Chapitre 11 · 27 min de lecture · 35 min d’écoute
La nouvelle naissance
« Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. . . . Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »—Jean 3:3, 5.
Notre sujet dans ce chapitre est la régénération, ou la nouvelle naissance. J’ai déjà parlé de ce sujet il y a un an environ, mais je vais le traiter dans ce chapitre d’une manière entièrement différente ; et d’ailleurs, aucune série de sermons sur les doctrines fondamentales de la foi chrétienne ne serait complète sans un sermon sur la nouvelle naissance. Ce que nous avons à dire dans ce chapitre se rangera sous quatre titres : I. Qu’est-ce que la nouvelle naissance ? II. Les résultats de la nouvelle naissance, III. La nécessité de la nouvelle naissance, IV. Comment on naît de nouveau.
I. Qu’est-ce que la nouvelle naissance ?
La première question qui se pose à nous est celle-ci : Qu’est-ce que la nouvelle naissance ? Beaucoup parlent de la nouvelle naissance ou de la régénération sans avoir aucune idée précise de ce qu’est exactement la nouvelle naissance, et ainsi ils ne sont jamais sûrs d’être eux-mêmes nés de nouveau ou non.
La définition la plus simple et la plus claire de la nouvelle naissance que nous puissions trouver dans la Parole de Dieu nous est donnée en 2 Pierre 1:4 : « lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. » Il ressort clairement de ces paroles de Pierre que la nouvelle naissance est la communication, à celui qui naît de nouveau, d’une nature nouvelle, la propre nature de Dieu. En naissant de nouveau, nous devenons réellement participants de la nature divine. Nous naissons tous dans ce monde avec une nature intellectuelle et morale corrompue. L’homme naturel, ou homme non régénéré, est intellectuellement aveugle, aveugle à la vérité de Dieu ; « les choses de l’Esprit », il ne peut ni les voir ni les recevoir. « elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître » (1 Corinthiens 2:14). Ses affections sont corrompues : il aime les choses qu’il devrait haïr et il hait les choses qu’il devrait aimer. On trouve en Galates 5:19, 20, 21 une description précise des affections, des goûts et des désirs de l’homme non régénéré. Il est aussi pervers dans sa volonté, comme le dit Paul en Romains 8:7 : « l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. » Cet état d’aveuglement intellectuel et spirituel et de corruption morale est la condition de tout homme non régénéré. Quelque cultivé, raffiné ou moral qu’il puisse être extérieurement, sa vie intérieure est radicalement mauvaise. Dans la nouvelle naissance, Dieu communique à celui qui naît de nouveau sa propre nature sage et sainte, une nature qui pense comme Dieu pense (« qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé »—Colossiens 3:10) ; il sent comme Dieu sent, aime les choses que Dieu aime, hait les choses que Dieu hait, veut comme Dieu veut (1 Jean 3:14 ; 4:7, 8). Il est donc évident que la régénération est un changement profond et radical dans les sources les plus profondes de la pensée, du sentiment et de l’action. Un changement si radical que Paul dit en 2 Corinthiens 5:17 : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature (plus exactement, création) : Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » Pour employer le langage inspiré de l’apôtre Jean, la régénération est un passage « de la mort à la vie ». Jean dit en 1 Jean 3:14 : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. » Tant que nous ne sommes pas ainsi nés de nouveau, nous sommes dans un état de mort morale et spirituelle. Quand nous naissons de nouveau, nous sommes « vivifiés » (ou rendus vivants), nous qui « étions morts par nos offenses et par nos péchés » (Éphésiens 2:1). Il y a un contraste profond entre la régénération et la simple conversion. La conversion est une chose extérieure, un demi-tour. On est tourné dans la mauvaise direction, le dos à Dieu ; on fait demi-tour et l’on se tourne vers Dieu. Voilà la conversion. Mais la régénération n’est pas un simple changement extérieur ; c’est un changement radical dans les profondeurs les plus intimes de l’être, qui conduit à une conversion véritable, c’est-à-dire à un changement extérieur véritable. Plus d’une conversion apparemment profonde n’est qu’une chose passagère, parce qu’elle n’est pas allée assez loin ; mais la régénération est une chose permanente. Quand Dieu communique sa nature à un homme, cette nature demeure dans cet homme. Une fois né de nouveau, il ne peut pas être « dé-né », ou, comme le dit Jean en 1 Jean 3:9 : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui. » Un homme peut être converti mille fois ; il ne peut être régénéré qu’une seule fois.
II. LES RÉSULTATS DE LA NOUVELLE NAISSANCE
Nous arrivons maintenant à la deuxième question, étroitement liée à la première, et qui nous aidera à comprendre plus clairement encore ce qu’est la nouvelle naissance. Quels sont les résultats qui suivent quand quelqu’un naît de nouveau ? Ils sont nombreux.
1. Le premier de ces résultats se trouve en 1 Corinthiens 6:19, où nous lisons : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu ? » Ces paroles ont été adressées à des croyants, à des hommes régénérés, et elles nous disent clairement que lorsque quelqu’un naît de nouveau, le Saint-Esprit vient établir en lui sa demeure permanente, et que l’homme né de nouveau devient ainsi un temple du Saint-Esprit. Il est vrai que nous n’avons pas toujours conscience de cette habitation du Saint-Esprit en nous ; néanmoins il demeure en nous.
2. Le deuxième résultat de la nouvelle naissance se trouve en Romains 8:2-4, où nous lisons : « En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. » Au chapitre 7 de l’épître aux Romains, nous avons le tableau de l’homme réveillé par la loi de Dieu, loi qu’il approuve selon l’homme intérieur, qu’il reconnaît « sainte, juste et bonne », qu’il essaie d’observer par ses propres forces, mais qu’il échoue complètement à observer, jusqu’à ce qu’enfin il arrive au bout de lui-même et soit rempli de désespoir de jamais pouvoir observer la loi de Dieu, qui est hors de lui, à cause de la loi du péché et de la mort qui est en lui ; et cette loi du péché et de la mort lui dit : « Le bien que tu voudrais faire, tu ne peux pas le faire ; et le mal que tu hais et que tu ne voudrais pas faire, tu dois continuer à le faire. » Quand un homme est ainsi amené à prendre conscience de sa totale impuissance, qu’il se tourne vers Dieu et qu’il accepte Jésus-Christ, le Saint-Esprit, que Jésus-Christ lui donne et qui demeure en lui, l’affranchit de cette loi du péché et de la mort, de sorte que, par la puissance de l’Esprit qui habite en lui, il devient capable d’obéir à la loi de Dieu, de remporter la victoire sur le mal qu’il ne voudrait pas faire et de faire le bien qu’il voudrait faire. Alors que chez l’homme simplement réveillé par la loi de Dieu, « la loi du péché et de la mort » remporte une victoire perpétuelle, chez l’homme régénéré, c’est « la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ » qui remporte une victoire perpétuelle. Sans doute beaucoup d’entre vous, ici aujourd’hui, luttent encore pour observer la loi de Dieu et échouent complètement dans leurs efforts. Ce qu’il vous faut, c’est naître de nouveau, et ainsi recevoir le Saint-Esprit pour qu’il demeure en vous, puis marcher selon l’Esprit et, par la puissance de cet Esprit qui habite en vous, remporter la victoire chaque jour et à chaque heure sur la loi du péché et de la mort qui, dans vos membres, lutte contre la loi de Dieu.
3. Le troisième résultat de la nouvelle naissance se trouve en Romains 12:2, où nous lisons : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. » Il en ressort que le troisième résultat de la nouvelle naissance est une transformation extérieure de notre vie par le renouvellement intérieur de notre intelligence, de sorte que nous ne nous conformons plus au siècle présent. Bien entendu, l’homme régénéré ne manifeste pas d’emblée parfaitement ce dont il porte le germe en lui-même. Il commence la vie nouvelle exactement comme nous commençons notre vie naturelle, comme un nouveau-né, et il doit grandir. Comme le dit Pierre en 1 Pierre 2:2, voici ce que nous devons faire : « désirez, comme des enfants nouveau-nés, le lait spirituel et pur, afin que par lui vous croissiez. » Cette vie nouvelle doit être nourrie et développée. Il est déraisonnable, et contraire à la Parole de Dieu, d’attendre de celui qui vient de naître de nouveau, et qui est par conséquent un enfant en Christ, un caractère aussi parfait que celui de quelqu’un qui est né il y a des années et qui a grandi jusqu’à la maturité. Mais dès l’instant où nous naissons de nouveau, nous recevons en germe toute la perfection morale qui sera la nôtre lorsque ce germe se sera pleinement développé en nous et parviendra à sa parfaite manifestation.
4. Le quatrième résultat de la nouvelle naissance, nous le trouvons en 1 Jean 5:1 : « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. » Le quatrième résultat de la nouvelle naissance est que l’homme régénéré croit que Jésus est le Christ. Bien entendu, cette foi qui découle de la nouvelle naissance est une foi réelle. La foi dont Jean parle ici n’est pas une foi qui ne serait qu’une simple opinion, mais cette foi réelle que Jésus est l’Oint de Dieu, foi qui nous conduit à introniser Jésus comme Roi dans notre vie. Si vous ne faites pas de Jésus le Roi de votre cœur et de votre vie, vous n’êtes pas né de nouveau. Mais si vous faites de Jésus le Roi de votre cœur et de votre vie, et le maître absolu de vos pensées et de votre conduite, alors vous êtes né de nouveau, car « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu. »
5. Le cinquième résultat de la nouvelle naissance, nous le trouvons trois versets plus loin dans ce même chapitre, en 1 Jean 5:4 : « tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde. » Le cinquième résultat de la naissance de Dieu est que celui qui est ainsi né de nouveau triomphe du monde. Le monde est en opposition avec Dieu : « le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jean 5:19). Il est sous la domination du Malin, gouverné par ses ambitions et par ses idées. Le monde est en opposition avec Dieu dans sa vie commerciale, sa vie sociale, sa vie familiale, et dans toutes les formes de la vie intellectuelle et de la vie éducative, et il exerce constamment sur chacun de nous une puissance qui tend à nous entraîner dans la désobéissance à Dieu (voir 1 Jean 5:3) ; mais celui qui est né de Dieu, par la puissance de la foi qui lui vient de sa nouvelle naissance, remporte la victoire sur le monde. Il remporte la victoire sur les idées, les desseins, les projets et les ambitions du monde. Il remporte la victoire sur le monde, chaque jour, dans sa vie personnelle, sa vie familiale, sa vie commerciale, sa vie politique, sa vie intellectuelle.
6. Le sixième résultat de la naissance de Dieu se trouve en 1 Jean 3:9 (version révisée) : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que sa (c’est-à-dire celle de Dieu) semence demeure en lui; et il ne peut pécher (plutôt : ne peut être en train de pécher), parce qu’il est né de Dieu. » Le sixième résultat de la naissance de Dieu est donc que, chez celui qui est né de Dieu, la semence de Dieu demeure ; et que, par conséquent, celui qui est né de Dieu ne fait pas du péché une pratique. Quelqu’un demandera : que veut dire exactement ce passage ? Il veut dire exactement ce qu’il dit, si nous examinons attentivement la portée exacte des mots employés et si nous tenons dûment compte du temps des verbes. Examinons tout d’abord la portée exacte du mot traduit par « péché ». Que signifie péché ? Jean lui-même a pris soin de le définir dans le verset même et dans le contexte où se trouve notre verset. La première chose qui ressort de 1 Jean 3:9, c’est que le péché est quelque chose que l’on fait, et non pas simplement quelque chose que l’on omet de faire, ni simplement des pensées et des désirs coupables. Quelle sorte de chose faite il est, cela est défini cinq versets plus haut, au verset 4 : « Quiconque pratique le péché pratique aussi l’iniquité ; et le péché, c’est l’iniquité. » Le péché, ici, selon la propre définition de Jean (et nous n’avons aucun droit d’introduire dans le verset que nous étudions la définition de qui que ce soit d’autre), c’est « l’iniquité », c’est-à-dire des actes qui révèlent un mépris conscient de la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans sa Parole. Nous voyons donc que le péché, tel qu’il est employé ici, signifie une violation consciente et intentionnelle de la loi de Dieu. L’homme régénéré ne fera pas ce qu’il sait être contraire à la volonté de Dieu. Il peut faire ce qui est contraire à la volonté de Dieu sans savoir que c’est contraire à la volonté de Dieu. Ce n’est donc pas « l’iniquité ». Peut-être aurait-il dû savoir que c’était contraire à la volonté de Dieu, et quand il sera amené à le voir, il confessera sa culpabilité à Dieu. En outre, nous devons remarquer le temps du verbe employé dans ce verset. C’est le présent, qui exprime une action progressive ou continue. Une traduction littérale du passage serait : « Quiconque est engendré de Dieu, le péché ne fait pas, parce que sa semence (celle de Dieu) en lui demeure ; et il ne peut être en train de pécher, parce que de Dieu il est engendré. » Ce qui est enseigné ici, ce n’est pas que celui qui est né de Dieu ne pèche jamais par un acte isolé, mais qu’il ne continue pas à pécher, qu’il ne fait pas du péché une pratique. Ce dont il fait une pratique ressort de 1 Jean 2:29 : « Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice est né de lui. » Le résultat de la nouvelle naissance est donc que celui qui est né de nouveau ne continue pas, consciemment, jour après jour, à faire ce qu’il sait être contraire à la volonté de Dieu, mais qu’il fait une pratique de « pratiquer la justice », c’est-à-dire de faire ce qui est conforme à la volonté de Dieu telle qu’elle est révélée dans sa Parole. La nature nouvelle communiquée dans la régénération rend impossible la pratique continue du péché et rend inévitable la pratique de la justice.
7. Le septième résultat de la nouvelle naissance se trouve en 1 Jean 3:14 (version révisée) : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » Le septième résultat de la nouvelle naissance est que nous aimons les frères. Nous devons remarquer attentivement quelle est la pensée de l’« amour » telle que le contexte la fait ressortir. Ce n’est pas l’amour comme simple sentiment. C’est l’amour dans ce sens plus élevé et plus profond d’un désir du bien d’autrui et d’une joie dans ce bien, le genre d’amour qui nous pousse à faire des sacrifices pour ceux que nous aimons, ou, comme nous le lisons plus loin dans ce même chapitre, aux versets 16 à 18 : « Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. » Cela rend tout à fait évident que ce que le Saint-Esprit entend ici par amour n’est pas une simple affection ou un simple attachement pour les autres, ni un simple plaisir à être en leur compagnie ; cela signifie cet intérêt profond et sincère pour leur bien qui nous pousse à mettre la main à la poche quand ils sont dans le besoin et à pourvoir à leur besoin ; cet amour nous pousse à sacrifier notre propre intérêt pour le leur, jusqu’à donner notre vie pour eux. Les objets de cet amour sont « les frères », c’est-à-dire tous ceux qui sont nés de Dieu, comme nous le lisons en 1 Jean 5:1 : « Quiconque croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu, et quiconque aime celui qui l’a engendré aime aussi celui qui est né de lui. » Tout homme qui est né de nouveau aimera tout autre homme qui est né de Dieu. Cet autre, qui est né de Dieu, peut être un Américain ou un Allemand, un Anglais, un Noir, un Chinois ou un Indien. Il peut être instruit ou sans instruction ; mais il est un enfant de Dieu et un frère, et à ce titre, si vous êtes né de Dieu, il sera l’objet de votre amour. C’est là une épreuve qui sonde à fond si quelqu’un est né de Dieu ou non.
8. Le dernier résultat de la naissance de Dieu que nous examinerons ce matin se trouve en 2 Corinthiens 5:17 (version révisée) : « C’est pourquoi, si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature (création) : Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » Le neuvième résultat de la nouvelle naissance, qui comprend tous les autres résultats que nous avons examinés, est que, chez l’homme régénéré, les choses anciennes sont passées, toutes choses sont devenues nouvelles. À la place des anciennes idées, de l’ancienne affection, des anciens desseins, des anciens choix, il y a des idées nouvelles, des affections nouvelles, des desseins nouveaux, des choix nouveaux.
III. LA NÉCESSITÉ DE LA NOUVELLE NAISSANCE
Considérons pendant quelques instants seulement la nécessité de la nouvelle naissance. Elle est exposée dans l’un de nos textes et dans les versets qui suivent, 1 Jean 3:5, 6 : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. » Nous voyons ici que la nouvelle naissance est une nécessité universelle, et nous voyons pourquoi elle est une nécessité. Les mots traduits par « si un homme ne naît », etc., se traduiraient plus littéralement ainsi : « Si quelqu’un n’est pas né d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu ». Et pourquoi il ne peut entrer dans le royaume de Dieu, le verset suivant le dit : c’est parce que tout ce que l’on reçoit par la génération naturelle est « chair », et que le royaume de Dieu est spirituel ; par conséquent, pour y entrer, il faut naître de l’Esprit. Quelque raffinés et intelligents qu’aient été nos ancêtres, quelque pieux qu’aient pu être nos pères et nos mères, ce n’est pas d’eux que nous recevons le Saint-Esprit. Tout ce que nous recevons d’eux, c’est la « chair ». Ce peut être une chair raffinée, une chair morale, une chair droite et fort attrayante, mais c’est de la chair ; et « ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu », ni « hériter le royaume de Dieu ». La chair est incapable d’amélioration. « Un Éthiopien peut-il changer sa peau, Et un léopard ses taches? » Pas plus qu’eux l’homme non régénéré ne peut parvenir à une vie agréable à Dieu. (Voir Jérémie 13:23.) Il faut qu’il naisse de nouveau. La nécessité est aussi absolue et impérieuse, si absolue et si impérieuse que Jésus dit à Nicodème — bien que celui-ci fût un homme d’une moralité tout à fait exemplaire, un homme d’une haute éducation morale et spirituelle, un docteur d’Israël, un chef de la vie religieuse d’Israël — : « Il faut que vous naissiez de nouveau. » (Jean 3:7.) Rien d’autre ne peut tenir lieu de la nouvelle naissance. Les hommes essaient de remplacer la nouvelle naissance par l’instruction, la moralité, la religion, l’orthodoxie, le baptême, la réforme extérieure, la « Nouvelle Pensée », la « théosophie » ou connaissance de Dieu, et d’autres choses semblables ; mais aucune de ces choses, ni toutes ensemble, ne suffisent : il faut que vous naissiez de nouveau. Il n’y a absolument aucune exception à cette règle. Comme le dit Jésus en Jean 3:3 : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. »
IV. COMMENT PEUT-ON NAÎTRE DE NOUVEAU ?
La question se pose donc à chacun de vous : Êtes-vous né de nouveau ? Il n’est pas de question plus importante que vous puissiez affronter. Affrontez-la dans ces pages et ne l’esquivez pas. Et cela nous amène à la question immédiatement pratique : Comment les hommes naissent-ils de nouveau, ou que doit faire quiconque, ici aujourd’hui, n’est pas né de nouveau, pour naître de nouveau ici même, ce matin ? À cette question aussi, la Parole de Dieu répond clairement ; et je peux vous donner la réponse en très peu de minutes, et la donner de telle sorte que n’importe qui ici puisse la comprendre. La réponse comporte trois parties.
1. La première partie de la réponse, vous la trouverez en Tite 3:4 : « il (c’est-à-dire Dieu) nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. » Ces paroles nous disent très clairement que c’est Dieu qui régénère, et qu’il le fait par la puissance de son Saint-Esprit. La même pensée se trouve dans notre texte, Jean 3:5, 6 : « Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. » La régénération est l’œuvre de Dieu, accomplie par lui par la puissance de son Saint-Esprit agissant dans l’intelligence, les sentiments et la volonté de celui qui naît de nouveau, dans votre cœur et dans le mien.
2. Quelqu’un pourrait conclure, du fait que la régénération est l’œuvre de Dieu, qu’il accomplit dans nos cœurs par son Saint-Esprit, que nous n’avons rien d’autre à faire qu’attendre jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu d’agir ; mais nous voyons clairement par d’autres passages de la Parole que ce n’est pas vrai. La deuxième chose concernant la manière dont la régénération s’opère nous est enseignée en Jacques 1:18 : « Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité, afin que nous soyons en quelque sorte les prémices de ses créatures. » Ici, il nous est enseigné que la Parole de vérité, la Parole de Dieu, est l’instrument dont Dieu se sert dans la régénération. La même pensée se trouve en 1 Pierre 1:23 : « vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu. » Et Paul exprime la même grande pensée en 1 Corinthiens 4:15, où il dit : « Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Évangile. » Il ressort clairement de ces passages que la nouvelle naissance est opérée par Dieu au moyen de sa Parole. C’est Dieu qui l’opère par la puissance de son Saint-Esprit, mais le Saint-Esprit agit par la Parole ; et ainsi Dieu engendre les hommes de nouveau par « la parole de vérité », ou par la « Parole de Dieu », c’est-à-dire la Parole qui est prêchée par « l’Évangile ». Si donc vous ou moi désirons naître de nouveau, nous devons entrer en contact avec la Parole de Dieu en étudiant la Bible et en demandant à Dieu que le Saint-Esprit fasse de cette Parole que nous étudions une chose vivante dans notre propre cœur. Nous devons entrer en contact tout particulièrement avec cette partie de la Parole de Dieu qui se trouve dans l’Évangile de Jean, car Jean nous dit en Jean 20:31 que « ces choses (c’est-à-dire ce que contient l’Évangile de Jean) ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » Si nous désirons voir d’autres personnes naître de nouveau, nous devons faire agir la Parole de Dieu sur leur intelligence et sur leur cœur, soit en prêchant la Parole, soit en l’enseignant, soit par le travail personnel ; et nous devons compter sur le Saint-Esprit pour vivifier cette Parole dans le cœur des hommes à mesure que nous la semons dans leur cœur ; et de cette manière la nouvelle naissance en résultera.
3. La troisième, la dernière et la décisive vérité sur la manière dont nous naissons de nouveau se trouve en Galates 3:26 et Jean 1:12, 13. En Galates 3:26, nous lisons : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ. » Cela nous dit clairement que nous naissons de nouveau en mettant notre foi en Jésus-Christ. C’est ce qui est déclaré plus explicitement encore en Jean 1:12, 13 : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu (c’est-à-dire le Seigneur Jésus), à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » Il nous est dit ici que ce qui est décisif pour que nous devenions enfants de Dieu, c’est que nous croyions en Jésus-Christ, ou que nous le recevions. Quiconque reçoit Jésus-Christ comme son Sauveur personnel, se confie en Dieu pour lui pardonner parce que Jésus-Christ est mort à sa place, le reçoit comme son Seigneur et son Roi, soumet ses pensées à son autorité absolue comme à son Seigneur et sa vie à son autorité absolue comme à son Roi, et confesse Jésus-Christ comme Seigneur devant le monde, celui-là devient immédiatement enfant de Dieu, il est immédiatement né de nouveau, il est immédiatement rendu participant de la nature divine. La même pensée est illustrée par Jésus lui-même en Jean 3:14, 15, où notre Seigneur Jésus est rapporté comme disant : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. » Il est fait allusion à l’histoire des Israélites, dans l’Ancien Testament, lorsqu’ils furent mordus par des serpents brûlants. De même que l’Israélite mourant, avec le venin du serpent brûlant qui courait dans ses veines, était sauvé simplement en regardant le serpent d’airain sur la perche, un serpent fait à la ressemblance de celui qui l’avait mordu, et avait une vie nouvelle qui courait dans ses veines dès qu’il regardait ; de même nous, hommes mourants, avec le venin du péché qui court dans nos veines, nous sommes sauvés en regardant Jésus-Christ venu « dans une chair semblable à celle du péché », élevé sur la croix, et nous avons une vie nouvelle qui court dans nos veines à l’instant même où nous regardons. Tout ce que nous avons à faire pour notre régénération, c’est de recevoir Christ tel qu’il nous est présenté dans la Parole, par laquelle nous sommes nés de nouveau. Par conséquent, « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature (création). Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. »
Dans la nouvelle naissance, la Parole de Dieu est la semence ; le cœur humain est le sol ; le prédicateur de la Parole est le semeur, et il laisse tomber la semence de la Parole de Dieu dans le sol du cœur humain ; Dieu, par son Esprit, ouvre le cœur pour qu’il reçoive la semence (Actes 16:14) ; l’auditeur croit ; l’Esprit vivifie la semence dans le cœur disposé à la recevoir ; le cœur se referme sur la semence par la foi ; la nature nouvelle, la nature divine, jaillit de la Parole divine ; le croyant est « né de nouveau », « créé de nouveau », « rendu vivant », « passé de la mort à la vie ».
Conclusion.
Êtes-vous né de nouveau ? Je pose cette question à chaque homme et à chaque femme ici présents. Je ne vous demande pas si vous êtes membre d’une Église. Je ne vous demande pas si vous avez été baptisé. Je ne vous demande pas si vous avez régulièrement pris la communion. Je ne vous demande pas si vous avez tourné la page. Je ne vous demande pas si vous êtes un gentleman ou une dame aimable, cultivé, intelligent, moral, d’une compagnie délicieuse. Je vous demande : êtes-vous né de nouveau ? Sinon, vous êtes hors du royaume de Dieu, et vous allez vers un enfer éternel, à moins que vous ne naissiez de nouveau. Mais si vous n’êtes pas encore né de nouveau, vous pouvez naître de nouveau aujourd’hui, vous pouvez naître de nouveau avant de quitter ce bâtiment, vous pouvez naître de nouveau à l’instant même ; car la Parole de Dieu dit : « Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » Et elle dit encore, en Romains 10:9, 10 : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut. » Ces versets rendent clair comme le jour ce que vous devez faire, ici et maintenant, pour devenir enfant de Dieu. C’est à vous de dire si vous le ferez ou non.
Chapitre 11 terminé
La nouvelle naissance