Sermons choisis de Jonathan Edwards
Sermon d’adieu

Chapitre 8 · 1 h 6 min de lecture · 1 h 25 min d’écoute

Sermon d’adieu

2 Corinthiens 1:14. — comme vous avez déjà reconnu en partie que nous sommes votre gloire, de même que vous serez aussi la nôtre au jour du Seigneur Jésus.


L’apôtre, dans la partie précédente du chapitre, expose les grandes tribulations qu’il rencontra au cours de son ministère. Dans le texte et les deux versets qui le précèdent, il expose quels furent ses consolations et ses soutiens au milieu des tribulations qu’il rencontra. Il y a là quatre choses en particulier.

1. Qu’il avait été approuvé de sa propre conscience, verset 12 : « Car ce qui fait notre gloire, c’est ce témoignage de notre conscience, que nous nous sommes conduits dans le monde, et surtout à votre égard, avec sainteté et pureté devant Dieu, non point avec une sagesse charnelle, mais avec la grâce de Dieu. »

2. Une autre chose dont il parle comme d’un sujet de consolation, c’est que, de même qu’il avait été approuvé de sa propre conscience, il l’avait été aussi de la conscience de ses auditeurs, les Corinthiens, auxquels il écrivait alors, et qu’ils l’approuveraient au jour du jugement.

3. L’espérance qu’il avait de voir le fruit béni de ses travaux et de ses souffrances dans le ministère, en leur bonheur et en leur gloire, en ce grand jour des comptes.

4. Que, dans son ministère parmi les Corinthiens, il avait été approuvé de son Juge, qui approuverait et récompenserait sa fidélité en ce jour-là.

Ces trois derniers points sont signifiés dans mon texte et dans le verset qui le précède ; et, à vrai dire, tous les quatre sont impliqués dans le texte. Il y est impliqué que les Corinthiens l’avaient reconnu comme leur père spirituel, comme quelqu’un qui avait été fidèle parmi eux, et comme l’instrument de leur joie et de leur gloire futures au jour du jugement, quelqu’un qu’ils verraient alors et avec qui ils auraient, à ce titre, une joyeuse rencontre. Il y est impliqué que l’apôtre s’attendait à avoir en ce temps-là une joyeuse rencontre avec eux devant le Juge, et à contempler avec joie leur gloire, comme le fruit de ses travaux ; et qu’ainsi ils seraient sa gloire. Il y est impliqué aussi qu’il s’attendait alors à être approuvé du grand Juge, quand lui et eux se trouveraient ensemble devant lui ; que celui-ci reconnaîtrait alors sa fidélité, et que cette fidélité avait été le moyen de leur gloire ; et qu’ainsi il les lui donnerait, pour ainsi dire, comme sa couronne de gloire. Mais l’apôtre ne pouvait espérer cela, à moins d’avoir en sa faveur le témoignage de sa propre conscience. C’est pourquoi ces paroles impliquent, de la manière la plus forte, qu’il avait été approuvé de sa propre conscience.

Il y a une chose impliquée dans chacun de ces points, et dans chaque partie du texte, et c’est le point dont je ferai le sujet de mon présent discours, à savoir :

DOCT[RINE]

Les ministres, et le peuple qui est confié à leurs soins, doivent se rencontrer les uns les autres devant le tribunal de Christ au jour du jugement.

Les ministres, et le peuple qui a été confié à leurs soins, doivent être séparés en ce monde, si étroitement unis qu’ils aient été : s’ils ne sont pas séparés auparavant, il faut qu’ils le soient par la mort ; et ils peuvent l’être tandis que la vie dure encore. Nous vivons dans un monde de changement, où rien n’est certain ni stable, et où un peu de temps, quelques révolutions du soleil, amènent des choses étranges, des changements surprenants, chez les particuliers, dans les familles, dans les villes et les Églises, dans les pays et les nations. Il arrive souvent que ceux qui semblent le plus unis soient, en peu de temps, le plus désunis et le plus éloignés les uns des autres. Ainsi des ministres et leurs peuples, entre lesquels il y a eu la plus grande estime mutuelle et l’union la plus étroite, peuvent non seulement différer dans leurs jugements et s’aliéner dans leurs affections, mais l’un peut s’arracher à l’autre, et toute relation entre eux peut être dissoute ; le ministre peut être transporté en un lieu éloigné, et ils peuvent n’avoir plus jamais affaire l’un à l’autre en ce monde. Mais s’il en est ainsi, il est encore une rencontre qu’ils doivent avoir, et c’est au dernier grand jour des comptes.

Je voudrais montrer ici,

I. De quelle manière les ministres, et le peuple qui a été confié à leurs soins, se rencontreront les uns les autres au jour du jugement.

II. Dans quels buts.

III. Pour quelles raisons Dieu a ainsi ordonné les choses, que les ministres et leurs peuples se rencontrent alors ensemble d’une telle manière et pour de tels buts.

I. Je voudrais montrer, en quelques points particuliers, de quelle manière les ministres, et le peuple qui a été confié à leurs soins, se rencontreront les uns les autres au jour du jugement. À ce sujet, je voudrais observer deux choses en général.

1. Qu’ils ne se rencontreront pas alors seulement comme tout le genre humain devra alors se rencontrer, mais qu’il y aura quelque chose de particulier dans la manière de leur rencontre.

2. Que leur rencontre en ce temps-là sera très différente de ce qu’elle avait coutume d’être dans la maison de Dieu en ce monde.

1. Ils ne se rencontreront pas en ce jour-là comme le monde entier devra alors se rassembler. Je voudrais observer une différence en deux choses.

(1) Quant à une vue claire et effective, et à une connaissance et une attention distinctes les uns des autres.

Bien que le monde entier doive alors être présent, tout le genre humain de toutes les générations rassemblé en une seule et vaste assemblée, avec toute la nature angélique, anges élus aussi bien que déchus, nous n’avons pourtant pas besoin de supposer que chacun aura une connaissance distincte et particulière de chaque individu de toute la multitude assemblée, laquelle se composera sans aucun doute de millions de millions. Bien qu’il soit probable que les capacités des hommes seront beaucoup plus grandes que dans l’état présent, elles ne seront pourtant pas infinies ; bien que leur entendement et leur compréhension doivent être immensément étendus, les hommes ne seront pourtant pas déifiés. Les particuliers auront probablement une vue très élargie de diverses parties et de divers membres de cette vaste assemblée, et ainsi des procédures de ce grand jour ; mais il faut pourtant nécessairement que, selon la nature des esprits finis, certaines personnes et certaines choses tombent en ce jour-là sous l’attention de tel ou tel plus que d’autres ; et cela (comme nous pouvons bien le supposer) selon qu’ils auront, dans les actes de ce jour, un rapport plus proche avec les uns qu’avec les autres. Il y aura une raison particulière pour que ceux qui ont eu ensemble des intérêts particuliers en ce monde, dans leur état d’épreuve, et dont les affaires mutuelles devront alors être examinées et jugées, soient spécialement placés sous les yeux les uns des autres. Ainsi nous pouvons supposer que les gouvernants et les sujets, les juges terrestres et ceux qu’ils ont jugés, les voisins qui ont eu entre eux commerce, affaires et différends, les chefs de famille avec leurs enfants et leurs serviteurs, se rencontreront alors, et seront placés ensemble avec une distinction particulière. Et il en sera surtout ainsi des ministres et de leurs peuples. Il est évident d’après le texte que ceux-ci seront sous les yeux les uns des autres, se connaîtront distinctement, et auront en ce temps-là une attention particulière les uns pour les autres.

(2) Ils se rencontreront comme ayant les uns avec les autres un intérêt particulier dans les grands actes de ce jour.

Bien qu’ils doivent rencontrer le monde entier en ce temps-là, ils n’auront pourtant pas d’affaire immédiate et particulière avec tous. Bien plus, la plus grande partie, de loin, de ceux qui seront alors rassemblés seront des gens avec qui ils n’ont eu aucun rapport dans leur état d’épreuve, et avec qui ils n’auront donc aucune affaire mutuelle à faire juger. Mais quant aux ministres, et au peuple qui a été confié à leurs soins, ce seront des gens qui ont eu beaucoup d’affaires immédiates les uns avec les autres, et cela dans les matières les plus importantes que les hommes aient jamais à traiter entre eux. C’est pourquoi il faut surtout qu’ils se rencontrent et soient amenés ensemble devant le juge, comme ayant un intérêt particulier les uns avec les autres dans le dessein et l’œuvre de ce grand jour des comptes.

Ainsi leur rencontre, quant à sa manière, différera de la rencontre du genre humain en général.

2. Leur rencontre au jour du jugement sera très différente des rencontres qu’ils ont les uns avec les autres en ce monde.

Les ministres et leurs peuples, tant que dure leur relation, se rencontrent souvent en ce monde. Ils ont coutume de se réunir de sabbat en sabbat, et en d’autres temps, pour le culte public de Dieu, l’administration des ordonnances et les services solennels de la maison de Dieu. Et outre ces réunions, ils ont aussi l’occasion de se réunir pour décider et conduire leurs affaires ecclésiastiques, pour l’exercice de la discipline de l’Église, et pour régler et ajuster ce qui touche à la pureté et au bon ordre des administrations publiques. Mais leur rencontre au jour du jugement sera extrêmement différente, dans sa manière et dans ses circonstances, de toutes les réunions et entrevues de ce genre qu’ils ont les uns avec les autres dans l’état présent. Je voudrais observer en quoi, sur quelques points.

(1) Maintenant, ils se rencontrent dans un état préparatoire et changeant ; mais alors, ce sera dans un état immuable.

Maintenant, les pécheurs de l’assemblée rencontrent leur ministre dans un état où ils sont susceptibles d’un changement salutaire, susceptibles d’être convertis, par la bénédiction de Dieu sur le ministère et les travaux de leur pasteur, de la puissance de Satan à Dieu, et d’être tirés d’un état de culpabilité, de condamnation et de colère, pour être amenés à un état de paix et de faveur auprès de Dieu, à la jouissance des privilèges de ses enfants, et à un titre à leur héritage éternel. Et maintenant les saints rencontrent leur ministre avec de grands restes de corruption, et parfois au milieu de grandes difficultés et de grandes afflictions spirituelles ; c’est pourquoi ils sont encore des sujets propres à recevoir les moyens d’une heureuse transformation de leur état, consistant en un plus grand affranchissement de ces choses, transformation qu’ils ont raison d’espérer par la voie de l’assiduité aux ordonnances, et dont Dieu se plaît communément à faire de ses ministres les instruments. Et les ministres et leurs peuples se rencontrent maintenant en vue d’amener de si heureux changements ; ce sont là les grands biens recherchés dans leurs réunions solennelles en ce monde.

Mais quand ils se rencontreront au jour du jugement, il en sera tout autrement. Ils ne se rencontreront pas alors pour employer des moyens afin d’opérer de tels changements ; car ils se rencontreront tous dans un état immuable. Les pécheurs seront dans un état immuable : ceux qui seront alors sous la culpabilité et la puissance du péché, et sur qui demeurera la colère de Dieu, seront hors de tout remède et de toute possibilité de changement, et rencontreront leurs ministres sans aucune espérance de soulagement ni de remède, ni de recevoir aucun bien par leur moyen. Et quant aux saints, ils seront déjà parfaitement délivrés de toute la corruption qui leur restait auparavant, de la tentation et des calamités de toute sorte, et placés pour toujours hors de leur atteinte ; et il ne restera aucune délivrance, aucune heureuse transformation à accomplir par la voie de l’usage des moyens de grâce, sous le ministère des pasteurs. Il sera alors prononcé : « Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. »

(2) Alors, ils se rencontreront dans un état de lumière claire, certaine et infaillible.

Les ministres sont établis comme guides et comme docteurs, et sont représentés dans l’Écriture comme des lumières placées dans les Églises ; et dans l’état présent, ils rencontrent leurs peuples de temps à autre afin de les instruire et de les éclairer, de corriger leurs erreurs, et d’être une voix derrière eux, quand ils se détournent à droite ou à gauche, qui leur dise : « Voici le chemin, marchez-y » ; afin de démontrer et de confirmer la vérité en en présentant les preuves propres, de réfuter les erreurs et les opinions corrompues, de convaincre ceux qui s’égarent et d’affermir ceux qui doutent. Mais quand Christ viendra pour le jugement, toute erreur et toute fausse opinion seront découvertes ; toute tromperie et toute illusion s’évanouiront devant la lumière de ce jour, comme les ténèbres de la nuit s’évanouissent à l’apparition du soleil levant ; et toute doctrine de la parole de Dieu paraîtra alors dans sa pleine évidence, et nul ne restera sans être convaincu ; tous connaîtront la vérité avec la plus grande certitude, et il n’y aura plus d’erreurs à rectifier.

Maintenant, les ministres et leurs peuples peuvent être en désaccord dans leurs jugements sur certaines matières de religion, et peuvent parfois se réunir pour conférer ensemble sur les choses où ils diffèrent, et pour entendre les raisons qui peuvent être avancées de part et d’autre ; et tout peut demeurer sans effet quant à une conviction de la vérité : ils peuvent se réunir et se séparer de nouveau sans être plus d’accord qu’auparavant ; et le parti qui avait tort peut y demeurer encore ; parfois les réunions des ministres avec leurs peuples, dans un tel cas de sentiments divergents, s’accompagnent de débats et de controverses malheureux, conduits avec beaucoup de préjugés et un grand manque de franchise, qui ne tendent pas à la lumière et à la conviction, mais plutôt à confirmer et à accroître les ténèbres, et à affermir l’opposition à la vérité et l’aliénation des affections des uns à l’égard des autres. Mais quand ils se rencontreront plus tard, au jour du jugement, devant le tribunal du grand Juge, la pensée et la volonté de Christ seront manifestées ; il n’y aura plus aucun débat ni aucune divergence d’opinions ; l’évidence de la vérité paraîtra au-delà de toute contestation, et toutes les controverses seront tranchées définitivement et pour toujours.

Maintenant, les ministres rencontrent leurs peuples afin d’éclairer et de réveiller la conscience des pécheurs, en mettant devant eux le grand mal et le danger du péché, la rigueur de la loi de Dieu, la méchanceté de leur propre cœur et de leur conduite, la grande culpabilité sous laquelle ils se trouvent, la colère qui demeure sur eux, et leur impuissance, leur aveuglement, leur pauvreté, et leur condition misérable et perdue, sans secours ; mais tout est souvent vain ; ils demeurent encore, malgré tout ce que leurs ministres peuvent dire, engourdis et non réveillés, et leur conscience reste sans conviction. Mais il n’en sera pas ainsi lors de leur dernière rencontre au jour du jugement ; les pécheurs, quand ils rencontreront leur ministre devant leur grand Juge, ne le rencontreront pas avec une conscience engourdie : ils seront alors pleinement convaincus de la vérité des choses qu’ils avaient autrefois entendues de lui touchant la grandeur et la terrible majesté de Dieu, sa sainteté et sa haine du péché, et sa redoutable justice à le punir, la rigueur de sa loi, le caractère effrayant et la vérité de ses menaces, et leur propre culpabilité et leur misère indicibles ; et ils ne seront plus jamais insensibles à ces choses : les yeux de la conscience seront alors pleinement éclairés, et ne seront plus jamais aveuglés ; la bouche de la conscience sera alors ouverte, et ne sera plus jamais fermée.

Maintenant, les ministres rencontrent leurs peuples, en public et en particulier, afin de les éclairer sur l’état de leur âme ; de leur ouvrir et de leur appliquer les règles de la parole de Dieu, afin qu’ils sondent leur propre cœur et discernent l’état dans lequel ils se trouvent. Mais maintenant les ministres n’ont aucun discernement infaillible de l’état de l’âme de leurs propres gens ; et les plus habiles d’entre eux sont sujets à l’erreur, et se trompent souvent en des choses de cette nature. Le peuple non plus n’est pas capable de connaître avec certitude l’état de son ministre, ni l’état les uns des autres ; très souvent passent parmi eux pour des saints, et peut-être pour des saints éminents, des gens qui sont de grands hypocrites ; et d’autre part, il arrive que soient censurés, ou difficilement admis dans leur charité, des gens qui sont en réalité quelques-uns des joyaux de Dieu. Et rien n’est plus commun que de voir les hommes se tromper sur leur propre état : beaucoup, qui sont en abomination à Dieu et enfants de sa colère, ont une haute opinion d’eux-mêmes, comme s’ils étaient ses saints précieux et ses chers enfants. Bien plus, il y a lieu de penser que souvent certains de ceux qui sont les plus hardis dans leur assurance d’être en un état sûr et heureux, et qui se croient non seulement de vrais saints, mais les saints les plus éminents de l’assemblée, sont d’une manière particulière une fumée dans les narines de Dieu. Et il en est ainsi, sans aucun doute, bien souvent dans les assemblées où la parole de Dieu est le plus fidèlement dispensée, malgré tout ce que les ministres peuvent dire dans leurs explications les plus claires et dans leurs applications les plus pénétrantes des doctrines et des règles de la parole de Dieu aux âmes de leurs auditeurs, dans leurs réunions les uns avec les autres. Mais au jour du jugement, ils auront une rencontre d’une autre sorte ; alors les secrets de tout cœur seront manifestés, et l’état de chacun sera parfaitement connu : 1 Corinthiens 4:5, « C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. » Alors nul ne sera trompé sur son propre état, ni n’en sera plus en doute. Il y aura une fin éternelle à toute la fausse présomption et à toutes les vaines espérances des hypocrites abusés, et à tous les doutes et à toutes les craintes des chrétiens sincères. Et alors tous connaîtront l’état de l’âme les uns des autres : le peuple saura si son ministre a été sincère et fidèle, et les ministres connaîtront l’état de chacun de leurs gens, et sauront pour qui la parole et les ordonnances de Dieu ont été une odeur de vie, donnant la vie, et pour qui une odeur de mort, donnant la mort.

Maintenant, dans cet état présent, il arrive souvent que, lorsque ministres et peuple se réunissent pour débattre et conduire leurs affaires ecclésiastiques, surtout en temps de controverse, ils soient prompts à se juger et à se censurer les uns les autres quant aux vues et aux desseins de chacun, et quant aux principes et aux fins qui font agir chacun ; et qu’ils se trompent grandement dans leur jugement, et se fassent tort les uns aux autres dans leurs censures. Mais lors de cette rencontre future, les choses seront placées sous une lumière vraie et parfaite, et les principes et les buts d’après lesquels chacun a agi seront connus avec certitude ; et il y aura une fin à toutes les erreurs de ce genre, et à toutes les censures injustes.

(3) En ce monde, les ministres et leurs peuples se réunissent souvent pour entendre parler d’un Seigneur invisible et se tenir à son service ; mais au jour du jugement, ils se rencontreront en sa présence la plus immédiate et visible.

Les ministres, qui maintenant rencontrent souvent leurs peuples pour leur prêcher le roi des siècles, immortel, invisible, pour les convaincre qu’il y a un Dieu, et leur déclarer quelle sorte d’être il est, pour les convaincre qu’il gouverne le monde et qu’il le jugera, et qu’il y a un état futur de récompenses et de châtiments, et pour leur prêcher un Christ qui est au ciel, à la droite de Dieu, dans un monde invisible, rencontreront alors leurs peuples dans la présence la plus immédiate et la plus sensible de ce grand Dieu, Sauveur et Juge, paraissant de la manière la plus claire, la plus visible et la plus manifeste, avec une grande gloire, avec tous ses saints anges, devant eux et devant le monde entier. Ils ne les rencontreront pas pour entendre parler d’un Christ absent, d’un Seigneur invisible et d’un Juge à venir, mais pour comparaître devant ce Juge, et comme placés ensemble en la présence de ce Seigneur suprême, dans son immense gloire et sa redoutable majesté, dont ils ont si souvent entendu parler dans leurs réunions sur la terre.

(4) La rencontre, au dernier jour, des ministres et du peuple qui a été confié à leurs soins ne sera accompagnée chez personne d’un cœur insouciant et inattentif.

C’est avec un tel cœur que beaucoup de personnes assistent souvent à leurs réunions en ce monde, ayant peu d’égard pour celui qu’elles prétendent adorer ensemble dans les devoirs solennels de son culte public, prenant peu garde à leurs propres pensées ou à la disposition de leur esprit, sans être attentives à l’œuvre dans laquelle elles sont engagées, ni considérer la fin pour laquelle elles se sont réunies. Mais la rencontre de ce grand jour sera très différente : il n’y aura pas un seul cœur insouciant, point de sommeil, point d’égarement de l’esprit loin du grand objet de la rencontre, point d’inattention à l’œuvre de ce jour, point d’indifférence à l’égard de la présence où ils se trouvent, ni des grandes choses qu’ils entendront de Christ lors de cette rencontre, ou qu’ils ont autrefois entendues de lui et à son sujet par leurs ministres, dans leurs réunions en un état d’épreuve, ou qu’ils entendront alors leurs ministres déclarer à leur sujet devant leur juge.

Ayant observé ces choses touchant la manière et les circonstances de cette future rencontre des ministres et du peuple qui a été confié à leurs soins, devant le tribunal de Christ au jour du jugement, je passe maintenant,

II. À observer dans quels buts ils se rencontreront alors.

1. Pour rendre compte, devant le grand Juge, de leur conduite les uns envers les autres dans la relation où ils se trouvaient les uns à l’égard des autres en ce monde.

Les ministres sont envoyés par Christ vers leurs peuples pour ses affaires ; ils sont ses serviteurs et ses messagers ; et, quand ils ont achevé leur service, ils doivent retourner à leur maître pour lui rendre compte de ce qu’ils ont fait, et de l’accueil qu’ils ont reçu en accomplissant leur ministère. Ainsi nous voyons, en Luc 14:16-21, que lorsque le serviteur qui avait été envoyé appeler les invités au grand souper eut fait sa commission et achevé le service qui lui avait été assigné, il retourna vers son maître et lui rendit compte de ce qu’il avait fait et de l’accueil qu’il avait reçu. Et quand le maître, irrité, envoya son serviteur vers d’autres, celui-ci revint encore et rendit compte à son maître de sa conduite et de son succès. De même nous lisons, en Hébreux 13:17, que les ministres sont des conducteurs dans la maison de Dieu, qui « veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte ». Et nous voyons par le passage de Luc 14 déjà cité que les ministres doivent rendre compte à leur maître non seulement de leur propre conduite dans l’exercice de leur charge, mais aussi de la réception que leur a faite leur peuple, et du traitement qu’ils ont rencontré parmi lui.

C’est pourquoi, comme ils seront appelés à rendre compte de l’un et de l’autre, ils rendront compte, au grand jour des comptes, en présence de leur peuple, eux et leur peuple étant présents ensemble devant leur Juge.

Les ministres fidèles rendront alors compte avec joie de ceux qui les ont bien reçus et qui ont fait un bon usage de leur ministère ; et ceux-ci leur seront donnés, en ce jour-là, comme leur couronne de gloire. Et, en même temps, ils rendront compte du mauvais traitement de ceux qui ne les ont pas bien reçus, eux et les messages qu’ils apportaient de la part de Christ : ils rencontreront ces derniers, non comme ils avaient coutume de le faire en ce monde, pour les conseiller et les avertir, mais pour rendre témoignage contre eux, et pour les condamner, comme leurs juges et comme assesseurs de Christ. Et d’autre part, le peuple, en ce jour-là, se lèvera en jugement contre les ministres méchants et infidèles qui ont recherché leur propre intérêt temporel plus que le bien des âmes de leur troupeau.

2. En ce temps-là, les ministres, et le peuple qui a été confié à leurs soins, se rencontreront ensemble devant Christ, afin qu’il juge entre eux au sujet de toutes les controverses qui ont subsisté entre eux en ce monde.

Il arrive ainsi très souvent, dans ce monde mauvais, que de grands différends et de grandes controverses s’élèvent entre les ministres et le peuple qui est confié à leurs soins pastoraux. Bien qu’ils soient tenus de vivre en paix par les plus grandes obligations, plus que des personnes unies par presque n’importe quelle autre relation, et bien que les disputes et les dissensions entre personnes ainsi liées soient, à bien des égards, les plus malheureuses et les plus terribles dans leurs conséquences de toutes les sortes de querelles, combien pourtant de telles querelles ont été fréquentes ! Tantôt un peuple conteste avec ses ministres au sujet de leur doctrine, tantôt au sujet de leur administration et de leur conduite, tantôt au sujet de leur entretien ; et parfois ces disputes se prolongent longtemps ; et parfois elles sont tranchées en ce monde selon l’intérêt prédominant de l’un ou de l’autre parti, plutôt que par la parole de Dieu et la raison des choses ; et parfois ces controverses ne reçoivent jamais en ce monde aucune solution convenable.

Mais au jour du jugement, il y aura de ces controverses une décision pleine, parfaite et éternelle. Le Juge infaillible, la source infinie de lumière, de vérité et de justice, jugera entre les parties en conflit, et déclarera ce qui est la vérité, qui a raison, et ce qui est conforme à sa pensée et à sa volonté. Et pour cela, il faut que les parties comparaissent ensemble devant lui au dernier jour, qui sera le grand jour où toutes les controverses seront achevées et tranchées, toutes les méprises rectifiées, et abolis tous les jugements injustes, toutes les erreurs et toutes les confusions qui ont auparavant subsisté dans le monde des hommes.

3. Les ministres, et le peuple qui a été confié à leurs soins, doivent se rencontrer ensemble en ce temps-là pour recevoir du juge une sentence et une rétribution éternelles, en présence les uns des autres, selon leur conduite dans la relation où ils se trouvaient les uns à l’égard des autres dans l’état présent.

Le Juge ne se contentera pas de déclarer la justice, mais il fera justice entre les ministres et leurs peuples. Il déclarera ce qui est juste entre eux, approuvant celui qui a été juste et fidèle, et condamnant l’injuste ; et une vérité et une équité parfaites présideront à la sentence qu’il prononcera, aux récompenses qu’il accordera et aux châtiments qu’il infligera. Il y aura une glorieuse récompense pour les ministres fidèles : pour ceux qui ont eu du succès, Daniel 12:3, « Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice, à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité » ; et aussi pour ceux qui ont été fidèles, et pourtant sans succès, Ésaïe 49:4, « Et moi j’ai dit: C’est en vain que j’ai travaillé, C’est pour le vide et le néant que j’ai consumé ma force; Mais mon droit est auprès de l’Éternel, Et ma récompense auprès de mon Dieu. » Et ceux qui les ont bien reçus et bien accueillis seront glorieusement récompensés, Matthieu 10:40-41, « Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. » De tels peuples et leurs ministres fidèles seront la couronne de gloire les uns des autres, 1 Thessaloniciens 2:19-20, « Qui est, en effet, notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire? N’est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement? Oui, vous êtes notre gloire et notre joie. » Et dans le texte : nous sommes votre gloire, de même que vous serez aussi la nôtre au jour du Seigneur Jésus. Mais ceux qui maltraitent les ministres fidèles de Christ, surtout en ce en quoi ils sont fidèles, seront sévèrement punis, Matthieu 10:14-15, « Lorsqu’on ne vous recevra pas et qu’on n’écoutera pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là. » Deutéronome 33:8-11, « Sur Lévi il dit: Les thummim et les urim ont été confiés à l’homme saint… Ils enseignent tes ordonnances à Jacob, Et ta loi à Israël… Bénis sa force, ô Éternel! Agrée l’œuvre de ses mains! Brise les reins de ses adversaires, Et que ses ennemis ne se relèvent plus! » D’autre part, les ministres qui se trouveront avoir été infidèles subiront un châtiment des plus terribles. Voyez Ézéchiel 33:6 ; Matthieu 23:1-33.

Ainsi la justice sera administrée au grand jour aux ministres et à leurs peuples. Et c’est dans ce but qu’ils se rencontreront ensemble, afin non seulement de recevoir justice pour eux-mêmes, mais de voir justice rendue à l’autre partie : car c’est là la fin de ce grand jour, de révéler ou de déclarer le juste jugement de Dieu (Romains 2:5). Les ministres recevront justice et verront justice rendue à leurs peuples ; et le peuple recevra justice et verra justice rendue à son ministre. Et ainsi toutes choses seront réglées et fixées pour toujours entre eux, chacun étant jugé et rétribué selon ses œuvres, soit en recevant et en portant une couronne de joie et de gloire éternelles, soit en souffrant une honte et une douleur éternelles.

J’en viens maintenant au point suivant de ce qui a été proposé, à savoir,

III. Donner quelques raisons pour lesquelles nous pouvons supposer que Dieu a ainsi ordonné les choses, que les ministres, et le peuple qui a été confié à leurs soins, se rencontrent ensemble au jour du jugement, d’une telle manière et pour de tels buts.

Il y a deux choses que je voudrais maintenant observer :

1. Les intérêts mutuels des ministres et de leurs peuples sont de la plus grande importance.

L’Écriture déclare que Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. Il convient que tous les intérêts et toute la conduite des hommes, tant publics que privés, soient enfin portés devant le tribunal de Dieu et définitivement jugés par un Juge infaillible ; mais il est surtout requis qu’il en soit ainsi pour les affaires de très grande importance.

Or les intérêts mutuels d’un ministre chrétien et de son Église et de son assemblée sont de la plus immense importance : à bien des égards, d’un poids beaucoup plus grand que les intérêts temporels des plus grands monarques de la terre et de leurs royaumes ou de leurs empires. Il est d’une immense conséquence de savoir comment les ministres s’acquittent de leur charge et se conduisent envers leurs peuples dans l’œuvre du ministère et dans les affaires qui s’y rapportent. C’est aussi une chose d’une immense importance de savoir comment un peuple reçoit et accueille un ministre fidèle de Christ, et quel usage il fait de son ministère. Ces choses ont un rapport plus immédiat et plus direct avec la grande et dernière fin pour laquelle l’homme a été créé, et avec le bien éternel du genre humain, qu’aucun des intérêts temporels des hommes, qu’ils soient publics ou privés. C’est pourquoi il convient tout particulièrement que ces affaires soient portées en jugement, ouvertement tranchées et réglées dans la vérité et la justice ; et qu’à cette fin les ministres et leurs peuples se rencontrent ensemble devant le Juge omniscient et infaillible.

2. Les intérêts mutuels des ministres et de leurs peuples ont un rapport particulier avec les choses principales qui appartiennent au jour du jugement.

Ils ont un rapport particulier avec cette grande et divine personne qui paraîtra alors comme Juge. Les ministres sont ses messagers, envoyés par lui ; et, dans leur charge et leur ministère parmi leurs peuples, ils représentent sa personne, tiennent sa place, comme ceux qui sont envoyés pour déclarer sa pensée, faire son œuvre, et parler et agir en son nom. C’est pourquoi il convient tout particulièrement qu’ils retournent à lui pour lui rendre compte de leur œuvre et de leur succès. Le roi est juge de tous ses sujets ; ils lui doivent tous des comptes. Mais il est plus particulièrement requis que les ministres du roi, à qui est spécialement confiée l’administration de son royaume, et qui sont envoyés pour quelque négociation particulière, retournent vers lui pour lui rendre compte d’eux-mêmes, de la manière dont ils se sont acquittés de leur mandat, et de la réception qu’ils ont rencontrée.

Les ministres ne sont pas seulement les messagers de la personne qui, au dernier jour, paraîtra comme Juge ; mais la mission pour laquelle ils sont envoyés, et les affaires qui leur sont confiées en tant que ses ministres, concernent de la manière la plus immédiate son honneur et l’intérêt de son royaume. L’œuvre pour laquelle ils sont envoyés est de promouvoir les desseins de son administration et de son gouvernement ; c’est pourquoi leurs affaires avec leurs peuples ont un rapport étroit avec le jour du jugement ; car la grande fin de ce jour est de régler et d’établir complètement les affaires de son royaume, d’ajuster toutes les choses qui s’y rapportent, afin que tout ce qui est opposé aux intérêts de son royaume soit ôté, et que tout ce qui contribue à son achèvement et à sa gloire soit rendu parfait et confirmé, afin que ce grand Roi reçoive l’honneur et la gloire qui lui sont dus.

De plus, les intérêts mutuels des ministres et de leurs peuples ont un rapport direct avec les intérêts du jour du jugement, puisque l’affaire des ministres avec leurs peuples est de promouvoir le salut éternel des âmes des hommes et leur délivrance de la damnation éternelle ; et le jour du jugement est le jour fixé pour cette fin : décider et régler ouvertement l’état éternel des hommes, fixer les uns dans un état de salut éternel et porter leur salut à son ultime consommation, et fixer les autres dans un état de damnation éternelle et de la misère la plus parfaite. Les intérêts mutuels des ministres et des peuples ont un rapport des plus directs avec le jour du jugement, puisque le dessein même de l’œuvre du ministère est la préparation du peuple pour ce jour. Les ministres sont envoyés pour les avertir de l’approche de ce jour, pour les prévenir de la terrible sentence qui sera alors prononcée sur les méchants, pour leur déclarer la bienheureuse sentence qui sera alors prononcée sur les justes, et pour employer auprès d’eux les moyens propres à les faire échapper à la colère qui doit alors venir sur les impies, et obtenir la récompense qui sera alors accordée aux saints.

Et puisque les intérêts mutuels des ministres et de leurs peuples ont un rapport si étroit et si direct avec ce jour, il convient tout particulièrement que ces intérêts soient portés jusqu’à ce jour, et qu’ils y soient réglés et tranchés ; et qu’à cette fin les ministres et leurs peuples se rencontrent et comparaissent ensemble devant le grand Juge en ce jour-là.

APPLICATION

L’usage que je voudrais faire des choses qui ont été observées est de conduire le peuple ici présent, qui a été confié à mes soins pastoraux, à quelques réflexions, et de lui donner quelques conseils appropriés à notre situation présente, touchant ce qui a été fait récemment en vue de notre séparation, quant à la relation où nous avons été jusqu’ici les uns à l’égard des autres, mais dans l’attente de nous rencontrer les uns les autres devant le grand tribunal au jour du jugement.

La considération profonde et sérieuse de cette rencontre future, la plus solennelle de toutes, convient assurément au plus haut point à un moment comme celui-ci, puisqu’on vient tout récemment de faire ce qui, selon toute probabilité, sera suivi (quant à la relation où nous avons été jusqu’ici) d’une séparation éternelle.

Combien de fois nous sommes-nous réunis dans la maison de Dieu dans cette relation ! Combien de fois vous ai-je parlé, instruits, conseillés, avertis, dirigés et nourris, et ai-je administré les ordonnances parmi vous, comme au peuple qui avait été confié à mes soins, et dont les âmes précieuses m’avaient été remises en charge ! Mais selon toute probabilité, cela ne se reproduira jamais.

Le prophète Jérémie (chap. 25:3) rappelle au peuple combien de temps il avait travaillé parmi eux à l’œuvre du ministère : « Depuis la treizième année de Josias, fils d’Amon, roi de Juda, il y a vingt-trois ans que la parole de l’Éternel m’a été adressée; je vous ai parlé, je vous ai parlé dès le matin. » Je ne prétends pas me comparer au prophète Jérémie ; mais à cet égard je puis dire comme lui que « je vous ai annoncé la parole de Dieu jusqu’à la vingt-troisième année, vous parlant dès le matin ». Il y a eu vingt-trois ans, le 15 février dernier, que je travaille à l’œuvre du ministère, en qualité de pasteur de cette Église et de cette assemblée. Et bien que ma force n’ait été que faiblesse, ayant toujours peiné sous une grande infirmité de corps, outre mon insuffisance à d’autres égards pour une charge si considérable, je n’ai pourtant pas ménagé mes faibles forces, mais je les ai employées pour le bien de vos âmes. Je puis en appeler à vous, comme l’apôtre le fait à ses auditeurs, Galates 4:13, « Vous savez que ce fut à cause d’une infirmité de la chair que je vous ai pour la première fois annoncé l’Évangile. » J’ai dépensé la fleur de ma vie et de mes forces en travaux pour votre bien éternel. Vous m’êtes témoins que le peu de force que j’ai eu, je ne l’ai ni laissé se perdre dans l’oisiveté, ni dépensé à poursuivre des projets mondains et à gérer des affaires temporelles, pour l’avancement de ma fortune extérieure et l’élévation de moi-même et de ma famille ; mais que je me suis donné tout entier à l’œuvre du ministère, y travaillant nuit et jour, me levant de bonne heure et m’appliquant à cette grande tâche à laquelle Christ m’avait appelé. J’ai trouvé que l’œuvre du ministère parmi vous était en vérité une grande œuvre, une œuvre d’un soin, d’un labeur et d’une difficulté extrêmes : nombreux ont été les lourds fardeaux que j’y ai portés, et auxquels mes forces étaient bien inégales. Dieu m’a appelé à porter ces fardeaux ; et je bénis son nom de ce qu’il m’a soutenu de manière à m’empêcher d’y succomber, et de ce que sa puissance s’est en cela manifestée dans ma faiblesse ; de sorte que, bien que j’aie souvent été pressé de toute manière, je n’ai pourtant pas été réduit à l’extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; abattu, mais non perdu.

Mais maintenant j’ai lieu de penser que l’œuvre que j’avais à accomplir comme votre ministre est achevée : vous m’avez publiquement rejeté, et mes occasions prennent fin.

Combien donc il nous convient maintenant de considérer ce temps où nous devrons nous rencontrer les uns les autres devant le souverain pasteur ! Ce temps où je devrai rendre compte de mon administration, du service que j’ai rendu au peuple vers lequel il m’a envoyé, ainsi que de l’accueil et du traitement que j’ai reçus parmi lui ; et où vous devrez rendre compte de votre propre conduite envers moi et du profit que vous avez tiré de ces vingt-trois années de mon ministère. Car alors vous et moi devrons comparaître ensemble, et nous devrons l’un et l’autre rendre compte, afin qu’une sentence infaillible, juste et éternelle soit prononcée sur nous par celui qui nous jugera au sujet de tout ce que nous avons dit ou fait dans nos rencontres ici, de toute notre conduite les uns envers les autres, dans la maison de Dieu et ailleurs, les jours de sabbat et les autres jours ; qui sondera nos cœurs et manifestera nos pensées, ainsi que les principes et les dispositions de nos âmes ; qui nous jugera, avec la plus stricte impartialité, au sujet de toutes les controverses qui ont existé entre nous, et examinera la manière dont nous nous sommes traités les uns les autres dans ces controverses. Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu ; tout sera examiné dans la lumière scrutatrice et pénétrante de l’omniscience et de la gloire de Dieu, et par celui dont les yeux sont comme une flamme de feu ; et la vérité et le droit apparaîtront clairement, dépouillés de tout voile ; et toute erreur, toute fausseté, toute injustice et tout tort seront mis à nu, dépouillés de tout déguisement ; tout prétexte spécieux, toute chicane et tout faux raisonnement s’évanouiront en un instant, ne pouvant soutenir la lumière de ce jour-là. Et alors nos cœurs seront retournés, et leurs secrets apparaîtront plus clairement que ne le font aujourd’hui nos actions extérieures. Alors on verra quels sont les buts que nous avons poursuivis, quels ont été les principes dirigeants d’après lesquels nous avons agi, et quelles ont été les dispositions que nous avons manifestées dans nos disputes et nos débats ecclésiastiques. Alors on verra si j’ai agi avec droiture, et par un égard vraiment consciencieux et attentif pour mon devoir envers mon grand Seigneur et Maître, dans certaines controverses ecclésiastiques antérieures, qui ont été accompagnées de circonstances et de suites extrêmement malheureuses : on verra s’il y avait quelque juste motif au ressentiment qui s’est manifesté en ces occasions. Et alors notre grande controverse récente, touchant les qualifications nécessaires pour être admis aux privilèges des membres en pleine communion de l’Église visible de Christ, sera examinée et jugée dans toutes ses parties et toutes ses circonstances, et le tout sera mis dans une lumière claire, certaine et parfaite. Alors on verra si la doctrine que j’ai prêchée et publiée à ce sujet est la propre doctrine de Christ ; s’il ne la reconnaîtra pas comme l’une des précieuses vérités sorties de sa propre bouche, et ne la justifiera et ne l’honorera pas comme telle devant l’univers entier. Alors on verra ce que signifie « l’homme qui vient sans habit de noces » ; car c’est là le jour dont il est parlé en Matthieu 22:13, où un tel homme sera lié pieds et mains et jeté dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Et alors on verra si, en déclarant cette doctrine et en agissant conformément à elle, et dans ma conduite générale en cette affaire, j’ai été mû par quelque égard pour mon intérêt ou mon honneur temporels, ou par le désir de paraître plus sage que les autres ; ou si j’ai agi par quelque vue intéressée et mondaine que ce soit ; et si ce que j’ai fait ne l’a pas été par un égard attentif, strict et délicat pour la volonté de mon Seigneur et Maître, et parce que je n’osais pas l’offenser, étant convaincu de ce qu’était sa volonté, après une recherche longue, diligente, impartiale et accompagnée de prière ; ayant constamment ceci en vue et en perspective, qui me portait à une grande sollicitude de ne pas décider témérairement que la vérité était de ce côté de la question où je suis maintenant persuadé qu’elle se trouve : à savoir qu’une telle décision ne serait pas dans mon intérêt temporel, mais tout à fait contre lui, m’entraînant dans une longue suite de difficultés extrêmes et me plongeant dans un abîme de peine et de chagrin. Et alors on verra si mon peuple a fait son devoir envers son pasteur à cet égard ; s’il a montré une humeur et un esprit droits en cette occasion ; s’il m’a rendu justice en écoutant, en prêtant attention et en considérant ce que j’avais à dire pour prouver ce que je croyais et enseignais comme faisant partie du conseil de Dieu ; si j’ai été traité avec l’impartialité, la candeur et les égards que le juste Juge estimait dus ; et si, dans les nombreuses démarches qui ont été faites et les nombreuses choses qui ont été dites et faites au cours de cette controverse, la justice, la charité et la bienséance chrétienne ont été maintenues ; ou, s’il en a été autrement, à quel degré ces choses ont été violées. Alors chaque pas de la conduite de chacun de nous en cette affaire, du premier au dernier, et l’esprit que nous avons manifesté en tout, seront examinés et mis en lumière ; et nos propres consciences parleront clairement et hautement, et chacun de nous sera convaincu, et le monde saura ; et jamais plus, durant l’éternité, il n’y aura d’erreur, de fausse représentation ou de méprise au sujet de cette affaire.

Cette controverse est maintenant, selon toute probabilité, tranchée entre vous et moi pour ce qui est de ce monde ; elle a abouti à l’événement de l’avant-dernière semaine : mais elle doit recevoir une autre décision en ce grand jour, qui viendra certainement, où vous et moi nous rencontrerons ensemble devant le grand tribunal ; c’est pourquoi je la remets à ce temps-là, et n’en dirai pas davantage pour le présent.

Mais je voudrais maintenant m’adresser en particulier à plusieurs sortes de personnes.

I. À ceux qui, parmi nous, font profession de piété.

Je voudrais maintenant vous appeler à considérer sérieusement ce grand jour où vous devrez rencontrer celui qui a été jusqu’ici votre pasteur, devant le Juge dont les yeux sont comme une flamme de feu.

Je me suis efforcé, selon tout mon pouvoir, de sonder la parole de Dieu au sujet des marques distinctives de la vraie piété, celles par lesquelles les personnes pourraient le mieux discerner leur état et juger d’elles-mêmes le plus sûrement et le plus clairement. Et ces règles et ces marques, je vous les ai appliquées de temps à autre dans la prédication de la parole, de toute mon habileté, et de la manière la plus simple et la plus pénétrante dont j’aie été capable, afin de démasquer l’hypocrite abusé et d’affermir les espérances et les consolations des sincères. Et pourtant il est à craindre qu’après tout ce que j’ai fait, je ne laisse maintenant quelques-uns d’entre vous dans un état d’illusion et d’égarement ; car il n’est pas à supposer que, parmi plusieurs centaines de personnes qui font profession de piété, aucune ne soit abusée.

Désormais je n’aurai vraisemblablement plus l’occasion de prendre soin de vos âmes et d’en avoir la charge, de les examiner et de les sonder. Mais je vous conjure encore de vous souvenir des règles que je vous ai souvent exposées durant mon ministère et de les méditer, avec un égard solennel au jour à venir où vous et moi devrons nous rencontrer devant notre Juge ; où les exhortations à l’examen de soi-même que vous avez entendues de ma bouche seront répétées devant vous, où ces règles d’épreuve seront elles-mêmes éprouvées, et où l’on verra si elles étaient bonnes ou non ; où l’on verra aussi si vous les avez écoutées avec impartialité et si vous vous êtes éprouvés d’après elles ; et le Juge lui-même, qui est infaillible, nous éprouvera, vous et moi : et après cela, nul ne sera plus abusé sur l’état de son âme.

Je vous ai souvent rappelé que, quelles qu’aient été vos prétentions à des expériences, à des découvertes, à des consolations et à des joies, en ce jour-là chacun sera jugé selon ses œuvres ; et alors vous trouverez qu’il en est ainsi.

Puissiez-vous avoir un ministre d’une plus grande connaissance de la parole de Dieu, d’une meilleure intelligence des états des âmes, et d’une plus grande habileté à s’appliquer aux âmes, dont les discours soient plus pénétrants et plus convaincants ; afin que ceux d’entre vous qui ont persisté dans la tromperie sous ma prédication aient les yeux ouverts par la sienne ; afin que vous soyez détrompés avant ce grand jour.

Quels moyens et quels secours d’instruction et d’examen de vous-mêmes vous aurez désormais, c’est ce qui est incertain ; mais une chose est certaine, c’est que le temps est court, et que votre occasion de rectifier vos erreurs dans une affaire si importante prendra bientôt fin. Nous vivons dans un monde de grands changements. Un grand changement vient maintenant de s’accomplir ; vous vous êtes soustraits à mon ministère, sous lequel vous êtes demeurés pendant tant d’années : mais le temps vient, et il viendra bientôt, où vous passerez du temps dans l’éternité ; et ainsi vous sortirez de la portée de tous les moyens de grâce, quels qu’ils soient.

La plupart d’entre vous qui faites profession de piété m’avez (pour employer l’expression de l’apôtre) « reconnu en partie » : vous m’avez jusqu’ici reconnu pour votre père spirituel, l’instrument du plus grand bien qui soit ou puisse jamais être obtenu par aucun des enfants des hommes. Considérez ce jour où vous et moi nous rencontrerons devant notre Juge, où l’on examinera si vous avez reçu de moi le traitement qui est dû à des enfants spirituels, et si vous m’avez traité comme vous auriez dû traiter un père spirituel. De même que la relation d’un père selon la nature impose aux enfants de grandes obligations aux yeux de Dieu, ainsi, à bien des égards, la relation d’un père spirituel impose-t-elle des obligations bien plus grandes à ceux qui pensent que Dieu a fait de lui l’instrument de leur conversion et de leur salut éternel : 1 Corinthiens 4:15. « Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Évangile. »

II. Maintenant que je prends congé de ce peuple, je voudrais m’adresser à ceux d’entre eux que je laisse dans un état sans Christ et sans grâce ; et je voudrais les appeler à considérer sérieusement ce jour solennel où eux et moi devrons nous rencontrer devant le Juge du monde.

Ma séparation d’avec vous est, à certains égards, une séparation particulièrement triste, en ce que je vous laisse dans des circonstances très tristes ; car je vous laisse dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité, tandis que la colère de Dieu demeure sur vous et que vous restez sous la condamnation à une misère et à une destruction éternelles. Puisqu’il faut que je vous quitte, c’eût été une circonstance consolante et heureuse de notre séparation si je vous avais laissés en Christ, en sûreté et bienheureux dans ce sûr refuge et ce glorieux repos des saints. Mais il en est autrement. Je vous laisse au loin, étrangers et gens du dehors, misérables sujets et captifs du péché et de Satan, et prisonniers de la justice vengeresse ; sans Christ et sans Dieu dans le monde.

Vos consciences me rendent témoignage que, tandis que j’en avais l’occasion, je n’ai cessé de vous avertir et de mettre votre danger devant vos yeux. Je me suis appliqué à représenter la misère et l’urgence de votre situation de la manière la plus claire possible. J’ai essayé tous les moyens que j’ai pu imaginer propres à réveiller vos consciences, et à vous faire sentir la nécessité de mettre à profit votre temps, de vous hâter de fuir la colère à venir et d’user sans réserve des moyens de votre délivrance et de votre salut. Je me suis diligemment efforcé de découvrir et d’employer les motifs les plus puissants pour vous persuader de prendre soin de votre propre bien et de votre salut. Je ne me suis pas seulement efforcé de vous réveiller, afin que vous fussiez émus de crainte, mais j’ai fait tous mes efforts pour vous gagner : j’ai cherché des paroles agréables, afin de vous amener, s’il était possible, à abandonner le péché, à vous tourner vers Dieu et à accepter Christ comme votre Sauveur et votre Seigneur. J’ai beaucoup dépensé mes forces à ces choses. Et pourtant, à l’égard de vous à qui je parle maintenant, je n’ai pas réussi ; mais j’ai aujourd’hui lieu de me plaindre en ces paroles, Jérémie 6:29 : « Le soufflet est brûlant, Le plomb est consumé par le feu; C’est en vain qu’on épure, Les scories ne se détachent pas. » Il est à craindre que tous mes travaux, à l’égard de beaucoup d’entre vous, n’aient servi à rien d’autre qu’à vous endurcir ; et que la parole que j’ai prêchée, au lieu d’être une odeur de vie, donnant la vie, n’ait été une odeur de mort, donnant la mort. Bien que je n’aie plus désormais à rendre compte, comme d’un dépôt qui m’aurait été confié, de ceux qui ont ouvertement et résolument renoncé à mon ministère, souvenez-vous pourtant que vous devez rendre compte vous-mêmes du soin que vous prenez de vos propres âmes, et du profit que vous tirez de tous les moyens passés et futurs, durant toute votre vie. Dieu seul sait ce que deviendront vos pauvres âmes qui périssent, de quels moyens vous jouirez désormais, ou à quels désavantages et à quelles tentations vous serez exposés. Que Dieu, dans sa miséricorde, vous accorde, si inutiles qu’aient été tous les moyens passés, des moyens futurs qui aient un effet nouveau ; et que la parole de Dieu, telle qu’elle vous sera dispensée à l’avenir, se montre comme un feu et comme un marteau qui brise le roc. Quoi qu’il en soit, laissez-moi maintenant, au moment de la séparation, vous exhorter et vous supplier de ne pas oublier entièrement les avertissements que vous avez reçus sous mon ministère. Quand vous et moi nous rencontrerons au jour du jugement, alors vous vous en souviendrez : la vue de moi, votre ancien ministre, en cette occasion, les fera bientôt revivre dans votre mémoire, et cela d’une manière très saisissante. Oh ! ne laissez pas ce moment être la première fois qu’ils revivent ainsi.

Vous et moi nous séparons maintenant l’un de l’autre quant à ce monde ; travaillons à ne pas être séparés après notre rencontre au dernier jour. Si j’ai été votre fidèle pasteur (ce qui apparaîtra en ce jour-là, que je l’aie été ou non), alors je serai absous et je monterai avec Christ. Oh ! faites votre part, afin qu’en ce cas il n’en soit pas ainsi, que vous soyez forcés de vous séparer éternellement de moi et de tous ceux qui ont été fidèles en Jésus-Christ. C’est une séparation douloureuse que celle qui a lieu maintenant entre vous et moi ; mais celle-là serait pour vous plus douloureuse que celle-ci. Celle-ci, vous pouvez peut-être la supporter sans en être beaucoup affectés, si même vous n’en êtes pas contents ; mais une telle séparation en ce jour-là vous affectera de la manière la plus profonde, la plus sensible et la plus terrible.

III. Je voudrais m’adresser à ceux qui éprouvent quelque réveil de conscience.

Béni soit Dieu de ce qu’il y en a quelques-uns, et de ce que (bien que j’aie lieu de craindre de laisser une multitude, dans cette grande assemblée, dans un état sans Christ) je ne les laisse pourtant pas tous dans une totale stupidité et une totale insouciance à l’égard de leurs âmes. Quelques-uns d’entre vous, que j’ai lieu d’espérer touchés de quelque réveil, m’ont fait connaître leur situation ; ce qui tend à me faire prendre congé de vous, maintenant que je vous quitte, avec une sollicitude particulière à votre égard. Quelle sera l’issue de l’exercice présent de votre âme, je ne le sais pas : mais on le saura en ce jour-là, quand vous et moi nous rencontrerons devant le tribunal de Christ. C’est pourquoi méditez beaucoup, dès maintenant, sur ce jour-là.

Maintenant que je me sépare de ce troupeau, je voudrais vous presser encore une fois de suivre les conseils que je vous ai donnés jusqu’ici : de prendre garde d’être superficiels dans une affaire si importante, d’y être entiers et vraiment sérieux, de vous garder de rétrograder, de tenir ferme et de persévérer jusqu’à la fin. Et criez puissamment à Dieu, afin que ces grands changements qui passent sur cette Église et sur cette assemblée ne causent pas votre chute. Il y a en eux une grande tentation ; et le diable cherchera sans doute à en tirer avantage, pour faire avorter, s’il le peut, vos convictions et vos efforts présents. Vous avez besoin de redoubler de diligence, de veiller et de prier, de peur d’être vaincus par la tentation.

Quel que soit celui qui sera désormais votre guide spirituel, mon désir et ma prière sont que le grand pasteur des brebis ait pour vous un égard particulier et soit votre guide (car nul n’enseigne comme lui), et que celui qui est la source infinie de la lumière « vous ouvre les yeux, pour que vous passiez des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour que vous receviez le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés, par la foi qui est en Christ » ; afin qu’ainsi, en ce grand jour où je vous retrouverai devant votre Juge et le mien, nous nous rencontrions dans des circonstances joyeuses et glorieuses, pour n’être plus jamais séparés.

IV. Je voudrais m’adresser aux jeunes gens de l’assemblée.

Depuis que je suis établi dans l’œuvre du ministère en ce lieu, j’ai toujours eu une sollicitude particulière pour les âmes des jeunes gens, et le désir que la religion fleurisse parmi eux ; et je me suis surtout employé à cette fin, parce que je savais l’occasion particulière qu’ils avaient au-dessus des autres, et qu’ordinairement ceux à qui Dieu destinait sa miséricorde étaient amenés à le craindre et à l’aimer dans leur jeunesse. Et il m’a toujours paru particulièrement aimable de voir des jeunes gens marcher dans les voies de la vertu et de la piété chrétienne, le cœur purifié et adouci par un principe d’amour divin. Et il m’a paru extrêmement beau, et propre à contribuer grandement à l’ornement et au bonheur de la ville, que les jeunes gens pussent être persuadés, lorsqu’ils se réunissent, de converser en chrétiens et en enfants de Dieu ; évitant l’impureté, la légèreté et l’extravagance ; s’en tenant strictement aux règles de la vertu, et s’entretenant ensemble des choses de Dieu, de Christ et du ciel. Voilà ce que j’ai désiré ardemment ; et il m’a été extrêmement douloureux d’entendre parler de vice, de vanité et de désordre parmi notre jeunesse. Et autant que je connais mon propre cœur, c’est de là que j’ai autrefois conduit cette Église à prendre certaines mesures pour réprimer le vice parmi nos jeunes gens, mesures qui causèrent un si grand scandale, et par lesquelles je devins si odieux. J’ai cherché le bien, et non le mal, de nos jeunes gens. J’ai désiré leur honneur et leur bonheur les plus vrais, et non leur opprobre ; sachant que la vraie vertu et la vraie religion tendaient non seulement à la gloire et à la félicité des jeunes gens dans un autre monde, mais aussi à leur plus grande paix et à leur plus grande prospérité, à leur plus haute dignité et à leur plus grand honneur dans ce monde-ci ; et, par-dessus tout, à adoucir et à rendre agréables et délicieux les jours mêmes de la jeunesse.

Mais, que je vous aie plus ou moins aimés et que j’aie plus ou moins cherché votre bien, Dieu, dans sa providence, m’appelant maintenant à me séparer de vous, je remets vos âmes à celui qui m’en avait autrefois confié la charge pastorale, et il ne me reste plus (maintenant que je prends congé de vous) qu’à vous supplier instamment, par amour pour vous-mêmes, si vous n’en avez point pour moi, de ne pas mépriser ni oublier les avertissements et les conseils que je vous ai si souvent donnés ; vous souvenant du jour où vous et moi devrons nous retrouver devant le grand juge des vivants et des morts ; où l’on verra si les choses que je vous ai enseignées étaient vraies, si les conseils que je vous ai donnés étaient bons, si j’ai sincèrement cherché votre bien, et si vous avez bien profité de mes efforts.

Je vous ai, de temps à autre, sérieusement mis en garde contre les folâtreries (comme on les appelle) et contre quelques autres libertés que prennent communément les jeunes gens dans le pays. Et quoi que certains puissent dire pour justifier de telles libertés et de telles coutumes, et bien qu’ils puissent se moquer des avertissements donnés contre elles, je vous laisse maintenant mon témoignage d’adieu contre de telles choses ; ne doutant pas que Dieu ne l’approuve et ne le confirme en ce jour où nous nous rencontrerons devant lui.

V. Je voudrais m’adresser aux enfants de l’assemblée, les agneaux de ce troupeau, qui ont été si longtemps confiés à mes soins.

Je viens de dire que j’ai eu une sollicitude particulière pour les jeunes gens ; et en le disant, je n’entendais pas vous en exclure. Vous êtes dans la jeunesse, et dans la toute première jeunesse : c’est pourquoi j’ai bien senti que, si ceux qui étaient jeunes avaient une précieuse occasion pour le bien de leurs âmes, vous qui êtes très jeunes aviez, à bien des égards, une occasion particulièrement précieuse. Aussi ne vous ai-je pas négligés : je me suis efforcé de remplir le rôle d’un fidèle berger, en paissant les agneaux aussi bien que les brebis. Christ m’a autrefois confié le soin de vos âmes comme votre ministre ; et vous savez, chers enfants, comment je vous ai instruits et avertis de temps à autre ; vous savez combien de fois je vous ai réunis dans ce but ; et quelques-uns d’entre vous, parfois, ont semblé touchés de ce que je vous disais. Mais je crains que cela n’ait eu aucun effet salutaire pour beaucoup d’entre vous ; que vous ne demeuriez encore dans un état non converti, sans qu’aucune œuvre réelle et salutaire ait été accomplie dans vos âmes, qui vous convainque entièrement de votre péché et de votre misère, qui vous fasse voir le grand mal du péché, vous en affliger et le haïr par-dessus toutes choses, et qui vous donne le sentiment de l’excellence du Seigneur Jésus-Christ, vous amenant à vous attacher à lui de tout votre cœur comme à votre Sauveur, détachant vos cœurs du monde, et vous faisant aimer Dieu par-dessus tout et prendre plaisir à la sainteté plus qu’à toutes les choses agréables de cette terre ; et qu’ainsi je ne vous laisse maintenant dans un état misérable, n’ayant aucune part en Christ, et par conséquent sous le terrible déplaisir et la colère de Dieu, et en danger de descendre dans la fosse de la misère éternelle.

Mais maintenant il faut que je vous dise adieu : il faut que je vous laisse entre les mains de Dieu ; je ne puis rien faire de plus pour vous que de prier pour vous. Seulement, je vous demande de ne pas oublier, mais de penser souvent aux conseils et aux avertissements que je vous ai donnés, et aux efforts que j’ai employés afin que vos âmes soient sauvées de la destruction éternelle.

Chers enfants, je vous laisse dans un monde mauvais, plein de pièges et de tentations. Dieu seul sait ce que vous deviendrez. L’Écriture nous a dit qu’il n’y a que peu de gens qui soient sauvés ; et nous en avons une abondante confirmation dans ce que nous voyons. Nous voyons que les enfants meurent aussi bien que les autres : une multitude meurent avant d’avoir grandi ; et parmi ceux qui grandissent, relativement peu donnent jamais une preuve satisfaisante d’une conversion salutaire à Dieu. Je prie Dieu d’avoir pitié de vous, de prendre soin de vous et de vous procurer les meilleurs moyens pour le bien de vos âmes ; et je le prie de vouloir lui-même se charger de vous, pour être votre Père céleste et le puissant Rédempteur de vos âmes immortelles. Ne négligez pas de prier pour vous-mêmes : prenez garde de n’être pas du nombre de ceux qui rejettent la crainte et retiennent la prière devant Dieu. Priez Dieu constamment dans le secret ; et souvenez-vous souvent de ce grand jour où vous devrez comparaître devant le tribunal de Christ, et y rencontrer votre ministre, qui vous a si souvent conseillés et avertis.

Je termine par quelques mots de conseil à tous en général, sur quelques points particuliers qui sont d’une grande importance pour le bien et la prospérité de cette Église et de cette assemblée.

1. Une chose qui vous importe grandement, si vous voulez être un peuple heureux, c’est le maintien de l’ordre dans les familles.

Nous avons eu de grandes disputes sur la manière dont l’Église doit être réglée ; et en vérité le sujet de ces disputes était d’une grande importance : mais le bon règlement de vos familles n’est pas d’une moindre importance, et, à certains égards, il l’est beaucoup plus. Toute famille chrétienne doit être pour ainsi dire une petite Église, consacrée à Christ et entièrement animée et gouvernée par ses règles. Et l’éducation et l’ordre dans la famille comptent parmi les principaux des moyens de grâce. Si ceux-ci font défaut, tous les autres moyens risquent de demeurer sans effet. S’ils sont dûment maintenus, tous les moyens de grâce auront chance de prospérer et de porter fruit.

Permettez-moi donc maintenant, une fois encore, avant de cesser définitivement de parler à cette assemblée, de répéter et de presser instamment le conseil que j’ai souvent donné ici aux chefs de famille, tandis que j’étais leur pasteur : d’apporter un grand soin à enseigner, à avertir et à diriger leurs enfants ; à les élever en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur ; à commencer de bonne heure, là où il en est encore temps, et à entretenir une diligence constante dans les travaux de ce genre ; en se souvenant que, si vous ne voulez pas que toutes vos instructions et tous vos conseils restent sans effet, il faut qu’il y ait un gouvernement aussi bien que des instructions, et que ce gouvernement soit maintenu d’une main égale et avec une résolution ferme, comme une garde pour la religion et les mœurs de la famille et comme le soutien de son bon ordre. Prenez garde qu’il n’en soit de quelqu’un d’entre vous comme d’Éli autrefois, qui reprenait ses enfants mais ne les réprimait pas ; et que, par ce moyen, vous n’attiriez sur vos familles une malédiction semblable à celle qu’il attira sur la sienne.

Et que les enfants obéissent à leurs parents, qu’ils se rendent à leurs instructions et se soumettent à leurs ordres, s’ils veulent hériter d’une bénédiction et non d’une malédiction. Car nous avons lieu de penser, d’après bien des choses dans la parole de Dieu, que rien ne tend davantage à attirer une malédiction sur les personnes en ce monde, et sur toutes leurs affaires temporelles, qu’une conduite indocile, insoumise et désordonnée des enfants envers leurs parents.

2. Si vous voulez rechercher la prospérité future de cette société, il est d’une très grande importance que vous évitiez les contestations.

Un peuple querelleur sera un peuple misérable. Les contestations qui ont existé parmi vous depuis que je suis devenu votre pasteur ont été l’un des plus lourds fardeaux sous lesquels j’aie peiné au cours de mon ministère : non seulement les contestations que vous avez eues avec moi, mais celles que vous avez eues les uns avec les autres au sujet de vos terres et d’autres intérêts ; car je savais que la contestation, l’emportement, la médisance et les choses de même nature étaient directement contraires à l’esprit du christianisme, et tendaient d’une manière particulière à chasser l’Esprit de Dieu d’un peuple et à rendre inefficaces tous les moyens de grâce, aussi bien qu’à détruire le bien-être et la prospérité extérieurs d’un peuple.

Permettez-moi donc de vous exhorter instamment, si vous voulez rechercher votre propre bien dans l’avenir, à veiller contre un esprit de contestation. Si vous voulez voir des jours heureux, recherchez la paix et poursuivez-la, 1 Pierre 3:10, 11. Que la contestation qui s’est élevée dernièrement au sujet des conditions de la communion chrétienne, de même qu’elle a été la plus grande de vos contestations, en soit aussi la dernière. Je voudrais, maintenant que je prêche mon sermon d’adieu, vous dire, comme l’apôtre aux Corinthiens, 2 Corinthiens 13:11, 12 : « Au reste, frères, soyez dans la joie, perfectionnez-vous, ayez un même sentiment, vivez en paix; et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous. »

Et ici je voudrais particulièrement conseiller à ceux qui m’ont soutenu dans la récente controverse de veiller sur leur esprit et d’éviter toute amertume envers les autres. Vos tentations sont, à certains égards, les plus grandes, parce que ce qui a été fait dernièrement vous est douloureux. Mais quelque tort que vous puissiez penser que d’autres ont eu, conservez, avec une grande diligence et une grande vigilance, une douceur chrétienne et une tranquillité d’esprit ; et efforcez-vous, à cet égard, de surpasser ceux qui sont du parti contraire. Et ce sera là la meilleure victoire : car « celui qui est maître de lui-même vaut mieux que celui qui prend des villes ». Que rien donc ne se fasse par esprit de parti ou par vaine gloire. Ne donnez accès en aucune manière à un esprit de vengeance ; mais veillez et priez contre lui ; et, par tous les moyens en votre pouvoir, recherchez la prospérité de la ville : et ne pensez jamais vous conduire comme il convient à des chrétiens, sinon lorsque vous aimez sincèrement, sensiblement et ardemment tous les hommes, de quelque parti ou de quelque opinion qu’ils soient, qu’ils soient bienveillants ou malveillants, justes ou injustes envers vous ou vos amis, ou envers la cause et le royaume de Christ.

3. Une autre chose qui importe extrêmement à la prospérité future de cette ville, c’est que vous veilliez contre les empiétements de l’erreur ; et particulièrement contre l’arminianisme et les doctrines de même tendance.

Beaucoup d’entre vous, je m’en souviens bien, furent très alarmés, il y a près de seize ans, par la crainte de voir prévaloir ces principes corrompus. Mais le danger était alors petit en comparaison de ce qu’il paraît maintenant. Ces doctrines sont aujourd’hui beaucoup plus répandues qu’elles ne l’étaient alors : les progrès qu’elles ont faits dans le pays au cours de ces sept années semblent avoir été bien plus grands qu’en aucun autre temps d’une égale durée auparavant ; et elles continuent de prévaloir et de s’insinuer dans presque toutes les parties du pays, menaçant de ruiner entièrement le crédit des doctrines qui sont la gloire propre de l’Évangile, ainsi que les intérêts de la piété vivante. Et j’ai remarqué depuis peu parmi vous-mêmes certaines choses qui montrent que vous êtes loin d’être hors de danger, mais qu’au contraire vous y êtes remarquablement exposés. Les personnes plus âgées pensent peut-être être suffisamment fortifiées contre la contagion ; mais il convient que tous se gardent de la présomption et de la sécurité charnelle, et se souviennent de ces avertissements nécessaires de l’Écriture sainte : « Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains » ; et « que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ». Mais qu’il en soit ce qu’on voudra des personnes plus âgées, la génération qui s’élève est sans aucun doute grandement exposée. Ces principes plaisent extrêmement à la nature corrompue, et les jeunes gens, du moins ceux dont le cœur n’est pas affermi par la grâce, s’y laissent aisément entraîner.

Et si ces principes venaient à prévaloir grandement dans cette ville, comme ils l’ont fait tout récemment dans une autre grande ville que je pourrais nommer, autrefois très renommée pour sa religion, et cela pendant longtemps, ils menaceraient ce peuple d’une ruine spirituelle et éternelle, dans les générations présentes et futures. C’est pourquoi vous avez besoin, à cet égard, du soin et de la vigilance les plus grands et les plus diligents.

4. Une autre chose que je voudrais vous conseiller, afin que vous soyez désormais un peuple prospère, c’est de vous adonner beaucoup à la prière.

Dieu est la source de toute bénédiction et de toute prospérité, et il veut être recherché pour sa bénédiction. Je voudrais donc vous conseiller non seulement d’être constants dans la prière secrète et dans la prière en famille, et dans le culte public de Dieu dans sa maison, mais aussi de vous réunir souvent en sociétés particulières de prière. Je voudrais conseiller à tous ceux qui s’attristent sur la ruine de Joseph et qui sont sensiblement touchés des calamités de cette ville, quelle que soit leur opinion au sujet de notre récente controverse, de se réunir souvent pour prier, et de crier à Dieu afin qu’il fasse miséricorde à eux-mêmes, miséricorde à cette ville, et miséricorde à Sion et au peuple de Dieu en général dans le monde entier.

5. Le dernier article de conseil que je voudrais vous donner (et qui importe sans doute grandement à votre prospérité), c’est que vous preniez grand soin, en ce qui touche l’établissement d’un ministre, d’examiner qui est celui que vous établissez, et quelle sorte d’homme il est ; et particulièrement sous ces deux rapports :

(1) Qu’il soit un homme de principes parfaitement sains dans le système de doctrine qu’il soutient.

C’est de quoi vous aurez le plus grand besoin, surtout en un temps de corruption tel que celui-ci. Et pour en obtenir un tel, il vous faudra user d’un soin et d’une prudence extraordinaires. Je connais le danger. Je connais la manière de beaucoup de jeunes messieurs aux principes corrompus, leurs façons de se dissimuler, les beaux déguisements spécieux qu’ils ont coutume de revêtir, par lesquels ils trompent les autres, afin de maintenir leur propre crédit, de s’insinuer dans la confiance d’autrui et de se faire employer, et d’assurer et d’établir leur propre intérêt, jusqu’à ce qu’ils voient une occasion favorable pour commencer à divulguer et à propager plus ouvertement leurs opinions corrompues.

(2) Efforcez-vous d’obtenir un homme qui ait une réputation établie de personne d’une religion sérieuse et d’une piété fervente.

Il est d’une très grande importance que ceux qui sont établis dans cette œuvre soient des hommes d’une vraie piété, en tout temps et en tous lieux ; mais plus particulièrement en certains temps, et dans certaines villes et certaines Églises. Et le temps présent, qui est un temps où la religion est en danger par tant de corruptions dans la doctrine et dans la pratique, est d’une manière particulière un jour où de tels ministres sont nécessaires. Rien d’autre que la piété sincère du cœur ne mérite qu’on s’y fie, en un temps comme celui-ci, comme sauvegarde pour un jeune homme qui entre à peine dans le monde contre la contagion qui prévaut, ou pour l’engager pleinement dans des efforts appropriés et fructueux pour résister et s’opposer au torrent de l’erreur et des préjugés contre les doctrines élevées, mystérieuses et évangéliques de la religion de Jésus-Christ, et contre leurs effets authentiques dans la vraie religion d’expérience. Et ce lieu est un lieu qui a particulièrement besoin d’un tel ministre, pour des raisons évidentes à tous.

Si vous veniez à établir un ministre qui ne connût rien véritablement de Christ et de la voie du salut par lui, rien par expérience de la nature de la religion vivante, hélas ! combien vous seriez exposés, comme des brebis qui n’ont point de berger ! Il faut ici, en ce lieu, un homme qui soit éminemment propre à se tenir à la brèche et à relever la clôture, et qui soit comme le char d’Israël et sa cavalerie. Il vous faut un homme qui se tienne comme un champion dans la cause de la vérité et de la puissance de la piété.

Ayant brièvement mentionné ces importants articles de conseil, il ne me reste plus qu’à prendre maintenant congé de vous, et à vous dire à tous adieu, en souhaitant et en demandant dans mes prières votre plus grande prospérité. Je voudrais maintenant recommander vos âmes immortelles à celui qui me les avait autrefois confiées, attendant le jour où je devrai vous retrouver devant celui qui est le juge des vivants et des morts. Je désire ne jamais oublier ce peuple, qui a été si longtemps ma charge particulière, et ne jamais cesser de prier ardemment pour votre prospérité. Que Dieu vous bénisse en vous donnant un pasteur fidèle, qui connaisse bien sa pensée et sa volonté, qui avertisse pleinement les pécheurs, qui sonde avec sagesse et habileté ceux qui font profession de piété, et qui vous conduise dans le chemin de la félicité éternelle. Puissiez-vous voir véritablement une lampe qui brûle et qui luit placée sur ce chandelier ; et puissiez-vous, non seulement pour un temps, mais durant toute sa vie, et que ce soit une longue vie, vouloir vous réjouir à sa lumière.

Et que l’on se souvienne de moi dans les prières de tout le peuple de Dieu, de tous ceux qui sont d’un esprit calme, et qui sont paisibles et fidèles en Israël, quelle que soit leur opinion au sujet des conditions de la communion de l’Église.

Et souvenons-nous tous, et n’oublions jamais, de notre future et solennelle rencontre en ce grand jour du Seigneur ; le jour de la décision infaillible et de la sentence éternelle et immuable. Amen.


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