Chapitre 6 · 5 min de lecture · 7 min d’écoute
Un ministère de prière est un ministère fécond
La cause principale de ma maigreur spirituelle et de ma stérilité tient à une répugnance inexplicable à prier. Je puis écrire, lire, converser ou écouter de bon cœur ; mais la prière est plus spirituelle et plus intérieure que tout cela, et plus un devoir est spirituel, plus mon cœur charnel est enclin à s’en détourner. La prière, la patience et la foi ne sont jamais déçues. J’ai appris depuis longtemps que, si jamais je devais être un ministre, c’est la foi et la prière qui feraient de moi un ministre. Quand je trouve mon cœur disposé et libre pour la prière, tout le reste devient relativement facile. — Richard Newton
ON peut poser comme un axiome spirituel que, dans tout ministère véritablement fécond, la prière est une force manifeste et souveraine — manifeste et souveraine dans la vie du prédicateur, manifeste et souveraine dans la profonde spiritualité de son œuvre. Un ministère peut être fort réfléchi sans la prière ; le prédicateur peut acquérir renommée et popularité sans la prière ; toute la machinerie de la vie et de l’œuvre du prédicateur peut tourner sans l’huile de la prière, ou avec à peine de quoi graisser un seul rouage ; mais aucun ministère ne peut être spirituel, produire la sainteté chez le prédicateur et chez son peuple, sans que la prière y soit une force manifeste et souveraine.
Le prédicateur qui prie vraiment met Dieu dans l’œuvre. Dieu n’entre pas dans l’œuvre du prédicateur comme allant de soi ou en vertu de principes généraux ; il y vient par la prière et par une instance particulière. Que Dieu se laisse trouver par nous le jour où nous le cherchons de tout notre cœur, cela est aussi vrai du prédicateur que du pénitent. Un ministère de prière est le seul qui fasse entrer le prédicateur en communion de sentiments avec le peuple. La prière unit à l’humain aussi essentiellement qu’elle unit au divin. Un ministère de prière est le seul qui qualifie pour les hautes fonctions et les responsabilités du prédicateur. Les collèges, le savoir, les livres, la théologie, la prédication ne peuvent faire un prédicateur ; la prière, elle, le fait. La mission de prêcher confiée aux apôtres resta lettre morte jusqu’à ce que la remplisse la Pentecôte, fruit de la prière. Le ministre qui prie a dépassé les régions du populaire, dépassé l’homme des simples affaires, des choses séculières, de l’attrait de la chaire ; il a dépassé l’organisateur ecclésiastique ou le général pour entrer dans une région plus sublime et plus puissante, la région du spirituel. La sainteté est le produit de son œuvre ; des cœurs et des vies transfigurés proclament la réalité de son œuvre, sa vérité et sa solidité. Dieu est avec lui. Son ministère n’est pas conçu selon des principes mondains ou superficiels. Il est richement pourvu et profondément instruit des choses de Dieu. Ses longues et profondes communions avec Dieu au sujet de son peuple, et l’agonie de son esprit qui lutte, l’ont couronné prince dans les choses de Dieu. La froideur du simple professionnel a fondu depuis longtemps sous l’intensité de sa prière.
Les résultats superficiels de maint ministère, la mort spirituelle de bien d’autres, trouvent leur cause dans le manque de prière. Aucun ministère ne peut réussir sans beaucoup de prière, et cette prière doit être fondamentale, toujours présente, toujours croissante. Le texte, le sermon, devraient être le fruit de la prière. Le cabinet de travail devrait baigner dans la prière, toutes ses tâches en être imprégnées, et tout son esprit être l’esprit de prière. « Je regrette d’avoir si peu prié » : tel fut le regret, sur son lit de mort, de l’un des élus de Dieu — regret triste et plein de remords pour un prédicateur. « Je veux une vie de prière plus grande, plus profonde, plus vraie », disait feu l’archevêque Tait. Puissions-nous tous le dire, et puissions-nous tous l’obtenir.
Les vrais prédicateurs de Dieu se sont distingués par un grand trait : ils étaient des hommes de prière. Souvent différents en bien des choses, ils ont toujours eu un centre commun. Partis peut-être de points différents, ayant suivi des routes différentes, ils ont convergé vers un seul point : ils étaient un dans la prière. Dieu était pour eux le centre d’attraction, et la prière le sentier qui menait à Dieu. Ces hommes ne priaient pas occasionnellement, ni un peu, à heures fixes ou à temps perdu ; mais ils priaient de telle sorte que leurs prières pénétraient et façonnaient leur caractère ; ils priaient de manière à influer sur leur propre vie et sur celle des autres ; ils priaient de manière à faire l’histoire de l’Église et à infléchir le cours de leur temps. Ils passaient beaucoup de temps en prière, non parce qu’ils surveillaient l’ombre sur le cadran ou les aiguilles de l’horloge, mais parce que c’était pour eux une affaire si capitale et si prenante qu’ils pouvaient à peine s’en arracher.
La prière était pour eux ce qu’elle était pour Paul, un combat de l’âme qui s’efforce avec ardeur ; ce qu’elle était pour Jacob, une lutte suivie de victoire ; ce qu’elle était pour Christ, des prières présentées « avec de grands cris et avec larmes ». Ils ont fait « en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications », veillant à cela « avec une entière persévérance ». « La prière fervente » a été l’arme la plus puissante des plus puissants soldats de Dieu. Ce qui est dit d’Élie — qu’il « était un homme de la même nature que nous: il pria avec instance pour qu’il ne plût point, et il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. Puis il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit » — s’applique à tous les prophètes et à tous les prédicateurs qui ont remué leur génération pour Dieu, et montre l’instrument par lequel ils ont accompli leurs merveilles.
Chapitre 6 terminé
Un ministère de prière est un ministère fécond