Chapitre 13 · 13 min de lecture · 17 min d’écoute
La prière et la Parole de Dieu
« Combien souvent, dans les Écritures, rencontrons-nous des mots comme “champ”, “semence”, “semeur”, “moissonneur”, “semailles”, “moisson” ! Employer de telles métaphores, c’est interpréter un fait de la nature par une parabole de la grâce. Le champ, c’est le monde, et la bonne semence, c’est la Parole de Dieu. Qu’elle soit prononcée ou écrite, la Parole est la puissance de Dieu pour le salut. Dans notre œuvre d’évangélisation, le monde entier est notre champ, chaque créature est l’objet de nos efforts, et chaque livre, chaque traité, une semence de Dieu. » — DAVID FANT, JR.
LA Parole de Dieu est un registre de la prière — des hommes de prière et de leurs exploits, de la garantie divine accordée à la prière et de l’encouragement donné à ceux qui prient. Nul ne peut lire les exemples, les commandements, les modèles, les déclarations multiformes qui ont trait à la prière, sans comprendre que la cause de Dieu et le succès de son œuvre en ce monde sont confiés à la prière ; que les hommes de prière ont été les lieutenants de Dieu sur la terre ; que les hommes sans prière n’ont jamais été employés par lui.
Le respect du saint nom de Dieu est étroitement lié à une haute estime de sa Parole. Cette sanctification du nom de Dieu, la capacité de faire sa volonté sur la terre comme au ciel, l’établissement et la gloire du règne de Dieu, sont aussi étroitement liés à la prière qu’au temps où Jésus enseigna aux hommes la Prière universelle. Le principe selon lequel « il faut toujours prier, et ne point se relâcher » est aussi fondamental pour la cause de Dieu, aujourd’hui, qu’au jour où Jésus-Christ enchâssa cette grande vérité dans le cadre immortel de la parabole de la veuve insistante.
Comme la maison de Dieu est appelée « maison de prière », parce que la prière est la plus importante de ses saintes fonctions, de même, au même titre, la Bible peut être appelée le Livre de la prière. La prière est le grand thème et la substance de son message à l’humanité.
La Parole de Dieu est le fondement, comme elle est le guide, de la prière de la foi. « Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment », dit saint Paul, « instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. »
À mesure que cette parole de Christ qui habite abondamment en nous est transformée et assimilée, elle se traduit en prière. La foi est faite de la Parole et de l’Esprit, et la foi est le corps et la substance de la prière.
Sous bien des aspects, la prière dépend de la Parole de Dieu. Jésus dit :
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. »
La Parole de Dieu est le point d’appui sur lequel repose le levier de la prière, et par lequel les choses sont puissamment remuées. Dieu s’est engagé envers la prière, lui-même, son dessein et sa promesse. Sa Parole devient le fondement, l’inspiration de notre prière, et il est des circonstances où, par la prière insistante, nous pouvons obtenir un supplément ou un élargissement de ses promesses. Il est dit des saints d’autrefois que « par la foi » ils « obtinrent des promesses ». Il semble y avoir dans la prière la capacité d’aller même au-delà de la Parole, de dépasser même sa promesse, pour entrer dans la présence même de Dieu, lui-même.
Jacob lutta moins avec une promesse qu’avec Celui qui promet. Nous devons saisir Celui qui promet, de peur que la promesse ne reste lettre morte. On peut bien définir la prière comme cette force qui vivifie et rend agissante la Parole de Dieu, en saisissant Dieu lui-même. En saisissant Celui qui promet, la prière renouvelle la promesse et la rend personnelle. « Il n’y a personne qui se réveille pour me saisir », telle est la triste plainte de Dieu. « Qu’il saisisse ma force, afin de faire la paix avec moi », telle est la recette de Dieu pour la prière.
D’après l’Écriture, la prière peut se diviser en requête de la foi et requête de la soumission. La prière de la foi repose sur la Parole écrite, car « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu ». Elle reçoit sa réponse, infailliblement — la chose même pour laquelle elle prie.
La prière de soumission n’a pas, pour ainsi dire, de parole de promesse précise, mais elle saisit Dieu avec un esprit humble et contrit, et elle lui demande et le supplie de lui accorder ce que l’âme désire. Abraham n’avait aucune promesse précise que Dieu épargnerait Sodome. Moïse n’avait aucune promesse précise que Dieu épargnerait Israël ; au contraire, il y avait la déclaration de sa colère et de son dessein de détruire. Mais ce chef dévoué obtint gain de cause auprès de Dieu, lorsqu’il intercéda pour les Israélites par des prières incessantes et beaucoup de larmes. Daniel n’avait aucune promesse précise que Dieu lui révélerait le sens du songe du roi, mais il pria de façon précise, et Dieu répondit de façon précise.
La Parole de Dieu est rendue efficace et agissante par l’exercice et la pratique de la prière. La parole de l’Éternel fut adressée à Élie : « Va, présente-toi devant Achab, et je ferai tomber de la pluie sur la face du sol. » Élie se présenta devant Achab ; mais la réponse à sa prière ne vint pas avant qu’il eût pressé le Seigneur de sa prière ardente par sept fois.
Paul avait reçu de Christ la promesse précise qu’il « serait délivré du peuple et des païens », et pourtant nous le voyons exhorter les Romains, de manière pressante et solennelle, au sujet de cette question même :
« Je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus-Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur, afin que je sois délivré des incrédules de la Judée, et que les dons que je porte à Jérusalem soient agréés des saints. »
La Parole de Dieu est d’un grand secours dans la prière. Si elle est logée et gravée dans notre cœur, elle formera un courant de prière qui jaillira, plein et irrésistible. Les promesses, emmagasinées dans le cœur, doivent être le combustible d’où la prière tire sa vie et sa chaleur, tout comme le charbon, emmagasiné dans la terre, pourvoit à notre confort par les jours d’orage et les nuits d’hiver. La Parole de Dieu est la nourriture qui alimente la prière et la rend forte. La prière, comme l’homme, ne peut vivre de pain seulement, « mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur ».
Si les forces vitales de la prière ne sont pas fournies par la Parole de Dieu, la prière, quoique ardente, voire bruyante dans son insistance, est en réalité molle, fade et vide. L’absence de force vitale dans la prière peut s’expliquer par l’absence d’un apport constant de la Parole de Dieu, pour réparer l’usure et renouveler la vie. Celui qui veut apprendre à bien prier doit d’abord étudier la Parole de Dieu, et l’emmagasiner dans sa mémoire et dans sa pensée.
Quand nous consultons la Parole de Dieu, nous constatons qu’aucun devoir n’est plus impérieux, plus exigeant que celui de la prière. D’autre part, nous découvrons qu’aucun privilège n’est plus élevé, aucune habitude plus richement bénie de Dieu. Aucune promesse n’est plus radieuse, plus abondante, plus explicite, plus souvent réitérée, que celles qui sont attachées à la prière. « Toutes choses, quelles qu’elles soient » s’obtiennent par la prière, parce que « toutes choses, quelles qu’elles soient » sont promises. Il n’y a pas de limite aux ressources comprises dans les promesses faites à la prière, et nul n’est exclu de ses promesses. « Quiconque demande reçoit. » La parole de notre Seigneur a cette portée qui embrasse tout : « Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. »
Voici quelques-unes des déclarations étendues et exhaustives de la Parole de Dieu sur la prière, sur les choses que la prière doit embrasser, sur la promesse puissante faite en réponse à la prière :
« Priez sans cesse » ; « Persévérez dans la prière » ; « persévérant dans la prière » ; « en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières » ; « toujours prier, et ne point se relâcher » ; « que les hommes prient en tout lieu » ; « priant en tout temps, par toutes sortes de prières et de supplications ».
Quelles déclarations claires et fortes que celles qui sont consignées dans les annales divines, pour nous fournir une base sûre pour la foi, et pour nous presser, nous contraindre et nous encourager à prier ! Quelle étendue que celle de la prière, telle qu’elle nous est donnée dans la Révélation divine ! Comme ces Écritures nous incitent à rechercher le Dieu de la prière, avec tous nos besoins, avec tous nos fardeaux !
Outre ces déclarations laissées par écrit pour notre encouragement, les pages sacrées fourmillent de faits, d’exemples, d’incidents et d’observations qui soulignent l’importance et l’absolue nécessité de la prière, et mettent l’accent sur sa puissance qui l’emporte sur tout.
La portée extrême et le plein bénéfice des riches promesses de la Parole de Dieu devraient être humblement reçus par nous, et mis à l’épreuve. Le monde ne recevra jamais tous les bienfaits de l’Évangile tant que cela ne sera pas fait. Ni l’expérience chrétienne ni la vie chrétienne ne seront ce qu’elles doivent être, tant que ces promesses divines n’auront pas été pleinement éprouvées par ceux qui prient. Par la prière, nous faisons entrer ces promesses de la sainte volonté de Dieu dans le domaine du concret et du réel. La prière est la pierre philosophale qui les change en or.
Si l’on demande ce qu’il faut faire pour rendre réelles les promesses de Dieu, la réponse est que nous devons prier jusqu’à ce que les paroles de la promesse soient revêtues du riche vêtement de l’accomplissement.
Les promesses de Dieu sont bien trop vastes pour être saisies par une prière décousue. Quand nous nous examinons, nous découvrons bien trop souvent que notre prière ne s’élève pas à la hauteur des exigences de la situation ; qu’elle est si limitée qu’elle n’est guère plus qu’une simple oasis au milieu de la désolation et du désert du péché du monde. Qui d’entre nous, dans sa prière, se montre à la hauteur de cette promesse de notre Seigneur :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père. »
Quelle ampleur, quelle portée, quelle plénitude ! Que de choses ici pour la gloire de Dieu, que de choses pour le bien de l’homme ! Que de choses pour la manifestation de la puissance de Christ sur son trône, que de choses pour la récompense d’une foi abondante ! Et combien grands et pleins de grâce sont les résultats que l’on peut faire découler de l’exercice d’une prière croyante à la mesure de cette promesse !
Considérez un instant une autre des grandes promesses de Dieu, et découvrez comment nous pouvons être soutenus par la Parole quand nous prions, et sur quel terrain ferme nous pouvons nous tenir pour présenter nos requêtes à notre Dieu :
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. »
Par ces paroles d’une telle ampleur, Dieu se remet lui-même à la volonté de son peuple. Quand Christ devient notre tout en tous, la prière dépose les trésors de Dieu à nos pieds. Le christianisme primitif avait une solution simple et pratique à la situation, et il obtenait tout ce que Dieu avait à donner. Cette solution simple et concise est consignée dans la Première Épître de Jean :
« Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable. »
La prière, unie à une obéissance aimante, est le moyen de mettre Dieu à l’épreuve, et de faire servir la prière à toutes fins et en toutes choses. La prière, jointe à la Parole de Dieu, sanctifie et rend sacrés tous les dons de Dieu. La prière ne sert pas seulement à obtenir des choses de Dieu, mais à rendre saintes les choses que l’on a déjà reçues de lui. Elle ne sert pas seulement à obtenir une bénédiction, mais aussi à pouvoir donner une bénédiction. La prière rend saintes les choses communes, et sacrées les choses profanes. Elle reçoit les choses de Dieu avec actions de grâces et les sanctifie par des cœurs reconnaissants et par un service dévoué.
Dans la Première Épître à Timothée, Paul nous donne ces paroles :
« Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. »
Voilà une déclaration qui oppose un démenti au simple ascétisme. Les bons dons de Dieu doivent être saints, non seulement par la puissance créatrice de Dieu, mais aussi parce qu’ils nous sont rendus saints par la prière. Nous les recevons, nous nous les approprions et nous les sanctifions par la prière.
Faire la volonté de Dieu et avoir sa Parole qui demeure en nous, voilà une exigence impérative de la prière efficace. Mais, demandera-t-on, comment pouvons-nous connaître la volonté de Dieu ? La réponse est : en étudiant sa Parole, en la cachant dans notre cœur, et en laissant la Parole habiter abondamment en nous. « La révélation de tes paroles éclaire. »
Pour connaître la volonté de Dieu dans la prière, nous devons être remplis de l’Esprit de Dieu, qui intercède en faveur des saints, et dans les saints, selon la volonté de Dieu. Être rempli de l’Esprit de Dieu, être rempli de la Parole de Dieu, c’est connaître la volonté de Dieu. C’est être placé dans une disposition d’esprit, se trouver dans un état de cœur tels qu’ils nous rendent capables de lire et d’interpréter correctement les desseins de l’Infini. Un tel remplissage du cœur par la Parole et par l’Esprit nous donne un aperçu de la volonté du Père, nous rend capables de discerner justement sa volonté, et met en nous une disposition d’esprit et de cœur qui en fait le guide et la boussole de notre vie.
Épaphras priait pour que les Colossiens se tiennent « parfaits et accomplis dans toute la volonté de Dieu ». C’est la preuve formelle que non seulement nous pouvons connaître la volonté de Dieu, mais que nous pouvons connaître toute la volonté de Dieu. Et non seulement nous pouvons connaître toute la volonté de Dieu, mais nous pouvons faire toute la volonté de Dieu. Nous pouvons, de plus, faire toute la volonté de Dieu, non pas occasionnellement ou par simple élan, mais par une habitude de conduite bien établie. Plus encore, cela nous montre que nous pouvons faire la volonté de Dieu non seulement extérieurement, mais de tout cœur, en la faisant joyeusement, sans réticence, ni répugnance secrète, ni aucun mouvement de recul ou de retrait devant la présence intime du Seigneur.
Chapitre 13 terminé
La prière et la Parole de Dieu