Sur l’incarnation du Verbe
Pourquoi il ressuscita le troisième jour

Chapitre 26 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute

Pourquoi il ressuscita le troisième jour

§26. Pourquoi il ressuscita le troisième jour. (1) Pas plus tôt, sinon l’on aurait nié la réalité de sa mort ; ni (2) plus tard, afin (a) de garantir l’identité de son corps, (b) de ne pas tenir trop longtemps ses disciples en suspens, et (c) de ne pas attendre que les témoins de sa mort fussent dispersés, ou que son souvenir se fût effacé.

La mort sur la croix s’est donc montrée pour nous convenable et appropriée, et l’on a fait voir que sa raison d’être est raisonnable à tous égards ; et l’on peut à bon droit soutenir que c’est par la croix, et non autrement, qu’il convenait que le salut de tous s’accomplît. Car pas même ainsi — pas même sur la croix — il ne resta caché ; bien au contraire, tandis qu’il faisait de la création le témoin de la présence de son Créateur, il ne laissa pas longtemps demeurer le temple de son corps, mais, après l’avoir seulement montré mort par le contact de la mort avec lui, il le ressuscita aussitôt le troisième jour, emportant, comme marque de la victoire et du triomphe sur la mort, l’incorruptibilité et l’impassibilité qui en résultaient pour son corps. 2. Car il aurait pu, dès l’instant même de la mort, relever son corps et le montrer vivant ; mais cela aussi, dans sa sage prévoyance, le Sauveur ne le fit pas. Car l’on aurait pu dire qu’il n’était pas mort du tout, ou que la mort ne l’avait pas atteint pleinement, s’il avait manifesté la résurrection sur-le-champ. 3. Peut-être aussi, si l’intervalle entre sa mort et sa résurrection n’avait été que de deux jours, la gloire de son incorruptibilité serait-elle restée obscure. Ainsi, pour que le corps fût prouvé mort, le Verbe attendit encore un jour intermédiaire, et le troisième il le montra incorruptible à tous. 4. Ainsi donc, pour que la mort sur la croix fût prouvée, il ressuscita son corps le troisième jour. 5. Mais de peur que, s’il le relevait après qu’il serait resté longtemps et se serait entièrement corrompu, on ne le crût pas, comme s’il l’avait échangé contre quelque autre corps — car un homme pourrait aussi, avec le temps, se défier de ce qu’il a vu et oublier ce qui s’est passé —, pour cette raison il n’attendit pas plus de trois jours ; et il ne tint pas longtemps en suspens ceux à qui il avait annoncé la résurrection : 6. mais, tandis que la parole résonnait encore à leurs oreilles, que leurs yeux attendaient encore et que leur esprit demeurait en suspens, et tandis que ceux qui l’avaient mis à mort vivaient encore sur la terre, se trouvaient sur les lieux et pouvaient témoigner de la mort du corps du Seigneur, le Fils de Dieu lui-même, après un intervalle de trois jours, montra son corps, naguère mort, immortel et incorruptible ; et il fut manifeste à tous que ce n’était pas par quelque faiblesse naturelle du Verbe qui l’habitait que le corps était mort, mais afin qu’en lui la mort fût abolie par la puissance du Sauveur.

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