La nécessité de la prière
La prière et la foi (suite)

Chapitre 3 · 17 min de lecture · 22 min d’écoute

La prière et la foi (suite)

« Les clients d’un hôtel étaient incommodés par les pianotages répétés d’une petite fille qui ne connaissait rien à la musique. Ils s’en plaignirent au propriétaire pour faire cesser cette gêne. “Je suis désolé que vous soyez dérangés, dit-il. Mais cette enfant est la fille de l’un de mes meilleurs clients. Je ne peux guère lui demander de ne pas toucher au piano. Mais son père, absent pour un jour ou deux, rentre demain. Vous pourrez alors vous adresser à lui et faire régler l’affaire.” À son retour, le père trouva sa fille dans le salon, tapant comme d’habitude sur le piano. Il s’approcha derrière l’enfant, passa les bras par-dessus ses épaules, prit ses mains dans les siennes et en tira une musique des plus belles. Ainsi peut-il en être de nous, et ainsi en sera-t-il, un jour qui vient. Pour l’instant, nous ne savons guère produire que du vacarme et de la dissonance ; mais un jour, le Seigneur Jésus prendra nos mains de foi et de prière, et s’en servira pour faire jaillir la musique du ciel. » — ANONYME

UNE foi véritable, authentique, doit être précise et libre de tout doute. Non pas simplement générale ; non pas une simple croyance en l’existence, la bonté et la puissance de Dieu, mais une foi qui croit que « ce qu’il dit arrive ». Comme la foi est précise, la réponse, elle aussi, sera précise : « Il aura tout ce qu’il dit. » La foi et la prière choisissent les choses, et Dieu s’engage à faire précisément les choses que la foi et la prière persévérante désignent et lui demandent d’accomplir.

L’American Revised Version rend ainsi le vingt-quatrième verset du onzième chapitre de Marc : « C’est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous l’aurez. » Une foi parfaite garde toujours en sa possession ce que demande une prière parfaite. Quel champ d’action immense et sans réserve — « Tout ce que » ! Quelle promesse précise et formelle — « Vous l’aurez ! »

Notre souci principal, c’est notre foi — les problèmes de sa croissance et les activités de sa vigoureuse maturité. Une foi qui saisit et garde en sa possession les choses mêmes qu’elle demande, sans hésitation, sans doute ni crainte — voilà la foi qu’il nous faut — une foi qui soit comme une perle de grand prix dans la marche et la pratique de la prière.

La parole de notre Seigneur sur la foi et la prière citée plus haut est d’une importance capitale. La foi doit être précise, déterminée ; une demande sans réserve et sans équivoque des choses demandées. Elle ne doit pas être une chose vague, indéfinie, nébuleuse ; elle doit être plus qu’une croyance abstraite en la volonté et en la capacité de Dieu d’agir pour nous. Elle doit être une demande précise, déterminée, et l’attente des choses mêmes que nous demandons. Remarquez ce que dit Marc 11:23 :

« Et s’il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu’il dit arrive, il aura tout ce qu’il dit. »

Dans la mesure exacte où la foi et la demande sont précises, la réponse le sera aussi. Ce qui est donné n’est pas autre chose que ce qui a été demandé dans la prière, mais les choses mêmes qui ont été recherchées et nommées. « Il aura tout ce qu’il dit. » Tout est impératif : « Il aura. » L’exaucement doit être sans limite, en qualité comme en quantité.

La foi et la prière choisissent les sujets de la requête, et déterminent ainsi ce que Dieu doit faire. « Il aura tout ce qu’il dit. » Christ se tient prêt à fournir exactement et pleinement tout ce qu’exigent la foi et la prière. Si la commande adressée à Dieu est claire, précise et déterminée, Dieu l’exécutera, exactement selon les termes présentés.

La foi n’est pas une croyance abstraite en la Parole de Dieu, ni une simple adhésion de l’esprit, ni un simple assentiment de l’intelligence et de la volonté ; elle n’est pas non plus une acceptation passive de faits, si sacrés ou si complets soient-ils. La foi est une opération de Dieu, une illumination divine, une sainte énergie implantée dans l’âme humaine par la Parole de Dieu et par l’Esprit — un principe spirituel et divin qui s’empare du surnaturel et le rend saisissable aux facultés du temps et des sens.

La foi a affaire à Dieu, et elle a conscience de Dieu. Elle a affaire au Seigneur Jésus-Christ et voit en lui un Sauveur ; elle a affaire à la Parole de Dieu, et saisit la vérité ; elle a affaire à l’Esprit de Dieu, et elle est animée et inspirée par son saint feu. Dieu est le grand objet de la foi ; car la foi fait reposer tout son poids sur sa Parole. La foi n’est pas un acte sans but de l’âme, mais un regard tourné vers Dieu et un repos sur ses promesses. De même que l’amour et l’espérance ont toujours un objet, de même la foi. La foi, ce n’est pas croire n’importe quoi ; c’est croire Dieu, se reposer en lui, se fier à sa Parole.

La foi donne naissance à la prière, et elle devient plus forte, s’enracine plus profondément, s’élève plus haut dans les luttes et les combats de la prière puissante. La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, la garantie et la réalisation de l’héritage des saints. La foi est aussi humble et persévérante. Elle sait attendre et prier ; elle sait rester à genoux, ou se coucher dans la poussière. Elle est la seule grande condition de la prière ; son absence est à la racine de toute prière pauvre, de toute prière faible, de toute prière rare, de toute prière sans réponse.

La nature et le sens de la foi se démontrent mieux par ce qu’elle fait que par quelque définition qu’on en donne. Ainsi, si nous nous tournons vers l’histoire de la foi qui nous est donnée dans ce grand tableau d’honneur qu’est le onzième chapitre de l’Épître aux Hébreux, nous voyons quelque chose des merveilleux résultats de la foi. Quelle liste glorieuse que celle de ces hommes et de ces femmes de foi ! Quels exploits merveilleux y sont rapportés et portés au crédit de la foi ! L’écrivain inspiré, épuisant ses ressources à dresser le catalogue des saints de l’Ancien Testament, qui furent de si remarquables exemples d’une foi merveilleuse, finit par s’écrier :

« Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes. »

Puis l’auteur de l’Épître aux Hébreux poursuit, sur un ton merveilleux, en racontant les exploits non rapportés qu’accomplit la foi des hommes d’autrefois, « dont le monde n’était pas digne ». « Tous ceux-là, dit-il, ont obtenu par la foi un témoignage favorable. »

Quelle ère d’exploits glorieux se lèverait pour l’Église et pour le monde, si seulement pouvait renaître une race de saints d’une foi aussi puissante, d’une prière aussi merveilleuse ! Ce ne sont pas les grands esprits dont l’Église a besoin ; ni les hommes riches que réclame notre temps. Ce ne sont pas des gens de grande influence sociale qu’exige notre époque. Par-dessus tous et par-dessus tout, ce sont des hommes de foi, des hommes de prière puissante, des hommes et des femmes à la manière des saints et des héros énumérés dans l’Épître aux Hébreux, qui « ont obtenu par la foi un témoignage favorable », dont l’Église et le vaste monde de l’humanité tout entier ont besoin.

Beaucoup d’hommes, de nos jours, obtiennent un témoignage favorable grâce à leurs dons d’argent, à leurs grandes facultés intellectuelles et à leurs talents, mais il en est peu qui obtiennent un « témoignage favorable » en raison de leur grande foi en Dieu, ou des choses merveilleuses qui s’accomplissent par leur grande prière. Aujourd’hui, autant qu’à aucune autre époque, nous avons besoin d’hommes de grande foi et d’hommes qui soient grands dans la prière. Ce sont là les deux vertus cardinales qui rendent les hommes grands aux yeux de Dieu, les deux choses qui créent les conditions d’un vrai succès spirituel dans la vie et l’œuvre de l’Église. Notre souci principal doit être de veiller à garder une foi d’une qualité et d’une trempe qui comptent devant Dieu ; une foi qui saisit et garde en sa possession les choses qu’elle demande, sans doute et sans crainte.

Le doute et la crainte sont les deux ennemis jumeaux de la foi. Parfois ils usurpent même la place de la foi, et, bien que nous priions, c’est une prière agitée et troublée que nous offrons, inquiète et souvent plaintive. Pierre ne put marcher sur le lac de Génésareth parce qu’il laissa les vagues déferler sur lui et submerger la puissance de sa foi. Détournant les yeux du Seigneur pour regarder l’eau tout autour de lui, il commença à enfoncer et dut crier au secours — « Seigneur, sauve-moi, ou je péris ! »

Il ne faut jamais entretenir les doutes ni héberger les craintes. Que personne ne caresse l’illusion d’être un martyr de la crainte et du doute. Entretenir le doute à l’égard de Dieu ne fait honneur à l’intelligence de personne, et aucune consolation ne saurait naître d’une telle pensée. Nos yeux doivent se détourner du moi, se détacher de notre propre faiblesse, et se reposer sans réserve sur la force de Dieu. « N’abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. » Une foi simple et confiante, vécue au jour le jour, et qui se décharge de son fardeau sur le Seigneur à chaque heure du jour, dissipera la crainte, chassera l’appréhension et délivrera du doute :

« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. »

Voilà le remède divin à toute crainte, à toute anxiété et à tout souci excessif de l’âme, qui sont tous proches parents du doute et de l’incrédulité. Voilà l’ordonnance divine pour obtenir la paix qui surpasse toute intelligence, et qui garde le cœur et l’esprit dans la tranquillité et la paix.

Nous avons tous besoin de bien noter et de prendre à cœur l’avertissement donné dans l’Épître aux Hébreux : « Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. »

Il nous faut aussi nous garder de l’incrédulité comme d’un ennemi. La foi a besoin d’être cultivée. Il nous faut continuer à prier : « Seigneur, augmente-nous la foi », car la foi est susceptible de croître. L’éloge que Paul adressait aux Thessaloniciens, c’était que leur foi faisait de grands progrès. La foi grandit par l’exercice, par la mise en pratique. Elle se nourrit d’épreuves douloureuses.

« Afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra. »

La foi grandit par la lecture de la Parole de Dieu et la méditation de celle-ci. Mais avant tout, et par-dessus tout, la foi prospère dans une atmosphère de prière.

Il serait bon que chacun de nous s’arrête et s’interroge personnellement : « Ai-je foi en Dieu ? Ai-je une foi réelle — une foi qui me garde dans une paix parfaite au sujet des choses de la terre et des choses du ciel ? » C’est la question la plus importante qu’un homme puisse poser en attendant une réponse. Et il en est une autre, qui lui est étroitement apparentée en portée et en importance : « Est-ce que je prie vraiment Dieu de telle sorte qu’il m’entende et réponde à mes prières ? Et est-ce que je prie véritablement Dieu de telle sorte que je reçoive directement de lui les choses que je lui demande ? »

On a dit de César Auguste qu’il avait trouvé Rome ville de bois et l’avait laissée ville de marbre. Le pasteur qui réussit à faire de son peuple sans prière un peuple de prière a accompli une œuvre plus grande que celle d’Auguste changeant une ville de bois en ville de marbre. Et, après tout, c’est là l’œuvre première du prédicateur. Il a affaire avant tout à des gens qui ne prient pas — à des gens dont il est dit : « Dieu n’est dans aucune de leurs pensées. » Ces gens-là, il les rencontre partout et tout le temps. Sa tâche principale est de les faire passer de l’oubli de Dieu, de l’absence de foi, de l’absence de prière, à l’état de gens qui prient habituellement, qui croient en Dieu, se souviennent de lui et font sa volonté. Le prédicateur n’est pas envoyé simplement pour amener les hommes à se joindre à l’Église, ni simplement pour les amener à mieux faire. Il est envoyé pour les amener à prier, à se confier en Dieu et à garder Dieu toujours devant leurs yeux, afin qu’ils ne pèchent pas contre lui.

L’œuvre du ministère est de transformer des pécheurs incrédules en saints qui prient et qui croient. L’appel retentit, revêtu de l’autorité divine : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé. » Nous entrevoyons l’immense importance de la foi et la grande valeur que Dieu lui accorde, quand nous nous rappelons qu’il en a fait la seule condition indispensable du salut. « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. » Ainsi, quand nous considérons la grande importance de la prière, nous trouvons la foi qui se tient tout à côté d’elle. Par la foi nous sommes sauvés, et par la foi nous demeurons sauvés. La prière nous introduit dans une vie de foi. Paul déclarait que la vie qu’il vivait, il la vivait dans la foi au Fils de Dieu, qui l’avait aimé et s’était livré lui-même pour lui — qu’il marchait par la foi et non par la vue.

La prière dépend absolument de la foi. Elle n’a pour ainsi dire aucune existence en dehors d’elle, et n’accomplit rien si la foi n’est pas sa compagne inséparable. La foi rend la prière efficace et, en un certain sens important, doit la précéder.

« Car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent avec diligence. »

Avant même que la prière ne se mette en route vers Dieu ; avant que sa requête ne soit présentée, avant que ses demandes ne soient connues — la foi doit l’avoir devancée ; elle doit avoir affirmé sa croyance en l’existence de Dieu ; elle doit avoir donné son assentiment à cette vérité pleine de grâce que « Dieu est le rémunérateur de ceux qui cherchent sa face avec diligence ». C’est là le premier pas de la prière. À cet égard, si la foi n’apporte pas la bénédiction, elle met cependant la prière en position de la demander, et elle conduit à un nouveau pas vers sa réalisation, en aidant celui qui prie à croire que Dieu peut et veut bénir.

La foi met la prière à l’œuvre — elle lui ouvre le chemin du propitiatoire. Elle donne d’abord l’assurance qu’il existe un propitiatoire, et que là le Souverain Sacrificateur attend ceux qui prient et leurs prières. La foi ouvre à la prière le chemin qui mène à Dieu. Mais elle fait plus. Elle accompagne la prière à chacun de ses pas. Elle est sa compagne inséparable et, quand des demandes sont adressées à Dieu, c’est la foi qui change la demande en obtention. Et la foi suit la prière, puisque la vie spirituelle dans laquelle la prière introduit le croyant est une vie de foi. Le trait dominant de l’expérience dans laquelle les croyants sont amenés par la prière n’est pas une vie d’œuvres, mais une vie de foi.

La foi rend la prière forte, et lui donne la patience de s’attendre à Dieu. La foi croit que Dieu est un rémunérateur. Aucune vérité n’est plus clairement révélée dans les Écritures que celle-là, et aucune n’est plus encourageante. Même le lieu secret de la prière a sa récompense promise : « ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra », tandis que le plus humble service rendu à un disciple au nom du Seigneur reçoit à coup sûr sa récompense. Et à cette précieuse vérité la foi donne de tout cœur son assentiment.

Pourtant la foi se resserre sur un point particulier — elle ne croit pas que Dieu récompensera tout le monde, ni qu’il est le rémunérateur de tous ceux qui prient, mais qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent avec diligence. La foi fait reposer son souci sur la diligence dans la prière, et elle donne assurance et encouragement à ceux qui cherchent Dieu avec diligence, car ce sont eux seuls qui sont richement récompensés quand ils prient.

Il nous faut constamment nous rappeler que la foi est la seule condition inséparable d’une prière exaucée. D’autres éléments entrent dans cet exercice, mais la foi est la condition ultime, la seule indispensable, de la vraie prière. Comme il est écrit dans une déclaration bien connue et fondamentale : « Sans la foi il est impossible de lui être agréable. »

Jacques énonce cette vérité très clairement.

« Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, dit-il, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute (ou qui chancelle) est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur. »

Le doute est toujours frappé d’interdit, parce qu’il se dresse en ennemi de la foi et fait obstacle à la prière efficace. Dans la Première Épître à Timothée, Paul nous donne une vérité inestimable touchant les conditions d’une prière exaucée, qu’il énonce ainsi : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni doute. »

Il faut se garder de toute remise en question et la fuir. La crainte et le « peut-être » n’ont aucune place dans la vraie prière. La foi doit s’affirmer et ordonner à ces ennemis de la prière de s’en aller.

On ne saurait attribuer trop d’autorité à la foi ; mais la prière est le sceptre par lequel elle manifeste sa puissance. Que de sagesse spirituelle dans le conseil suivant, écrit par un éminent théologien d’autrefois.

« Voulez-vous être affranchi de la servitude de la corruption ? demande-t-il. Voulez-vous croître dans la grâce en général, et croître dans la grâce en particulier ? Si vous le voulez, votre chemin est tout tracé. Demandez à Dieu plus de foi. Suppliez-le matin, midi et soir, quand vous marchez en chemin, quand vous êtes assis dans votre maison, quand vous vous couchez et quand vous vous levez ; suppliez-le simplement d’imprimer plus profondément dans votre cœur les choses divines, de vous donner toujours plus de cette ferme assurance des choses qu’on espère et de cette démonstration de celles qu’on ne voit pas. »

Les saintes Écritures fournissent de puissants motifs de prier, et notre Seigneur clôt son enseignement sur la prière par l’assurance et la promesse du ciel. La présence de Jésus-Christ au ciel, la place qu’il y prépare pour ses saints, et l’assurance qu’il reviendra les prendre avec lui — comme tout cela soulage la lassitude de la prière, fortifie ses combats, adoucit son rude labeur ! Ces choses sont pour la prière l’étoile de l’espérance ; elles essuient ses larmes, elles mettent le parfum du ciel dans l’amertume de son cri. L’esprit du pèlerin facilite grandement la prière. Un esprit attaché à la terre, satisfait de la terre, ne peut pas prier. Dans un tel cœur, la flamme du désir spirituel est éteinte, ou ne fait plus que couver d’une lueur à peine visible. Les ailes de sa foi sont rognées, ses yeux voilés, sa langue réduite au silence. Mais ceux qui, dans une foi inébranlable et une prière incessante, s’attendent continuellement au Seigneur, renouvellent leur force, prennent le vol comme les aigles, courent et ne se lassent point, marchent et ne se fatiguent point.

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