Chapitre 10 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute
Par une comparaison semblable, on montre le caractère raisonnable de l’œuvre de la rédemption
§10. Par une comparaison semblable, on montre le caractère raisonnable de l’œuvre de la rédemption. Comment le Christ a effacé notre ruine et en a fourni l’antidote par son propre enseignement. Preuves tirées de l’Écriture de l’incarnation du Verbe et du sacrifice qu’il a accompli.
Or, en vérité, cette grande œuvre convenait tout particulièrement à la bonté de Dieu. 1. Car si un roi qui a fondé une maison ou une ville ne la néglige nullement lorsqu’elle est assaillie par des brigands à cause de la négligence de ses habitants, mais la venge et la reprend comme son propre ouvrage, considérant non la négligence des habitants, mais ce qui lui convient à lui-même, à bien plus forte raison Dieu, le Verbe du Père tout bon, ne négligea pas la race des hommes, son ouvrage, qui s’en allait à la corruption ; mais, tandis qu’il effaçait la mort survenue par l’offrande de son propre corps, il corrigea leur négligence par son propre enseignement, rétablissant par sa propre puissance tout ce qui appartenait à l’homme. 2. Et de cela on peut être assuré par les écrivains inspirés du Sauveur lui-même, si l’on rencontre leurs écrits, là où ils disent : « Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts; et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux », notre Seigneur Jésus-Christ. Et encore : « Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous. » 3. Puis il indique aussi la raison pour laquelle il fallait que nul autre que Dieu le Verbe lui-même ne s’incarnât, en ces termes : « Il convenait, en effet, que celui pour qui et par qui sont toutes choses, et qui voulait conduire à la gloire beaucoup de fils, élevât à la perfection par les souffrances le Prince de leur salut. » Par ces mots, il veut dire qu’il n’appartenait à nul autre qu’au Verbe de Dieu, qui les avait aussi faits au commencement, de ramener l’homme de la corruption qui avait commencé. 4. Et que ce fut en vue du sacrifice pour des corps semblables au sien que le Verbe lui-même prit aussi un corps, c’est à quoi ils se réfèrent également en ces termes : « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » 5. Car, par le sacrifice de son propre corps, il mit fin à la loi qui était contre nous, et il fit pour nous un commencement nouveau de vie, par l’espérance de la résurrection qu’il nous a donnée. Car, puisque c’est de l’homme que la mort avait prévalu sur les hommes, pour cette raison, inversement, c’est par le Verbe de Dieu fait homme que sont advenues la destruction de la mort et la résurrection de la vie ; comme le dit l’homme qui portait le Christ : « Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ », et la suite. Car désormais nous ne mourons plus comme des condamnés ; mais, comme des hommes qui ressuscitent des morts, nous attendons la résurrection générale de tous, « que manifestera en son temps » Dieu, qui l’a aussi opérée et nous l’a accordée. 6. Telle est donc la première cause pour laquelle le Sauveur s’est fait homme. Mais on pourrait voir encore, par les raisons qui suivent, qu’il convenait que sa venue pleine de grâce parmi nous eût lieu.
Chapitre 10 terminé
Par une comparaison semblable, on montre le caractère raisonnable de l’œuvre de la rédemption