Chapitre 3 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute
Toujours en train de se préparer à vivre
« Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » — Matthieu 6:34
As-tu déjà pensé : « Je serai heureux quand… » ? Quand les examens seront finis. Quand j’aurai seize ans. Quand j’aurai ce téléphone. Quand j’aurai quitté l’école. Quand je serai en couple. Quand les vacances arriveront.
Pascal avait remarqué que nous ne vivons presque jamais dans le moment présent. Soit nous repassons le passé en boucle, soit nous préparons l’avenir.
« Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »
C’est une observation très juste. Si le bonheur, c’est toujours « quand », il n’arrive jamais vraiment, parce qu’à peine arrivé, il y a un nouveau « quand ». Tu finis les examens et tu commences à t’inquiéter des résultats. Tu as le téléphone et tu veux déjà le suivant.
Pascal dit que l’expérience ne cesse de nous tromper. Une chose ne nous satisfait pas, alors nous pensons que la suivante le fera. Elle ne le fait pas, alors nous recommençons, en espérant toujours que cette fois-ci sera différente. Il le dit avec un vieux mot : l’expérience nous pipe, c’est-à-dire qu’elle nous dupe, et de malheur en malheur, nous mène jusqu’à la mort.
Jésus a parlé directement de cette agitation. Il a dit à ses disciples de ne pas s’inquiéter du lendemain, parce que le lendemain aura soin de lui-même. Ce n’est pas un ordre d’arrêter de faire des projets ou de renoncer à ton avenir. C’est une invitation à arrêter de vivre ailleurs, dans tes soucis ou dans tes rêveries, et à vivre aujourd’hui, avec Dieu, ici.
C’est important, parce que Dieu n’est pas dans le « quand ». Il est dans le maintenant. Tu ne le rencontreras jamais dans un avenir qui n’est pas encore arrivé, ni dans un passé que tu ne peux pas changer. Tu le rencontres dans ce moment-ci, dans cette conversation, dans ce travail, sur ce chemin du retour.
Pascal remarque aussi combien nous esquivons le présent quand il est inconfortable. Si le moment présent est pénible ou ennuyeux, nous filons en pensée vers un endroit plus agréable. Mais alors, nous n’affrontons jamais ce qui est vraiment devant nous, et nous ne découvrons jamais que Dieu est avec nous là-dedans.
Rien de tout cela ne veut dire que tes espoirs et tes projets sont mauvais. Cela veut dire qu’ils ne peuvent pas porter le poids de ton bonheur. Seul Dieu le peut, et il est là aujourd’hui.
Une chose à faire cette semaine : chaque soir cette semaine, note une bonne chose qui est arrivée aujourd’hui, pas demain ni hier, et remercie Dieu pour elle. Quand tu te surprends à penser « Je serai heureux quand… », arrête-toi et dis : « Seigneur, tu es là, maintenant. »
Questions pour réfléchir
Réfléchis d’abord, puis touche une question pour voir une façon d’y répondre.
Que veut dire Pascal par « nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre » ?
Nous sommes toujours tournés vers l’avenir, à nous préparer à être heureux, si bien que nous ne vivons jamais vraiment le présent et n’en profitons pas.
Pourquoi le bonheur qui est toujours « quand » n’arrive-t-il jamais ?
Parce que dès que nous atteignons un but, nous nous en fixons un autre, et le présent ne nous suffit jamais.
Que dit Jésus au sujet du lendemain en Matthieu 6:34 ?
De ne pas s’en inquiéter, parce que le lendemain aura soin de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.
Chapitre 3 terminé
Toujours en train de se préparer à vivre