Pensées (Pour ados)
Si grand, si abîmé

Chapitre 6 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Si grand, si abîmé

« Seulement, voici ce que j’ai trouvé, c’est que Dieu a fait les hommes droits ; mais ils ont cherché beaucoup de détours. » — Ecclésiaste 7:29

Pascal ne cessait de s’étonner de l’étrangeté des êtres humains. Nous sommes capables d’une science brillante et d’une cruauté terrible, d’un amour profond et d’une méchanceté mesquine, tout cela chez la même personne, parfois le même jour.

« Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur ; gloire et rebut de l’univers. »

Une chimère était une créature des vieilles légendes, faite de plusieurs animaux assemblés. Pascal dit que c’est à cela que nous ressemblons : un mélange qui n’a pas de sens. Nous sommes grands et nous sommes misérables. (Au temps de Pascal, « imbécile » voulait simplement dire « faible ».)

Mais même notre misère, dit-il, montre notre grandeur. Un arbre ne sait pas qu’il est misérable. Une maison en ruine n’est pas triste. Seuls les êtres humains sentent que quelque chose ne va pas.

« La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. »

Pascal dit que nos misères sont des « misères de grand seigneur », des « misères d’un roi dépossédé ». Un roi qui a perdu son trône n’est triste que parce qu’il se souvient d’avoir été roi. Nous sentons que nous avons été faits pour quelque chose de meilleur, parce que c’est vrai.

Alors, d’où vient ce mélange ? À l’époque de Pascal, les philosophes disaient soit que les humains sont merveilleux, soit qu’ils sont sans espoir. Pascal dit que les uns et les autres ont à moitié raison. Seule la Bible explique les deux moitiés ensemble. Dieu nous a faits bons et grands, à son image. Mais nous nous sommes détournés de lui, et maintenant nous sommes brisés. Nous portons encore des traces de cette grandeur, comme les ruines d’un bel édifice.

Il le résume dans l’une de ses questions les plus percutantes : « Si l’homme n’est fait pour Dieu, pourquoi n’est-il heureux qu’en Dieu ? si l’homme est fait pour Dieu, pourquoi est-il si contraire à Dieu ? » La réponse, c’est que nous avons été faits pour Dieu et que nous nous sommes éloignés de lui.

Pascal met aussi en garde contre deux erreurs. La première, c’est de penser que tu es grand et d’oublier que tu es déchu. Cela mène à l’orgueil. La seconde, c’est de penser que tu n’es qu’un déchet. Cela mène au désespoir. Les deux sont des mensonges. Il dit clairement que l’homme doit s’aimer, « car il y a en lui une nature capable de bien », mais sans aimer pour autant le mal qui est aussi en lui.

Si tu as tendance à penser le pire de toi-même, écoute bien : reconnaître honnêtement que tu es pécheur, ce n’est pas la même chose que te détester. Dieu t’a créé, et il veut te guérir, pas t’écraser. Et si les pensées négatives sur toi-même sont constantes ou pesantes, parles-en à quelqu’un de confiance.

Une chose à faire cette semaine : cette semaine, écris deux listes : trois façons dont tu peux voir l’image de Dieu en toi (tes dons, ta gentillesse, ta créativité) et trois domaines où tu sais que tu as besoin de son aide. Prie avec ces deux listes : remercie-le pour la première et demande-lui son aide pour la seconde.

Questions pour réfléchir

Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.

Qu’est-ce qu’une chimère, et pourquoi Pascal compare-t-il les êtres humains à une chimère ?

Une créature faite de plusieurs animaux assemblés ; les êtres humains sont un mélange déroutant de grandeur et de misère.

Comment notre misère prouve-t-elle notre grandeur ?

Seul un être grand peut savoir qu’il est misérable ; comme un roi dépossédé, nous ressentons la perte parce que nous avons été faits pour quelque chose de meilleur.

Contre quelles deux erreurs Pascal met-il en garde ?

Penser que nous sommes seulement grands, ce qui mène à l’orgueil, et penser que nous sommes seulement misérables, ce qui mène au désespoir.

Chapitre 6 terminé

Si grand, si abîmé

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