Sur l’incarnation du Verbe
Le changement que la croix opéra dans le rapport de la mort à l’homme

Chapitre 27 · 2 min de lecture · 3 min d’écoute

Le changement que la croix opéra dans le rapport de la mort à l’homme

§27. Le changement que la croix opéra dans le rapport de la mort à l’homme.

Car que la mort soit détruite, que la croix soit devenue la victoire remportée sur elle, qu’elle n’ait plus de pouvoir mais soit vraiment morte, il en est une preuve qui n’est pas mince, ou plutôt un garant évident : elle est méprisée par tous les disciples du Christ ; tous passent à l’attaque contre elle et ne la craignent plus, mais, par le signe de la croix et par la foi au Christ, la foulent aux pieds comme une chose morte. 2. Car autrefois, avant que s’accomplît le divin séjour du Sauveur parmi nous, la mort était terrible même pour les saints, et tous pleuraient les morts comme s’ils périssaient. Mais à présent que le Sauveur a ressuscité son corps, la mort n’est plus terrible ; car tous ceux qui croient au Christ la foulent aux pieds comme un néant, et choisissent plutôt de mourir que de renier leur foi au Christ. Car ils savent vraiment qu’en mourant ils ne sont pas anéantis, mais [commencent à] vivre réellement, et deviennent incorruptibles par la résurrection. 3. Et ce diable qui jadis exultait méchamment dans la mort, maintenant que les douleurs de celle-ci ont été déliées, est demeuré le seul vraiment mort. Et en voici la preuve : avant que les hommes croient au Christ, ils voient dans la mort un objet de terreur et font devant elle les lâches. Mais lorsqu’ils sont passés à la foi et à l’enseignement du Christ, leur mépris pour la mort est si grand qu’ils vont même jusqu’à se jeter sur elle avec ardeur, et deviennent témoins de la résurrection que le Sauveur a accomplie contre elle. Car, encore tendres d’années, ils ont hâte de mourir ; et non seulement les hommes, mais les femmes aussi s’exercent contre elle par la discipline du corps. Elle est devenue si faible que même les femmes, qu’elle trompait autrefois, se moquent maintenant d’elle comme d’une chose morte et paralysée. 4. Car, de même que, lorsqu’un tyran a été vaincu par un roi véritable et lié pieds et poings, tous les passants le tournent en dérision, le frappent et l’insultent, ne craignant plus sa fureur et sa barbarie, à cause du roi qui l’a vaincu ; ainsi la mort ayant été vaincue et exposée par le Sauveur sur la croix, et liée pieds et poings, tous ceux qui sont dans le Christ, en passant, la foulent aux pieds, et, rendant témoignage au Christ, se moquent de la mort, la raillent et lui disent ce qui a été écrit contre elle autrefois : « O mort, où est ta victoire? O mort, où est ton aiguillon? »

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