Sermons sur divers sujets
La grâce gratuite

Chapitre 129 · 33 min de lecture · 43 min d’écoute

La grâce gratuite

Sermon 128

La grâce gratuite 134134Prêché à Bristol, en l’année 1740

Au lecteur :

Rien, si ce n’est la conviction la plus forte, non seulement que ce qui est avancé ici est « la vérité qui est en Jésus », mais encore que je suis indispensablement obligé de déclarer cette vérité au monde entier, n’aurait pu m’amener à combattre ouvertement les sentiments de ceux que j’estime à cause de leur œuvre : puissé-je être trouvé à leurs pieds au jour du Seigneur Jésus !

Si quelqu’un croyait de son devoir d’y répondre, je n’ai qu’une seule requête à lui faire : — Que tout ce que vous ferez soit fait du fond du cœur, dans l’amour et dans un esprit de douceur. Que votre manière même de disputer montre que vous vous êtes « revêtus, comme des élus de Dieu, d’entrailles de miséricorde, de bonté, de patience », afin qu’aujourd’hui encore on puisse dire : « Voyez comme ces chrétiens s’aiment les uns les autres ! »

Attendu qu’une brochure intitulée « La grâce gratuite en vérité » a été publiée contre ce sermon, ceci est pour informer l’éditeur que je ne puis répondre à son écrit avant qu’il ne paraisse plus sérieux. Car je n’ose parler des « profondeurs de Dieu » dans l’esprit d’un lutteur de foire ou d’un comédien.

« Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment

ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? »

Romains 8:32

1. Avec quelle gratuité Dieu aime le monde ! Lorsque nous étions encore pécheurs, « Christ est mort pour des impies ». Lorsque nous étions « morts dans notre péché », Dieu « n’a point épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous ». Et avec quelle gratuité, avec lui, il « nous donne toutes choses » ! En vérité, la GRÂCE GRATUITE est tout en tous !

2. La grâce ou l’amour de Dieu, d’où vient notre salut, est GRATUITE EN TOUS et GRATUITE POUR TOUS.

3. Premièrement. Elle est gratuite en tous ceux à qui elle est donnée. Elle ne

dépend d’aucun pouvoir ni d’aucun mérite de l’homme ; non, à aucun degré, ni en tout ni en partie. Elle ne dépend en aucune manière ni des bonnes œuvres ni de la justice de celui qui la reçoit ; ni de rien de ce qu’il a fait, ni de rien de ce qu’il est. Elle ne dépend pas de ses efforts. Elle ne dépend pas de ses bonnes dispositions, ni de ses bons désirs, ni de ses bons desseins et de ses bonnes intentions ; car toutes ces choses découlent de la grâce gratuite de Dieu ; elles n’en sont que les ruisseaux, non la source. Elles sont les fruits de la grâce gratuite, et non sa racine. Elles n’en sont pas la cause, mais les effets. Tout ce qu’il y a de bon dans l’homme, ou tout ce qui est fait de bon par l’homme, c’est Dieu qui en est l’auteur et l’artisan. Ainsi sa grâce est gratuite en tous, c’est-à-dire qu’elle ne dépend en aucune manière d’aucun pouvoir ni d’aucun mérite de l’homme, mais de Dieu seul, qui nous a gratuitement donné son propre Fils, et qui « avec lui nous donne gratuitement toutes choses ».

4. Mais elle est gratuite POUR TOUS aussi bien qu’EN TOUS. À cela quelques-uns ont répondu : « Non ; elle n’est gratuite que pour ceux que Dieu a destinés à la vie, et ce n’est qu’un petit troupeau. La plus grande partie des hommes, Dieu l’a destinée à la mort ; et pour eux elle n’est point gratuite. Ceux-là, Dieu les hait ; et c’est pourquoi, avant qu’ils fussent nés, il a décrété qu’ils mourraient éternellement. Et il l’a décrété absolument, parce que tel était son bon plaisir, parce que c’était sa volonté souveraine. Ils sont donc nés pour ceci, — pour être détruits corps et âme dans l’enfer. Et ils grandissent sous la malédiction irrévocable de Dieu, sans aucune possibilité de rédemption ; car la grâce que Dieu leur donne, il ne la leur donne que pour accroître leur damnation, et non pour la prévenir. »

5. Tel est ce décret de prédestination. Mais il me semble entendre quelqu’un dire : « Ce n’est pas là la prédestination que je soutiens : je ne soutiens que l’élection de grâce. Ce que je crois ne va pas au-delà de ceci, — que Dieu, avant la fondation du monde, a élu un certain nombre d’hommes pour être justifiés, sanctifiés et glorifiés. Or, tous ceux-là seront sauvés, et nuls autres ; car le reste du genre humain, Dieu l’abandonne à lui-même : ainsi ils suivent les imaginations de leur propre cœur, qui ne sont que mauvaises continuellement, et, allant de mal en pis, ils sont enfin justement punis d’une destruction éternelle. »

6. Est-ce là toute la prédestination que vous soutenez ? Réfléchissez ; peut-être n’est-ce pas tout. Ne croyez-vous pas que Dieu les a destinés à cela même ? Si oui, vous croyez le décret tout entier ; vous soutenez la prédestination dans le sens complet qui a été décrit plus haut. Mais peut-être pensez-vous que non. Ne croyez-vous donc pas que Dieu endurcit le cœur de ceux qui périssent ? Ne croyez-vous pas qu’il a (littéralement) endurci le cœur de Pharaon, et que c’est pour cette fin qu’il l’a suscité, ou créé ? Eh bien, cela revient exactement au même. Si vous croyez que Pharaon, ou un seul homme sur la terre, a été créé pour cette fin, — pour être damné, — vous soutenez tout ce qui a été dit de la prédestination. Et il n’est pas besoin que vous ajoutiez que Dieu seconde son décret, que l’on suppose immuable et irrésistible, en endurcissant le cœur de ces vases de colère que ce décret avait d’avance formés pour la perdition.

7. Fort bien ; mais peut-être ne croyez-vous pas même cela ; vous ne soutenez aucun décret de réprobation ; vous ne pensez pas que Dieu décrète la damnation d’aucun homme, ni qu’il l’endurcisse, ni qu’il le prépare irrésistiblement à la damnation ; vous dites seulement : « Dieu a décrété de toute éternité que, tous étant morts dans le péché, il dirait à quelques-uns des ossements desséchés : Vivez, et qu’il ne le dirait pas aux autres ; que, par conséquent, ceux-ci seraient rendus à la vie, et que ceux-là demeureraient dans la mort, — que ceux-ci glorifieraient Dieu par leur salut, et ceux-là par leur perdition. »

8. N’est-ce pas là ce que vous entendez par l’élection de grâce ? S’il en est ainsi, je voudrais vous poser une ou deux questions : Y en a-t-il qui soient sauvés sans être ainsi élus ? ou y en a-t-il jamais eu, depuis la fondation du monde ? Est-il possible qu’un homme soit sauvé s’il n’est ainsi élu ? Si vous répondez : « Non », vous en êtes au même point ; vous n’avez pas avancé de l’épaisseur d’un cheveu ; vous croyez toujours qu’en conséquence d’un décret immuable et irrésistible de Dieu, la plus grande partie du genre humain demeure dans la mort, sans aucune possibilité de rédemption, puisque nul ne peut les sauver que Dieu, et qu’il ne veut pas les sauver. Vous croyez qu’il a absolument décrété de ne pas les sauver ; et qu’est-ce que cela, sinon décréter de les damner ? Ce n’est, en effet, ni plus ni moins ; cela revient au même ; car si vous êtes mort, et entièrement incapable de vous rendre à la vie, alors, si Dieu a absolument décrété qu’il ne rendrait à la vie que d’autres, et non vous, il a absolument décrété votre mort éternelle ; vous êtes absolument livré à la damnation. Ainsi donc, bien que vous employiez des mots plus doux que d’autres, vous entendez exactement la même chose ; et le décret de Dieu touchant l’élection de grâce, tel que vous le présentez, ne revient ni plus ni moins qu’à ce que d’autres appellent le décret de réprobation.

9. Appelez-le donc du nom qu’il vous plaira, élection, prétérition, prédestination ou réprobation, cela revient au bout du compte à la même chose. Le sens de tout cela est clairement celui-ci : — en vertu d’un décret de Dieu éternel, immuable et irrésistible, une partie du genre humain est infailliblement sauvée, et le reste infailliblement damné ; étant impossible qu’aucun des premiers soit damné, ou qu’aucun des seconds soit sauvé.

10. Mais s’il en est ainsi, alors toute prédication est vaine. Elle est inutile à ceux qui sont élus ; car eux, avec ou sans prédication, seront infailliblement sauvés. La fin de la prédication — sauver les âmes — est donc nulle à leur égard ; et elle est inutile à ceux qui ne sont pas élus, car ils ne peuvent absolument pas être sauvés : eux, avec ou sans prédication, seront infailliblement damnés. La fin de la prédication est donc nulle à leur égard aussi ; de sorte que, dans l’un et l’autre cas, notre prédication est vaine, comme votre écoute est vaine aussi.

11. Voici donc une preuve évidente que la doctrine de la prédestination n’est pas une doctrine de Dieu, puisqu’elle rend nulle l’ordonnance de Dieu ; et Dieu n’est pas divisé contre lui-même. Une seconde preuve, c’est qu’elle tend directement à détruire cette sainteté qui est la fin de toutes les ordonnances de Dieu. Je ne dis pas que nul de ceux qui la soutiennent ne soit saint ; (car Dieu est plein d’une tendre miséricorde pour ceux qui sont inévitablement embarrassés dans des erreurs de quelque sorte que ce soit ;) mais que la doctrine elle-même, — que tout homme est élu ou non élu de toute éternité, et que l’un doit inévitablement être sauvé et l’autre inévitablement damné, — tend manifestement à détruire la sainteté en général ; car elle ôte entièrement ces premiers motifs de la rechercher, si fréquemment proposés dans l’Écriture : l’espérance de la récompense future et la crainte du châtiment, l’espérance du ciel et la crainte de l’enfer. Que ceux-ci doivent s’en aller au châtiment éternel, et ceux-là à la vie éternelle, ce n’est pas un motif de lutter pour la vie pour celui qui croit que son sort est déjà jeté ; il n’est pas raisonnable qu’il le fasse, s’il pense être irrévocablement destiné soit à la vie, soit à la mort. Vous direz : « Mais il ne sait pas si c’est la vie ou la mort. » Qu’importe ? — cela ne change rien à l’affaire ; car si un malade sait qu’il doit inévitablement mourir, ou inévitablement guérir, bien qu’il ne sache pas lequel des deux, il est déraisonnable qu’il prenne aucun remède. Il pourrait dire avec raison (et j’ai entendu quelques-uns parler ainsi, dans la maladie du corps comme dans celle de l’âme) : « Si je suis destiné à la vie, je vivrai ; si c’est à la mort, je mourrai ; je n’ai donc pas besoin de m’en inquiéter. » Tant cette doctrine tend directement à fermer la porte même de la sainteté en général, — à empêcher les hommes non sanctifiés d’en jamais approcher, ou de s’efforcer d’y entrer.

12. Cette doctrine tend tout aussi directement à détruire plusieurs branches particulières de la sainteté. Telles sont la douceur et l’amour, — l’amour, j’entends, de nos ennemis, — des méchants et des ingrats. Je ne dis pas que nul de ceux qui la soutiennent n’ait de la douceur et de l’amour ; (car telle est la puissance de Dieu, telle est sa miséricorde ;) mais qu’elle tend naturellement à inspirer ou à accroître une humeur âpre et emportée, tout à fait contraire à la douceur de Christ ; comme cela paraît surtout lorsqu’on les contredit sur ce point. Et elle inspire tout aussi naturellement le mépris ou la froideur envers ceux que nous supposons rejetés de Dieu. « Oh ! mais, dites-vous, je ne suppose aucun homme en particulier réprouvé. » Vous voulez dire que vous ne le feriez pas si vous pouviez vous en empêcher : mais vous ne pouvez vous empêcher d’appliquer parfois votre doctrine générale à des personnes particulières : l’ennemi des âmes l’appliquera pour vous. Vous savez combien de fois il l’a fait. Mais vous avez repoussé cette pensée avec horreur. C’est vrai ; aussitôt que vous l’avez pu ; mais comme elle a aigri et irrité votre esprit en attendant ! Vous savez bien que ce n’était pas l’esprit d’amour que vous éprouviez alors envers ce pauvre pécheur que vous supposiez ou soupçonniez, que vous le voulussiez ou non, d’avoir été haï de Dieu de toute éternité.

13. Troisièmement. Cette doctrine tend à détruire la consolation de la religion, le bonheur du christianisme. Cela est évident pour tous ceux qui se croient réprouvés, ou qui seulement le soupçonnent ou le craignent. Toutes les grandes et précieuses promesses sont perdues pour eux ; elles ne leur apportent aucun rayon de consolation : car ils ne sont pas les élus de Dieu ; ils n’y ont donc ni part ni portion. C’est là un obstacle invincible à ce qu’ils trouvent aucune consolation ni aucun bonheur, même dans cette religion dont les voies sont destinées à être « des voies agréables, Et tous ses sentiers sont paisibles ».

14. Et quant à vous qui vous croyez les élus de Dieu, quel est votre bonheur ? J’espère que ce n’est pas une notion, une croyance spéculative, une simple opinion de quelque sorte que ce soit ; mais une possession sensible de Dieu dans votre cœur, opérée en vous par le Saint-Esprit, ou le témoignage de l’Esprit de Dieu rendu à votre esprit que vous êtes enfant de Dieu. C’est là ce qu’on appelle autrement « la pleine assurance de la foi », le vrai fondement du bonheur d’un chrétien. Et elle implique en effet la pleine assurance que tous vos péchés passés sont pardonnés, et que vous êtes maintenant enfant de Dieu. Mais elle n’implique pas nécessairement la pleine assurance de notre persévérance future. Je ne dis pas que celle-ci n’y soit jamais jointe, mais qu’elle n’y est pas nécessairement impliquée ; car beaucoup ont l’une qui n’ont pas l’autre.

15. Or, l’expérience montre que ce témoignage de l’Esprit est grandement entravé par cette doctrine ; et non seulement chez ceux qui, se croyant réprouvés, le repoussent loin d’eux par cette croyance même, mais même chez ceux qui ont goûté ce bon don, et qui l’ont pourtant bientôt perdu de nouveau, et sont retombés dans les doutes, les craintes et les ténèbres, — d’horribles ténèbres, que l’on pouvait toucher ! Et j’en appelle à quiconque parmi vous soutient cette doctrine : dites, entre Dieu et votre propre cœur, si vous n’avez pas souvent un retour de doutes et de craintes au sujet de votre élection ou de votre persévérance ! Si vous demandez : « Qui n’en a pas ? » je réponds : Très peu de ceux qui soutiennent cette doctrine ; mais beaucoup, oui, un très grand nombre de ceux qui ne la soutiennent pas, dans toutes les parties de la terre, — beaucoup de ceux-là ont joui du témoignage ininterrompu de son Esprit, de la lumière continuelle de sa face, depuis le moment où ils ont cru pour la première fois, pendant bien des mois ou des années, jusqu’à ce jour.

16. Cette assurance de la foi dont ceux-là jouissent exclut tout doute et toute crainte. Elle exclut toute espèce de doute et de crainte touchant leur persévérance future ; bien qu’elle ne soit pas proprement, comme on l’a dit plus haut, une assurance de ce qui est à venir, mais seulement de ce qui est maintenant. Et elle n’a pas besoin, pour se soutenir, de la croyance spéculative que quiconque est une fois destiné à la vie doit vivre ; car elle est opérée d’heure en heure par la puissante énergie de Dieu, « par le Saint-Esprit qui leur a été donné ». C’est pourquoi cette doctrine n’est pas de Dieu, puisqu’elle tend à entraver, sinon à détruire, cette grande œuvre du Saint-Esprit, d’où découle la principale consolation de la religion, le bonheur du christianisme.

17. De plus : quelle pensée désolante que celle-ci, que des milliers et des millions d’hommes, sans aucune offense ni aucune faute antérieure de leur part, aient été irrévocablement condamnés aux flammes éternelles ! Combien elle doit être particulièrement désolante pour ceux qui ont revêtu Christ ! pour ceux qui, remplis d’entrailles de miséricorde, de tendresse et de compassion, pourraient même « souhaiter d’être anathèmes pour l’amour de leurs frères » !

18. Quatrièmement. Cette désolante doctrine tend directement à détruire notre zèle pour les bonnes œuvres. Et elle le fait, premièrement, en ce qu’elle tend naturellement (selon ce qui a été observé plus haut) à détruire notre amour pour la plus grande partie du genre humain, c’est-à-dire pour les méchants et les ingrats. Car tout ce qui diminue notre amour doit diminuer d’autant notre désir de leur faire du bien. Elle le fait, secondement, en ce qu’elle retranche l’un des plus puissants motifs de toutes les œuvres de miséricorde corporelle, comme de nourrir ceux qui ont faim, de vêtir ceux qui sont nus, et autres semblables, — savoir, l’espérance de sauver leurs âmes de la mort. Car à quoi sert-il de soulager les besoins temporels de ceux qui sont sur le point de tomber dans le feu éternel ? « Fort bien ; mais courez, et arrachez-les comme des tisons du feu. » Non, cela, vous le supposez impossible. Ils y ont été destinés, dites-vous, de toute éternité, avant qu’ils eussent fait ni bien ni mal. Vous croyez que c’est la volonté de Dieu qu’ils meurent. Et « Qui est-ce qui résiste à sa volonté? » Mais vous dites que vous ne savez pas si ceux-ci sont élus ou non. Qu’importe ? Si vous savez qu’ils sont l’un ou l’autre, — qu’ils sont ou élus ou non élus, — tout votre travail est vain et inutile. Dans l’un et l’autre cas, vos conseils, vos répréhensions ou vos exhortations sont aussi inutiles et aussi vains que notre prédication. Ils sont inutiles à ceux qui sont élus ; car ils seront infailliblement sauvés sans cela. Ils sont vains pour ceux qui ne sont pas élus ; car avec ou sans cela ils seront infailliblement damnés ; vous ne pouvez donc, en restant fidèle à vos principes, vous donner aucune peine pour leur salut. Par conséquent, ces principes tendent directement à détruire votre zèle pour les bonnes œuvres ; pour toutes les bonnes œuvres ; mais particulièrement pour la plus grande de toutes, le salut des âmes.

19. Mais, cinquièmement, non seulement cette doctrine tend à détruire la sainteté, le bonheur et les bonnes œuvres du chrétien, mais elle tend encore directement et manifestement à renverser toute la Révélation chrétienne. Le point que les plus sages des incrédules modernes travaillent le plus laborieusement à prouver, c’est que la Révélation chrétienne n’est pas nécessaire. Ils savent bien que, s’ils pouvaient une fois le montrer, la conclusion serait trop évidente pour être niée : « Si elle n’est pas nécessaire, elle n’est pas vraie. » Or, ce point fondamental, vous l’abandonnez. Car, en supposant ce décret éternel et immuable, une partie du genre humain doit être sauvée, quand même la Révélation chrétienne n’existerait pas, et l’autre partie du genre humain doit être damnée, malgré cette Révélation. Et que pourrait désirer de plus un incrédule ? Vous lui accordez tout ce qu’il demande. En rendant ainsi l’Évangile inutile à toutes sortes d’hommes, vous livrez toute la cause chrétienne. « Oh ! Ne l’annoncez point dans Gath ! de peur que les filles des incirconcis ne se réjouissent ; de peur que les fils de l’incrédulité ne triomphent ! »

20. Et de même que cette doctrine tend manifestement et directement à renverser toute la Révélation chrétienne, elle fait la même chose, par une conséquence évidente, en faisant que cette Révélation se contredise elle-même. Car elle se fonde sur une interprétation de quelques textes (plus ou moins nombreux, peu importe) qui contredit formellement tous les autres textes, et même toute la portée et toute la teneur de l’Écriture. Par exemple : les défenseurs de cette doctrine interprètent ce texte de l’Écriture : « J’ai aimé Jacob Et j’ai haï Ésaü. », comme impliquant que Dieu, au sens littéral, a haï Ésaü, et tous les réprouvés, de toute éternité. Or, que peut-il y avoir de plus formellement contradictoire, non seulement avec toute la portée et toute la teneur de l’Écriture, mais encore avec tous ces textes particuliers qui déclarent expressément : « Dieu est amour » ? De plus : ils concluent de ce texte : « Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde », (Romains 9:15) que Dieu n’est amour que pour quelques hommes, savoir les élus, et qu’il n’a de miséricorde que pour eux seuls ; ce à quoi s’oppose formellement toute la teneur de l’Écriture, comme en particulier cette déclaration expresse : « L’Éternel est bienveillant envers tout homme, et sa miséricorde s’étend sur toutes ses œuvres. » (Psaume 145:9.) De plus : ils concluent de ce texte et d’autres semblables : « Cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde », qu’il ne fait miséricorde qu’à ceux qu’il a regardés favorablement de toute éternité. Non, mais qui donc conteste maintenant avec Dieu ? C’est vous qui contredisez maintenant tous les oracles de Dieu, qui déclarent d’un bout à l’autre : « Dieu ne fait point acception de personnes » ; (Actes 10:34) « Il n’y a point d’acception de personnes devant lui. » (Romains 2:11.) De plus : de ce texte : « Quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu’ils n’eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein d’élection de Dieu subsistât, sans dépendre des œuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle, il fut dit à elle », à Rébecca : « L’aîné sera assujetti au plus jeune », vous concluez que notre prédestination, ou notre élection, ne dépend en aucune manière de la prescience de Dieu. Formellement contraires à cela sont toutes les Écritures ; et celles-ci en particulier : « élus selon la prescience de Dieu » ; (1 Pierre 1:2) « Ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés. » (Romains 8:29.)

21. Et « le même Seigneur de tous est riche » en miséricorde « pour tous ceux qui l’invoquent » : (Romains 10:12) Mais vous dites : « Non ; il ne l’est que pour ceux pour qui Christ est mort. Et ce ne sont pas tous les hommes, mais seulement un petit nombre, que Dieu a choisis du milieu du monde ; car il n’est pas mort pour tous, mais seulement pour ceux qui ont été “élus en lui avant la fondation du monde”. » (Éphésiens 1:4.) Formellement contraire à votre interprétation de ces Écritures est aussi toute la teneur du Nouveau Testament ; comme le sont en particulier ces textes : — « Ne cause pas, par ton aliment, la perte de celui pour lequel Christ est mort », (Romains 14:15) — preuve évidente que Christ est mort non seulement pour ceux qui sont sauvés, mais aussi pour ceux qui périssent : il est « le Sauveur du monde » ; (Jean 4:42) il est « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » ; (Jean 1:29) « Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » ; (1 Jean 2:2) « Il », le Dieu vivant, « est le Sauveur de tous les hommes » ; (1 Timothée 4:10) « Il s’est donné lui-même en rançon pour tous » ; (1 Timothée 2:6) « Il a goûté la mort pour tous. » (Hébreux 2:9.)

22. Si vous demandez : « Pourquoi donc tous les hommes ne sont-ils pas sauvés ? » toute la loi et le témoignage répondent, premièrement : Ce n’est à cause d’aucun décret de Dieu ; ce n’est pas que ce soit son bon plaisir qu’ils meurent ; car « Je suis vivant, dit le Seigneur, l’Éternel, je ne désire pas la mort de celui qui meurt. » (Ézéchiel 18:3, 32.) Quelle que soit la cause de leur perte, ce ne peut être sa volonté, si les oracles de Dieu sont vrais ; car ils déclarent : « Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais il veut que tous arrivent à la repentance » ; (2 Pierre 3:9) « Il veut que tous les hommes soient sauvés. » Et, secondement, ils déclarent quelle est la cause pour laquelle tous les hommes ne sont pas sauvés : c’est qu’ils ne veulent pas être sauvés. Ainsi notre Seigneur dit expressément : « Vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! » (Jean 5:40.) « La puissance du Seigneur est là pour guérir » ces hommes, mais ils ne veulent pas être guéris. « Ils rejettent le dessein », le dessein miséricordieux, « de Dieu à leur propre égard », comme le firent leurs pères au cou roide. C’est pourquoi ils sont inexcusables ; car Dieu voudrait les sauver, mais eux ne veulent pas être sauvés : voici la condamnation : « Combien de fois ai-je voulu vous rassembler, et vous ne l’avez pas voulu! » (Matthieu 23:37.)

23. C’est ainsi que cette doctrine tend manifestement à renverser toute la Révélation chrétienne, en la faisant se contredire elle-même ; en donnant de quelques textes une interprétation qui contredit formellement tous les autres textes, et même toute la portée et toute la teneur de l’Écriture ; — preuve abondante qu’elle n’est pas de Dieu. Mais ce n’est pas tout : car, septièmement, c’est une doctrine pleine de blasphème ; d’un blasphème tel que je redouterais de le mentionner, si l’honneur de notre Dieu plein de grâce et la cause de sa vérité ne me défendaient de me taire. Dans la cause de Dieu donc, et par un sincère souci de la gloire de son grand nom, je mentionnerai quelques-uns des horribles blasphèmes contenus dans cette horrible doctrine. Mais d’abord, je dois avertir chacun de vous qui m’écoutez, comme vous en répondrez au grand jour, de ne pas m’accuser (comme quelques-uns l’ont fait) de blasphémer, parce que je mentionne le blasphème des autres. Et plus vous êtes affligés à cause de ceux qui blasphèment ainsi, plus veillez à « confirmer votre amour envers eux », et que le désir de votre cœur et votre prière continuelle à Dieu soient : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font ! »

24. Cela posé, que l’on remarque que cette doctrine représente notre bienheureux Seigneur, « Jésus-Christ le juste », « le Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité », comme un hypocrite, un séducteur du peuple, un homme dépourvu de la plus commune sincérité. Car on ne peut nier qu’il ne parle partout comme s’il voulait que tous les hommes fussent sauvés. Dire donc qu’il ne voulait pas que tous les hommes fussent sauvés, c’est le représenter comme un pur hypocrite et un dissimulateur. On ne peut nier que les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche ne soient remplies d’invitations adressées à tous les pécheurs. Dire donc qu’il n’avait pas l’intention de sauver tous les pécheurs, c’est le représenter comme un grossier séducteur du peuple. Vous ne pouvez nier qu’il ne dise : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés. » Si donc vous dites qu’il appelle ceux qui ne peuvent venir, ceux qu’il sait incapables de venir, ceux qu’il peut rendre capables de venir, mais ne le veut pas, comment est-il possible de décrire une plus grande insincérité ? Vous le représentez comme se moquant de ses créatures impuissantes, en offrant ce qu’il n’a jamais l’intention de donner. Vous le décrivez comme disant une chose et en pensant une autre, comme feignant un amour qu’il n’avait pas. Celui « dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude », vous le faites plein de tromperie, dépourvu de la plus commune sincérité ; — alors surtout que, s’approchant de la ville, il pleura sur elle et dit : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, — et vous ne l’avez pas voulu » ; ethelesakai ouk ethelesate. Or, si vous dites qu’ils voulaient, mais que lui ne voulait pas, vous le représentez (qui pourrait l’entendre ?) comme versant des larmes de crocodile, pleurant sur la proie que lui-même avait vouée à la destruction !

25. Quel blasphème que celui-là, dont on penserait qu’il ferait tinter les oreilles d’un chrétien ! Mais il y a plus encore ; car, de même que cette doctrine honore le Fils, ainsi honore-t-elle le Père. Elle détruit tous ses attributs à la fois : elle renverse à la fois sa justice, sa miséricorde et sa vérité ; oui, elle représente le Dieu très saint comme pire que le diable, à la fois plus menteur, plus cruel et plus injuste. Plus menteur, parce que le diable, menteur comme il l’est, n’a jamais dit : « Il veut que tous les hommes soient sauvés » : plus injuste, parce que le diable ne peut, le voulût-il, se rendre coupable d’une injustice telle que celle que vous attribuez à Dieu, quand vous dites que Dieu a condamné des millions d’âmes au feu éternel, préparé pour le diable et pour ses anges, pour avoir persévéré dans le péché que, faute de cette grâce qu’il ne veut pas leur donner, elles ne peuvent éviter : et plus cruel, parce que cet esprit malheureux « cherche du repos et n’en trouve point » ; de sorte que sa propre misère sans repos est pour lui une sorte de tentation de tenter les autres. Mais Dieu se repose dans son lieu haut et saint ; de sorte que le supposer, de son propre mouvement, de sa pure volonté et de son bon plaisir, heureux comme il l’est, condamnant ses créatures, qu’elles le veuillent ou non, à une misère sans fin, c’est lui imputer une cruauté telle que nous ne pouvons l’imputer même au grand ennemi de Dieu et des hommes. C’est représenter le Dieu Très-Haut (Que celui qui a des oreilles pour entendre entende !) comme plus cruel, plus menteur et plus injuste que le diable !

26. Tel est le blasphème clairement contenu dans l’horrible décret de la prédestination ! Et c’est ici que je m’arrête de pied ferme. C’est sur ce point que j’engage le débat avec chacun de ses défenseurs. Vous représentez Dieu comme pire que le diable : plus menteur, plus cruel, plus injuste. Mais vous dites que vous le prouverez par l’Écriture. Arrêtez ! Que prouverez-vous par l’Écriture ? que Dieu est pire que le diable ? Cela ne peut être. Quoi que prouve cette Écriture, elle ne peut jamais prouver cela ; quel que soit son vrai sens, ce ne peut être là son vrai sens. Demandez-vous : « Quel est donc son vrai sens ? » Si je réponds : « Je ne sais pas », vous n’avez rien gagné ; car il y a beaucoup d’Écritures dont ni vous ni moi ne connaîtrons le vrai sens avant que la mort ait été engloutie dans la victoire. Mais ce que je sais, c’est qu’il vaudrait mieux dire qu’elle n’a aucun sens que de dire qu’elle a un sens comme celui-là. Elle ne peut signifier, quoi qu’elle signifie d’ailleurs, que le Dieu de vérité est un menteur. Qu’elle signifie ce qu’elle voudra, elle ne peut signifier que le Juge de toute la terre est injuste. Aucune Écriture ne peut signifier que Dieu n’est pas amour, ou que sa miséricorde ne s’étend pas sur toutes ses œuvres ; c’est-à-dire que, quoi qu’elle prouve d’ailleurs, aucune Écriture ne peut prouver la prédestination.

27. Tel est le blasphème pour lequel (quel que soit mon amour pour les personnes qui la soutiennent) j’ai en horreur la doctrine de la prédestination, doctrine dans la supposition de laquelle, si l’on pouvait la supposer un seul instant (appelez-la élection, réprobation, ou comme il vous plaira, car tout revient au même), on pourrait dire à notre adversaire, le diable : « Insensé, pourquoi rugis-tu encore alentour ? Tes embûches dressées aux âmes sont aussi inutiles et aussi vaines que notre prédication. N’entends-tu pas que Dieu t’a ôté ton œuvre des mains, et qu’il la fait beaucoup plus efficacement ? Toi, avec toutes tes principautés et toutes tes puissances, tu ne peux qu’attaquer de telle sorte que nous puissions te résister ; mais lui peut irrésistiblement faire périr l’âme et le corps dans la géhenne ! Tu ne peux que séduire ; mais ses décrets immuables, qui laissent des milliers d’âmes dans la mort, les contraignent à persévérer dans le péché jusqu’à ce qu’elles tombent dans les flammes éternelles. Tu tentes ; lui nous force à être damnés ; car nous ne pouvons résister à sa volonté. Insensé, pourquoi rôdes-tu encore, cherchant qui tu dévoreras ? N’entends-tu pas que Dieu est le lion dévorant, le destructeur des âmes, le meurtrier des hommes ? Moloch ne faisait passer par le feu que les enfants ; et ce feu était bientôt éteint ; ou, le corps corruptible étant consumé, son tourment prenait fin ; mais Dieu, à ce qu’on te dit, par son décret éternel, fixé avant qu’ils eussent fait ni bien ni mal, fait passer non seulement des enfants d’un empan de long, mais aussi les parents, par le feu de l’enfer, le “feu qui ne s’éteint point ; et le corps qui y est jeté, étant désormais incorruptible et immortel, sera toujours en train de se consumer sans être jamais consumé, mais “la fumée de leur tourment”, parce que tel est le bon plaisir de Dieu, “monte aux siècles des siècles”. »

28. Oh ! comme l’ennemi de Dieu et des hommes se réjouirait d’apprendre qu’il en est ainsi ! Comme il crierait à plein gosier sans se retenir ! Comme il élèverait la voix et dirait : « À tes tentes, Israël! Fuyez de devant la face de ce Dieu, ou vous périrez entièrement ! Mais où fuirez-vous ? Au ciel ? Il y est. En bas, en enfer ? Il y est aussi. Vous ne pouvez fuir un tyran présent partout et tout-puissant. Et que vous fuyiez ou que vous restiez, j’appelle le ciel, son trône, et la terre, son marchepied, à témoin contre vous : vous périrez, vous mourrez éternellement. Chante, ô enfer, et réjouissez-vous, vous qui êtes sous la terre ! Car Dieu, le Dieu puissant, a parlé, et il a voué à la mort des milliers d’âmes, depuis le lever du soleil jusqu’à son couchant ! Voici, ô mort, ton aiguillon ! Ils ne s’échapperont pas, ils ne le peuvent pas ; car la bouche de l’Éternel a parlé. Voici, ô sépulcre, ta victoire ! Des nations qui ne sont pas encore nées, avant même d’avoir fait ni bien ni mal, sont condamnées à ne jamais voir la lumière de la vie, mais tu les rongeras aux siècles des siècles ! Que toutes ces étoiles du matin chantent ensemble, qui sont tombées avec Lucifer, fils de l’aurore ! Que tous les fils de l’enfer poussent des cris de joie ! Car le décret est rendu, et qui l’annulera ? »

29. Oui, le décret est rendu ; et il l’était avant la fondation du monde. Mais quel décret ? Celui-ci : « Je mettrai devant les fils des hommes “la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction”. Et l’âme qui choisit la vie vivra, comme l’âme qui choisit la mort mourra. » Ce décret par lequel « ceux que Dieu a connus d’avance, il les a prédestinés » était en effet de toute éternité ; celui-ci, par lequel tous ceux qui permettent à Christ de les rendre à la vie sont « élus selon la prescience de Dieu », demeure maintenant ferme, comme la lune et comme les témoins fidèles dans le ciel ; et quand le ciel et la terre passeront, il ne passera point ; car il est aussi immuable et aussi éternel que l’être de Dieu qui l’a donné. Ce décret fournit le plus puissant encouragement à abonder en toutes sortes de bonnes œuvres et en toute sainteté ; et il est aussi une source de joie et de bonheur, pour notre grande et éternelle consolation. Il est digne de Dieu ; il s’accorde en tout point avec toutes les perfections de sa nature. Il nous donne la plus noble idée à la fois de sa justice, de sa miséricorde et de sa vérité. À lui s’accordent toute la portée de la Révélation chrétienne aussi bien que toutes ses parties. À lui rendent témoignage Moïse et tous les prophètes, et notre bienheureux Seigneur et tous ses apôtres. Ainsi parle Moïse, au nom de son Seigneur : « J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité. » Ainsi parle Ézéchiel (pour citer un prophète entre tous) : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas » éternellement « l’iniquité de son père. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui. » (18:20.) Ainsi parle notre bienheureux Seigneur : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. » (Jean 7:37.) Ainsi parle son grand apôtre, saint Paul (Actes 17:30) : « Dieu annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir » ; — « à tous les hommes, en tous lieux » ; à tout homme en tout lieu, sans aucune exception ni de lieu ni de personne. Ainsi parle saint Jacques : « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. » (Jacques 1:5.) Ainsi parle saint Pierre (2 Pierre 3:9) : « Le Seigneur ne veut pas qu’aucun périsse, mais il veut que tous arrivent à la repentance. » Et ainsi parle saint Jean : « Si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père ; et Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. » (1 Jean 2:1, 2.)

30. Oh ! écoutez ceci, vous qui oubliez Dieu ! Vous ne pouvez lui imputer votre mort ! « “Ce que je désire, est-ce que le méchant meure?” dit le Seigneur, l’Éternel. » (Ézéchiel 18:23 et suiv.) « Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’iniquité ne cause pas votre ruine. Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché ; — Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël? Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez. » « Je suis vivant! Dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure. — Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël? » (Ézéchiel 33:11.)

Page 1 / 1 · 33 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant