Le Voyage du pèlerin (Pour ados)
La colline Difficulté et le Palais Beau

Chapitre 5 · 4 min de lecture · 6 min d’écoute

La colline Difficulté et le Palais Beau

« … rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte. » — Hébreux 12:1b

Libéré de son fardeau, presque en train de voler, Chrétien arrive au pied d’une colline raide qui s’appelle Difficulté. En bas, il y a une source (il y boit) et, détail important, deux autres chemins qui partent sur les côtés pour contourner la colline : l’un s’appelle Danger, l’autre Destruction. Le chemin étroit, lui, monte tout droit vers le haut. Deux autres voyageurs, Formaliste et Hypocrisie, prennent les chemins faciles qui font le tour, et on n’entend plus jamais parler d’eux. Chrétien attaque la montée, et Bunyan la décrit magnifiquement : « de la course il passa à la marche, et de la marche à l’escalade sur les mains et les genoux ».

Première leçon, et elle est pour toi si tu pensais que suivre Dieu, ce serait planer en permanence : juste après le sommet vient la montée difficile. La joie à la croix était bien réelle. Seulement, ce n’était pas tout le voyage. Et les deux chemins de côté, c’est la tentation de toujours : il y a toujours une route qui a l’air plus facile et qui évite la partie raide. Simplement, elle ne mène pas là où tu vas. Difficile-mais-juste l’emporte sur facile-mais-faux, à chaque fois, sans exception, et Bunyan le dit sans prendre de gants : ceux qui ont pris la voie facile ont disparu.

À mi-hauteur, il y a une halte ombragée, construite par le Seigneur de la colline pour les voyageurs fatigués. Chrétien s’assoit, sort son rouleau, le lit, se détend… et s’endort profondément, et le rouleau lui glisse de la main. Il se réveille tard, remonte la colline en catastrophe, puis cherche son rouleau pour se rassurer, et il a disparu. Il doit redescendre tout le chemin, malade de regret, en le cherchant partout : « Combien de pas n’ai-je pas faits en vain ! » Il le retrouve, Dieu merci, mais il a perdu des heures et doit gravir le même passage trois fois.

Celle-là, on s’y reconnaît douloureusement. Le repos, c’est bien : Dieu a construit cette halte. Mais il y a une différence entre se reposer et glisser peu à peu dans le laisser-aller. Chrétien ne commet pas un péché spectaculaire ; il devient juste trop à l’aise, il se relâche, et il perd son assurance (ce rouleau, c’est celui qui lui dit qu’il appartient au Roi et qui lui ouvre l’entrée de la Cité). La leçon, ce n’est pas « ne te repose jamais ». C’est que baisser la garde dans une période facile peut te coûter plus cher que n’importe quelle période difficile, et que tu passeras un vrai temps à regravir un terrain que tu avais déjà parcouru. Et remarque la grâce : il a perdu le rouleau, mais pas pour toujours. Il est revenu sur ses pas, il s’est repenti, et il l’a retrouvé.

Près du sommet, il croise deux hommes qui courent dans le mauvais sens, Timoré et Méfiance, qui lui disent qu’il y a des lions plus loin et qu’il devrait faire demi-tour. Chrétien a vraiment peur. Mais il réfléchit : revenir en arrière, c’est la mort assurée ; aller en avant, c’est seulement la crainte de la mort, avec la vie au-delà. « J’irai donc en avant. » Quand il arrive aux lions, il voit qu’ils sont enchaînés (les deux peureux ne s’étaient jamais assez approchés pour s’en apercevoir). La moitié des choses qui font abandonner les gens sont des lions enchaînés : assez réels pour rugir, mais incapables de t’atteindre. Les deux trouillards ne l’ont jamais découvert, parce qu’ils ont fait demi-tour trop tôt.

Au sommet se dresse le Palais Beau, construit exactement pour ça : un lieu pour les voyageurs épuisés. Chrétien y est accueilli par des personnes qui s’appellent Discrétion, Piété, Prudence et Charité ; on le nourrit, on lui pose des questions avec bienveillance, et on l’installe dans une chambre appelée Paix, dont la fenêtre s’ouvre du côté du soleil levant. On lui montre un arsenal plein d’armes et d’armures, et on l’équipe de la tête aux pieds avant qu’il reparte, parce qu’on voit ce qui l’attend dans la vallée, plus bas.

Voilà l’image de la vraie amitié chrétienne et de l’Église à son meilleur : un lieu où l’on est connu tel qu’on est, où l’on refait le plein, où l’on se rappelle qui on est, et où l’on est équipé avant le prochain passage difficile. Chrétien ne descend pas dans la vallée seul et sans armes. Il y va reposé, connu, et en armure. Ce n’est pas un luxe. Au chapitre suivant, c’est la seule raison pour laquelle il survit.

Une chose à faire : trouve ton Palais Beau avant d’en avoir besoin, pas après. Choisis le lieu ou le groupe de personnes où tu peux être vraiment connu (pas la version de toi que tu joues), et vas-y exprès cette semaine, surtout si tu as commencé à décrocher. On ne descend pas dans la vallée seul quand on peut l’éviter. Arme-toi d’abord.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Comment Chrétien perd-il son rouleau sur la colline Difficulté, et qu’est-ce que cela lui coûte ?

Il se repose dans la tonnelle, s’endort, et le rouleau lui glisse de la main. Il doit redescendre pour le retrouver ; il perd des heures et gravit le même passage trois fois.

Que représentent les lions enchaînés ?

Les choses qui font abandonner les gens : assez réelles pour rugir, mais incapables de t’atteindre. Timoré et Méfiance ont fait demi-tour trop tôt pour découvrir que les lions étaient enchaînés.

Où est ton « Palais Beau » : un lieu ou des personnes auprès desquelles tu peux être vraiment connu ? Comment pourrais-tu y aller exprès ?

Le chapitre présente l’Église et la vraie amitié comme un lieu où l’on est connu, où l’on refait le plein et où l’on est armé avant le prochain passage difficile. Trouve-le avant d’en avoir besoin, surtout si tu as commencé à décrocher.

Chapitre 5 terminé

La colline Difficulté et le Palais Beau

Page 1 / 1 · 4 min restantes dans le chapitre
Précédent Suivant