Chapitre 7 · 6 min de lecture · 8 min d’écoute
Il faut donner beaucoup de temps à la prière
Les grands maîtres et docteurs de la doctrine chrétienne ont toujours trouvé dans la prière leur plus haute source de lumière. Pour ne pas sortir des limites de l’Église d’Angleterre, on rapporte que l’évêque Andrewes passait chaque jour cinq heures à genoux. Les plus grandes résolutions pratiques qui ont enrichi et embelli la vie humaine dans les temps chrétiens ont été prises dans la prière. — Le chanoine Liddon
BIEN que beaucoup de prières personnelles doivent, par la nature même des choses, être courtes ; bien que les prières publiques doivent, en règle générale, être brèves et concises ; bien qu’il y ait amplement place pour l’oraison jaculatoire, et qu’on lui reconnaisse un grand prix — dans nos communions personnelles avec Dieu, le temps n’en est pas moins un élément essentiel de leur valeur. Beaucoup de temps passé avec Dieu, voilà le secret de toute prière qui obtient. La prière que l’on sent comme une force puissante est le fruit, médiat ou immédiat, de beaucoup de temps passé avec Dieu. Nos prières courtes doivent leur pointe et leur efficacité aux longues prières qui les ont précédées. La courte prière victorieuse ne peut être faite par celui qui n’a pas été vainqueur avec Dieu dans une lutte plus puissante et de longue durée. Jacob n’aurait pu remporter la victoire de la foi sans cette lutte d’une nuit entière. On ne fait pas la connaissance de Dieu par des visites en coup de vent. Dieu n’accorde pas ses dons à ceux qui vont et viennent en passant, à la hâte. Être beaucoup seul avec Dieu, voilà le secret pour le connaître et pour avoir de l’influence auprès de lui. Il cède à la persévérance d’une foi qui le connaît. Il accorde ses dons les plus riches à ceux qui déclarent combien ils désirent et apprécient ces dons, par la constance autant que par l’ardeur de leur insistance. Christ, qui en cela comme en d’autres choses est notre modèle, passa bien des nuits entières en prière. Il avait coutume de beaucoup prier. Il avait son lieu habituel de prière. De nombreux et longs temps de prière composent son histoire et son caractère. Paul priait nuit et jour. Prier trois fois par jour prenait à Daniel du temps sur des intérêts fort importants. Les prières de David, le matin, à midi et le soir, furent sans doute bien des fois très prolongées. Bien que nous n’ayons aucun récit précis du temps que ces saints de la Bible passaient en prière, tout indique qu’ils y consacraient beaucoup de temps, et qu’en certaines occasions de longs temps de prière étaient leur habitude.
Nous ne voudrions pas que quelqu’un pense que la valeur de leurs prières doit se mesurer à l’horloge ; mais notre dessein est de bien imprimer dans nos esprits la nécessité d’être beaucoup seul avec Dieu, et de montrer que, si notre foi n’a pas produit ce trait, notre foi est d’une espèce faible et superficielle.
Les hommes qui ont le plus pleinement reflété Christ dans leur caractère, et qui ont le plus puissamment agi sur le monde pour lui, ont été des hommes qui passaient tant de temps avec Dieu que c’en était un trait marquant de leur vie. Charles Simeon consacrait à Dieu les heures de quatre à huit heures du matin. M. Wesley passait chaque jour deux heures en prière. Il commençait à quatre heures du matin. Quelqu’un qui le connaissait bien a écrit à son sujet : « Il considérait la prière comme son affaire, plus que toute autre chose, et je l’ai vu sortir du lieu secret de la prière avec un visage d’une sérénité presque rayonnante. » John Fletcher tacha les murs de sa chambre du souffle de ses prières. Il lui arrivait de prier toute la nuit ; toujours, fréquemment, et avec une grande ardeur. Toute sa vie fut une vie de prière. « Je ne voudrais pas me lever de mon siège, disait-il, sans élever mon cœur à Dieu. » Il saluait toujours un ami par ces mots : « Est-ce en prière que je vous trouve ? » Luther disait : « Si je manque de passer deux heures en prière chaque matin, le diable remporte la victoire pendant la journée. J’ai tant à faire que je ne puis m’en tirer sans passer trois heures par jour en prière. » Il avait pour devise : « Qui a bien prié a bien étudié. »
L’archevêque Leighton était tellement seul avec Dieu qu’il semblait plongé dans une méditation perpétuelle. « La prière et la louange étaient son affaire et son plaisir », dit son biographe. L’évêque Ken était tant avec Dieu que son âme, disait-on, était éprise de Dieu. Il était avec Dieu chaque matin avant que l’horloge eût sonné trois heures. L’évêque Asbury disait : « Je me propose de me lever à quatre heures aussi souvent que je le pourrai, et de passer deux heures en prière et en méditation. » Samuel Rutherford, dont la piété répand encore un riche parfum, se levait à trois heures du matin pour rencontrer Dieu dans la prière. Joseph Alleine se levait à quatre heures pour vaquer à son métier de prière jusqu’à huit heures. S’il entendait d’autres artisans à l’ouvrage avant qu’il fût levé, il s’écriait : « Oh ! que cela me fait honte ! Mon Maître ne mérite-t-il pas plus que le leur ? » Celui qui a bien appris ce métier tire à volonté, à vue, et avec l’agrément du ciel, sur la banque qui ne fait jamais défaut.
L’un des plus saints et des plus doués parmi les prédicateurs écossais dit : « Je devrais passer les meilleures heures en communion avec Dieu. C’est mon occupation la plus noble et la plus féconde, et il ne faut pas la reléguer dans un coin. Les heures du matin, de six à huit, sont les moins interrompues et devraient être ainsi employées. Après le thé vient ma meilleure heure, et elle devrait être solennellement consacrée à Dieu. Je ne devrais pas abandonner la bonne vieille habitude de prier avant d’aller au lit ; mais il faut se garder du sommeil. Quand je m’éveille la nuit, je devrais me lever et prier. Un peu de temps après le déjeuner pourrait être donné à l’intercession. » Tel était le plan de prière de Robert McCheyne. La mémorable bande méthodiste nous fait honte par sa prière : « De quatre à cinq heures du matin, prière personnelle ; de cinq à six heures du soir, prière personnelle. »
John Welch, le saint et admirable prédicateur écossais, estimait sa journée mal employée s’il n’avait pas passé huit ou dix heures en prière. Il gardait un plaid pour s’en envelopper lorsqu’il se levait la nuit pour prier. Sa femme se plaignait lorsqu’elle le trouvait étendu à terre, en larmes. Il répondait : « Ô femme, j’ai à répondre de trois mille âmes, et je ne sais où en sont beaucoup d’entre elles ! »
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