Chapitre 8 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
Les pensées que tu détestes
« Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. » — Hébreux 4:15
Sibbes savait que certains chrétiens sont tourmentés par des pensées dont ils ne veulent pas : des pensées laides, effrayantes ou blasphématoires sur Dieu, sur Jésus ou sur la Bible, qui leur surgissent dans la tête et ne veulent pas partir. Ceux qui vivent ça se sentent souvent très mal, comme si le simple fait d’avoir eu cette pensée prouvait qu’ils sont mauvais.
Sibbes décrit ces pensées « comme des mouches importunes » qui « troublent et tourmentent leur paix ». Il dit qu’on peut souvent savoir d’où elles viennent à leur étrangeté, à leur force et à leur horreur. Ce ne sont pas des choses que tu veux penser. Elles sont jetées de l’extérieur, « comme un feu grégeois », par l’ennemi.
Et puis il fait une comparaison magnifique tirée de l’histoire de Joseph. L’intendant de Joseph avait mis en secret une coupe d’argent dans le sac de son frère Benjamin. Quand on l’a trouvée, Benjamin avait l’air coupable, mais il n’avait rien fait.
Une personne pieuse, dit-il, n’est pas plus coupable de ces pensées « que Benjamin ne l’était de la coupe de Joseph mise dans son sac ».
Avoir une pensée dont on ne veut pas, ce n’est pas la même chose que la choisir. Le fait qu’elle te fasse horreur montre où ton cœur se trouve vraiment.
Que faire de ces pensées ? Le conseil de Sibbes n’est pas de les cacher dans la honte, mais de les apporter à Jésus : « nous plaindre d’elles au Christ, nous réfugier sous les ailes de sa protection, et lui demander de prendre notre parti contre son ennemi et le nôtre ».
Il rappelle aussi que Jésus lui-même a été tenté par Satan avec de terribles suggestions dans le désert. Jésus sait ce que c’est d’avoir des idées mauvaises qu’on essaie de lui imposer, et il est passé par là, dit Sibbes, pour pouvoir aider ceux qui mènent le même combat.
Sibbes parle aussi de ceux qui sont tourmentés par la peur constante d’avoir mal fait, même à propos des meilleures choses qu’ils font. Il dit que cela vient souvent non d’une vraie culpabilité, mais de ce qu’il appelle une « maladie de l’imagination », et que ces personnes sont « d’autant plus à plaindre, car c’est une lourde affliction ». Il est doux avec elles, pas dur.
Aujourd’hui, nous savons que les pensées intrusives, celles qu’on ne veut pas avoir, sont très fréquentes, et que pour certains elles deviennent un vrai combat, parfois lié à l’anxiété ou à un trouble obsessionnel compulsif (TOC). Si des pensées comme celles-là sont constantes, si elles te font peur ou te poussent à répéter sans cesse certaines choses pour te sentir en sécurité, parles-en s’il te plaît à un adulte de confiance ou à un médecin. Ce n’est pas un manque de foi. Demander de l’aide, c’est sage, et les choses peuvent aller beaucoup mieux.
Une chose à faire cette semaine : si des pensées non désirées te tourmentent, essaie le conseil de Sibbes : quand l’une d’elles arrive, ne discute pas avec elle et ne panique pas. Dis simplement : « Jésus, je ne veux pas de ça. Prends mon parti contre elle. » Si c’est un gros combat, choisis un adulte de confiance à qui en parler dès cette semaine.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Comment Sibbes décrit-il les pensées horribles dont on ne veut pas ?
Comme des mouches importunes qui troublent notre paix, jetées par l’ennemi comme un feu grégeois, et qu’on reconnaît à leur étrangeté, à leur force et à leur horreur.
Qu’est-ce que l’histoire de Benjamin et de la coupe de Joseph nous apprend sur ces pensées ?
Qu’une personne tourmentée par des pensées non désirées n’en est pas plus coupable que Benjamin ne l’était de la coupe mise dans son sac.
Que conseille Sibbes de faire de ces pensées ?
Nous plaindre d’elles au Christ, nous réfugier sous sa protection et lui demander de prendre notre parti contre l’ennemi.
Chapitre 8 terminé
Les pensées que tu détestes