Chapitre 4 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
En quête de fans
« Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul ? » — Jean 5:44
Pascal avait l’œil pour repérer une faiblesse bien particulière : notre besoin d’être admirés.
« La vanité est si ancrée dans le cœur de l’homme qu’un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs. »
(Un goujat était le valet d’un soldat ; un crocheteur, un porteur.) Puis il retourne la remarque contre lui-même. Même les philosophes veulent des admirateurs, dit-il. Ceux qui écrivent contre la vanité veulent la gloire d’avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent la gloire de les avoir lus. « Et moi qui écris ceci, ai peut-être cette envie », avoue-t-il, « et peut-être que ceux qui le liront… » Il laisse la phrase en suspens. Il parle de toi et de moi.
Si Pascal vivait aujourd’hui, il aurait beaucoup à dire sur les likes, les abonnés, les vues et les séries de flammes. Mais il avait déjà remarqué quelque chose d’étrange dans notre façon de rechercher l’approbation :
« Nous sommes si présomptueux que nous voudrions être connus de toute la terre, et même des gens qui viendront quand nous ne serons plus ; et nous sommes si vains, que l’estime de cinq ou six personnes qui nous environnent, nous amuse et nous contente. »
Les deux moitiés sont vraies. Nous rêvons d’être célèbres, et pourtant quelques personnes qui disent du bien de nous peuvent illuminer toute notre journée. Et quelques personnes qui nous ignorent ou qui disent quelque chose de méchant peuvent la gâcher.
Pascal a aussi vu où cela commence. Il a écrit que l’admiration gâte tout dès l’enfance : « Oh ! que cela est bien dit ! oh ! qu’il a bien fait ! qu’il est sage ! » Dès tout petits, nous apprenons à jouer un rôle pour recevoir des compliments. Ce n’est pas parce que les adultes autour de nous sont mauvais. C’est ainsi que fonctionne le cœur humain.
Le problème, c’est que vivre pour l’approbation des autres est épuisant. Tu n’es jamais sûr d’en avoir assez. Tu vérifies sans arrêt. Tu choisis ce que tu dis, ce que tu portes et ce que tu publies en fonction de la réaction que ça va provoquer. Et tu peux te retrouver à dire des choses que tu ne crois pas, juste pour faire comme les autres.
Jésus a posé une question qui va droit au but : comment pouvez-vous croire, si vous cherchez toujours à recevoir la gloire les uns des autres plutôt que de Dieu ? La foi est étouffée quand l’opinion des gens compte plus pour nous que celle de Dieu.
La solution, ce n’est pas de cesser de tenir aux gens. C’est de savoir une bonne fois d’où vient ta vraie valeur. Dieu t’a créé, il te connaît parfaitement et il t’aime en Christ. Tu n’as pas à le mériter en faisant ton numéro. Quand cette vérité s’enracine en toi, l’approbation des autres devient un petit plus agréable, et non plus l’air que tu respires.
Une chose à faire cette semaine : remarque cette semaine chaque fois que tu fais quelque chose surtout pour être vu ou apprécié : une publication, une blague, un commentaire, une tenue. Ne te le reproche pas durement. Dis simplement en toi-même : « Seigneur, c’est ton regard sur moi qui compte. » Essaie de faire une bonne action dont personne ne saura rien.
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Qui, selon Pascal, veut des admirateurs ?
Tout le monde, des soldats, des cuisiniers et des porteurs jusqu’aux philosophes, aux écrivains et aux lecteurs, y compris Pascal lui-même.
Quelles sont les deux choses opposées que Pascal remarque dans notre désir d’être admirés ?
Nous voulons être connus du monde entier, même après notre mort, et pourtant l’estime de cinq ou six personnes autour de nous suffit à nous ravir.
Selon Jésus, quel effet la recherche de la gloire auprès des gens a-t-elle sur la foi ?
Elle rend la foi difficile, parce que nous cherchons la gloire les uns auprès des autres plutôt qu’auprès de Dieu.
Chapitre 4 terminé
En quête de fans