? En ce sens que, de même que, dans le type de l’Ancien Testament, le tabernacle, l’autel et le sacrificateur étaient mis à part pour Dieu par l’huile d’onction (Lévitique 8:10-12), de même, dans l’antitype du Nouveau Testament, le croyant, qui est à la fois tabernacle et sacrificateur, est mis à part pour Dieu par l’onction du Saint-Esprit. Plus encore, c’est l’œuvre du Saint-Esprit dans le cœur qui triomphe de la chair et de ses souillures, qui sépare ainsi le croyant du péché, le revêt des grâces divines du caractère et le rend digne d’appartenir à Dieu. Comme Paul le dit en Galates 5:22, 23 : « Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. » En opposition à cette œuvre du Saint-Esprit, nous lisons dans les versets qui précèdent immédiatement ce que sont « les œuvres de la chair », un affreux catalogue de bassesses et de péchés, et il nous est dit au verset 16 : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. »

4. La quatrième partie de la réponse à la question de savoir comment nous sommes sanctifiés se trouve en Hébreux 13:12 : « C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. » Il ressort clairement de ce passage que les croyants sont sanctifiés par le sang de Jésus-Christ. Ici se pose la question : en quel sens le sang de Jésus sanctifie-t-il ? La réponse est claire : le sang de Jésus-Christ nous purifie de toute la culpabilité du péché, et ainsi nous sépare de la masse des hommes qui sont sous la malédiction de la loi violée, et nous met à part pour Dieu (cf. 1 Jean 1:7, 9). Sous l’économie de l’Ancien Testament, le sang du sacrifice purifiait les Israélites de la culpabilité des fautes cérémonielles et les mettait à part pour Dieu ; dans l’antitype du Nouveau Testament, le sang de Christ purifie le croyant de la culpabilité des fautes morales et le met à part pour Dieu.

5. La cinquième partie de la réponse à la question de savoir comment les hommes sont sanctifiés se trouve en Jean 17:17 : « Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. » Ici notre Seigneur Jésus, dans sa prière, indique que nous sommes sanctifiés par la vérité, et que la vérité est la Parole de Dieu. En quel sens la Parole de Dieu sanctifie-t-elle ? Cette question reçoit une réponse claire en divers endroits de la Parole de Dieu, où il nous est enseigné que la Parole de Dieu purifie de la présence du péché, et ainsi nous en sépare et nous met à part pour Dieu. (Psaumes 119:9, 11 ; Jean 15:3.) À mesure que nous mettons chaque jour notre vie en contact avec la Parole, les péchés et les imperfections de notre vie et de notre cœur sont mis au jour et ôtés, et ainsi nous sommes de plus en plus séparés du péché pour Dieu. (cf. Jean 13:10.)

6. La sixième partie de la réponse à la question de savoir comment les hommes sont sanctifiés se trouve en 1 Corinthiens 1:30 : « Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption. » Il nous est enseigné dans ce passage que Jésus-Christ a été fait pour nous, de par Dieu, sanctification. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Simplement ceci : la séparation d’avec le péché et la séparation pour Dieu nous sont pourvues en Jésus-Christ, et c’est en nous appropriant Jésus-Christ que nous obtenons cette sanctification ainsi pourvue. Plus complètement nous nous approprions Christ, plus complètement nous sommes sanctifiés. Mais une sanctification parfaite nous est pourvue en lui, tout comme une sagesse parfaite est pourvue en lui (Colossiens 2:3). Nous nous approprions, dans une mesure toujours croissante, la sagesse, la sanctification ou toute autre chose qui nous est pourvue en Christ. Par Christ demeurant en nous, que l’Esprit nous présente dans la Parole, nous sommes rendus semblables à Christ et nous portons du fruit.

7. La septième partie de la réponse à la question de savoir comment les hommes sont sanctifiés se trouve en Hébreux 12:14 : « Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. » Il nous est enseigné ici que nous avons notre propre part dans la sanctification, et que, si nous voulons être sanctifiés au sens le plus plein, la sanctification est une chose que nous devons poursuivre, ou rechercher avec ardeur, si nous voulons l’obtenir. Bien que la sanctification soit l’œuvre de Dieu, nous y avons notre part, à savoir en faire l’objet de notre désir ardent et de notre poursuite empressée.

8. La huitième partie de la réponse à la question de savoir comment nous sommes sanctifiés se trouve en Romains 6:19, 22 : « De même donc que vous avez livré vos membres comme serviteurs à l’impureté et à l’iniquité, pour arriver à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme serviteurs à la justice, pour arriver à la sanctification. … Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus serviteurs de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification. » Le sens de ces paroles est clair, et leur enseignement important et pratique. Il nous est enseigné ici que nous parvenons à la sanctification en livrant nos membres comme serviteurs (serfs, ou esclaves) à la justice, et en devenant nous-mêmes les serfs de Dieu. En d’autres termes, si nous désirons parvenir à la sanctification, nous devons livrer à Dieu notre corps tout entier et chacun de ses membres, pour qu’ils soient ses serviteurs et lui appartiennent entièrement, et nous devons nous livrer nous-mêmes à Dieu comme ses serviteurs, pour être son absolue propriété. Telle est la méthode pratique pour parvenir à la sanctification, une méthode ouverte à chacun de nous ici aujourd’hui, si faibles que nous soyons en nous-mêmes.

9. La neuvième et dernière partie de la réponse à la question de savoir comment nous sommes sanctifiés se trouve en Actes 26:18 : « afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent le pardon des péchés et l’héritage avec ceux qui sont sanctifiés par la foi en moi. » Il nous est dit ici que nous sommes sanctifiés par la foi en Christ. La sanctification, tout comme la justification, la régénération et l’adoption, a pour condition la foi. La foi est la main qui s’approprie la bénédiction de la sanctification que Dieu nous a pourvue par son Fils Jésus-Christ, par sa mort sur la croix, et par la puissance du Saint-Esprit agissant en nous. Et nous réclamons la sanctification par une foi simple en celui qui a versé son sang, et en nous abandonnant au contrôle du Saint-Esprit, que Jésus-Christ donne.

III. QUAND LA SANCTIFICATION A-T-ELLE LIEU

Nous en venons maintenant à la question qui a suscité le plus de discussions, le plus de divergences d’opinion, le plus de controverses. Quand la sanctification a-t-elle lieu ? Si nous voulons bien aller à nos Bibles pour y chercher la réponse à cette question, il n’y aura pas lieu de diverger d’opinion. La réponse comporte trois parties.

1. La première partie de la réponse se trouve en 1 Corinthiens 1:2 : « à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre. » Ici le Saint-Esprit, parlant par l’apôtre Paul, déclare clairement que tous les membres de l’Église de Dieu sont déjà sanctifiés en Jésus-Christ. La sanctification, en ce sens, n’est pas une chose que nous devons attendre dans l’avenir : c’est une chose qui a déjà eu lieu. Dès l’instant où quelqu’un devient membre de l’Église de Dieu par une foi simple en Jésus-Christ — car tous ceux qui ont foi en Jésus-Christ sont membres de l’Église de Dieu —, à cet instant même cette personne est sanctifiée. Tout homme et toute femme sauvés qui se trouvent dans ce bâtiment ce matin, tous ceux qui ont une foi vivante en Jésus-Christ, sont sanctifiés. Notre sanctification est comprise dans notre salut. Mais en quel sens sommes-nous, c’est-à-dire tous les croyants, déjà sanctifiés ? La réponse à cette question se trouve dans un passage de l’Écriture que nous avons déjà cité, Hébreux 10:10, 14 : « C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. … Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. » Le sens est clair. Par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes, sur la croix du Calvaire, comme expiation parfaite pour le péché, chaque croyant est purifié pour toujours de la culpabilité du péché. Nous sommes « amenés à la perfection pour toujours » en ce qui concerne notre position devant Dieu, et nous sommes mis à part pour Dieu. Le sacrifice de Christ n’a pas besoin d’être répété comme l’étaient les sacrifices juifs (v. 1). L’œuvre est accomplie une fois pour toutes ; le péché est ôté, et ôté pour toujours (Hébreux 9:26 ; cf. Galates 3:13), et nous sommes mis à part pour toujours comme la possession particulière et éternelle de Dieu. Si quelqu’un vous demande si vous êtes sanctifié, et si vous croyez en Jésus-Christ, c’est-à-dire si vous avez une foi vivante en Jésus-Christ, vous avez le droit de répondre : « Je le suis. » Tout croyant en Christ est un saint, un saint non pas au sens où ce mot est souvent employé dans l’usage moderne, mais au sens biblique : mis à part pour Dieu, appartenant à Dieu, propriété particulière de Dieu. Mais il y a un autre sens dans lequel tout croyant peut être pleinement sanctifié aujourd’hui même. On le trouve en Romains 12:1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » Nous voyons dans ce passage que c’est le privilège présent et béni du croyant, et son devoir important et solennel, d’offrir à Dieu son corps comme un sacrifice vivant — non pas telle ou telle partie du corps, mais le corps tout entier, avec chacun de ses membres et chacune de ses facultés. Et lorsque nous offrons ainsi à Dieu notre corps tout entier comme un sacrifice vivant, alors nous sommes entièrement sanctifiés. Une telle offrande est agréable à Dieu. De même que, dans l’Ancien Testament, Dieu montrait qu’il agréait l’offrande en faisant descendre le feu pour la prendre à lui, de même, lorsque le corps tout entier est ainsi offert à Dieu, Dieu fera descendre de nouveau le feu, le feu du Saint-Esprit, et prendra à lui ce qui lui est ainsi présenté. Dès l’instant où un croyant s’offre ainsi à Dieu comme un sacrifice vivant, alors, en ce qui concerne sa volonté, le dessein directeur de sa vie, le centre même de son être, il est entièrement à Dieu, ou « parfaitement sanctifié ». Il peut encore — et il le fera encore — découvrir chaque jour, à mesure qu’il étudie la Parole de Dieu et qu’il est éclairé par le Saint-Esprit, des actes, des habitudes de vie, des manières de sentir, de parler et d’agir qui ne sont pas conformes à ce dessein central de sa volonté ; il doit les confesser à Dieu comme blâmables et s’en défaire, et ce domaine de son être et de sa vie doit être rendu conforme, par l’Esprit de Dieu et par Christ demeurant en lui, à la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans sa Parole. La victoire sur ce territoire nouvellement découvert et non encore conquis peut être instantanée. Par exemple, je peux découvrir en moi une irritabilité d’humeur qui déplaît manifestement à Dieu. Je peux aller à Dieu, la confesser, y renoncer, puis instantanément, non par ma propre force, mais en regardant à Jésus et en réclamant sa patience et sa douceur, la surmonter et ne plus jamais connaître d’échec de ce côté-là. Et il en est de même de tout autre péché et de toute autre faiblesse de ma vie dont je suis amené à voir qu’ils déplaisent à Dieu.

2. Mais ce n’est pas là toute la réponse à la question de savoir quand nous sommes sanctifiés. La deuxième partie de la réponse se trouve en 1 Thessaloniciens 3:12 : « Que le Seigneur augmente de plus en plus parmi vous, et à l’égard de tous, cette charité que nous avons nous-mêmes pour vous. » Et au chapitre 4 de cette même épître, versets 1 et 10 : « Au reste, frères, puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire à Dieu, et que c’est là ce que vous faites, nous vous prions et nous vous conjurons au nom du Seigneur Jésus de marcher à cet égard de progrès en progrès. … et c’est aussi ce que vous faites envers tous les frères dans la Macédoine entière. Mais nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour. » Et en 2 Pierre 3:18 : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. » Et en 2 Corinthiens 3:18 (version révisée) : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. » Et en Éphésiens 4:15, 16 : « mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. » Nous voyons par ces passages qu’il existe une œuvre progressive de sanctification : un accroissement dans l’amour, une abondance toujours plus grande dans une marche pieuse et dans le fait de plaire à Dieu, une croissance dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, une transformation à l’image de notre Seigneur, de gloire en gloire, chaque nouveau regard posé sur lui nous rendant plus semblables à lui ; une croissance en Christ à tous égards, jusqu’à ce que nous soyons parvenus à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. Nous voyons ici qu’il existe une œuvre progressive de sanctification.

3. Mais nous n’avons pas encore trouvé toute la réponse à la question : quand les hommes sont-ils sanctifiés ? Nous trouvons le reste de la réponse dans notre texte, 1 Thessaloniciens 5:23, traduit avec exactitude comme il l’est dans la version révisée : « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ! » Il nous est dit ici clairement que l’entière sanctification des croyants, entière au sens le plus plein, est une chose qu’il faut rechercher dans la prière, que Dieu doit accomplir dans l’avenir et qui sera parachevée lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. La même pensée se trouve dans ce même livre, au chapitre 3, versets 12 et 13 : « Que le Seigneur augmente de plus en plus parmi vous, et à l’égard de tous, cette charité que nous avons nous-mêmes pour vous, afin d’affermir vos cœurs pour qu’ils soient irréprochables dans la sainteté devant Dieu notre Père, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints! » C’est « lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints » qu’il doit affermir nos cœurs pour qu’ils soient irréprochables dans la sainteté devant Dieu notre Père, et que notre esprit, notre âme et notre corps doivent être conservés tout entiers, irrépréhensibles. La même pensée se trouve en 1 Jean 3:2 : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » Ce n’est pas dans la vie présente, et ce n’est pas à la mort, que nous sommes entièrement sanctifiés, esprit, âme et corps. C’est lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles le croyant bien instruit s’écrie sans cesse : « Oui, viens, Seigneur Jésus. Viens bientôt. »

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