La puissance par la prière
La grâce du cœur plutôt que de la tête

Chapitre 13 · 4 min de lecture · 5 min d’écoute

La grâce du cœur plutôt que de la tête

Ne cherchez pas à être un beau prédicateur. Les murailles de Jéricho tombent au son des cornes de bélier. Regardez simplement à Jésus pour la nourriture de vos prédications ; et ce dont vous avez besoin vous sera donné, et ce qui vous sera donné sera béni, que ce soit un grain d’orge ou un pain de froment, une croûte ou une miette. Votre bouche sera un ruisseau qui coule ou une fontaine scellée, selon ce qu’est votre cœur. Évitez toute controverse en prêchant, en parlant ou en écrivant ; ne rabaissez rien que le diable, et n’élevez rien que Jésus-Christ. — Berridge

LE cœur est le Sauveur du monde. Les têtes ne sauvent pas. Le génie, l’intelligence, le brillant, la force, les dons naturels ne sauvent pas. L’Évangile passe par les cœurs. Toutes les forces les plus puissantes sont des forces du cœur. Toutes les grâces les plus douces et les plus belles sont des grâces du cœur. Les grands cœurs font les grands caractères ; les grands cœurs font les caractères divins. Dieu est amour. Il n’y a rien de plus grand que l’amour, rien de plus grand que Dieu. Les cœurs font le ciel ; le ciel est amour. Il n’y a rien de plus haut, rien de plus doux que le ciel. C’est le cœur, et non la tête, qui fait les grands prédicateurs de Dieu. En religion, le cœur compte beaucoup, à tous égards. Le cœur doit parler du haut de la chaire. Le cœur doit écouter sur les bancs. En réalité, c’est avec notre cœur que nous servons Dieu. L’hommage de la tête n’a pas cours au ciel.

Nous croyons que l’une des erreurs graves, et des plus répandues, de la chaire moderne consiste à mettre dans ses sermons plus de réflexion que de prière, plus de tête que de cœur. Les grands cœurs font les grands prédicateurs ; les bons cœurs font les bons prédicateurs. Une école de théologie qui élargisse et cultive le cœur, voilà ce que l’Évangile souhaite par-dessus tout. Le pasteur s’attache son troupeau et le gouverne par son cœur. On peut admirer ses dons, être fier de ses capacités, être ému un moment par ses sermons ; mais la forteresse de sa puissance, c’est son cœur. Son sceptre est l’amour. Le trône de sa puissance est son cœur.

Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Les têtes ne font jamais de martyrs. C’est le cœur qui livre la vie à l’amour et à la fidélité. Il faut un grand courage pour être un pasteur fidèle, mais le cœur seul peut fournir ce courage. Les dons et le génie peuvent être vaillants, mais ce sont alors les dons et le génie du cœur, et non de la tête.

Il est plus facile de remplir la tête que de préparer le cœur. Il est plus facile de faire un sermon de cerveau qu’un sermon de cœur. C’est le cœur qui a fait descendre du ciel le Fils de Dieu. C’est le cœur qui attirera les hommes au ciel. Des hommes de cœur, voilà ce dont le monde a besoin : pour compatir à son malheur, pour effacer d’un baiser ses chagrins, pour prendre en pitié sa misère et pour soulager sa douleur. Christ fut éminemment l’homme de douleur, parce qu’il fut par excellence l’homme de cœur.

« Donne-moi ton cœur », telle est l’exigence de Dieu envers les hommes. « Donne-moi ton cœur ! », telle est la requête de l’homme à l’homme.

Un ministère professionnel est un ministère sans cœur. Quand le salaire joue un grand rôle dans le ministère, le cœur n’y en joue qu’un petit. Nous pouvons faire de la prédication notre métier sans mettre notre cœur dans ce métier. Celui qui met le moi au premier plan dans sa prédication relègue le cœur à l’arrière-plan. Celui qui ne sème pas avec son cœur dans son cabinet de travail ne moissonnera jamais pour Dieu. Le lieu secret de la prière est le cabinet de travail du cœur. Nous y apprendrons davantage sur la manière de prêcher et sur ce qu’il faut prêcher que nous ne pourrions l’apprendre dans nos bibliothèques. « Jésus pleura » est le verset le plus court et le plus grand de la Bible. C’est celui qui marche en pleurant (et non en prêchant de grands sermons), quand il porte la précieuse semence, qui revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes.

La prière donne du discernement, apporte la sagesse, élargit et fortifie l’esprit. Le lieu secret de la prière est pour le prédicateur un maître et une école parfaits. La pensée n’est pas seulement éclairée et clarifiée dans la prière : la pensée naît dans la prière. Nous pouvons apprendre davantage en une heure de prière, quand on prie vraiment, qu’en bien des heures d’étude. Il y a dans le lieu secret des livres qu’on ne peut trouver ni lire nulle part ailleurs. Il s’y fait des révélations qui ne se font nulle part ailleurs.

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