Sur l’incarnation du Verbe
Autres prophéties claires de la venue de Dieu dans la chair

Chapitre 38 · 3 min de lecture · 4 min d’écoute

Autres prophéties claires de la venue de Dieu dans la chair

§38. Autres prophéties claires de la venue de Dieu dans la chair. Les miracles du Christ sont sans précédent.

Car s’ils ne jugent pas ces preuves suffisantes, qu’ils se laissent du moins persuader par d’autres raisons, tirées des oracles qu’ils possèdent eux-mêmes. De qui donc les prophètes disent-ils : « Je me suis manifesté à ceux qui ne me cherchaient pas, j’ai été trouvé par ceux qui ne me demandaient pas. J’ai dit: Me voici, me voici! À la nation qui n’avait pas invoqué mon nom. J’ai tendu mes mains vers un peuple désobéissant et rebelle. » 2. Qui est-il donc, pourrait-on dire aux Juifs, celui qui s’est manifesté ? Car si c’est le prophète, qu’ils disent quand il fut caché, pour reparaître ensuite. Et quel est ce prophète, qui non seulement s’est manifesté au sortir de l’obscurité, mais encore a étendu ses mains sur la croix ? Aucun des justes assurément, sinon le Verbe de Dieu seul, lui qui, incorporel par nature, a paru pour nous dans le corps et a souffert pour tous. 3. Ou si cela même ne leur suffit pas, qu’ils soient du moins réduits au silence par une autre preuve, voyant combien sa force démonstrative est claire. Car l’Écriture dit : « Fortifiez les mains languissantes, Et affermissez les genoux qui chancellent; Vous qui avez l’esprit abattu, consolez-vous ; Prenez courage, ne craignez point; Voici, notre Dieu rend le jugement ; il viendra lui-même et nous sauvera. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds; Alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue des bègues sera déliée. » 4. Or, que peuvent-ils dire à cela, ou comment oseront-ils seulement l’affronter ? Car la prophétie n’indique pas seulement que Dieu doit séjourner ici-bas, elle annonce aussi les signes et le temps de sa venue. Car elle rattache à la venue divine qui doit avoir lieu les aveugles recouvrant la vue, les boiteux marchant, les sourds entendant, et la langue des bègues déliée. Qu’ils disent donc quand de tels signes se sont produits en Israël, ou en quel lieu de la Judée quelque chose de semblable est arrivé. 5. Naaman, un lépreux, fut purifié, mais aucun sourd n’entendit, aucun boiteux ne marcha. Élie ressuscita un mort ; Élisée aussi ; mais aucun aveugle de naissance ne recouvra la vue. Car, en bonne vérité, ressusciter un mort est une grande chose, mais ce n’est pas comparable au prodige accompli par le Sauveur. Seulement, si l’Écriture n’a pas passé sous silence le cas du lépreux, ni celui du fils mort de la veuve, assurément, s’il était arrivé qu’un boiteux eût aussi marché et qu’un aveugle eût recouvré la vue, le récit n’aurait pas omis de le mentionner aussi. Puis donc que les Écritures n’en disent rien, il est évident que ces choses n’avaient jamais eu lieu auparavant. 6. Quand donc ont-elles eu lieu, sinon lorsque le Verbe de Dieu lui-même est venu dans le corps ? Ou quand est-il venu, sinon lorsque les boiteux marchèrent, que les bègues furent rendus capables de parler distinctement, que les sourds entendirent et que des aveugles de naissance recouvrèrent la vue ? Car c’est là précisément ce que disaient les Juifs qui en furent alors témoins, parce qu’ils n’avaient pas entendu dire que ces choses fussent arrivées en aucun autre temps : « Depuis que le monde est monde, jamais on n’a entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

Chapitre 38 terminé

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