Chapitre 7 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
Le secours de l’orphelin
« Tu regardes cependant, car tu vois la peine et la souffrance, Pour prendre en main leur cause ; C’est à toi que s’abandonne le malheureux, C’est toi qui viens en aide à l’orphelin. » — Psaume 10:14
À la fin des années 1830, des Yorubas libérés qui vivaient en Sierra Leone reprirent la mer pour rentrer chez eux, et découvrirent que leur peuple dispersé avait bâti une ville nouvelle, Abeokuta, au milieu d’immenses rochers de granit. Certains d’entre eux étaient chrétiens, et ils demandèrent des missionnaires. En août 1846, après dix-huit mois bloqué sur la côte, Crowther entra à pied dans Abeokuta.
Il y était depuis moins de trois semaines quand arriva une nouvelle qu’il avait peine à croire. Sa mère était vivante, et habitait avec ses sœurs dans une ville voisine. Il la fit chercher. Le 21 août 1846, il écrivit dans son journal :
« Le texte du jour, dans l’Almanach chrétien, est : “C’est toi qui viens en aide à l’orphelin.” Jamais je n’ai senti la force de ce texte plus qu’aujourd’hui, car je dois raconter que ma mère, dont j’ai été arraché il y a quelque vingt-cinq ans, est venue avec mon frère à ma recherche. Quand elle m’a vu, elle s’est mise à trembler. Elle n’en croyait pas ses yeux. Nous nous sommes saisis l’un l’autre, nous regardant en silence, dans un grand étonnement, tandis que de grosses larmes roulaient sur ses joues amaigries. »
Elle lui tenait la main et l’appelait par les petits noms que lui donnait autrefois sa grand-mère. « Nous ne pouvions pas dire grand-chose, écrivit-il, mais nous restions assis sans bouger, échangeant bien des regards affectueux, des regards que la violence et l’oppression avaient longtemps étouffés. » Ses deux sœurs, capturées avec lui tant d’années auparavant, étaient vivantes elles aussi. « J’avais perdu tout espoir, et maintenant, après une séparation de vingt-cinq ans, sans aucun plan ni dessein de ma part, nous étions de nouveau réunis. »
Son histoire à elle était terrible. Pendant une grande partie de ces vingt-cinq ans, elle avait été esclave. D’après un récit de famille, elle avait été enlevée et vendue plus d’une fois, jusqu’à ce qu’une de ses filles réunisse assez de cauris pour la racheter. Elle était maintenant vieille et maigre, et son fils lui revenait pasteur, avec un message sur un Dieu qu’elle ne connaissait pas. Au début, elle adorait encore les anciens dieux, et croyait que l’esprit de son mari défunt lui avait ramené son fils. Puis elle tomba malade, et lui dit ensuite : « Toute mon espérance est dans le Seigneur Jésus-Christ, que je sers maintenant. » En février 1848, elle fut baptisée et prit le nom de Hannah — Anne, dans les Bibles françaises —, la mère du prophète Samuel.
Quand il la prévint que son travail l’obligerait à voyager, elle répondit : « Tu n’es plus mon fils, mais le serviteur de Dieu, dont tu dois faire l’œuvre sans t’inquiéter pour moi. » Elle vécut encore environ trente-sept ans. Quand elle était mourante, en 1883, alors que son fils se trouvait loin en amont sur le Niger, elle demanda à sa petite-fille de ne pas lui écrire pour ne pas l’inquiéter.
Le Psaume 10 n’est pas un psaume doux. Il est en colère contre les violents et les oppresseurs qui attirent les pauvres dans leurs filets. « Tu regardes », dit-il à Dieu. Tout est là : Dieu voit. Il a vu les pillards et les marchands d’esclaves. Il n’a pas oublié un garçon arraché à sa mère, ni la mère qui l’avait perdu. Et parfois, « sans aucun plan ni dessein » de notre part, il nous rend ce que nous croyions perdu pour toujours.
Une chose à faire cette semaine : si quelqu’un dans ta vie est « orphelin » d’une manière ou d’une autre — seul, en deuil, coupé de sa famille —, fais quelque chose de concret pour lui cette semaine : un message, un repas, une invitation, ton temps. Sois une partie de la façon dont Dieu vient en aide à l’orphelin.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Combien de temps Crowther et sa mère ont-ils été séparés, et comment se sont-ils retrouvés ?
Environ vingt-cinq ans. Quelques semaines après son arrivée à Abeokuta en 1846, il apprit qu’elle était vivante dans une ville voisine et la fit chercher. Il dit que cela arriva « sans aucun plan ni dessein de ma part ».
Qu’a dit sa mère quand il lui a annoncé que son travail le tiendrait éloigné ?
« Tu n’es plus mon fils, mais le serviteur de Dieu, dont tu dois faire l’œuvre sans t’inquiéter pour moi. »
Pourquoi est-il important que le Psaume 10 dise « Tu regardes » ?
Parce qu’il promet que Dieu voit l’injustice et la souffrance des sans-défense et ne les oublie pas ; c’est ainsi que Crowther comprit le jour où sa mère revint.
Chapitre 7 terminé
Le secours de l’orphelin