Chapitre 15 · 3 min de lecture · 3 min d’écoute
Ainsi le Verbe condescendit à l’attachement de l’homme aux choses corporelles
§15. Ainsi le Verbe condescendit à l’attachement de l’homme aux choses corporelles, jusqu’à prendre un corps. Il alla au-devant de toutes les superstitions de l’homme ; que les hommes fussent enclins à adorer la nature, l’homme, les démons ou les morts, il se montra Seigneur de tout cela.
Car, de même qu’un maître bienveillant qui prend soin de ses disciples, si quelques-uns d’entre eux ne peuvent tirer profit de matières plus élevées, descend à leur niveau et les enseigne du moins par des leçons plus simples, ainsi fit aussi le Verbe de Dieu. Comme Paul le dit aussi : « Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. » 2. Car, puisque les hommes, ayant rejeté la contemplation de Dieu, et les yeux tournés vers le bas, comme engloutis dans l’abîme, cherchaient Dieu çà et là dans la nature et dans le monde sensible, se forgeant des dieux d’hommes mortels et de démons, à cette fin le Sauveur de tous, plein d’amour et universel, le Verbe de Dieu, prend pour lui-même un corps, et marche comme homme parmi les hommes, et va au-devant des sens de tous les hommes, afin, dis-je, que ceux qui pensent que Dieu est corporel puissent, par ce que le Seigneur accomplit au moyen de son corps, percevoir la vérité, et par lui reconnaître le Père. 3. Ainsi, hommes qu’ils étaient, et humains dans toutes leurs pensées, sur quelque objet qu’ils fixassent leurs sens, là ils se voyaient prévenus, et enseignés de toutes parts dans la vérité. 4. Car s’ils regardaient la création avec crainte, ils voyaient pourtant comment elle confessait le Christ pour Seigneur ; ou si leur esprit penchait vers les hommes, au point de les croire des dieux, du moins, d’après les œuvres du Sauveur, pour peu qu’ils les comparassent, le Sauveur seul parmi les hommes apparaissait Fils de Dieu ; car il ne s’était point fait parmi les autres d’œuvres telles que celles qu’a faites le Verbe de Dieu. 5. Ou s’ils inclinaient même vers les esprits mauvais, en les voyant pourtant chassés par le Verbe, ils devaient connaître que lui seul, le Verbe de Dieu, était Dieu, et que les esprits ne l’étaient point. 6. Ou si leur esprit était déjà descendu jusqu’aux morts, au point d’adorer les héros et les dieux dont parlent les poètes, du moins, voyant la résurrection du Sauveur, ils devaient confesser que ceux-là étaient de faux dieux, et que seul le Seigneur est véritable, le Verbe du Père, lui qui était Seigneur même de la mort. 7. C’est pour cette raison qu’il naquit et parut comme homme, qu’il mourut et ressuscita, éclipsant et rejetant dans l’ombre par ses propres œuvres celles de tous les hommes d’autrefois, afin que, de quelque côté que se portât le penchant des hommes, il pût les en rappeler et leur enseigner son propre et véritable Père, comme il le dit lui-même : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Chapitre 15 terminé
Ainsi le Verbe condescendit à l’attachement de l’homme aux choses corporelles