Chapitre 9 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute
Le Verbe, puisque seule la mort pouvait arrêter le fléau
§9. Le Verbe, puisque seule la mort pouvait arrêter le fléau, prit un corps mortel qui, uni à lui, devait valoir pour tous et, en participant à son immortalité, arrêter la corruption de la race. Étant au-dessus de tous, il fit de sa chair une offrande pour nos âmes ; étant un avec nous tous, il nous revêtit d’immortalité. Comparaison pour illustrer cela.
Car le Verbe, voyant que la corruption des hommes ne pouvait être abolie autrement que par la mort, comme une condition nécessaire, alors qu’il était impossible au Verbe de souffrir la mort, puisqu’il est immortel et Fils du Père, prend à cette fin un corps capable de mourir, afin que ce corps, participant au Verbe qui est au-dessus de tous, fût digne de mourir à la place de tous, et demeurât incorruptible à cause du Verbe venu habiter en lui, et que désormais la corruption fût arrêtée pour tous par la grâce de la résurrection. C’est pourquoi, en offrant à la mort le corps qu’il avait lui-même pris, comme une offrande et un sacrifice exempts de toute tache, il écarta aussitôt la mort de tous ses semblables par l’offrande d’un équivalent. 2. Car, étant au-dessus de tous, le Verbe de Dieu, en offrant son propre temple et son instrument corporel pour la vie de tous, acquitta naturellement la dette par sa mort. Et ainsi, lui, le Fils incorruptible de Dieu, uni à tous par une nature semblable, revêtit naturellement tous les hommes de l’incorruptibilité, par la promesse de la résurrection. Car la corruption même de la mort n’a plus de prise sur les hommes, à cause du Verbe qui, par son unique corps, est venu habiter parmi eux. 3. Et de même que, lorsqu’un grand roi est entré dans quelque grande ville et a établi sa demeure dans l’une des maisons qui s’y trouvent, cette ville est en tout cas jugée digne d’un grand honneur, et qu’aucun ennemi ni aucun brigand ne fond plus sur elle pour l’assujettir, mais qu’au contraire on la juge digne de tous les soins, parce que le roi a fixé sa résidence dans une seule de ses maisons : ainsi en a-t-il été du Monarque de tous. 4. Car maintenant qu’il est venu dans notre région et qu’il a établi sa demeure dans un seul corps parmi ses semblables, désormais toute la conspiration de l’ennemi contre le genre humain est arrêtée, et la corruption de la mort, qui auparavant prévalait contre eux, est abolie. Car la race des hommes serait allée à sa ruine, si le Seigneur et Sauveur de tous, le Fils de Dieu, n’était venu parmi nous pour mettre fin à la mort.
Chapitre 9 terminé
Le Verbe, puisque seule la mort pouvait arrêter le fléau